DIOCÈSE DE SENEZ.
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cette Eglise de Hollande qu'il ne considérait nullement comme
schismatique.
L'évêque de Senez devait aller plus loin encore. Le 28 août
1726, il publia une 7M~'MC~'OM~ qui devait être lue
en chaire dans toutes les églises de son diocèse. Il ne paraît pas-
en avoir été l'auteur, car le parti janséniste avait placé au-
près de lui, comme auprès des autres prélats appelants, un
théologien chargé de le guider, et tout fait présumer que cette
instruction pastorale était due à la plume de l'abbé Jean-Bap-
tiste Cadry, que son opposition constante à la bulle avait fait
destituer des fonctions de chanoine théologal de Laon. Le pré-
lat, alors plus qu'octogénaire, y rendait son clergé et son
peuple dépositaires de ses derniers sentiments sur les contesta-
tions qui agitaient l'Eglise, et ces derniers sentiments n'é-
taient qu'une profession expresse et scandaleuse du jansé-
nisme. La constitution Unigenitus, qui condamne le livre des
Réflexions morales du P. Quesnel, était honnie et accusée de
porter atteinte au dogme, à la morale, à la discipline et à la
hiérarchie de l'Église. Le livre de Quesnel était au contraire
préconisé et conseillé comme plein de lumière et d'onction, et
comme très-propre à nourrir la piété. Une interprétation
fausse et illusoire était donnée à la bulle Vineam Domini Sa-
baoth du pape Clément XI; le Formulaire d'Alexandre VII
était audacieusement traité de mesure vexatoire de véritable
tyrannie exercée sur les consciences enfin, les fidèles du dio-
cèse de Senez étaient vivement exhortés à persévérer dans les
sentiments que leur avait inspirés leur vieil évoque, à ne
point écouter le successeur qui lui serait donné après sa mort,
s'il leur prêchait des enseignements contraires et à ne se lais-
ser abattre ni par la multitude des ennemis de la vérité, ni par
le petit nombre de ceux qui se déclarent pour elle.
De pareils excès jetèrent l'alarme au milieu du clergé. M. de
Tencin, archevêque d'Embrun, comme métropolitain (car l'é-
vêché de Senez dépendait de la province ecclésiastique d'Em-
brun), porta ses remontrances 'aux pieds du trône et obtint
l'autorisation de convoquer, dans la ville archiépiscopale un
concile provincial. Il le convoqua pour le 16 août 1727. Aus-
sitôt que la nouvelle s'en fut répandue, elle mit tout en mou-
vement dans le parti attaché à l'évêque de Senez. Le docteur
Boursier, qui en était l'âme, composa sur-le-champ, en faveur
du prélat menacé, un mémoire que vingt avocats eurent la~