17– BELGIQUE
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GRANDE ENCYCLOPÉDIE. VI. 2e éd
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et la capillarité. L'anatomie et la physiologie ont été étu-
diées par Spring, mort en 1873, Poelman, mort en 1874,
et Gloge. On cite encore Selys Longchamps ce dernier,
élu président du Sénat en 1880, a publié une série d'ou-
vrages intéressants sur la faune belge. Le zoologiste van
Beneden (né en 1809) jouit d'une renommée euro-
péenne. La botanique a été poussée fort loin en Belgique
par Morren, auquel son fils a succédé, puis par Dumortier,
mort en 1879, et enfin par Kickx, qui, malgré sa modes-
tie, s'est vu nommer membre d'un grand nombre de
sociétés savantes pour ses remarquables travaux sur la
flore de Bruxelles et son excellent Résumé de minéra-
logie. La géologie et la minéralogie ont trouvé des érudits
tels que d'Omalius d'Halloy pour les étudier ce géologue,
né en 1783, mort en 1875, a été en même temps un
excellent administrateur et a publié simultanément des
études sur le code administratif de la province de Namur
et de très nombreux travaux de géologie, dont le plus
estimé est une description géologique des pays situés entre
le Pas-de-Calais et le Rhin. Il a étudié particulièrement la
constitution des divers terrains de la Belgique. On cite
aussi les minéralogistes Dumont, mort en 1875, et les
géologues Dupont et Malaise. La jurisprudence et l'écono-
mie politique possèdent quelques noms d'une notoriété
européenne, tels que celui du jurisconsulte Hans (1796-
1881), dont on cite avec éloge le Cours de droit criminel,
ainsi que les publications sur la peine de mort, son pré-
sent, son passé et son avenir. Faider a publié des études
sur les différentes constitutions belges; il est connu encore
par un pastiche assez curieux de Lamennais intitulé
Paroles d'un voyant. Emile de Laveleye est aussi fort
apprécié en France; c'est l'un des plus anciens collabora-
teurs de la Revue des Deux Mondes, à laquelle il a donné
la primeur de presque tous ses travaux. Les Belges comp-
tent de nombreux jurisconsultes, publicistes et économistes
Nypels, Arntz, Thonissen, Laurent, auteur' très fécond,
mort en 1887, Rolin Jacquemyns, Ducpétiaux, mort en
1868, et P. Devaux, mort en 1871. Les historiens sont
bien représentés aussi en Belgique. Les principaux sont
de Gerlacb, mort en 1871, J.-B. Nothomb; Gachard, qui
s'est attaché surtout à l'histoire d'Espagne et à ses
archives Th. Juste, qui a popularisé l'histoire de France
et celle de sa patrie par une série de manuels habilement
rédigés; F. Laurent, qui s'est fait une certaine réputation
par ses études sur l'histoire de l'humanité; le général
Guillaume, mort en 1877; Polain, van Praet, Borgnet;
AItmeyer enfin (180 M 877) qui s'est distingué par des
travaux d'histoire ancienne et d'histoire moderne; Willems,
très connu par ses études sur l'histoire romaine. Les
érudits belges, tels que le baron de Reiffènberg, le baron <
Kerwyn de Lettenhove, Aug. Scheler, Ch. Potvin, ont
contribué notablement à la connaissance de la littérature
française du moyen âge. La philologie belge cite comme 1
ses maitres classiques Gantrelle et P. Willems, et pour 1
l'étude des anciens et des nouveaux dialectes, Ch. Gran- t
gagnache, mort en 1878. L'archéologue le plus célèbre de t
la Belgique se nomme De Witte ses catalogues sont fort 1
estimés, ainsi que ses travaux dans les différentes revues {
de numismatique il est correspondant de notre Académie c
des Inscriptions et Belles-Lettres. Roulez, mort en 1879, c
marque parmi les archéologues, ainsi que les orientalistes c
Nève, de Harlez, Beelen et Lamy. Nommons encore quel- t
ques critiques d'art, tels que Fétis (1 81 2-1 87 1 le célèbre s
musicographe qui composa une Histoire générale de la i
musique dans tous les temps fort appréciée, et Gevaert. f
Le général de Brialmont, qui prit part aux grandes guerres s
de l'Empire et qui fut, en 1850, ministre de la guerre, est c
souvent cité comme un ingénieur militaire fort distingué. n
2" Littérature. La littérature belge n'a jamais été, li
sinon fort développée, au moins bien originale, pour o
