S BELGIQUE
ou marins), 8 Céphalopodes, 1 Braehiopode et S Tuniciers
tous marins. Les huîtres d'Ostende sont renommées; on y
pêche également la morue et le hareng.
Parmi les types exclusivement marins, les Mammifères
pisciforme, comptent, dans la mer du Nord, 10 à 12 espèces
de Cétacés qui fréquentent les côtes de la Belgique et
s'y éclouent de temps en temps. Les Dauphins sont repré-
sentés par des types variés (Delphinus delphis, D. ros-
tratus, D. tursio, D. orca, D. phocœna, D. melas,
D. mieropterus, Hyperoodon butzkopf) et le Cachalot
(Physeter maerocephalus) s'y égare quelquefois. Par
contre, les Baleines ne sont représentées que par une seule
espèce, du groupe des Baleinoptères (Balœnoptera mus-
culus ou phymlusj les Baleines franches (genre Ba-
lœna), dont deux espèces habitent l'Atlantique septentr.,
ne paraissent pas s'aventurer dans la mer du Nord. Les
Phoques sont représentés par une seule espèce (Phoca
vitidina). Vers la fin de l'époque tertiaire, la faune de la
mer du Nord, qui avait la forme d'un vaste golfe, large-
ment ouvert vers le Nord et sans communication avec la
Manche, était beaucoup plus riche en Mammifères marins
que de nos jours. De nombreux Cétacés, et particulière-
ment des Baleines de genres variés, des Phoques (20 espèces
appartenant à une dizaine de genres), ont laissé leurs
débris dans les sables miocènes et pliocènes du Crag d'An-
vers. Ces débris, mis au jour depuis une trentaine d'années,
sont conservés dans le musée d'histoire naturelle de
Bruxelles et ont été décrits et figurés avec le plus grand
soin par Van Beneden dans les Annales publiées par cet
établissement. Les animaux marins, de l'embranchement
des Articulés, sont représentés sur les côtes de la Belgique
par une centaine de Crustacés. Les autres types marins infé-
rieurs sont représentés par des Annélides (Cliétopodes),
30 Bryozoaires, 3 Holothuries, 7 Oursins, 5 Etoiles de-
mer, 4 Cténophores, 7 Méduses, 50 Hydroïdes (Campa-
nulaires) environ, 8 Actinies, 3 Alcyonnaires et 3 Eponges
fibreuses. On sait que tous ces types inférieurs apparte-
nant à l'embranchement des Cœlentérés sont assez rares
dans les mers tempérées qui baignent le centre et le nord
de l'Europe.
Les Articulés terrestres sont beaucoup plus riches en
espèces. Les Insectes ont 3,700 Hyménoptères, 3,000
Coléoptères, 1,400 Lépidoptères, 1,500 Diptères, 500
Hémiptères, 239 Névroptères, 46 Orthoptères, etc. On ren-
contre, en outre, en Belgique, 24 Myriapodes, 300 Arach-
nides, et quelques Crustacés d'eau douce ou terrestres.
La faune belge a été l'objet de nombreux travaux qui per-
mettent de donner, avec une certaine précision, les chiffres
que nous venons d'indiquer, et rendent facile la détermi-
nation des espèces que l'on peut rencontrer dans les limites
de ce pays. On trouvera le titre des plus importants de ces
ouvrages à l'index bibliographique. E. Trodessart.
V. Anthropologie. Le sol belge, où se sont
faites les premières, parmi les plus importantes, des
découvertes relatives à l'homme des cavernes, est resté le
théâtre de recherches préhistoriques non moins fruc-
tueuses aujourd'hui qu'au premier jour. C'est en 1833 que
Schmerling opérait, dans une série de quarante cavernes,
ces belles fouilles si laborieuses qui prouvaient, avec une
abondance de laits qui avait manqué jusque-là, l'associa-
tion de restes humains et d'industrie humaine dans les
dépôts des cavernes avec ceux de mammifères quaternaires,
sans d'ailleurs éveiller même pour ainsi dire l'attention de
ses compatriotes de Liège, sans obtenir l'adhésion de Ch.
