DIOCÈSE DE SENEZ.
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« De Grenoble, le < 6 octobre t727.
» Monseigneur, rien ne peut égaler la reconnaissance que
j'ai de vos bontés, si ce n'est ma vénération pour votre per-
sonne. Le voyage a été fort heureux, 'et l'excellente voiture
que vous avez eu la charité de me fournir m'a conduit sûrement
au travers des précipices. Je suis arrivé si tard qu'il m'a été
impossible d'aller saluer Monsieur le Président, votre illustre
frère, dès ce soir mais ce sera demain un de mes premiers
et plus doux devoirs, avant mon départ.
» Recevez, je vous prie, mes remerciements et faites-moi la
grâce d'être convaincu du parfait respect avec lequel j'ai l'hon-
neur d'être, etc.
» -{- JEAN, évêque de Senez. »
Une autre consolation, la seule que Pierre de Guérin et
tous les membres du concile désiraient, ne tarda pas à leur
être accordée. Benoît XIII, par un bref du i7 décembre sui-
vant, confirma les décisions et les jugements du concile. Le
jansénisme se trouva frappé au cœur par cette décision, et tous
les enfants de-l'Eglise catholique devaient dès lors s'écrier,
comme aux temps anciens « Des rescrits sont venus de Rome,
Rome a parlé, la cause est finie. »
Malheureusement, il n'en fut pas ainsi, et le concile d'Em-
brun fut violemment attaqué par le parti janséniste. Le gou-
vernement se montra bien disposé à soutenir de son autorité
les décisions de cette assemblée toutefois il laissa publier un
grand nombre d'écrits qui tendaient à la rendre odieuse ou ri-
dicule. La plus fameuse de ces productions fut une consulta-
tion signée, le 30 octobre 1727, par cinquante avocats de Paris.
Le nombre et la réputation de ces jurisconsultes semblaient
donner du poids à ce Mémoire, où l'évêque de Senez était re-
présenté comme parfaitement innocent. On y disait que son
acte de récusation devait arrêter tout court le concile ce qui
ne laisse pas d'être commode pour les novateurs. Des juriscon-
sultes devaient, moins que d'autres, soutenir que la récusation
d'un accusé empêche ses juges naturels de procéder contre
lui. On y répétait contre M. de Tencin de vaines allégations
que M. Soanen n'avait pu prouver. L'histoire de la paix de
Clément IX y était défigurée. Le Formulaire, la Constitution,
l'acceptation qui en avait été faite, le pouvoir des évêques,