LA FRANCE PONTIFICALE.
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cette ville au révérendissime seigneur Jean de Soanen, évêque
de Senez, que copie lui en sera laissée, et que, en outre, elle
sera lue et promulguée dans la ville de Senez et partout où
besoin sera, afin que nul ne puisse en prétendre cause d'igno-
rance.
« Fait à Embrun, en concile provincial, le 20 septembre
1727. » (Suivent treize signatures d'évêques.)
De quinze évêques qui composaient le concile, il n'y en eut
que treize qui concoururent au jugement, et signèrent la sen-
tence. Elle ne fut point signée par Raimond Recroscio, ëvêque
de Nice, qui ne fut sacré que le lendemain, ni par l'évêque de
Marseille. Par une extrême délicatesse, Belsunce crut devoir
s'abstenir d'inscrire son nom parmi ceux des juges du malheu-
reux vieillard qui l'avait récusé d'une manière plus spéciale et
plus odieuse que les autres, en affectant de le faire passer pour
son ennemi personnel; mais il déclara par acte authentique,
conjointement avec l'évêque de Nice, qu'il approuvait tout ce
que le concile avait fait et qu'il y adhérait de tout son cœur.
Cependant l'évêque de Senez apprit avec une grande fer-
meté sa sentence, et il se contenta de répondre ces' mots à
ceux qui vinrent lui en donner lecture « Ibo y~M~e~~ co?M-
pectu Concilii quoniam dignus /M~ sum pro MOnM'KS Jesu
contumeliampati. » Sa condamnation exaspéra les jansénistes
et provoqua de leur part une multitude de pamphlets et de
libelles, dans lesquels, débitant toutes les calomnies contre le
concile d'Embrun, ils le comparaient au conciliabule de Tyr,
au brigandage d'Éphèse et surtout à l'assemblée ,du Chêne,
où l'on vit une faction d'évêques entreprendre de déposer saint
Jean Chrysostome car dans s!) modestie, Soanen se compa-
rait lui-même au grand archevêque de Constantinople, et
après sa condamnation, signait ordinairement ses lettres
-j- Jea?~ évêque de Senez, prisonnier de,Jésus-Christ. Les dia-.
tribes des sectaires tombèrent principalement sur M. de Ten-
cin, le président et l'instigateur du concile; mais une lettre
datée de Grenoble, adressée à ce prélat par Soanen, lorsqu'il
se rendait au lieu de son exil, est un témoignage irréfragable
de l'ingratitude du parti janséniste et des vrais sentiments du
prélat réfractaire, quand il n'écoutait que son cœur. Cette
lettre est ainsi conçue