DIOCÈSE DE SENEZ.
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lier, et 'fut signifié, tant en son nom qu'en celui del'évêque
de Senez. La lecture de cet acte, que Soanen fit lui-même
sans lunettes, avec une incroyable fermeté et une force ex-
traordinaire pour son âge (il avait alors près de quatre-vingt
et un ans), dura presque une heure et démie.
M. de Tencin, président du'concile, lui demanda alors si ce
qu'il venait de lire était la réponse à l'interrogatoire qu'il lui
avait adressé au nom du concile. L'évêque répliqua qu'il n'a-
vait pas d'autre réponse à faire, et qu'il renouvelait ses pro-
testations d'incompétence. Comme il avait dit, dans cet écrit,
qu'aucune des cinq propositions n'était dans le livre de Jansé-
nius et que plusieurs évêques étaient unis avec lui dans ce
nouvel appel, l'archevêque reprit « Mais, au moins, vous
» convenez bien Monseigneur, que la première proposition'
» est dans Jansénius. » Il en convint. « Ayez la bonté
» ajouta l'archevêque, de nous apprendre quels sont les autres
» évêques que vous dites unis avec vous dans cette occasion. »
Il avoua que celui de Montpellier était le seul. « Vous de-
» viez donc, conclut M. de Tencin, changer ces deux articles
» dans votre acte. »
L'évêque de Senez ne s'en tint pas là. Avant la fin de la
journée, il fit signifier un autre acte, dans lequel, réitérant
toujours ses premiers moyens de prétendue incompétence, il
allégua une récusation générale contre tous les évêques nou-
vellement arrivés, à l'exception des évêques de Fréjus, de
Valence et de Sisteron, qui furent peu flattés de cette réserve
que le vieil hérétique faisait en leur faveur. Il y ajouta des ré-
cusations particulières contre la plus grande partie d'entre
eux, notamment contre M~ de Belsunce, qu'il représenta
comme son ennemi personnel, et renouvela aussi contre
M. de Tencin l'accusation de simonie~et de confidence, accu-
sation qu'il avait dit plusieurs fois à lui-même et à d'autres
qu'il voudrait pouvoir effacer de son sang.
Ces dernières récusations n'avaient pas plus de solidité que
les premières; on résolut donc de passer outre, et, les trois
sommations n'ayant pas eu l'effet qu'on en espérait, le concile
se vit obligé de procéder aux monitions canoniques. La pre-
mière fut intimée le 15 septembre, par M. de Moncley, évê-
que d'Autun, et par M. Milon, évêque de Valence, assistés du
secrétaire et de deux notaires du concile. La seconde se fit le
17 septembre par M. La.Qta.u, évêque de Sisteron, et par