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Title : La grande encyclopédie : inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts. Tome 6 / par une société de savants et de gens de lettres ; sous la dir. de MM. Berthelot,... Hartwig Derenbourg,... F.-Camille Dreyfus,... A. Giry,... [et al.]

Publisher : H. Lamirault (Paris)

Publisher : [puis] Société anonyme de "La Grande encyclopédie" (Paris)

Date of publication : 1885-1902

Contributor : Dreyfus, Camille (1851-1905). Éditeur scientifique

Type : monographie imprimée

Language : French

Format : 31 vol. : ill. ; 31 cm

Format : application/pdf

Copyright : domaine public

Identifier : ark:/12148/bpt6k24641k

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb377013071

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb377013071

Provenance : bnf.fr

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13 [BELGIQUE

mécontents. L'audace de la presse augmenta encore. Le
gouvernement eut alors recours aux moyens énergiques.
Le il déc. 1829 paraissait un message royal la
constitution était présentée comme résultant du bon plai-
sir dl roi et les opposants étaient traités d'égarés et de
factieux. Ce message devait être signé de tous les fonction-
naires dans l'espace de vingt-quatre heures, sous peine de
destitution.En même temps des mesures sévères étaient prises
contre la presse, et plusieurs des chefs de l'opposition les
plus en vue comme Potter, Tielemans, Barte)s,étaient exilés.
Dans ces conditions, on conçoit aisément que la révolution
de 1830 ait eu un contre-coup décisif en Belgique. Un mois
après la révolution de Juillet, le 25 août 1830, au sortir
d'une représentation de la Muette de Portici, les habitants
de Bruxelles se soulevèrent au nom de l'indépendance
nationale et déployèrent le drapeau tricolore brabançon.
Le 1er sept., le prince d'Orange, fils ainé du roi Guillaume,
se présenta aux portes de Bruxelles; des insurgés consen-
tirent à le recevoir s'il entrait seul. Mais le roi, craignant
de le voir pactiser avec les insurgés, le rappela et envoya
son frère le prince Frédéric, qui entra, le 25 sept., dans la
ville avec 9,000 hommes; mais quatre jours après il dut
battre en retraite. Le 3 oct., le gouvernement provisoire
proclamait l'indépendance de la Belgique. En même temps,
il tournait les yeux vers la France. Les puissances signa-
taires des traités de Vienne intervinrent alors. La confé-
rence,- réunie à Londres le 4 nov. 1830, déclara, le 20
déc. je royaume des Pays-Bas dissous, et annonça qu'elle
chercherait les moyens « les plus propres à combiner l'in-
dépendance future de la Belgique avec l'équilibre euro-
péen ». C'était dire que l'on ne voulait à aucun prix l'union
de la Belgique avec la. France. Aussi Louis-Philippe, après
avoir fait écarter la candidature du prince de Lichtenberg
au trône de Belgique, refusa, pour éviter la guerre, la
couronne, que le congrès de Bruxelles offrait à son second
fils, le duc de Nemours (fév. 1831). La conférence de
Londres ayant mis en avant le prince Léopold de Saxe-
Cobourg, que soutenait l'Angleterre, le congrès belge l'élut
pour roi en juil. 4831. Le Limbourg et le Luxembourg
turent partagés entre la Belgique et la Hollande, et le tiers
de la dette des Pays-Bas mis à la charge des Belges par
le traité des 18 articles (12 nov. 1831). Le roi de Hol-
lande ayant refusé de se soumettre aux décisions des
puissances, la France envoya une armée de 50,000 hommes
sous les ordres du maréchal Gérard faire le siège de la
citadelle d'Anvers. La place capitula le 23 déc. 1832. Ce
ne fut pourtant que sept ans plus tard (fév. 1839) que le
roi Guillaume reconnut l'indépendance de la Belgique.
L'histoire intérieure de la Belgique, à partir de ce mo-
ment, n'est que le récit de la lutte du parti libéral et du
parti clérical. Unis momentanément contre la domination
hollandaise, ils ne tardèrent pas à se diviser. Le ministère
catholique de Theux-Muelenaere, formé en 1834, dut se
retirer, en 1840, à la suite de troubles dans la rue, et fut
remplacé par le ministère libéral Lebeau-Rogier, qui com-
mença par proclamer une amnistie générale. Mais une
adresse du Sénat en date du 17 mars 1841, suivie d'un
vote de défiance, força le ministère à se démettre (avr.
1841). Un cabinet de conciliation fut formé parNothomb,
qui conclut des traités de commerce avec la France (1842)
et le Zollverein allemand (1844). Au cabinet Nothomb
succédèrent un ministère libéral de Weyer (juil. 1845-
mars 1846), puis un ministère catholique de Theux, qui
fut remplacé, en 1847, par un ministère libéral Rogier.
Celui-ci donna satisfaction aux vœux de la majorité du
pays. Il repoussa les empiètements du cléricalisme, et s'ef-
força de développer l'instruction du peuple et l'autonomie
communale. Le ministère se trouva encore consolidé par la
révolution de 1848; et le roi obtint assez de popularité pour
remettre sans hésitation le maintien de sa couronne au
libre suffrage de ses sujets. L'opposition tomba à un tiers
des voix lors des élections de 1848, en sorte que le minis-
tèrese maintint, malgré plusieurs changements de personnes

