LABR 18 cent quarante caractères aux trois cent quatre-vingt-six que contenait la première la cinquième contint cent quarante et un" ca- ractères nouveaux ajoutés aux précédents. Même système pour la sixième, où le nombre dés caractères ajoutés monta à cent trois, et pour la septième, où il s'éleva à cent dix.r Enfin, la huitième édition, sauf des variations sans importance, renferme le texte définitif' de La Bruyère. A cette édition l'auteur joi- gnit son discours 4e réception a l'Académie française, et quarante caractères nouveaux ce qui fit monter leur chiffre total à onze cent dix-huit. La neuvième édition était sous pressé quand La Bruyère mourut. Dès lors, les" réim- pressions se succédèrent à Paris'et surtout en Hollande; ce fut l'édition de Costé qui leur servit à toutes de modèle. Cette édition n'était rien moins que correcte, et lés inter- polations ne tirent qu'aller en augmentant. La librairie se trouvait inondée d'éditions incomplètes et fautives, lorsque Walckenaer eut l'heureuse idée de revenir aux textes ori- ginaux. C'est ce qu'il fit dans un livre intitulé Première édition compte des Caractères, pré- cédée d'une étude sur La Bruyère et sur sqlt livre, suivie d'une appendice* contenant les changements faits par l'auteur dans chacune des ditions qu'il a données, avec des remar- analysé son immortel chef-d'œuvre. (V. CA- RACTÈRES.) La Bruyère fut reçu à l'Académie le 15juin 1693. Le 7 mai 1696, se trouvant à Paris, dans une nombreuse société, il fut atteint tout à coup d'une surdité complète. Ramené à Ver- sailles, il fut emporté quatre jours après par une attaque d'apoplexie foudroyante. La Bruyère n a qu'un seul titre de gloire; mais il suffira pour que son nom soit immor- tel. Attiré de bonne heure par les Caractères de Théophraste, il en fit d'abord une traduc- tion, qu'il imita ensuite. C'est à la fin de 1687 qu fit imprimer, à la suite de cette traduc- tion, et comme une sorte d'appendice, les ré- flexions qui lui avaient été suggérées par le spectacle des mœurs de son temps et par ses lectures quotidiennes. La Bruyère était ad- mirablement placé pour écrire ce beau livre. Vivant, non pas au milieu, mais à côté de cette cour à la fois si orgueilleuse et si ser- vile, à l'abri, par son caractère simple et'sans ambition, de tous les préjugés qui faisaient mouvoir tout ce monde factice, il a .pu étu- dier à son aise et sans prévention toutes les faiblesses, tous les vices, toutes les contra. dictions du cœur humain. La cour de Ver- sailles offrait, pour un spectateur aussi atr tentif, aussi intelligent, et qui pouvait la sui- vre de si près, un admirable champ d'études où la multitude des originaux venait poser à l'aise sous les yeux du peintre. Nous ne re-, viendrons pas ici sur l'appréciation que nous avons donnée de son livre; mais nous croyons devoir emprunter à M. Taine un jugement qui résume d'une façon aussi juste que pitto- resque la manière et le talent de l'auteur des Caractères. La Bruyère ne découvre que des vérités de détail; il montre le ridicule d'une mode, l'odieux d'un vice, l'injustice d'une opinion, et, comme il le dit lui-même, la va- nité de tous las attachements de l'homme. Mais ces vues éparses ne le conduisent pas S une idée unique; il tente mille sentiers et ne fraye pas de route; de tant de remarques vraies, il ne forme pas un ensemble. 11 donne des conseils, à chaque âge^ chaque condi- tion, à chaque passion, mais nqn à l'huma- nité et lorsque enfin, dans son dernier cha- pitre, il réunit les preuves do l'existence 4e Dieu, il ne fait qu'exposer, en style impérieux et bref, les raisonnements de l'école.,de Des- cartes. Son talent consiste principalement dans l'art d'attirer l'attention! I| invente peu, mais il marque ce qu'il touche d'une empreinte ineffaçable. Il ne dit que de'j vérités ordinaires; mais une fois qu il les a dites, on ne les oublie plus. Il ressemble à un homme qui viendrait arrêter les passants dans la rue, les saisirait au collet, leur ferait oublier leurs affaires et leurs plaisirs, les for- cerait a regarder à leurs pieds, à voir ce qu'ils ne voyaient pas ou ne voulaient pas voir, et qui ne leur permettrait d'avancer