DIOCÈSE DE SENEZ.
235
36. THÉODORE JEAN DE CLERMONT (1551-1561).
Ce prélat appartenait à la plus illustre noblesse du Dau-
phiné il était de cette ancienne famille de Clermont qui a
donné à l'Eglise et à l'Etat tant d'hommes remarquables. Un
de ses ancêtres, Eynard II de Clermont, au commencement
du XII" siècle, leva à ses frais une armée, la conduisit contre
l'antipape Maurice Bourdin, et fut assez heureux pour rendre
à l'Eglise son souverain légitime, en ramenant à Rome le
pape Calixte II qui avait été obligé de fuir. Ce Pontife, par
une bulle datée de 1120~ voulut rendre à la foi et au courage
d'Eynard un hommage éclatant, et pour perpétuer le souvenir
des services qu'il en.avait reçus, il lui accorda de nombreux
priviléges, l'autorisa à porter dans ses armoiries les clés de
saint Pierre, avec une tiare d'or pour cimier, et lui permit,
ainsi qu'aux membres de sa famille qui garderaient le nom de
Clermont, d'emprunter, quand ils seraient admis à baiser les
pieds du Pape, les paroles du prince des apôtres à Jésus-
Christ Etiamsi omnes te negaverint, ego non te negabo. La
maison de Clermont porte encore aujourd'hui dans son écu les
clés de saint Pierre en sautoir, surmontées d'une tiare avec
cette devise Etiamsi omnes, ego non.
Théodore-Jean était fils de Bernardin, comte de Clermont
et vicomte de Tallard, et d'Anne de Husson de Tonnerre,. <
qu'il avait épousée le 13 février 1496. Il eut pour frère Ga-
briel de Clermont qui, après avoir occupé le siège épiscopal
de Gap, eut le malheur d'abandonner la foi de ses pères, et
n'eut pas honte de prendre part à la cène calviniste, en habits
pontificaux. Nommé en 1551, évêque de Senez, Théodore
joignit, en 1553, à ce titre, celui de vice-légat d'Avignon; et
paraît avoir rempli avec édification les devoirs de l'épiscopat.
Divers actes constatent que, l'année même de sa nomination,
il fit, avec ses vicaires généraux, la visite exacte des paroisses
de son diocèse.
Depuis le 26 octobre 1S32, Théodore-Jean était, par la ces-
sion de son frère Gabriel, devenu abbé de Saint-Gilles, au dio-
cèse de Nîmes. En cette qualité, il obtint du pape Paul III,
deux bulles, l'une datée de 1S34, contre les envahisseurs des
biens de son abbaye, l'autre du 17 août 1538, qui permettait
aux religieux d'abandonner l'ordre de Saint-Benoît, pour