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après coup dans Page de la pierre récent. Et l'homme
quaternaire en général n'enterrait certainement pas ses
morts. De plus, avec les os humains du Trou du Frontal,
se trouvait nn vase en terre. Ce vase aurait certains
caractères de la poterie néolithique, et il est reconnu
que c'est bien avec la pierre polie que t'usage de la pote-
rie s'est répandu. Mais, d'autre part, il est non moins
bien reconnu que les restes des animaux recueillis avec
les os humains appartiennent à la faune quaternaire ce
sont en effet ceux du saïga, du renne, du bouquetin, du
chamois, du lémming, du lagopède. Enfin, aucun objet de
pierre polie, d'industrie néolithique, ne les accompagnait,
sauf lé vase que nous venons de mentionner.
Or, les archéologues belges prétendent avoir démontré
que la poterie date chez eux des temps quaternaires.
M. E. Dupont personnellement a trouvé des tessons dans
la plupart de ses cavernes. Il en a trouvé notamment dans
celle de Goyet, profondément enfouis. 11 en a trouvé
aussi dans le Trou de Châleux, au-dessous de i m.
-̃ d'éboulis provenant de la voûte qui s'était écroulée sur les
débris de repas et les autres restes d'industrie quater-
naires au milieu desquels ils se trouvaient. Tout récem-
ment, en 188i, M. Fraipont, fouillant dans le couloir de
la principale chambre de la grotte d'Engis, rencontra
lui-même, au-dessous d'une couche stalagmilique de
lOcentim., un fragment de pot à 65 centim. de profon-
deur, sur le fond, non loin de trois dents de rhinocéros
iichorhinus et d'une molaire de mammouth. Dans la
grotte de Spy également, au-dessus d'ailleurs des restes
humains néanderthaloïdes qui s'y trouvaient, on a rencontré
quatre fragments de poterie, avec des fragments de défense
de mammouth, du charbon de bois, des silex taillés
moustériens. Pas un silex néolithique n'a été trouvé dans
la grotte, et un tesson contenait un éclat de silex « d'une
nature minéralogique identique à celle des silex paléoli-
thiques de la grotte >. Enfin, dans la caverne de Petit-
Modane, dans le sixième niveau ossifère, tous les niveaux
renferment d'ailleurs des restes de la faune du mam-
mouth, depuis le rhinocéros tiçhorhine jusqu'au lion des
cavernes, à 7 m. de profondeur, « en un point absolu-
ment vierge de tout remaniement » (r'raipont), M. Ivan
Braconnier a trouvé encore en place le fond d'une gros-
sière tasse d'argile. « Si ce vase était néolithique, dit
M. Fraipont, il faudrait qu'il eut traversé 8 m. de dépôt,
puisque toutes les couches qui recouvrent son gisement
datent du quaternaire inférieur, de l'âge du mammouth.
Faire appel à un remaniement de couche ne change pas
davantage l'âge absolu de l'objet, puisque tous les dépôts
de la grotte appartiennent à la même époque géologique. »
En présence de ces faits, des archéologues, M. G. de Mor-
let en particulier, persistent dans leurs explications basées
sur l'intervention d'animaux fouisseurs. Mais les archéo-
logues belges ripostent qu'un tel argument pourrait por-
ter atteinte à presque toutes nos certitudes, relativement
à la contemporanéité d'objets travaillés on de pièces
Osseuses trouvés ensemble dans les cavernes.
Quoi qu'il en soit, on peut tenir pour certain, ces
discussions une fois indiquées, que la présence d'un pot
à côté des restes humains de Furfooz ne peut à aucun
point de vue suffire à prouver que ceux-ci sont néo-
lithiques. Ajoutons d'ailleurs qu'ils ont pu être contempo-
rains de stations néolithiques de régions de l'Europe plus
méridionales. Des crânes trouvés dans les amas.coquiïliers,
lés Kjœkkenmœddings de Mugem, aux bouches du Tage,
ont été rapportés aux types de Furfooz. De toutes façons,
nous avons en ces types ceux mêmes de la population de
la Belgique, des troglodytes de l'âge du renne de ce pays.
A cet âge, la race plus ancienne de Cro-Magnon, à laquelle
appartiendrait le crâne d'Engis, était encore représentée.
