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Title : La grande encyclopédie : inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts. Tome 6 / par une société de savants et de gens de lettres ; sous la dir. de MM. Berthelot,... Hartwig Derenbourg,... F.-Camille Dreyfus,... A. Giry,... [et al.]

Publisher : H. Lamirault (Paris)

Publisher : [puis] Société anonyme de "La Grande encyclopédie" (Paris)

Date of publication : 1885-1902

Contributor : Dreyfus, Camille (1851-1905). Éditeur scientifique

Type : monographie imprimée

Language : French

Format : 31 vol. : ill. ; 31 cm

Format : application/pdf

Copyright : domaine public

Identifier : ark:/12148/bpt6k24641k

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb377013071

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb377013071

Provenance : bnf.fr

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BELGIQUE 18

Avant d'avoir un art national, la Belgique a passé par une
période de transition pendant laquelle les efforts réunis de
tous les artistes de talent ont abouti à la formation de l'école
actuelle. Cette période de transition correspond à l'époque
ce pays, qui cherchait sa voie, se donna enfin une
constitution et un gouvernement de son choix, et la réno-
vation artistique fut la conséquence de la révolution
politique. L'école belge moderne se rattache bien par ses
origines à l'école flamande, mais si le point de départ est
commun, tes résultats diffèrent complètement et l'art belge
ne ressemble pas plus à l'art flamand que le baron Leys
n'a de rapport avec Rubens.

PEINTURE. Sans vouloir faire ici l'historique de l'art
flamand, qui sera traité à sa place dans ce recueil, il faut
reconnaître qu'après avoir, au xv° siècle, ouvert l'ère de la
peinture avec les van Eyck, les Memling et toute l'école de
Bruges; après l'avoir fermé au xvne siècle avec Rubens et
l'école d'Anvers, van Dyck, Téniers, l'art flamand n'avait
plus fait que décliner. Vers 1815, la tradition se mouraitaux
mains de Herreyns (1743-1827) et deLens (1739-1822),
faibles successeurs des grands peintres d'autrefois déjà
les artistes belges abandonnaient Bruxelles pour venir à
Paris, et, suivant les leçons de David (1748-1825), cher-
chaient à s'assimiler les éléments du beau, tel qu'on le
comprenait alors en France. Lorsque David, exilé, se réfu-
gia à Bruxelles (1815), la plupart de ses élèves l'accom-
pagnèrent et formèrent autour de lui un groupe l'art
nouveau était préconisé exclusivement l'art national ne
djvait donc pas refleurir encore, mais l'impulsion était
donnée. David mort, ses meilleurs élèves, Odevaere (1783-
1859), Paelinck (1781-1839), et surtout Navez (1787-
1869), continuèrent à suivre les mêmes errements, mais,
tout en gardant le respect de la ligne, inculqué par le
maître, ils comprirent la nécessité de donner la couleur
comme auxiliaire au dessin, et si le succès ne répondit pas
complètement à leurs efforts, ils eurent du moins le mérite
d'indiquer une voie nouvelle à leurs compatriotes. Parmi
les artistes de cette époque on peut encore citer François
(1759-1861) van Huffel (1769-1844) etvanBrée(4773-
1839). Le mouvement artistique fut inauguré à Anvers
par Wappers (1803-1874) et de Keizer il se propagea
bientôt dans d'autres villes telles que Gand, Bruxelles
et s'étendit ensuite à toute la Beigique. Navez, tout
classique qu'il était, fit preuve d'une conception intel-
ligente de la figure humaine et du sens de la vie.
Wiertz (1806-1865) eût été un grand peintre, si l'exécu-
tion de ses tableaux eût répondu à la hauteur de ses
conceptions. Ce furent surtout Wappers et de Keizer qui
accentuèrent le mouvement qu'ils avaient commencé, mais
ils donnèrent malheureusement dans l'idéal d'élégance mis
à la mode par les Keapsake, qui substituait l'invention à
la nature. Picqué, van Ysendyck, tout en cherchant à
marcher sur les traces de Rubens et à retrouver les tra-
ditions oubliées de l'école flamande, firent des tableaux
mi-classiques et mi-romantiques. Louis Gallait seul (né en
1810) s'en tint à l'étude des tons naturels.

A la même époque, de Jonghe, Perlon, Werwée père,
Marneffe faisaient des paysages romantiques et tourmentés,
dont l'allure tragique se ressentait de l'influence des
romans byroniens. Dans les sujets de genre on remarquait
la même prétention au sentiment, que l'école de Wappers,
toute à l'imitation de Rubens, avait laissé de côté. Gallait
lui-même, nourri à l'école du romantisme de Delaroche,
n'en est pas exempt dans certains de ses tableaux: le
Tasse les lêtes coupées; les Derniers moments du
comte d'Egmont, etc. Il en était de même pour la
peinture religieuse. Cette sentimentalité, souvent banale et
exagérée, appelait une réaction, ce fut Henri Leys (1815-
1869) qui la provoqua; au début de sa carrière, il fit,
en haine de la peinture jolie et sentimentale, une pein-
ture laide et raboteuse, préparant ainsi le réveil des
instincts de rudesse qu'allait montrer l'école belge avec
de Groux (1825-1870), H. de Brakeleer (né en 1818),

Dubois et quantité d'autres artistes. Leys peut donc être
considéré plutôt comme un rénovateur que comme un

Fig. l^~ Statue équestre de Godefroid de Bouillon, à
Bruxelles, par E. Simonis.

simple chef d'école, car son influence s'étendit bien au delà
du groupe des élèves qu'il avait formés et qui imitaient
sa manière, souvent, il est vrai, en l'exagérant. Ces pré-
parations de l'art aboutirent cependant à une dualité émi-
nemment virile: Alfred et Joseph Stewens, qui rappelèrent
par leurs toiles les plus belles époques de l'art national.
Presque en même temps que H. de Braekeler et que
Louis Dubois, le peintre des grasses chairs flamandes, on
vit apparaltre le rustique Éippolyte Boulanger (1837-
1874), l'animalier Alfred Verwée, puis successivement
G. de Jonghe, Smits, Baron, Artan, van Hove, Bouvier,
les deux Vernas, Charles Hermans, Agneessens, Verdyen,
Hennebicq, C. Meunier, Wauters, Lambrecht, Coosemans,
Verheyden, van Camp, Mellery, etc., surtout peintres
de genre et de paysage.

Ainsi, de 1830 à l'époque actuelle, l'histoire de l'école
belge peut se résumer en trois périodes la première, de
romantisme, les personnages sont, pour ainsi dire,
impersonnels et doués d'une vie, en quelque sorte, artifi-
cielle la deuxième, de vulgarité bourgeoise, les types
sont plus étudiés, mais plutôt dans leur laideur que dans
leur beauté; et enfin, la troisième, de franc naturalisme,
exact et modéré, caractérisé surtout dans le paysage.
C'est, en effet, parmi les paysagistes que se remarquent
les œuvres les plus brillantes. Le même phénomène se
produit d'ailleurs en Angleterre, en Suède, en Norwège et
généralement dans tous les pays du Nord c'est une sorte
de spécialité de ces contrées froides et tristes de porter
les artistes à l'observation de la nature, qu'ils représentent
presque toujours avec un sentiment plein de finesse et une
grande sincérité d'expression. Au premier rang des paysa-
gistes belges on peut placer Mme Marie Collart, dont les
vergers et les sites agrestes ont un charme intime et péné-

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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