DIOCÈSE DE SENEZ.
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un crime au pasteur de sa vigilance,. et le devoir de veiller à
la conservation de la saine doctrine, tout indispensable qu'il
est, rendrait alors le pasteur inutile au troupeau.
L'évêque de Senez ne venait plus au concile, mais le zèle
du métropolitain et des suffragants ne se ralentissait pas. Ils
redoublaient leurs exhortations et leurs prières à mesure que
l'examen de la pièce dénoncée le leur faisait reconnaître plus
coupable. On aurait pu juger dès lors l'affaire était simple et
la décision facile. Le concile cependant crut que, dans une af-
faire qui intéressait la religion et l'épiscopat, on ne pouvait user
de trop de précaution ni de trop de sagesse. C'est alors qu'on
se détermina à faire appel aux évêques des provinces voisines.
Dès le 8 septembre, jour auquel il y eut à la messe commu-
nion générale de tous les membres du concile, on put compter
dans l'assemblée dix évêques de plus, c'est-à-dire ceux que
nous avons déjà nommés ci-dessus. Comme nous l'avons dit,
Raimond Recroscio, évêque de Nice, n'arriva que le 16 de ce
mois, et dans la congrégation du lendemain, il reçut les com-
pliments de l'archevêque et de tout le concile sur son heureuse
arrivée.
A mesure que les prélats arrivaient, ils se faisaient un devoir
de visiter l'évêque de Senez et de lui représenter ce que la re-
ligion exigeait de lui, et les suites fâcheuses où l'exposerait
une plus longue résistance. Mais à l'occasion du Te Deum
chanté le 7 septembre par ordre du roi pour l'heureux accou-
chement de la reine, il était arrivé un incident que l'évêque
de Senez fit naître et dont il prit texte pour se livrer contre
eux à de violentes récriminations. Le dimanche indiqué pour
cette cérémonie, l'évêque de Senez se rendit à l'archevêché,
où il s'entretint familièrement avec les prélats qui s'y trou-
vaient réunis. Comme il les vit se disposant à aller à l'église
métropolitaine, il sortit en disant à M. de Tencin qu'il allait
prendre son rochet:et son camail pour l'y accompagner. Quel-
ques-uns des évêques témoignèrent de la répugnance à se
trouver avec lui à cette cérémonie, mais avant qu'ils eussent
pris leur dernière résolution, M. Soanen entra. L'archevêque
lui communiqua ce qui venait de se passer, et ajouta que, s'il
lui permettait de le dire, il n'était pas prudent, après s'être
absenté depuis quinze jours du concile, de se présenter à la
cérémonie du Te Deum sans l'en avoir averti, comme il aurait
pu le faire dans la vieite qu'il avait été lui rendre le matin.