LA FRANCE PONTIFICALE.
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Au milieu d'un déluge de pamphlets, de chansons et d'in-
jures qui pleuvaient sur lui de toutes parts, M. de Tencin tint
tête à l'orage. Il adressa notamment six lettres à Jean Soanen,
pour justifier les opérations du concile d'Embrun, et donna,
le 26 janvier 1731, une Instruction pastorale contre une con-
sultation de quarante avocats en faveur de trois ecclésiastiques
appelants du diocèse d'Orléans. Il signala les atteintes portées
par cet écrit à l'autorité de l'Eglise, et même à l'autorité
royale. Ces avocats exagéraient l'autorité du parlement de
Paris, qui, par reconnaissance supprima deux Mandements
de l'archevêque d'Embrun.
Le concile d'Embrun fut attaqué surtout avec la plus
grande violence dans un libelle publié sous ce titre Histoire
de la condamnation de de Senez par les prélats dssemblés
à Embrun, 1728 in-4" de 164 pages, sans nom d'auteur, ni
d'imprimeur, ni de ville. Cet ouvrage de ténèbres était resté
sans réplique jusqu'en 1739 mais à cette époque, on le réim-
prima sous le titre de Mémoire de Monseigneur l'évêque
J'J4M~oM~e sur le concile dEmbrun. Lafitau, évêque de Sis-
teron, en publia la Réfutation qu'il accompagna d'un Mande-
ment, du 6 mai 1739. Le tout fut imprimé à Florence, in-8".
L'illustre prélat qui avait si glorieusement terrassé l'auteur des
Anecdotes sur la constitution C/m~e~M~ ne combattit pas avec
moins d'avantage l'auteur anonyme de l'Histoire de la con-
damnation de M. de Senez. Il lui prouve que tout est faux
dans son ouvrage; faux dans les faits qu'il allègue, faux dans
les principes qu'il pose. Par rapport aux faits dont l'anonyme
charge les Pères du concile d'Embrun, l'évêque de Sisteron
montre qu'il accuse faux dans les démarches qu'il leur impute,
faux dans les discours qu'il leur attribue, faux dans les por-
traits qu'il en fait. Par rapport aux jo~'Mc~e~ dont il prétend
qu'ils se sont écartés, le prélat prouve qu'il expose faux, dans
les maximes qu'il établit, faux dans les maximes mêmes qu'il
adopte. De sorte que par cette excellente réfutation, il est
démontré, soit que l'auteur de l'Histoire raconte, soit qu'il
raisonne, que cet indigne écrivain s'écarte toujours également
de la vérité. Une marque de la petitesse de son esprit, c'est
qu'il ne rougit pas de produire, en faveur de la cause de Soa-
nen, un quatrain de Nostradamus, conçu en ces termes, dans
la première centurie de ses quatrains, art. 7