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se rapprochent davantage du fini des peintres hollandais.
Cependant Leys, dans sa deuxième manière, qui est la
plus importante, tient des maîtres flamands primitifs, les
van Eyck et les Memling, pour la grâce et la naïveté,
sans avoir toutefois leur raideur et leur sécheresse. Actuel-
lement c'est Jan van Beers, un habitué des Salons pari-
siens, qui est la personnalité la plus marquante de la
peinture anversoise mais pour la représentation de la vie
actuelle, le peintre consacré est toujours M. Alfred Stevens,
« le premier homme du monde, dit M. Victor Cherbuliez,
pour broder une dentelle, faire chatoyer le satin, peindre
la soie, le velours et les châles de cachemire ». Puis
un plus grand nombre d'artistes et d'académies, par rap- 1.
port à l'étendue du territoire. H existe des académies,
notamment à Bruxelles, Anvers, Gand, Bruges, Liège,
Louvain, Malines, Mons et Tournai. L'Académie d'Anvers
•à: elle seule comptait 1,576 élèves en 1872 et 1,792 en
;1881. Il faut dire aussi que nulle part le gouvernement
et les municipalités ne se donnent plus de peine et ne font
plus de dépenses pour l'enseignement du dessin. Les aca-
démies sont bien des institutions communales, et il y en a
très peu qui portent le titre d'académies royales, mais l'E-
tat, qui leur fournit généreusement des subsides, y exerce
à peu près tous les droits il nomme aux emplois, arrête
les règlements et programmes, et il a droit d'inspection.
GRAVURE. L'école de gravure fondée et longtemps
dirigée à Bruxelles par Calamatta, a produit toute une
phalange d'artistes; qui sont devenus des maitres à leur-
tour et parmi lesquels MM. Gustave Biot et Auguste Danse
sont au premier rang. Comme graveurs en médailles on
peut citer MM. Dargent et Wiener, et comme graveur sur
bois, l'éminent et fécond Pannemaker.
SCULPTURE. Le mouvement de renaissance qui s'est
opéré dans la peinture belge s'est fait également sentir dans
la sculpture, qui rechercha au début la forme romantique
avec Guillaume, Jean Geefs, dont le genre maniéré trahit
l'imitation de Canova, Simonis, Du Cape, puis les deux
Bourré, Fassin, Cattier, etc., et tendit ensuite au natura-
lisme avec van der Stappen, Vinçotte, Hermant, etc. Cette
évolution était naturelle, car les sculpteurs belges, après
avoir abandonné les traditions académiques, comprirent
bientôt que si, malgré la sincérité de leurs efforts, ils ne
pouvaient acclimater dans leur pays les principes de l'école
Davidienne, il ne. leur serait pas davantage possible de
viennent MM. Florent, Willems, Henri de Braeckèiaer,
Ter Linden et Lagye. Dans les sujets de genre, on peut
encore citer MM. Ch. Hermans, de Groux, Madou, Smits,
Mellery et Jean Verhas. Dans la peinture historique, nous
nommerons, outre Leys et Gallait, MM. Cluysenaar, Lies,
Hennebicq et Meunier. La peinture de fleurs est repré-
sentée par M. van Robie. L'aquarelle, si estimée en France
et en Angleterre, est également fort en honneur en Bel-
gique depuis une dizaine d'années il existe à Bruxelles
une société d'aquarellistes, composée de quarante membres,
qui organise chaque année, à l'époque du printemps, une
exposition fort courue. Dans aucun autre pays, il n'y a
Fig. 4. Palais de justice de Bruxelles, d'après une photographie.
s'habituer aux méthodes de Cartellier et de Bosio. Il valait
mieux dès lors, suivant l'expression de M. Mantz, retourner
vers le passé, et étudier les Duquesnoy, les Faidherbe,
les Helredenberg et tous ces maîtres au travail gras, à la
manière hardie et colorée, qui sont vraiment des compa-
triotes de Rubens et qui savent, presque aussi bien que
lui, exprimer les morbidesses de la chair et les frémisse-
ments de la vie. Un effort des sculpteurs belges fut suffi-
sant pour les affranchir des entraves académiques et les
mettre à l'unisson des peintres. Les plus connus d'entre
eux sont MM. de Vigne, Brunin, Melot, Geefs fils; Samain,
de Groat, van Rasbourg, Cuypers, Cattier, Mignon. On
peut citer, comme particulièrement remarquables, les
œuvres de M. Fraikin, et surtout les statues des comtes
de Horn et d'Egmont, élevées à Bruxelles, ainsi que le
groupe en marbre blanc du cénotaphe qui représente la
« mort de la reine », à l'église Saint-Pierre et Saint-
Paul, d'Ostende, d'un caractère un peu théâtral, mais
d'une belle exécution. Citons également la statue de Gode-
froid de Bouillon élevée à Bruxelles (fig. 1), par Eugène
Simonis, de Liège.
ARCHITECTURE. La façade monumentale de la section
belge (fig. 2), à l'Exposition de 1878, élevée par M. Jau-
ret, de Bruxelles, témoigne de la renaissance de l'architec-
ture belge. Il faut citer encore M. Balat, architecte du palais
des Beaux-Arts (style classique, bien que mouvementé par
l'emploi de matériaux polychromes) et du Panthéon à
ériger sur les hauteurs qui dominent Bruxelles et dont la
première pierre a été posée en 1880. C'est principale-
ment lé style de la Renaissance qui semble inspirer- les
architectes belges et presque tous s'efforcent de l'appliquer
aux édifices qu'ils construisent. On peut citer dans ce