qu'après avoir gravé 1 objet d'une manière ineffaçable dans leur mémoire étonnée. Aussi rencon- tre-t-on chez lui tous les artifices du style S jamais la forme n'a été si savante ni si capa- ble de faire valoir une pensée. Il introduit des personnages fictifs, leur prête des dialo-1 gues, et transforme la leçon de morale en scène dramatique^ Il fait parler un person- nage ancien, Heraclite, puis Démocrite, et réveille le lecteur par l'étrangeté de leurs discours. Il imite 16 style'de Montaigne, et surprend l'attention par le contraste du lan- gage suranné ai du langage moderne. II apostrophe le lecteur, et se fait écouter en le prenant à partie. Quelquefois il pique la curiosité par des .énigmes ou par es naï- vetés apparentes. Il grossit les objets, il charge les traits, il accumule les couleurs, et la figure qu'il peint devient si expressive qu'on ne peut plus en détacher les yeux. » La première édition des Caractères parut en 1688, sans nom d'auteur et sous ce titre les Caractères de Théophraste, traduits du grec, avec les caractères ou les mœurs de ce siècle (Michallet, Paris, 1688, in-12). Dans la même année parurent trois autres éditions, deux à Paris, l'autre à Lyon, et qui ne sont que de simples réimpressions. A la quatrième édir' tion, publiée en 1689, La Bruyère ajouta trois ù LABU ques et des éclaircissements historiques (Didot, Paris, 1845). M. Destailleur suivit l'exemple donné par Walckenaer, et améliora encore son travail (Jannet, Paris, 1855). La principale édition de La Bruyère, celle qui désormais fait autorité et semble avoir porté au plus haut degré l'exactitude des recherches phi- lologiques et historiques, est celle de M. Ser- vois, qui figure dans la belle Collection des grands écrivains de la France, publiée sous la direction de M. Régnier (Hachette, Paris, 1865). Non-seulement cette édition, dont le texte est collationné avec le plus grand soin, contiendra une notice biographique et une no- tice bibliographique des plus complètes (ces deux notices seront jointes au troisième vo- lume, qui doit comprendre une table analyti- que et le lexique, et qui ne tardera pas à paraître), mais elle est accompagnée d'un com- mentaire fort étendu, où sont discutées les solutions données par les principales clefs imprimées ou manuscrites, et où sont étudiées avec une grande sagacité ces questions de personnes qui tiennent une si grande place dans les Caractères de La Bruyère. Cette édition contient, pour la première fois, seize lettres inédites de La Bruyère, seuls auto- graphes qui subsistent de lui. Ces autogra- phes font partie des archives de la bibliothè- que de Tickenham, appartenant aux princes q'Orléans. Enfin, à cette édition sont joints les Dialogues posthumes sur le quiétisme, at- tribués à La Bruyère, sans qu'il ait rien de prouvé encore à cet égard, et que l'abbé Dupin a publiés en 1699, avec peu de soin d'ailleurs. En 1872, l'éditeur Lemerre a fait paraîtreles Caractères de La Bruyère dans sa belle collec- tion des Classiques français. Cette édition, qui ne comporte pas l'étendue de la précédente, se recommande par les qualités qui ont rendu toutes les productions de cet éditeur particu- lièrement chères aux curieux de livres. M. Chj Asselineau y a joint une notice et des notes. L'innovation apportée a cette édition consiste en un in.dex des Caractères, c'est-à- dire des noms supposés ou imaginés par La Bruyère. M. Ed. Fournier a fait paraître en 1866, sous ce titre: la Comédie de La Bruyère, une étude sur la vie et les ouvrages du célèbre moraliste. La famille de La Bruyère, composée d'un frère qui était dans les ordres, d'une sœur non mariée, d'un neveu et de deux nièces, hérita de lui fort peu de chose. Il avait fait abandon du manuscrit des Caractères à la fille de son éditeur Michallet, qui en retira, dit-on; 800,000 ou 300,000 francs. La Bruyère, pour qui l'on n'avait point de très-grands égards, dans la maison de Condé, était, dit Saint- Simon, t un fort honnête homme, de très- bonne compagnie, simple, sans rien de pés dant, et fort désintéresse. Ménage disait •3e lui « qu'il ne lui semblait pas un grand parleur. Il était, à ce qu'il paraît, i