LA FRANCE PONTIFICALE.
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Legros, par l'abbé Besoigne. M. de la Fare, évêque de Laon,
le condamna par son Mandement du 1" décembre 1731 et en
défendit la lecture sous peine d'excommunication. Soanen
adressa, le 24 juin 1732, aux religieuses de la Visitation de
Castellane, une Lettre où il les excitait de la manière la plus
forte et la plus séduisante à persévérer dans le schisme et dans
l'hérésie. La Lettre, du 20 juin 1736 publiée sous son nom,
contre les erreurs avancées dans quelques nouveaux écrits, est
du P. de Gennes. Ces nouveaux écrits étaient ceux de l'abbé
Debonnaire, appelant, qui s'était associé avec Boidat, Mignot,
de la Tour et autres appelants pour combattre le figurisme et
les convulsions.
Soanen était visité avec empressement dans sa retraite,
comme un confesseur de la foi. Un pèlerinage à la Chaise-Dieu
était alors de rigueur. En signant ses lettres Jean, évêque de
Senez, jo~MOM~ze?' de Jésus-Christ, il oubliait sans doute que
la première vertu des disciples de Jésus-Christ est une humi-
lité d'esprit et une soumission sincère aux décisions de son
Eglise. Cependant la réputation de Soanen souffrit quelque
atteinte, lors des convulsions des appelants mêmes le peigni-
rent comme un vieillard de la faiblesse duquel on abusait pour
lui faire adopter visions du /~M?'MMïe et autoriser un fa-
natisme révoltant pour le bon ~e?M et déshonorant pour la re-
ligion. L'évêque de Senez mourut dans son exil, le 25 dé-
cembre 1740, sans avoir rétracté ses erreurs et sans avoir pu
ramener la paix dans son troupeau divisé.
Depuis le concile d'Embrun le diocèse de Senez avait été
successivement régi par trois grands vicaires les abbés Yze
de Saléon, qui fut appelé à l'évêché de Digne, en 1729, Louis-
François-Gabriel d'Orléans de la Motte, nommé en 1733 à
l'évêché d'Amiens, et Louis-Jacques-François de Vocance,
que le roi désigna en janvier 1731 pour le successeur de Soa-
nen. Ces trois administrateurs se dévouèrent avec zèle à réta-
blir l'ordre et la paix dans ce malheureux diocèse malgré les
efforts d'un prêtre du diocèse de Nantes, nommé Etienne de
la Porte, qui prit quelque temps le titre de vicaire général de
Soanen, publia, au nom de l'évêque suspens des lettres et
des mandements, fut excommunié en vertu d'une sentence
solennelle portée contre lui à Castellane, le 2 octobre 1728, et
mena depuis une vie errante et vagabonde.
Jean-Baptiste Gaultier, prêtre d'Evreux, successivement