DE LA CONFORMITÉ DE LA FOI AVEC LA 1UIS0N 61 qu'ailleurs, soit dans la discussion de ses dogmes, soit dansl'éelair- cissement des expressions énigmatiques de ses prophètes, soit dans l'explication des paraboles de ses évangiles, et d'une infinité d'autres choses arrivées ou ordonnées symboliquement. Mais puisque ni les nécessités de la vie, ni les infirmités des hommes «ne permettent qu'à un fort petitnombre de personnes de s'appliquer « à l'étude quel moyen pouvait-on trouver plus .capable de profiter « à tout le reste du monde, que celui que Jésus-Christ a voulu «qu'on employât pour la conversion des peuples ? Et je vondrais « bien que l'on me dit sur le sujet du grand nombre de ceux qui croient, et qui par là se sont retirés du bourbier des vices, où ils « étaient auparavant enfoncés, lequel vaut le mieux, d'avoir de la « sorte changé ses moeurs et corrigé sa vie, en croyant sans examen « qu'il y a des peines pour les péchés et des récompenses pour les bonnes actions ou d'avoir attendu à se convertir, lors- «qu'on ne croirait pas seulement, mais qu'on aurait examiné « avec soin les fondements de ces dogmes ? Il est certain qu'à « suivre cette méthode, il y en aurait bien peu qui en vien- draient jusqu'où leur foi toute simple et toute nue les conduit, 4 mais que la plupart demeureraient dans leur corruption. » 53. M. Bayle (dans son Eclaircissement concernant les objections des manichéens (1), mis à la fin de la seconde édition du diction- naire) prend ces paroles, oit Origène marque que la religion est à l'épreuve de la discussion des dogmes, comme si cela ne s'étendait point par rapport à la philosophie, mais seulement par rapport à l'exactitude avec laquelle on établit l'autorité et le véritable sens de la sainte Écriture. Mais il n'y a rien qui marque cette restriction. Origène écrivait contre un philosophe, qu'elle n'aurait point accom- modé. Et il paraît que ce Père a voulu marquer, que parmi les chrétiens on n'était pas moins exact que 'chez les stoïciens et chez quelques autres philosophes, qui établissaient leur doctrine, tant par la raison que par les autorités, comme faisait Chrysippe, qui trouvait sa philosophie encore dans les symboles de l'antiquité païenne. 54. Celse fait encore une autre, objection aux chrétiens, au même (1) Manichéens, hérésie qui consiste à admettre deux principes, le principe du bien et le principe du mal, fondée par Manès ou Manichée, né à Cajv.ub, dans la Hazitide (Perse), en 240, et mort en 277, par l'ordre de Varasdes I", roi de Perse. Manès avait combiné les idées chrétiennes avec les idées de Zoroastre. P. J.