furieux joueur de lansquenet, quelque peu violent eÇ d'une humeur inégale. On l'a présenté comme, ma'rié en secret à M110 de Saillaiis du Terràïl, qui plus tard, en Bourgogne, devint la'femme d'un M. de Saurois, trésorier de l'extraordj-: naire des guerres. Il a effectivement connu cette dame, qui se trouve chansonnée avec lui dans les recueils contemporains. LABRCYÈRE (André-Adrien,-Joseph, baT ron), général français, né à Donçhery en 1768, inort en 1808. Sous-lieutenant en 1786, il fit partie des armées des Ardennes, du Rhin, de Mayençe et de l'Ouest, se signala dans, les guerres de la chouannerie, fut promu général de brigade en 1803, et reçut le titre de baron po.ur sa conduite à Friedland et en Espagne; Labruyère fut tué à l'attaque de Madrid (2 dé- cembre 1808). Le trait suivant peut donner une idée de son courage et surtout de sa frgidê énergie, Il tomba un jour, en Vendée, (jan.s une embuscade, et reçut trois coups de t'en dont un lui fracassa la mâchoire les balles, lui manquant, il chargea son pistolet avec une de ses dents, et brûla la cervelle à l'un de ses agresseurs. LA BRUYÈRE-CHAMPIER (Jean-Baptiste), médecin français. V. Bru^érin-Champier. LftBURNE s. m. (la7burrne lat. labur-. num, même sens). Bot. Cytise des Alpes ou faux ébéuier. LADUS (Jean), archéologue italien, né-à Brescia en 1775', mort à Milan en 1853. Lors- qu'il eut termina ses études de droit, il fit un voyage en France et en Hollande, revint en Italie à l'âge de vingt-cinq ans, et entra dans les emplois civils, auxquels il renonça, en 1816, pour s'adonner exclusivement aux étu= des. Fixé à Milan, Labus publia, outre divers opuscules biographiques et épigraphiques, bon nombre d'articles dans le Journal de la ociété d'encouragement, le Polygrqphe, les Acte de l'Athénée brescian, le Journal de la littératureitàlienne, la Bibliatecà italiana, etc. Il réédita,- en 16 volumes, les œuvres de E.-Q. Visconti, avec des notes, et fit le même travail pour YfUstoire de Milan, de Ch. Ros- mini, et le Musée Chiaramonti, dé Visconti et Guattani. En 1823, il publia une brochure qui fit honneurl à son érudition, Sur diuers monuments antiques- découverts à Brescia; en 1826, interprétant une épigraphe latine dé- couverte en Egypte par Belzoni, il rétablit une série chronologique de cinquante-six pré-, fets romains en Egypte. Labus a publié, en outre les Fastes de l'Eglise dans la vie des saints pour chaque jour de l'aimée (1824-1833, LABY LABY 13 vol.) les Principales églises de l'Europe, ouvrage resté inachevé: le Musée' de la R. Académie de Mantoue (1835, 3 vol. in-8°) une monographie de Y Ancienne voie romaine du Simplon (1843, in-4°), etc. Labus était membre associé de l'Institut de France et d'un grand nombre d'Académies. Son fils a donné une édition complète de ses œuvres. LABUgSIÈRE (Charles-Hippolyte)^ acteur, né à 'Paris en 1788, mort en 1802 dans un asile d'aliénés de la même ville. JI fut d'abord soldat, puis se mit jouer la comédie sur des théâtres de société, où il remplissait, non sans talent, les rôles de niais. Employé squs la Révolution dans les bureaux du comité de Salut public, il trouva le moyen de sauver un certain nombre de suspects, en soustrayant au dossier les documents à leur charge. La- bussière avait la réputation d'un mystifica- teur, et l'on cite de lui une foule de traits assez drôles. Il était d'ailleurs fort aimé de Sçs camarades, et lorsque, après le 13 venr démiaire, époque à laquelle il fut momenta- nément incarcéré, il tomba dans la misère la plus profonde, la Comédie-Française donna a son bénéfice une représentation qui lui rap- porta 14,000 francs. En peu de temps, La- bussière dévora cette somme, et, bien qu'il reçût de temps à autre des secours de José- phine, il était réduit à l'état le plus miséra- ble, lorsqu'il devint fou. On l'enferma alors dans une maison d'aliénés, où il mourut quel- que temps après. Sous le titre de Charles, ou Mémoires historiques de M. de Labussièri (1803), Liénard a publié ses aventures et ses bons mots plus ou moins apocryphes. LABYE (Dieudonné), théologien français, né à Revin (Hainaut) en 1712, mort dans la même vjlle en 1792. Il entra dans l'ordre des