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Title : La grande encyclopédie : inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts. Tome 6 / par une société de savants et de gens de lettres ; sous la dir. de MM. Berthelot,... Hartwig Derenbourg,... F.-Camille Dreyfus,... A. Giry,... [et al.]

Publisher : H. Lamirault (Paris)

Publisher : [puis] Société anonyme de "La Grande encyclopédie" (Paris)

Date of publication : 1885-1902

Contributor : Dreyfus, Camille (1851-1905). Éditeur scientifique

Type : monographie imprimée

Language : French

Format : 31 vol. : ill. ; 31 cm

Format : application/pdf

Copyright : domaine public

Identifier : ark:/12148/bpt6k24641k

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb377013071

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb377013071

Provenance : bnf.fr

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7 BELGIQUE

gîiM septentrionale, par des Kymris ou des Galates. Les
peuplades belges, qui ont donné leur nom au pays, auraient
traversé le Rhin successivement depuis le commencement
du me jusqu'au milieu du n8 siècle avant notre ère, pour
occuper tout le nord-est de la Gaule. Zabobowski.
VI. Ethnographie et Langues.- Nous avons signalé
la différence sensible qui existe entre l'aspect général de
la Belgique du sud-est, région ondulée, et les plaines du
nord et de l'ouest. Ces deux régions sont habitées par des
populations bien distinctes. La première est le pays
wallon, la deuxième le pays flamand. Une ligne tracée de
Saint-Omer à Maestricht, à travers la Belgique moyenne,
indique presque exactement la limite N.-ï). du wallon,
tandis qu'une autre ligne dirigée de Maestricht vers Metz,
marque, avec beaucoup moins de régularité la limite
orienta du même idiome. Le sommet de l'angle par
50°50' de latitude est le point le plus septentrional de
l'Europe soit parlée une langue latine. A l'est on parle
l'allemand au nord et à l'ouest le néerlandais.
Les habitants de la Wallonnie présentent des caractères
physiques sensiblement différents de ceux des Flamands.
Le Wallon a la figure plus osseuse que le Flamand, la taille
plus élevée, les membres plus forts, le corps plus angu-
leux, la chair moins développée, le teint moins vermeil.
Il est généralement admis que les Wallons descendent des
Gaulois et les Flamands des Germains il faut, toutetois,
tenir compte des nombreux mélanges dus aux invasions
des armées étrangères et aux visites continuelles des
marchands venus de toutes les parties de l'Europe. De
plus, les anthropologistes signalent des groupes belges
dont le typé ne se rattache ni aux Gaulois, ni aux Ger-
mains. Pendant le moyen âge, les Flamands, que favo-
risait d'ailleurs la position, de leur pays, si heureuse
pour le commerce et l'industrie, étaient en moyenne supé-
rieurs aux Wallons, non seulement par la richesse, mais
aussi par la civilisation réelle et la pratique de la liberté.
'Les grandes révolutions dont la Belgiqùe a été le théâtre
et les lentes transformations qui se sont accomplies dans
la masse du peuple ont fini par déplacer le siège de la puis-
sance. De nos jours ce sont les Wallons qui l'emportent
par l'activité industrielle, mais les Flamands ont gardé
leur supériorité dans les arts proprement dits ce sont
eux surtout qui donnent au pays ses peintres et ses musi-
ciens.

Quant aux dialectes populaires compris sous ^appella-
tion générique de « wallon x, ils sont, dit M. A. Scheler
(Patria Belgica, Ï1I, 383), des rameaux de la grande
famille romane leurs origines et leurs premiers dévelop-
pements sont obscurs comme ceux de tous les idiomes
issus de l'absorption d'un élément indigène par une langue
exotique ou imposée mais leur classement dans la famille
néo-latine ne peut plus faire question aujourd'hui. Cepen-
dant le wallon contient un contingent plus fort d'éléments
germaniques que les autres rameaux de la branche
romane-française. On a attribué ce fait au parler primor-
dial ou anté-romain des contrées dont il s'agit, ou sim-
plement au long séjour des Francs-Austràsiens dans les
régions de la Meuse.

