DIOCÈSE DE SENEZ.
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sie touloise, qui se voyait ainsi privée de la ressource de pla-
cer désormais ses enfants dans le chapitre de la cathédrale.
Le corps municipal, les membres du bailliage, l'assemblée
des quarante notables se pourvurent sans délai au parlement
de Metz, pour s'opposer à l'enregistrement des lettres d'ano-
blissement ,du chapitre; une députation se rendit auprès du
prélat le 7 novembre, pour lui faire ses plaintes à cet égard.
M. de Champorcin l'accueillit fort mal et déclara que « c'était
lui qui avait sollicité ce brevet et qu'il ferait tout pour sa
?'~MM~e. » En effet, la cour du parlement de Metz enregistra
les lettres patentes dans son audience du 17 février 1777.
A p.eine la nouvelle en arriva-t-elle à Toul que ce fut un
éclat général de rumeurs et d'invectives contre l'évêque et les
chanoines. On les chansonna, on les insulta publiquement,
pendant longtemps. Lorsque M. de Champorcin traversait la
ville dans sa voiture, le peuple affectait de crier Vive
Drouas. C'était le prédécesseur immédiat du prélat. Enfin une
profonde inimitié ne cessa de régner dès lors entre lui et la
bourgeoisie jusqu'à l'époque de la Révolution. On se doute
bien que les Toulois l'accueillirent avec enthousiasme. Le 14
juillet 1790, la ville de Toul célébra l'anniversaire de la prise
de la Bastille et la fête de la Fédération. Une messe fut chan-
tée en grande pompe à la cathédrale par M. de -Champorcin
qui, ce jour-là, entonna aussi le Te DeM~ mais ce fut la der-
nière cérémonie où le prélat officia podtificalement. La cons-
titution civile du clergé ayant été sanctionnée par Louis XVI
le 24 août suivant, il refusa énergiquement d'y adhérer, et
quelques mois après quitta Toul.
M. de Champorcin laissa peu de regrets dans son diocèse,
et encore moins dans la ville de Toul où l'anoblissement du
chapitre et ses manières peu conciliantes lui avaient aliéné
tous les esprits..
M. de Champorcin émigra, signa toutes les protestations
des évêques de France, notamment la lettre écrite au souve-
rain Pontife, le 13 février 1802, par ceux qui résidaient en
Angleterre, et ne rentra en France qu'en 1803. Il vint se fixer
au petit village de Gagny, près Versailles (Seine-et-Oise), et
y mourut le 19 juillet 1807, à l'âge de 86 ans. On l'inhuma
dans le cimetière paroissial et son tombeau ne reçut même au-
cune inscription mais en 1839, par les soins de son petit-ne-
veu, M. le comte de Laugier-Villars, le cercueil du prélat fut