LA FRANCE PONTIFICALE.
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(( Vous me dites donc de me retirer? reprit l'évêque de Senez.
Non, repartit l'archevêque, je ne vous dis point de vous
retirer ni de rester, je ne fais que vous exposer la répugnance
que m'ont témoignée quelques-uns de messeigneurs les évê-
ques. » Alors l'évêque de Senez se retira brusquement, et, par
sa retraite, il décida lui-même la question qu'il avait fait naître.
Le 8 septembre, on notifia à M. Soanen que les évêques
nouvellement arrivés étaient adjoints régulièrement au con-
cile pour examiner ses écrits. Après que ces prélats eurent pris
connaissance tant de l'Instruction pastorale incriminée que de
la dénonciation qui en était faite et des procédures qui avaient
suivi, il fut résolu qu'on ferait à M. Soanen trois sommations
de comparaître. La première fut faite le 10 septembre, par
M. de Bourchenu, évêque de Vence, et par M. Lafitau,
évêque de Sisteron; la seconde, le 11 du même mois au ma-
tin, par M. de Doucet, évêque de Belley~ et par M. de Cau-
let, évêque de Grenoble; et la troisième, le même jour dans
l'après-midi, par M. -de Moncley, évêque d'Autun, et M. de
Villeneuve, évêque de Viviers. Toutes les trois furent faites
par ces prélats accompagnés du secrétaire et des deux notaires
du concile.
Soanen ne répondit aux deux premières sommations et à la
notification de l'arrivée des évêques, qu'en réitérant ses pre-
mières protestations mais après la troisième sommation, il
reparut au concile et demanda qu'on laissât entrer avec lui les
deux huissiers qu'il avait pris pour témoins. Une demande si
irrégulière et si contraire au respect dû au concile ne pouvait
qu'être rejetée aussi, le prélat qui l'avait faite insista peu sur
cela, et le concile se portant à croire qu'il était venu pour
répondre aux citations, le président l'interrogea sur les trois
points dénoncés de son Instruction pastorale. Il répondit qu'on
allait l'entendre, et, tout aussitôt, l'entêté vieillard, ne
voyant pas dans son aveuglement qu'il se faisait l'instrument
d'un parti, lut un acte rédigé par le docteur Boursier, acte
encore plus outré que son Instruction pastorale, et dans lequel,
après plusieurs autres excès, il répète ce qu'il avait dit de plus
violent contré la signature du Formulaire il forme un appel
nouveau et odieux de la prétendue violation de la paix dé Clé-
ment IX au pape et au futur concile, qu'il prie le pape de
convoquer; et, ce qui n'était pas moins singulier, cet acte
était signé de Charles-Joachim Colbert, évêque de Montpel-