Un crâne brisé, recueilli au Trou du Frontal lui-méme,
suffirait à le prouver. Mais elle l'était par des petits
groupes, des familles isolées au milieu du reste de la
population, dont M. Dupont a recueilli de nombreuses
mâchoires. Celle-ci se composait d'individus également
robustes, mais beaucoup plus petits. La taille des hommes
de Furfooz, en effet, était de lm53, juste celle des Lapons.
Leur squelette toutefois ressemble à celui des hommes
d'aujourd'hui. Leurs mœurs nous sont connues par les
accumulations de débris de toutes sortes qu'ils ont laissés
dans leurs stations, au Trou des Nutons, qui semble
avoir été l'habitation de ceux mêmes enterrés au Trou du
Frontal, et surtout au Trou de Châleux, où tout a été
saisi en place par un écroulement de la voûte. Ils se ser-
vaient surtout de silex et de bois de renne. Ce sont les
grandes lames ou couteaux de silex qu'ils adaptaient à
tous les usages. Suivant M. Dupont, ils, ne connaissaient
pas l'arc et la flèche. Leurs relations commerciales étaient
probablement assez étendues, car ils tiraient de la Cham-
pagne leurs silex et les coquilles dont ils s'ornaient. Ils
se peignaient la figure avec les oxydes de fer ou de man-
ganèse, dont on a trouvé des provisions dans leurs abris,
comme dans ceux du Périgord. Ils se faisaient des vête-
ments avec des peaux qu'ils cousaient. Ils étaient émi-
nemment pacifiques, comme le sont par exemple les Esqui-
maux. En cela lis différaient de leurs contemporains, les
gens de la race de Cro-Magnon qui habitaient les grottes
de la Madeleine dans la vallée de la Vezère. Ils différaient
de ces derniers encore et surtout par la pauvreté relative
de leur industrie, et l'absence de tout art dans les objets
de cette industrie.
Au dire de certains anthropologistes. il serait aisé de
retrouver des descendants de ces gens de Furfooz au
milieu de la population actuelle de la -Belgique. Cepen-
dant, dès l'époque de la pierre polie, une population nou-
velle et différente se serait répandue dans ce pays. Et de
cette population on a retrouvé des représentants dans les
stations, dans les grottes néolithiques de la même pro-
yince, des mêmes environs de Namur. Que l'on compare,
par exemple, dit M. de Quatrefages, les deux têtes du
Trou du Frontal celles que M. Arnould a retirées de la
grotte de Sclaigneàux, et on sera frappé des différences.
Sans entrer dans d'autres détails, il suffit de dire que les
premières sont prognathes et que l'une d'elles exagère
même ce caractère, tandis que les secondes sont remar-
quablement orthognathes. Pendant que des peuples nou-
veaux envahissaient la Belgique, ses anciens peuples colo-
nisaient le nord, se répandaient en Danemark, en Suède;
où les dolmens contenaient beaucoup de crânes du type de
Furfooz. L'âge de la pierre polie a eu certainement en
Belgique son développement habituel et une longue durée*
Des stations de cet âge ont été découvertes en certain
nombre dans les cavernes, par Schmerling, Spring (grotte
de Chauvaux), E. Dupont, etc. Des objets d'industrie
néolithique ont de plus été recueillis un peu partout.
C'est en Belgique qu'on a découvert un des ;plus vastes
ateliers de silex taillés et polis qui soient connus. Cet
atelier est situé à Spiennes près Mons. On y préparait les
haches pour le polissage. C'est par milliers qu'on y
recueille les débris et les pièces de rebut. La matière pre-
mière, les rognons de silex, provenaient du coteau de
Mesvin. En creusant une tranchée de chemin de fer à
travers ce coteau composé de craie blanche on a mis au
jour, à la surface, des silex quaternaires du type du Mous-
tier, et, dans la craie même, des puits et des galeries de
mines creusés à l'époque néolithique pour l'extraction du
silex. Les peuples néolithiques ont élevé des dolmens en
Belgique comme ailleurs. Mais ces monuments ont été
presque complètement détruits. Les trouvailles de bronze
ont été peu nombreuses. Le premier âge de fer ou époque
hallstatienne a eu en Belgique un plus grand développement.
Il est représenté par un grand nombre de tumulus. Mais
l'usage de ceux-ci était encore général à l'époque romaine.
La Belgique a partagé au point de vue ethnologique toutes
les vicissitudes de la Gaule. Elle a été habitée par les
Celtes. Mais ceux-ci y ont été refoulés de bonne heure,
et, semble-t-il, complètement par des peuples blonds d'ori-