LA FRANCE PONTIFICALE.
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comme l'auteur de cette pièce, se contentant de dire que plus
l'estime qu'on avait de M. de Senez était grande, plus les er-
reurs qui s'autorisaient de son nom étaient dangereuses. Il
releva principalement dans sa dénonciation la hardiesse et la
témérité avec laquelle on traite de vexation la signature pure
et simple du Formulaire, on déclame sans pudeur, contre la
bulle CM~e?M' et on donne les plus grands éloges au livre
des Réflexions morales. Et le promoteur concluait ensuite à ce
que le concile eût à condamner un pareil écrit, et l'évêque de
Senez à le désavouer.
Un des théologiens présentés par Soanen, s'apercevant de
l'embarras et de l'interdiction du prélat, voulut alors prendre
la parole; mais Pierre Guérin, président du concile, l'interrom-
pit en lui disant que lui ni son confrère ne pouvaient être ad-
mis, jusqu'à ce qu'ils eussent justifié de leur état et de leurs
qualités; qu'ils étaient tous deux infiniment suspects, attendu
que personne ne les connaissait dans la province que l'on ne
pouvait même douter de la supposition de leurs noms, puisque
M. de Senez, qui les avait d'abord produits sous un nom, avait
déclaré depuis ignorer comment ils se nommaient, et, qu'en
dernier lieu, il venait de les présenter sous des noms différents
de ceux qu'il leur avait donnés d'abord. C'était en effet deux
diacres que Boursier avait fait partir en poste de Paris-, pour
soutenir l'accusé contre la crainte des censures. On a su depuis
qu'ils se nommaient Bourrey et Boullenois.
L'évêque de Senez somma ensuite le concile de faire droit
sur un acte qu'il avait fait signifier le 11 du même mois et se
retira. Cet acte lui avait été envoyé de Paris par Boursier, et
il l'avait fait signer par un notaire. Il y protestait contre tout
ce que le concile ferait à son sujet, prétendant que cette as-
semblée était incompétente pour le juger. Il fondait principa-
lement sa prétention sur son appel, comme si un acte déclaré
nul et schismatique par le Pape et par les évêques pouvait
mettre à l'abri ceux qui l'avaient souscrit. Le concile jugea
qu'avant de se prononcer sur l'incompétence proposée par l'é-
vêque de Senez, il fallait préalablement savoir s'il avouait et
reconnaissait pour son ouvrage l'Instruction pastorale qui
seule, avait donné lieu à la dénonciation, parce que s'il la désa-
vouait, l'acte par lequel il récusait le concile comme incompé-
tent pour connaître de ses écrits tombait de lui-même et que le
jugement en devenait inutile.