LA FRANCE PONTIFICALE.
240
Victor, et une communauté de Pères de la Doctrine chrétienne,
mais il n'eut pas le temps de détruire tous les obstacles qui
s'opposaient à ces diverses fondations.
Le chapitre cathédral de Senez était régulier de l'ordre de
Saint-Augustin, mais les observances étaient absolument né-
gligées, Louis Duchaine le fit séculariser, par une bulle du
pape Innocent X, en 1650, quoique ce changement fût con-
traire à ses intérêts, par la perte qu'il faisait de la dépouille
des chanoines qui lui était dévolue. En 1664, il fonda à Senez
un séminaire 'dont il confia la direction aux Pères de la Doc-
trine chrétienne. Le 11 octobre 1670, se trouvant à Brignoles,
il fit son testament, et dans ses dispositions, n'oublia pas cette
dernière ville dont sa famille était originaire, et qu'il considé-
rait comme sa patrie, quoiqu'il fut né à Aix. Il y possédait de
grands biens, et deux maisons dont l'une à la ville, et l'autre
à la campagne. Chaque année, il y passait la belle saison pour
se délasser des travaux et des fatigues de l'épiscopat, et les
annales de cette ville ont conservé de lui bien des faits qui
prouvent sa bonté et sa bienfaisance.
Quelques articles de ce testament méritent d'être cités; ce
sont « 1° la fondation qu'il fit d'un fonds pour marier quatre
pauvres filles de Brignoles 2° une augmentation considérable
au patrimoine de la chapellenie de Saint-Honoré, fondée par
ses ancêtres, et dont il était pourvu; 3° il légua à la confrérie
de la Miséricorde, 3,000 livres à prendre sur les sommes que
la ville lui devait 4° il priait les consuls et le vicaire' de la pa-
roisse de Brignoles, pour l'affection ~M'~ajooM~ elle, etpour
tous les particuliers qui /s eo~tMCK~ de travailler de tout
leur pouvoir à la faire ériger en collégiale, voulant que ladite
chapelle de Saint-Honoré et tous ses biens dont il n'avait pas
disposé, fussent employés à la fondation des chanoines. »
Le pieux prélat ayant ensuite réfléchi que sa ville chérie
pourrait perdre du côté de l'édification et de l'utilité spirituelle,
ce qu'un chapitre lui procurerait du côté de l'illustration et de
l'éclat, révoqua par un codicille cette disposition. Enfin, il
fonda dans cette même église, pour le salut de son âme, un
anniversaire qu'on observa exactement chaque année, le 1"
mars, jusqu'à l'époque de la Révolution. Nous ne parlons point
des legs qu'il fit aux œuvres pies de Castellane et d'Aix. On
sait combien il contribua à la construction du couvent des Mi-
nimes de cette dernière ville. Les largesses qu'il avait faites