U BELGIQUE
VIII, 46, 54). On a beaucoup discuté pour savoir s'il fal-
lait attribuer à cette dénomination une valeur ethnogra-
phique ou simplement politique. Là plupart des savants
pensent aujourd'hui que les Belges, mêlés de Germains et
de Celtes, ne constituaient pas une race, mais formaient
une nation,une association politique ou une confédération de
peuples, les uns Celtes, les autres d'origine germanique,
entre lesquels s'était formée une certaine communauté de
titceurs, d'usage et de langue. Strabon raconte qu'ils
étaient les plus belliqueux de la Gaule, et que seuls ils
s'étaient opposés à l'invasion des Cimbres et des Teutons.
Il ajoute qu'ils étaient divisés en quinze peuplades
(IV, iv, 3). Il est difficile de distinguer les peuples belges
des nations voisines, aussi bien des Celtes sur les bords
de la Seine et de la Marne, que des Germains sur les bords
du Rhin; aussi a-t-on beaucoup discuté sur les peuples que
l'on doit comprendre parmi les Belges. Comme dans tous
les cas leur nombre est supérieur à celui qu'indique Stra-
bon, on a résolu le problème en supposant qu'un certain
nombre étaient réunis sous la clientèle de quelques-uns.
En voici rémunération d'après les recherches de M. E. Des-
jardins (Géogr. de la Gaule Romaine, II, 427), dont les
résultats ont été un peu modifiés par M. Longnon (Atlas
historique de la France) i.Remi (Remois, Châlonnais,
Argonne, Rethelois, Tardenois); 2. Bellovaci (Beauvais); i,
3. Suessiones (Soissonnais) comprenant les SibaneM
Senlis) et les Meldi (Meaux); 4. Nervii (Pays de Bayay,
Hainaut, Brabant), peuple d'origine germanique ayant pour
èlients les Leutrones, Grudi, Levaci, Pleumoxi, Gedumni;
S./12reMfe.s(Arras); 6. Ambiani (Amiens) 7.NoWMt(Té-
rouane,Boulonnais, Flandre occidentale); 8. Menapii (depuis
Cassel, jusqu'aux bouches du Rhin, de l'Escaut et de la
Meuse); 9. Caletes (pays de Caux); 10. Veliocàsses
(Vexin, pays de Rouen); 11. Veromandui (Vermandois)
12. Eburones (pays de Tongres, de Namur, de Liège et
de Maestricht), peuple d'origine germanique ayant pour
clients les Adùatüci, reste dès Cimbres et des Teutons
fixés dans lé pays; 13. Treviri (pays de Trèves sur les deux
rives de la Moselle jusqu'au Rhin), peuple germanique ayant
pour clients les Condrusi, les Segni, les Cœfesi 14, Medio-
matrices (pays Messin) 15. Leuci (pays de Toul).
Après la défaite d'Arioviste, les Belles, qui jusque-là
étaient restés à l'écart de la lutté, comprirent que le con-
quérant de la Gaule les menaçait et formèrent une coa-
lition (57 av. J.-Ci). César marcha d'abord contre les
Rémi, qui s'empressèrent de se soumettre. Puis, ayant
envoyé les Eduens auxiliaires contre les Bellovaqùes, il joi-
gnit sur les bords de l'Aisne l'armée des Belges confédérés
auprès de l'oppidum rémois de Bibrax, et la init en dé-
route. Il soumit ensuite successivement les Suessiones,
les Bellovaci et les Ambiani, battit sur la Sambre les
Nervii auxquels s'étaient joints les Atrebates et les Vero-
mandui, et termina son expédition dans le Belgium en
forçant les Aduatuci dans l'oppidum oii ils s'étaient
réfugiés. Les Morini et les Menapiit seuls, n'avaient pas
fait leur soumission; deux années de suite (56 et 55 av..
J.-C.) César pénétra dans leur territoire sansles soumettre
complètement. Les années 54 et S3 virent encore de nou-
velles expéditions en Belgique, contre Ambiorix, qui avait
soulevé les Eburons, et contre le Trévère Indutiomare. Lors
du soulèvement de l'an 52, la plupart des peuples de la
Belgique envoyèrent des contingents à Vercingétorix, et
après la chute d'Alésia il fallut encore une campagne pour
achever de soumettre les Bellovaques et, les Atrebates
(51 av. J.-C). La conquête achevée^ César réunit le
Belgium à la Celtique et à l'Aquitaine pour en former
une seule province, la Gaule Chevelue. Mais comme elle
était trop considérable, Auguste la divisa en trois pro-
vinces, dont l'une fut la BELGIQUE. Pour la former on jo,-
gnit à l'ancien Belgium le pays des Sequani (Franch e–
Comté), des Helvetii (Suisse) et des Lingones (pays de
Langres), et on retrancha ceux des Caletés et des Velio,
casses (27 av, notre ère). Elle eut pour métropole Dura-
cortnrum (Reims). Plus tard, après la défaite de Varus,
lés besoins de là défense des frontières en firent distraire
le long du Rhin une longue bande de territoire pour for^-
mer les deux Germânies.
