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Ï.H MARQUIS DB VII.I.BMBtt. 19

tTee passion et ne prévit jamais que sa vie put deve-
nir misérable. Douce, aimante, mais médiocrement
intelligente, elle n'apprit qu'~ être une fille accomplie
dans sa tournure, dans sa toilette, dans ses manières.
Rentrée au couvent à la fin des vacances, elle passait
trois mois à languir de regret, trois autres mois à tra-
vailler un peu pour satisfaire sa sœur, qui la grondait,
et le reste du temps à rêver le retour de son père et
des plaisirs.

Caroline tenait davantage de sa mère, qui avait ~te
une personne énergique et sérieuse. Elle était pourtant
gaie et même plus exubérante que sa sœur dans les
jouissances de sa liberté. Elle se montrait plus active
pour profiter de la toilette, des promenades et des
spectacles, mais elle en jouissait autrement. Elle était
infiniment plus intelligente que Camille, non d'une
intelligence créatrice en fait d'art, mais profondément
sensible aux vraies manifestations de l'art. Elle était
née virtuose, c'est-à-dire propre à exprimer avec éclat
et finesse la pensée des autres. Elle récitait la poésie
ou lisait la musique avec une intelligence surprenante.
Elle parlait peu, toujours très-bien, mais avec une
netteté exclusive des développements. Quand ces dé-
veloppements lui étaient fournis par le livre, par le
rôle, musique ou littérature. elle donnait comme un
rayonnement nouveau à la pensée écrite. Elle semblait
être t'instrunMnt nécessaire au génie, génie elle-méme
dans les limites de l'interprétation, si ce génie parti-
culier eût reçu son développement,
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