BELGIQUE 4
région dont la flore, considérée dans son ensemble, pré- e
sente un caractère silicicole et hygrophile très net. Parmi g
les espèces caractéristiques, au nombre d'environ 40, il c
convient de signaler comme propres à cette région a
Ranunculus platanifolius, Empetrum nigrum, Circœa i
intermedia,meumathamanticum,Saxifragacœspitosa, t
Trientalis europœa, Digitalis ambigua, Campanula li
cervicaria, Hypochœris maculata, Polygonatum verti- o
cillatum, Gymnadenia albida, Coralliorrhiza innata, s
Carex pauciflora, Calamagrostis arundinacea, Alloso- t
rus ertspus, Asplenium viride, Aspidium Lo~chitis, A
Hymenophyllum tunbridgense, Lycopodium annoti-
num et alpinum. Quelle que soit l'altitude de cette région, p
le tapis végétal conserve son caractère et ne présente pas I
ces différences si importantes que l'on constate dans les b
régions montagneuses suivant l'altitude. Enfin, sur les pla- n
teaux, dans les gorges, le long des cours d'eau, les forêts d
abondent encore, malgré de nombreux défrichements. L
4° Région jurassique. C'est la plus petite des quatre q
elle comprend la pointe S.-E. de la Belgique et elle est L
uniquement formée de sables, grès, calcaires ou marnes a
jurassiques. La végétation de cette région, malgré un cer- c
tain nombre des espèces caractéristiques de la Campine et d
de la zone calcareuse, offre cependant un cachet spécial, q
grâce à la présence de Aconitum Napellus, Polygala li
calcarea, Orobanche epithymum, Asperula glauca, 1(
Helichrysum arenarium, Carex paradoxa, timosa et d
ornithopoda, Eriophorum gracile. Il est probable que f
la végétation actuelle de la Belgique est bien différente, g
par sa variété et sa richesse, de celle qui recouvrait ce é
pays avant le dépôt du limon poldérien, le défrichement et e
la culture par laquelle un certain nombre de plantes étran- n
gères ont été introduites. Telle qu'elle est aujourd'hui cette If
flore se compose de 1,254 espèces indigènes, Phanéro- b
games et Cryptogames vasculaires. Peut-être y existe-t-il il n
un nombre égal de Cryptogames cellulaires. Ces espèces g
se répartissent ainsi d'après M. F. Crépin (i
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CATÉGORIES § E § g § « § | 1k 3 S "M
Nombre total des es-
pèces 513 847 878 1045 777 831 1254
Espèces annuelles
ou bisannuelles. 188 269 267 314 206 238 366
Espèces vivaoes her-
bacées 296 505 537 631 482 504 775
Espèces ligneuses.. 29 73 74 100 89 89 113
Espèces xerophilés. 333 54t 619 800 560 601 887
Espèces hygrophiles 180 306 259 245 217 230 367
Dicotylédones. 379 587 613 764 551 603 878
Monocotylédones. 124 2t6 225 242 185 195 315
Cryptogames vase. 10 44 40 39 41 33 61
IL
Si l'on compare la flore de la Belgique avec celle des pays n
voisins, on n'a pas de peine à reconnattre qu'elle en dif- -o
fère peu et cela s'explique aisément par sa situation s
géographique. Les relations de cette flore doivent donc d
être avec le nord de la France, la Hollande et les pro- e
vinces Rhénanes, qui sont formées par la grande plaine cim- d
bro-germanique, les Ardennes et les monts Hyrci- b
niens et, par conséquent, présentent une végétation presque v
uniforme. Il convient cependant de faire remarquer que 1
le Palatinat et la province Rhénane, dont l'étendue est d
inférieure à celle de la Belgique, possèdent un nombre d
total d'espèces supérieur au sien. La Hollande, au contraire, n
bien que plus grande, offre moins d'espèces. En résumé, v
la flore belge, bien que peu différenciée des flores voisines, e
est loin d'être homogène. Elle comprend des plantes d'ori-
gines différentes que des migrations ont amenées dans
cette contrée. Ce sont des espèces boréales, qui s'avancent
au S. bien au delà de la Belgique des espèces méridio-
nales dont l'une, le Carex divisa, y atteint sa limite sep-
tentrionale des espèces occidentales, qui se tiennent sur le
littoral ou s'avancent parfois dans l'intérieur; des espèces
orientales, dont la distribution en Belgique n'est pas encore
suffisamment fixée enfin des espèces des régions mon-
tagneuses du centre de l'Europe, qui y arrivent par les
Ardennes. Paul Madry.
