DIOCÈSE DE SENEZ.
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célèbre jésuite de ce nom. Il eut pour premiers maîtres les
Pères de l'Oratoire, entra en 1661, à Paris', dans leur congré-
gation, et prit pour directeur de sa conscience un homme
dont les opinions hardies devaient mettre le désordre dans
l'Eglise, le Père Quesnel. Soanen, après avoir professe-les
humanités et la rhétorique dans plusieurs villes de province
se consacra au ministère de la chaire pour laquelle il avait un
véritable talent. Il prononça en 1683 l'oraison funèbre de la
reine Marie-Thérèse d'Autriche, prêcha à Lyon à jOrléans, à
Paris, et à la cour, les carêmes de 1686 et de 1688. Tous les
suffrages lui furent acquis, et Fénelon, bon juge en pareille
matière ,ne proposait d'autres modèles pour l'éloquence de la
chaire que Soanen et Massillon.
Député du roi à l'assemblée de sa congrégation en 1690, il
contribua à paralyser l'autorité du supérieur général, Abel de
Sainte-Marthe, dont on craignait avec raison les tendances
jansénistes. La cour récompensa ses succès par l'évêché de
Senez, auquel il fut nommé le 8 septembre 1695. En atten-
dant ses bulles, le nouveau prélat prêcha, cette année, l'Avent
devantle roi. Préconisé le 20 février 1696, il obtint ses bulles
dans le consistoire du 21 mai, et fut sacré le 1er juillet de cette
année dans l'église des Prêtres de l'Oratoire de la rue Saint-
Honoré, à Paris par Louis-Antoine de [Noailles, archevêque
de Paris, assisté de Jean Balthasar de Cabanes de Viens,
évêque de Vence, et de Charles de Villeneuve de Vence,
évêque de Glandèves. Il prêta serment au roi, le 8 de ce même
mois et ne tarda pas à venir au milieu de son troupeau.
La simplicité de ses mœurs et son économie lui permirent
de se livrer à toutes les inspirations de son zèle pour le soula-
gement des pauvres, et comme son petit diocèse n'absorbait
pas tout son temps, Soanen, après avoir chaque année tenu un
synode, visité ses paroisses et présidé des conférences ecclé-
siastiques, allait prêcher dans les grandes villes du Midi,
notamment à Marseille et à Montpellier. Il prêcha à Aix, Ie
rême de 1698, et à Toulouse celui de 1700. Député de la pro-
vince d'Embrun à l'assemblée du clergé de 1705, il y fit le
2 juin, le discours d'ouverture, et avec tous les prélats de~l'as-
semblée, accepta, le 22 août suivant, la bulle du 15 juillet
précédent, Vineam Domini Sabaoth, qui avait pour objet de
condamner le système du silence respectueux auquel les au-
teurs du fameux cas de conscience voulaient réduire toute