Lyell, qui-devait plus tard prendre en main sa cause avec
tant de succès. C'est d'autre part en 1886, l'année der-
nière, qu'a été faite une des découvertes préhistoriques
les plus intéressantes de ces dernières années. Et elle
revient encore à la Belgique. C'est grâce d'ailleurs à cette
dernière découverte qu'on peut dire que toutes les époques
quaternaires sont représentées en Belgique. Elle est due à
MM. de Puydt et Lohest, et a été faite dans la grotte de 1
Spy sur l'Orneau (province de Namur). Dans cette grotte, à
tous les niveaux ossifères, au nombre de trois, on a trouvé
des restes du mammouth. Le deuxième et le dernier de
ces niveaux renfermaient la faune caractéristique du qua-
ternaire inférieur rhinocéros tich., mammouth, ours et
lion des cavernes, hyène. Dans le dernier, à la surface,
ont été trouvés des restes de deux hommes. Et ces hommes
étaient de la race de Néanderthal, de la vallée du Rhin.
Depuis la découverte de l'homme de Néanderthal lui-
même, c'est la première fois qu'on trouve des restes de
cette race dans des cavernes. Ces restes d'ailleurs sont
peut-être les témoins d'un cas isolé de survivance, car ils
n'étaient pas accompagnés de silex du type de Saint-Acheul,
mais de silex se rattachant plutôt à l'industrie du Moustier.
C'est en effet à l'époque de cette industrie, la seconde
époque quaternaire, que les cavernes ont commencé géné-
ralement à être habitées. C'est à cette époque aussi qu'ap-
partiennent les principales grottes fouillées par Schmer-
ling. Ces grottes, se correspondant de chaque côté de
la Meuse, devaient appartenir à des séries de tunnels et
de galeries, avant le creusement des vallées existantes.
Deux d'entre elles, celles d'Engis et d'Engihoul, qui se
font vis-à-vis, sont particulièrement célèbres à cause des
ossements humains assez nombreux qu'on y a trouvés. De
ces restes, un crâne, bien connu aujourd'hui sous le nom
de crâne d'Engis, a été conservé en assez bon état. On
est à peu près fixé de longue date sur son âge et ses
caractères, et on le rapporte à l'époque du Moustier et à
la race de Cro-Magnon. Il gisait en effet sous une brèche
osseuse de lm50, à côté d'os de rhinocéros, d'hyène, de
cheval, d'ours, dans le même état que lui. Cependant, on
a récemment élevé des doutes sur son ancienneté. Ces
doutes seraient basés sur l'amibiguïté même de certains de
ses caractères, et sur le nombre assez extraordinaire des
autres os humains de petites dimensions qui annonceraient
l'existence d'une sépulture néolithique, bouleversée par
des animaux fouisseurs.
De nouvelles fouilles effectuées dans la caverne d'Engis
plus de trente-cinq ans après, en 1870, par M. Ed.
Dupont, ont confirmé les résultats obtenus par Schmer-
ling. Son industrie est parfaitement moustérienne, et les
os humains y ont été enfouis avec elle contemporainement
avec les restes de mammouth. M. Ed. Dupont a consacré
dix années, à partir de 1864, à des fouilles méthodiques
dans les vallées de la Meuse et. de la Lesse. Il a recueilli
un matériel industriel considérable, où les types du Mous-
tier, de Solutré, de la Madeleine, de la pierre polie,
sont également représentés. Quelques-unes des cavernes
explorées, quelques-uns des résultats obtenus sont devenus
célèbres. C'est dans le cours de ces fouilles, en effet, que
M. Dupont a découvert (1866) la fameuse mâchoire de la
Naulette (V. ce mot). La caverne du Trou de la Naulette,
située sur la rive gauche de Lesse, corn. de Furfooz,
près Dinant, est à 28 m. au-dessus du cours de la Lesse.
Son sol se composait de limon alternant avec sept couches
de statagmite. C'est sous la cinquième de ces couches, à
une profondeur de près de 10 m., que gisait la mâchoire
humaine, avec un métacarpien, un cubitus, une canine.
Quoi qu'on ait pu dire, il est certain que, sur aucun autre
débris humain du même genre, on n'a pu observer des carac-
tères aussi inférieurs, aussi pithécoïdes. Sous ce rapport,
comme d'ailleurs sous celui de son ancienneté, elle a pu
être rangée à côté des restes de Néanderthal, de Brux, etc.
Non loin du Trou de la Naulette, au Trou du Frontal,
à Furfooz même, M. E. Dupont a eu la bonne fortune
de faire une autre découverte, pour le moins aussi discu-
tée. C'est celle d'une sépulture contenant les restes d'en-
viron seize individus. Parmi ces restes, deux crânes
étaient en assez bon état. On a établi sur leurs caractères
deux types de races très voisines, bien connues sous le nom
de races de Furfooz (V. ce mot). Des archéologues d'une
grande autorité les rapportent à l'époque de la pierre polie.
Des sépultures célèbres, telles que celle d'Aurillac et de
Cro-Magnon, dans des cavernes, ont en effet été rangées