diverses raisons. La différence des deux langues qui luttent b
en Belgique, le français et le flamand, a été longtemps ¡
et reste encore un obstacle au plein développement d'une I x
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littérature nationale. L'usage du français, bien que pré-
pondérant au xixe siècle dans les corps délibérants et
dans les groupes scientifiques, est loin d'être général. Le
flamand a de temps à autre des retours offensifs qu'il faut
signaler on professe en flamand à l'université de Gand
on a fait prononcer au roi des discours en flamand en
1830 la Révolution avait été suivie d'une réaction contre
le flamand; mais depuis, l'assimilation du flamand au néer-
landais, dont on a fait la langue littéraire des dialectes
flamands, a été le signal d'un mouvement opposé. De
nos jours le français est la langue littéraire, et la litté-
rature beige ne se distingue pas de la nôtre par des
caractères originaux elle ne parvient pas à se dégager
de notre influence. La vente des ouvrages français, la
représentation de nos œuvres musicales et littéraires,
empêchent les efforts des auteurs belges ils présentent
cependant un certain nombre de caractères particuliers
qui leur assignent une place dans la littérature fran-
çaise on peut les considérer comme un groupe dépen-
dant, correspondant à peu près comme importance au
groupe gascon, à la littérature provinciale dont le centre
est Bordeaux.
Cela dit, il faut rendre justice au mérite des écrivains
belges dans les différents ordres de littérature. On cite
pour le roman les noms de quelques auteurs distingués,
tels que Moke et le baron de Saint-Genois. Moke a publié
des livres d'histoire, de littérature française, et nombre
de romans. Mawrage, Ch. de Coster, mort en 1879,
H. Pergamene ont, outre des œuvres romanesques, col-
laboré à de nombreux journaux et revues. Emile Grey-
son est lu en France pour ses deux romans Fiamma
Colonna, Jujfer Daadje et luffer Doortje, étude de
mœurs hollandaises assez attachante. On cite encore
Emile Leclercq, Camille Lemonnier, Edmond Picard,
les deux frères Hymans, dont l'un a publié de nom-
breuses comédies et traduit des romans allemands, sué-
dois et anglais. Son frère, conservateur de la section des
estampes, s'est plutôt adonné à la critique d'art. Ils ont
tous deux collaboré aux principales revues belges. Les
femmes auteurs sont aussi dignement représentées
Mme Joly, Mme Braquaval, M'ne Lànglet et surtout
Mme Estelle-Marie-Louise Rueglens cette dernière (1821-
1878), sous le pseudonyme de Caroline Gravière, a écrit
des romans et des nouvelles très appréciés. Son mari
était un érudit assez distingué, et a publié aussi quelques
romans et beaucoup de comédies, de drames, etc. Les
principaux dramaturges belges sont Pr. Noyer, B. Joly,
C. Materne, E. Waken, Delmotte, Ch. Potvin, mort en
1862. Ils ne sont pas très connus en France, et il semble
qu'une littérature dramatique originale ait de la peine
à se développer en Belgique.
De la poésie nous ne connaissons jusqu'ici que quelques
fabulistes tels que le baron Stassart, mort en 1834, et
Parthon de Von et des lyristes intéressants, Th. Meus-
tenraad, E. Walken, D. Sotiau, B. Quinet, E. Dubois,
A. de Hasselt, mort en 1874, Ad. Mathieu, mort en
1876, Ch. Potvin, F. Frenay, de Linge (ce dernier a
publié une jolie traduction d'Horace et une traduction
de Hermann et Dorothée très estimée) citons aussi le
chansonnier Clesse, fort apprécié de ses concitoyens. Mais
depuis quelques années il s'est produit dans la poésie
belge un mouvement considérable des jeunes gens enthou-
siastes du Parnasse français ont publié en 1888 un Par-
nasse belge qui se rapproche beaucoup de notre Parnasse
français de 1866-1872 par la franchise du rythme et la
sûreté de la forme le poète le plus expérimenté parmi
ces jeunes auteurs se nomme Giraud. Quoi qu'il en soit et
malgré tous les efforts des écrivains de la Belgique, la
littérature de ce pays n'est encore ni très riche ni très
originale. La belle littérature flamande s'est épanouie
bien plus librement (V. FLANDRE). Ph. B.
XV. Beaux-Arts. (Pour la période antérieure au
xixe siècle V. FLANDRE oii il sera traité de l'art flamand.)