La province impériale prétorienne de Belgique com-
prit dès lors les treize cités suivantes i°'Civitas Atrè~
batum, ch.-I. Nemetacum (Arras); 2° Civ. Bettoy'acdrwm
ch.-l. Cœsaromagus (Beauvais); S" Civ. Ambianèrunt,
ch.-l; Samarobriœ (Amiens); 4° Civ. ou Cobmia Mori-
norum, ch.-l. Tarvûna (Térouane) 5° Civ. Tungrorutri,
ch.-l. Atuatuca (Tohgres); 6° Civ. Nérviorûni, ch.-l.
Bagacum (Bâvay); 7° Civ. Silvanêctum,' ch.-l. Rctto-
magus (ChamplieU?); 8° Civ. Verômanduôrutn;chÀ. 1.
Augûsta. Veromanduorum (Saint-Quentin); 9° dp.
Suessionum, ch.-l. Augusta Suessibnum (Soissons);
10° Civ. Remorum, ch.-l. Durocortorum (Reims);
11° Civ. Trevèrorum, ch.-l. Augusta Treverorum (Trè-
ves) 12° Civ. Mediomatricorum, ch.-l. Divoduru'm
(Metz); 13° Ciu. Leucorum, ch.-l. Tu'llium (Toul).
Sous Dioclétien, à la fin du inè siècle de notre ère,
cette province de Belgique fut à son tour démembrée et
forma trois provinces Belgica prima, Belgica secundct
et Provincia maxima Sequanorum. Plusieurs cités
furent en outre réunies aux provinces de Germanie et de
Lyonnaise.
La Première BELGIQUE eut pour métropole Trèves, et
comprit trois autres cités Metz, Tout et Verdun celle
de Langres, qui aurait dû être comprise, fut attribuée à
la première Lyonnaise.
La Deuxième BELGIQUE eut pour métropole Reims, et
comprit en outre les neuf cités de Soissons, Chàlons,
Saint-Quentin, Arras, Cambrai, Tournai, Sehlis^ Beau-
vais, Amiens, Térouane et Boulogne. Quant à la vaste
cité de Tongres, elle avait été réunie à la deuxième Ger^-
manie.
Les événements historiques qui se passèrent dans cette
province pendant la période romaine trouveront place à
l'art. GAULE il nous suffira de noter ici ceux qui ont eu
de l'influence' sur les transformations territoriales.
La seconde Belgique fut une des premières provinces en-
vahies par les Barbares les Francs saliens l'envahirent
à la fin du rv9, siècle, et ne tardèrent pas à s'en rendre
maîtres; à cette époque, suivant la Notice dès digni*-
tés de l'Empire, elle formait leduché de la seconde Bel~
gique, divisé en trois préfectures Littus saxonicum,
Quartensis et Portus MpatiaCus. Après la bataille de
Tolbiac, les Francs étendirent leur domination sur la
première Belgique, que les Barbares avaient dévastée jus-
qu'alors sans y laisser d'établissements durables. Avec la
chute de l'empire d'Occident le nom de Belgique disparait
de l'histoire, pour n'être plus exhumé qu'à la fin du
xvie siècle lorsque Philippe II attribua une partie des
Pays-Bas à sa fille Isabelle et à son gendre Albert
d'Autriche.
Nous n'avons pas à faire ici l'histoire des pays qui,
après avoir constitué les provinces romaines de Belgique
et de Germanie, sont devenus lé royaume de Belgique
actuel. Il suffira d'indiquer en quelques lignes les articles
où l'on devra chercher les renseignements.
La deuxième Belgique première, soumise par les Francs
au ve siècle, forma pendant la période mérovingienne
une grande partie du royaume de Neùstriê, tandis que
la première Belgique fut comprise dans celui d'AusTRAsiE;
l'une et l'autre furent comprises dans l'empire Carolin-
gien. Quand celui-ci fut démembré à Verdun en 843, on
attribua à Lothaire une longue bande de territoire, dont
une partie devint la Lotharingie ou Lorraine, et embrassa
les pays qui avaient été et redevinrent plus tard la Bel-
gique. Lors de la constitution de la féodalité, ces pays
devinrent la FLANDRE, le HAINAUT, le Brarant, la Hol-
LANDË, lé Luxembourg. L'Artois fut démembré de la
Flandre au cours du xiii" siècle. Après les longues gUerres
que soutint la Flandre contre lé royaume de France, elle