LA FRANCE PONTIFICALE.
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porcin, seigneur de Champorcin, la Javie, Chaudol et Sainte-
Colombe, gouverneur de Digne, et de Thérèse de Brouchier.
Vicaire général du diocèse d'Arles, successivement archiprêtre
et sacristain de cette église métropolitaine, il fut nommé par
le roi, en mai 1771, à l'évêché de Senez, et sacré à Arles le
17 juin de la même année. Il prit possession dù siège le 14
octobre suivant, ne fit que fort peu pour ce diocèse, et, le 1"'
novembre 773 par brevet du roi, fut transféré à l'évêché
de Toul.
Préconisé pour ce siège dans le consistoire du 18 avril
1774, M. de Châmporcin arriva à Toul sous les préventions
les plus défavorables car on savait que sa nomination avait
été effectuée à la condition de ne pas s'opposer à l'érection
des sièges épiscopaux de Nancy et de Saint-Dié, démembrés
du diocèse de Toul. Vainement les Toulois.portèrent-ils leurs
doléances au pied du trône, le chapitre et l'évêque de Toul
ayant adhéré au démembrement, il fut consommé le 12 mars
177S. Pour récompenser la docilité du prélat et sous le titre
d'indemnité, l'abbaye de Saint-Mansuy, qui valait 20,000
livres de rente, fut unie à l'évêché. Le chapitre de son côté,
reçut en don la jouissance de cette riche mense abbatiale pen-
dant une année, à chaque changement d'évoqué, mais la
Révolution empêcha ces faveurs de se réaliser.
Le préjudice causé à la ville de Toul par la réduction du
diocèse, ne fut pas la seule plaie dont elle ait eu à souffrir
sous l'épiscopat de M. de Champorcin ni le seul grief qu'elle
ait cru devoir lui reprocher. Peu touché de ses plaintes à cet
égard, l'évêque, un an après, sollicita une mesure qui acheva
de jeter la désolation parmi les Toulois et de lui faire perdre
pour toujours leur affection. Il demanda et obtint, outre une
décoration particulière pour tous ses chanoines, l'anoblisse-
ment de leur chapitre. Les croix furent accordées à ceux-ci
comme une nouvelle récompense de leur complaisance à sous-
crire au démembrement, et l'anoblissement du corps fut une
concession faite à la vanité de l'évêque. Le brevet arraché à
la faiblesse du roi, le 18 août 1776, portait « qu'a l'avenir,
nul ne pourrait être reçu chanoine de la cathédrale de Toul
sans avoir fait preuve de trois <~e~e~ de génération de no-
blesse, du côté paternel seulement. » Cet acte de condescen-
dance de la part de la cour de France, inconcevable d'ailleurs
à l'époque où il eut lieu, excita les murmures de la bourgeoi-