DIOCÈSE DE 8ENEZ.
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1618, sous le titre d'évêque d'Argos in partibus, dans l'église
de Saint-Sauveur à Aix, par Jacques Martin, évêque de Senez,
assisté de Toussaint de Glandèves, évêque de Sisteron, et de
Jean Pélissier, évêque d'Apt. L'année suivante, la province
d'Embrun le députa aux Etats qui'se réunirent à Blois. Re-
tenu à Rome pour les affaires de la chrétienté, le cardinal Gui
Bentivoglio, évêque de Riez en 1622, et ne pouvant admi-
nistrer personnellement ce diocèse délégua Louis Duchaine
pour en faire la visite, y remplir les fonctions épiscopales
et faire tous réglements d'administration et ordonnances qu'il
jugerait nécessaires.
Devenu titulaire de l'évêché de Senez, le 21 février 1623
il fit solennellement son entrée dans sa cathédrale, et la pro-
vince d'Embrun le députa, en 1625, à l'assemblée générale
du clergé de France, ainsi qu'à celle de Mantes, en 1641, et
de Paris, en 16S5. Ce fut à sa prière que le prince de Condé
confirma, en 1631, de la part du roi à tous les ecclésiastiques
de Provence, les priviléges et immunités que leur avaient ac-
cordés les rois de France, et en vertu desquels ils étaient
exempts des gardes de ville, du logement des gens de guerre,
et francs et libres de toutes taxes, subsides et emprunts de
villes et communautés.
Ses diocésains n'avaient pas tardé à reconnaître qu'ils
avaient un évêque selon le cœur de Dieu. Louis Duchaine en
effet, faisait exactement ses visites pastorales pendant les-
quelles il s'empressait de réformer les abus. Il tenait réguliè-
rement les synodes, et à chaque fois, c'étaient de nouvelles
ordonnances pour la réforme du clergé un recueil précieux
renferme tous ces règlements. Le 8 avril 1637, Boniface Pel-
licot, prévôt de Saint-Sauveur d'Aix, ayant donné sa démis-
sion, le chapitre de cette métropole élut d'une commune voix
Louis Duchaine pour lui succéder, et dès le 7 de ce mois, il
avait été mis en possession; toutefois, l'évêque de Senez refusa
cette dignité, parce qu'avec elle, il n'obtint pas de garder son
évêché. Il fit beaucoup de bien à son diocèse et surtout à la
ville de Castellane. Il lui procura notamment l'établissement
de la poste, et par ses soins six religieuses tirées du couvent
d'Apt, arrivèrent à Castellane, le 4 août 1644, sous la con-
duite de M. Bouche, prévôt de Saint-Jacques de Barrême,
pour y fonder un monastère de la Visitation. Il voulait y éta-
blir un chapitre collégial dans l'église du prieuré de Saint-