LA FRANCE PONTIFICALE. 48 première fois qu'il est fait mention de ce magistrat. L'année suivante, par acte passé dans une chambre de son palais, donnant sur le marché au poisson, Raimond Bérenger céda à notre évêque les bourgs de Revest et d'Auzet. Enfin, le 10 février 1239, Raoul termina la longue contestation qui régnait entre lui, d'une part, et de l'autre R. de Villemus et ses deux frères. La même année, R. prévôt de Forcalquier, élu juge-arbitre, adjugea à notre prélat la terre de Mauzerangue. Nos lecteurs voudront bien nous pardonner d'avoir men- tionné deux fois les mêmes faits il nous a paru nécessaire de ne pas accepter de confiance les affirmations du Livre vert de Sisteron, qui, ainsi que le dit un historien moderne de cette ville, n'est guère fort sur la critique. 37. HENRI DE BARTHOLOMÉIS DE SUZE (l24i-t250). Henri de Bartholoméis de Suze naquit vers 1200, à Suze, en Piémont, et, suivant quelques auteurs, appartenait à la famille de Suze, en Dauphiné. Après avoir fait ses études à Bologne, il professa le droit canon à Paris, et en 1238, il accompagna en Angleterre Eudes Leblanc, cardinal de Mont- ferrat. Il y fut bien accueilli du roi Henri Ht, qui le députa à Rome peur demander la déposition de l'évêque de Winchester. Comme cette négociation n'eut aucun succès, Henri se démit du prieuré de l'hôpital de Sainte-Croix, dont le roi l'avait pourvu, et retourna en France. Il devint alors prévôt de Grasse, archidiacre d'Embrun et enfin, en 1241, évêque de Sisteron, où il obtint, pour lui seulement, par acte du 10 septembre 1246, le droit de suffrage dans les assemblées capi- tulaires. L'année suivante, Pierre, abbé de l'Ile-Barbe, ayant prouvé par des documents irréfutables que le monastère de Saint- Mary était situé dans le diocèse de Sisteron et non dans celui de Digne, Henri de Suze voulut que cette décision fut sanc- tionnée par des lettres de Hugues de Saint-Cher, cardinal de Sainte-Sabine, et ces mêmes lettres furent, en 1247, confir- mées par le pape Innocent IV. Cette même année, il se trouva présent à la fondation d'un couvent de Dominicains, faite à la Baume-les-Sisteron, par Béatrix de Savoie, comtesse de Provence. Le 2 décembre 1249, il était à Lyon lorsque les chanoines de Sisteron et ceux de Forcalquier se disputant le