et malgré la crise amenée par les charges du budget de la
guerre une banque nationale fut fondée et la taxe des
lettres réduite à moitié. Le coup d'Etat du 2 déc. 1851
inquiéta la Belgique un crédit de 4,700,000 fr. fut voté
pour la défense du pays; un camp retranché fut établi à
Anvers. A la suite d'un échec à propos de la nomination
du président de la Chambre, le ministère se retira en sept.
1852. Il fut remplacé par un ministère libéral modéré, à
la tête duquel était le ministre des affaires étrangères de
Brouckere, qui régla les rapports commerciaux de la France
et de la Belgique.

Le ministère, ayant démissionné à cause de quel e
divergences insignifiantes avec la Chambre (mars 1855),
fut remplacé par un ministère catholique modéré, de
Decker prenait l'intérieur et le comte Vilain les affaires
étrangères. Malgré les sympathies qui se manifestèrent
du roi à l'occasion du vingt-cinquième anniver-
saire de son avènement (21 juil. 185Ô), le mécontentement
public ne tarda pas à éclater contre le ministère. Celui-ci
favorisait, en effet, manifestement le parti clérical par ses
lois sur l'enseignement, et surtout par la loi sur les établis-
sements de charité publics qui avait pour conséquence le
rétablissement de la mainmorte et la prépondérance des
moines et du clergé. La loi ayant été votée, le 20 mai
1857, par 60 voix contre 44, des troubles éclatèrent dans
plusieurs villes on les réprima par la force. Mais les
élections municipales d'octobre 1857 furent anticléricales,
et le ministère se retira.

Le ministère libéral Rogier, ayant dissous la Chambre,
.obtint une majorité de 70 voix contre 38. Il signala son
avènement en apportant des restrictions à la liberté de la
presse. Peu après, sous la pression du gouvernement fran-
çais, qu'avait effrayé l'attentat d'Orsini, il dut édicter la
poursuite des offenses faites aux souverains étrangers. Il
s'occupa ensuite de la question de la défense nationale. Il
entreprit donc de fortifier Anvers, le grand entrepôt du
commerce belge. Mais les habitants de la ville, pour qui
cette mesure présentait une série d'inconvénients, furent
si mécontents qu'ils élurent, en 1863, tous les candidats
de l'opposition à la place des députés sortants, parmi les-
quels était Rogier lui-même. Aussi le ministère offrit-il
sa démission en 1863, mais après une longue crise il resta
en fonctions. Un ordre du jour de défiance fut rejeté à une
voix de majorité. Le parti libéral proposa alors d'augmen-
ter le nombre des électeurs. La droite se retira tout
entière pour empêcher le vote de la loi. De nouvelles élec-
tions eurent lieu, et donnèrent 64 voix aux libéraux contre
52 aux cléricaux.

Le roi Léopold, étant mort le 10 déc. 1865, eut pour
successeur Léopold H, qui prêta serment à la Constitution
le 27 déc. Il ne se borna pas seulement à affirmer son
intention de persévérer dans l'attitude constitutionnelle de
son père, mais il insista particulièrement sur la question
de l'indépendance du pays. Quand éclata en 1867 la
question du Luxembourg, la Belgique, prit part à la con-
férence de Londres, mais sans contresigner la garantie
de la neutralité du Luxemhourg. En même temps on
s'inquiétait vivement des projets d'annexion de la Belgique
que l'on prêtait à Napoléon III. Le gouvernement présenta
en mai 1867 une demande de crédit de 60 millions, et
porta en avr. 1868 le contingent annuel de 10,000 à
12,000 hommes. Ces préparatifs demeurèrent inutiles
M. de Bismarck qui, après Sadowa, avait fait miroiter
aux yeux de Napoléon III la conquête de la Belgique à
titre de compensation, joua complètement l'empereur et
réussit à l'empêcher de rien prendre, tout en le rendant
suspect à ses voisins.

Le ministère libéral dirigé par M. Frère-Orban s'étant
retiré le 2 juil. 1870 à la suite des élections, fut remplacé
par le ministère clérical d'Anethan. La guerre franco-
allemande de 1870 éclata sur ces entrefaites; la France
et la Prusse reconnurent de nouveau la neutralité de la
Belgique le 9 août 1870. Le gouvernement observa cette

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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