Le dialecte flamand est un rameau d'une des deux
grandes branches de la souche germanique. Aussi bien
que les divers dialectes parlés dans les provinces dont
se compose le royaume actuel des Pays-Bas, le flamand
fait partie du groupe d'idiomes teutoniques compris sous -s
l'appellation de bas-allemand, ce qui veut dire l'allemand
parlé dans les basses terres du littoral, par opposition au
hatthaUernand, qui est l'allemand des régions centrales
et méridionales. Cette division fondamentale de l'allemand
peut se comparer à celle qui a existé pendant longtemps
dans l'ensemble des' idiomes français sous les noms de
langue à'oil et de langue d'oc. Dans les limites actuelles
de l'empire d'Àllemagnei la distinction radicale entre le
haut et te bas allemand n'affecte plus que la langue
parlée;

Supplanté par le ïïochdeutsek, comme organe de la vie
publique, sociale et scientifique, le bas-allemand ou Me-
derdeustch n'a plus cours, dans les pays de la Basse-
Allemagne, qu'au foyer domestique et dans les rapports
familiers du peuple. Mais au delà de l'Allemagne, il a
conservé son rang de langue nationale en Hollande, et
soutient vaillamment ses droits séculaires dans la grande
moitié de la Belgique et même dans un coin du N.-O. de
la France. La distinction entre le flamand et le hollandais
est purement géographique aussi les désigne-t'on aujour-
d'hui d'un nom commun le néerlandais-
L'absence de documents écrits avant le milieu da
xiie siècle présente au philologue d'insurmontables. diffi-
cultés pour traiter ta question des éléments constitutifs
du flamand et des influences qui ont concouru à son déve-
loppement. On peut affirmer cependant qu'il s'y trouve
des traces du langage des Saxons établis dans tes Pays-
Bas, des anciens Frisons, du langage des Francs, d'élé-
ments d'origine romane. La langue néerlandaise tend de
plus en plus à se modeler sur les œuvres classiques des
écrivains du Nord. Mais, autour de la langue écrite et
disciplinée) se groupent dans les diverses contrées de nom-
breuses variétés parlées qui se distinguent entre elles par
des systèmes phonologiques, des habitudes grammaticales,
des expressions et des termes particuliers. 1

Au dernier recensement décennal, le 31 déc. 1880, sur
5,520,009 hab., 2,230,316 ne parlaient que le français,
2,485,384 le flamand seulement, 39,550 l'allemand seu-
lement, 423,752; le français .et le flamand, 35>2S0 le
français et l'allemand, 2,936 le flamand et l'allemand,
13,331 les trois langues. 11 y avait, en outre, 6,412 hab'.
parlant exclusivement des langues étrangères ou sourds-
muets et 283,058 enfants âgés de moins de deux ans et
considérés comme ne parlant pas. L'usage du français est
général dans les grands corps délibérants, dans toutes les
administrations, dans l'armée, dans les groupes scienti-
fiques, littéraires, industriels, commerciaux. Les deux tierj
des journaux sont rédigés en français et ce sont ceux qui
ont la plus grande publicité.

Depuis quelques années des lois ont rendu justice aux
flamands et leurs griefs les plus sérieux ont été redressés.
La langue néerlandaise est librement employée devant lés
tribunaux, et, dans les correspondances officielles, le texte
français est généralement accompagné d'une traduction
néerlandaise. Le gouvernement a fait réimprimer les
vieux auteurs flamands, il subventionne.les théâtres fla-
mands, il a même fondé en 1886 une académie royale
flamande.

VII. Démographie, La superficie et la population
étaient, au 31 déc, 1885, représentées par les chiffres
suivants

PROVINCES Kiltii. «rré» foful. jbsolna WMIÉ

̃ (iof.p'k.5.;

Anvers. 2.832 639.339 226
Brabànt. > 3.283 1.060.053 323
Flandre occidentale. 3.235 721.437 223
Flandre orientale. 3.000 461 671 308
Hainaut. 3.732 1.029.885 277
Liège 2.895 710.819 245
Limbourg 2.412 218.951 90
Luxembourg 4.418 214.760 48
Namur 3.660 333.761 91
Total. 29.467 5.853.278 198'

Divisions administratives. La Belgique est divisée en
neuf provinces. Le Brabant, ch.-l. Bruxelles. Il se
divise en trois arrondissements administratifs dont les
chefs-lieux sont Bruxelles Louvain et Nivelles.
La FLANDRE ORIENTALE, ch.-l. Bruges; huit arrondisse»
ments administratifs clu-L Brugest Ostende, Courtrai,
Dixmude, Fumes*, Rôulers, Thielt, Ypres. 3" La
FLANDRE orientale, clu-I. Gand; six arrondissements

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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