LA FRANCE PONTIFICALE.
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l'obéissance due aux jugements de l'Eglise à l'égard des faits
dogmatiques. Le 28 de ce même mois, il prononça, dans l'église
des Augustins, où se. tenait l'assemblée, le panégyrique de
saint Augustin. Ses liaisons avec le Père Quesnel le firent
malheureusement entrer plus tard dans une fausse voie, et la
constitution Unigenitus, lancée le 8 septembre 1713, par la
cour de Rome, contre le premier directeur de sa conscience
le jeta dans une carrière de controverse. L'un des quinze
évêques qui, en 1714, refusèrent de recevoir cette bulle,
il commença de ce moment à se prêter aux nouveautés
auxquelles il se livra depuis avec tant d'ardeur. Dès le
mois de février 1714, une lettre de cachet l'exila dans son
diocèse.
De retour à Paris après la mort de Louis XIV, arrivée le
1" septembre 171S, reçu à la cour avec honneur par le nou-
veau pouvoir, comme tous les évêques opposés à la bulle,
Soanen déclara bientôt que cet acte du Saint-Siège était un
décret monstrueux. Le 1" mars 1717, il est l'un des quatre
évêques qui en appellent au futur concile général, et avec
ces prélats, Colbert, évêque de Montpellier, de Langle,
évêque de Boulogne et de la Broue, évêquè de Mirepoix,
vient en Sorbonne notifier cet appel. Comme ses trois col-
lègues, il reçut aussitôt l'ordre de quitter Paris, et, de con-
cert avec eux, il publia, en avril 1719, un mémoire prétendant
démontrer les nouveautés qui, pendant les derniers siècles s'é-
taient introduites dans l'Eglise relativement au dogme, à la
morale, à la discipline et à la hiérarchie, nouveautés dange-
reuses qu'autorisait la constitution Unigenitus. Les quatre
évêques, loin de vouloir entrer dans aucun accommodement,
renouvelèrent leur appel, le 10 septembre 1720, et Soanen
souscrivit plusieurs écrits pour soutenir leur démarche collec-
tive. Dupe d'intrigants qui abusèrent de son extrême facilité
et de son bon cœur car, au milieu de ses travers, Soanen
avait d'excellentes qualités, l'évêque de Senez reçut alors
dans son séminaire plusieurs jeunes ecclésiastiques hollandais,
fort en peine de trouver quelque évêque qui voulût bien les
ordonner sur les dimissoires du chapitre d'Utrecht, sede va-
cante. Il en ordonna d'abord sept, non extra comme
le dit Dorsanne, mais en septembre 1720, aux jours fixés pour
l'ordination. Peu de mois après, il en ordonna cinq autres,
tout malade qu'il était, dans la crainte de laisser en souffrance