dominicains, et devint régent du collège de Saint-Thomas, à Douai. On lui doit deux ou- vrages Summa Summs J. Thonue, sive Compen- dium theologim scholasticœ et moralis (Liège, 1754, 6 vol. in-8»), livre estimé et plusieurs fois réédité; Supplementum cursus théologie P. Billuart (Liège, 1758, in-8°). LAPYBIrJTI^E s. m. (la-bi-raii);te du gr; laburinthoç, Même sens, qu'on a fait venir de l'égyptien ra Âlare, porte du roi Mare, avec la terminaison. grecque inthos. Le rapport ne nous parait pas évident). Antiq. Vaste enclos planté de bois et couvert de bâtiments dispo- sés fia maniera que, .quand on y était une fois entré, on n'en pouvait trouver l'issue Le labyrinthe de Crète. Le labyrinthe de Lemn nos. Le labyrinthe d'Egypte. C'est moi, prince, c'est moi. dont l'utile secours Vous eût du labyrinthe enseigne les détours. Racine. Par anal. Chemins entre-croisés, où il est difficile' de se reconnaltre Le chien voit par t odorat tous les détours du labyrinthe^ toutes les fausses routes où le cerf a voulu l'é- garer. (BUff.) Cependant les soldats, avides de repos, D'un pas précipité défilent, et teurs flots, Des quartiers populeux perçant le labyrinthe, Inondent d'Elbéltié la circulaire enceinte. ` Barthélémy et MÉHY. Fig. Complication d'objets où l'esprit s'égare le vous avoue que c'est un a)e tues pjâisirs de me promener, toute seule; on trouve quelques labyrinthes de pensées, dont an a p'ei'ie à sortir, mais enfin on a la liberté de pçyser à cp q\{'on veut. (Mrçe de g.éy.X Le cœur, humain est un labyrinthe çfont il i\'est pas aisé'de démêler les tours elles détours. (Volt.) Le système général des sciences et des. arts est un labyrinthe 0» 1 esprit s'engage sans con= naître la rçute qyi'il doit, tenir. (D'Alembert.) Lé doute f\i( le premier pas vers les découvert tes, dans le la.bymnth,e de la vérité. (Lemer, cier.) Il n'est pas un fourré qui ne présente les analogier avec le LA£YRWfHB des pensées /(^mairies. (Balz.) Tout le savoir humain n'est qu'un grand labyrinthe. C. Délavions. pans un labyrinthe, ici-bas, L'homme est toujours réduit à vivre Mais cet aveugle ne sait pas Quel est le chemin qu'il doit suivre; Il est longtemps à réfléchir Quel est le meilleur, ie plus sage; Quand il vient à le découvrir, H est à la fin du voyage. CUAZET. Hortic. Disposition d'allées, de planta-, tiens de massifs, que l'on pratique dans les. grands parcs, et dont il est difficile de trou- ver les issues, quand on s'y est" e'ngagé Le labyrinthe de Versailles. Archit. Compartiments de pavés., formés par des plates-bandes en marbres de çqu5 leurs différentes, de manière à imiter la dis- position d'un labyrinthe. Il Entre-croise.ments de lignes'd'ornement, formant des carres in- complets. .es Ça~rrqs l~~ t- Techn. Confusion qui s'établit entre les conduits (f une carrière exploitée depuis long- temps. Il Nom donné, dans l'industrie des tis- sus, aux genres de dessins, dont les lignes forment des contours irréguliers. ttt Métall. Smte de canaux qui sont dispo- sés près du bocard, et dans lesquels un cou- rant d'air entralne et dépose la matière pilée. Anat. Ensemble des parties qui compo- sent l'oreille interne, comprenant plusieurs cavités communiquant entre elles, savoir le vestibule, le limaçon et les canaux semi-cir- culairés. Bot. Nom vulgaire de plusieurs espèces de champignons dont la partie inférieure of- fre des circonvolutions irrégulLè'res. Syn. Labyrinthe, dédule. V. DÉDALE. Encycl. Hist. et Mythol. Les anciens donnaient le nom de labyrinthe à' des monu- ments souterrains, composés de galeries dont les innombrables ramifications mettaient pres- que dans l'impossibilité de trouver une issue pour sortir. Les auteurs de l'antiquité sont pleins de descriptions de ces monuments merveilleux, qui servaient de tombeaux, et dont il ne reste presque plus de trace aujour- d'hui. Ces sortes de constructions, ainsi que leur nom, paraissent être originaires de l'Egypte, où se voyait un labyrinthe qui est resté célè- bre c'était un grand monument* religieux dont l'exacW. destination n'a pu cependant être éclaircie, bien qu'il soit probable que ce fut dans son enceinte que s'accomplirent les principales