IV. Faune. La faune de la Belgique diffère
peu de celle du nord de la France et de l'Allemagne.
Pays de plaines et de riche culture, à population nom-
breuse (180 hab. en moyenne par kilom. q.), la Belgique
ne possède plus guère de grands animaux sauvages que
dans la région des Ardennes, au S.-E., pays de forêts, de
landes et de marécages incultes, beaucoup moins peuplé
que le reste du territoire. C'est là que se sont réfugiés les
Loups, les Renards et les Sangliers, devenus rares partout
ailleurs. L'Ours a complètement disparu, bien que les
cavernes à ossements de la province de Liège renferment
de nombreux ossements, indices de sa présence à l'époque
quaternaire. Le Chevreuil est le seul ruminant qui habite
les forêts, car le Cerf est devenu très rare, même dans
les Ardennes. Par contre, les Rongeurs sont assez abon-
dants le Lièvre et le Lapin (Lepus timidus, L. cuni-
fulusj, sont les principaux gibiers à poils. Les Campa-
gnols (Arvicola) sont nombreux en espèces, qui ont été
étudiées avec le plus grand soin par Sélys-Longchamps
et font beaucoup de tort à l'agriculture. Les petits Car-
nassiers (Blaireau, Martre, Fouine, Putois, Belette), qui
leur font la chasse, sont insuffisants à réduire leur nom-
bre, et le cultivateur est souvent forcé de prendre lui-
même ce soin, pour protéger ses récoltes. Un petit Ron-
geur voisin des Rats et des Campagnols, le Hamster
(Cricetus frumentarius), répandu dans toute l'Europe
moyenne, a sa limite occidentale et septentrionale en Bel-
gique, dans la province de Liège, et ne se trouve ni dans
les Ardennes, ni sur le versant français des Vosges. Les
Insectivores (Hérisson, Taupe, Musaraignes) et les Chauves-
Souris, ne diffèrent pas de ceux du nord de la France
une espèce de ces dernières (Vespertilio dasycneme) a
sa limite occidentale dans les Flandres, bien qu'elle se
retrouve en Angleterre et en Italie. En résumé, 60 mam-
mifères terrestres ont été observés en Belgique, en y
comprenant 8 ou 9 espèces domestiques. Parmi ces
dernières, le Bœuf, le Cheval et le Mouton sont l'objet
d'un élevage considérable, auquel se prêtent les plaines
de la Belgique, riche en pâturages toujours verts, grâce
à son climat à la fois humide et tempéré.
Les oiseaux ont été étudiés avec soin, notamment par
Schlegel et par Dubois. Ce dernier a publié un magnifique
ouvrage en cinq volumes, renfermant près de 700 planches
coloriées qui représentent les oiseaux de la Belgique avec
leurs nids et leurs oeufs. La plupart des espèces sont
communes à ce pays, à l'Allemagne, à la France, et même
à l'Angleterre, car les Pays-Bas sont sur la route directe
que suivent les espèces migratrices pour passer du conti-
nent dans les Iles Britanniques; 318 espèces ont été
-observées à l'état sauvage, en comptant celles qui sont
simplement de passage aussi bien que celles qui nichent
dans le pays ou sont sédentaires: 11 espèces sont élevées
en domesticité. Les Reptiles sont peu nombreux, comme
dans toute la zone Nord tempérée: 7 espèces seulement-
habitent la Belgique et 13 espèces de Batraciens se trou-
vent dans ce pays. Le chiffre des poissons, porté à
117 espèces, en y comprenant à la fois les espèces d'eau
douce et les espèces marines, est probablement au-dessous,
de la vérité: 7 espèces sont rares ou accidentelles. Les,
mollusques comptent environ 300 espèces, qui se subdi-,
visent ainsi 200 Gastéropodes (terrestres, d'eau douce
et marins), 100 Lamellibranches ou Bivalves (d'eau douce
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