initiations aux mystères de la re- ligion égyptienne. Hérodote l'avait visité et en parle comme d'une merveille. Pline à son tour en parla en ces termes « On voit aujourd'hui en- core en Egypte dans le nome d'Héracléo- polis un labyrinthe, le plus ancien de tous, qui fut construit, dit-on, il y a 4600 ans, par le roi Pétésuécus ou-TithoSs. Hérodote, ce- pendant, dit que c'est l'ouvrage des douze rois dont Psammétichus fut le dernier. On ne s'accorde pas sur la cause qui le fit bâtir. Dé- môtélès prétend que c'était le palais des Mo- thérudès Lycéas en fait le palais du roi Mœ- ris plusieurs disent que c'est un monument consacré au soleil, opinion qui est la plus gé- péralement reçue.. Cet édifice avait des proportions énormes; c'était une série de temples reliés pu superposés les uns aux au- tres, occupant une étendue prodigieuse; les rues formaient des conduits et des détours inextricables. Fatigué d'y marcher, conti- nue Pline, le visiteur arrive à1 l'entre-croise- mont des voies et trouve dès salles bâties sur des pentes, des portiques d'où l'on descend par 90 marches; au dedans, des colonnes de porphyre, des figures de dieux, des images de rois, des effigies monstrueuses. Quelques- uns des palais sont disposés de telle sorte qu'au moment où j'pij en ouvre les portes un bruit terrible de tonnerre éclate à rintérieur. • Ce qu'il y a d'étrange, c'est qu'il ne reste rien aujourd'hui de cet amas d'édifices et qu'on ne peut pas même fixer approximative- ment l'endroit où était ce labyrinthe. Il faut croire que la plus grande partie se composait de substructions, enfouies à l'heure qu'il est, et qui peut-être un jour apparaltront, comme Herculanum et Pompéi. Mais, de tous ces monuments, celui qui a été le plus célébré par les poëtes est le fa- meux labyrinthe de Crète, construit par or- dre du roi Minos, pour servir de prison au Minotaure c'était un éditice élevé sur le sol, à ciel ouvert, et dont le fameux Dédale avait tracé le plan d'après celui du labyrinthe qu'il avait vu en Egypte, près du lacMœris; ainsi parle la tradition. Ovide, au livre VIII de ses Métamorphoses, nous a donné la description du labyrinthe de Crète •••- $linos au dieu de Crète immole cent taureaux, Et consacre eux autels sa pompe triomphale. Cependant, fruit honteux d'une flamme brutale, Un monstre a double forme atteste à tous les yeux D.es flancs qui l'ont porté l'adultère odieux; Minps veut que dans l'ombre un vaste labyrinthe, Prison du monstre affreux, le cache en son enceinte. L'ingénieur Dédale, architecte fameux, Traça les fondements du ces murs sinueux, Et, dans de longs détours, sans terme et sans issue, Par l'erreur des sentiers embarrassa la vue. Tel qu'amoureux de suivre un tortueux chemin, Le Méandre se joue en son cours incertain, £t, vingt fois sur ses pas ramené dans sa course, Se rencontre lui-même et retrouve sa source, De détours en détours dans sa route égard D'innombrables circuits par Dédale entouré, Tel est le labyrinthe; et l'inventeur lui-même Put à peine en sortir, tant son art est extrême Trad. Desaintanqb. • Cet édifice immense, dit à son tour De- moustier (Lettres' à Emilie), contenait une moustier (/~rM'a ~'mï/ïe), contepait une infinité de circuits ménagés avec une adresse perfide Hélas! il ressemblait au cœur de l'infidèle. Dont l'innocence ignore les détours. Sans le savoir, on s'engageait comme elle; On se perdait comme elle pour toujours. • Tout cela, comme nous venons de le dire, ne repose que sur une tradition aucun au- teur de l'antiquité ne rapporte avoir vu ce labyriji'the. Diodore et Pline d.éclarent que de leur te on n'en décQuyra.it aucune trace. Peut-être n'a-t-il jamais existé qu'en poésie peuft-ftre aussi était-il en partie élevé au- dessus de la terre et en partie souterrain dans cette dernière hypothèse, on compren- drait que la construction extérieure, plus an- oienne que la guerre de Troie, eût entière- ment disparu longtemps avant Diodore et Pline; mais le souterrain peut s'être conservé jusqu'à nos jours. L'auteur de l'Elymologicum mugiium et Eusthatius, dans son commentaire sur le passage de l'Odyssée où Homère parle de la belle Ariane, tille de Minos, supposent