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                  Titre : Oeuvres illustrées ; 4. La reine Margot. 4, 1 / par Alexandre Dumas ; éd. ill. par E. Lampsonius et Lancelot

                  Auteur : Dumas, Alexandre (1802-1870)

                  Éditeur : Calmann Lévy (Paris)

                  Date d'édition : 18

                  Contributeur : Lampsonius, E.. Illustrateur

                  Contributeur : Lancelot, Dieudonné Auguste (1822-1894). Illustrateur

                  Type : monographie imprimée

                  Langue : Français

                  Format : 178-186 p. : ill.

                  Format : application/pdf

                  Droits : domaine public

                  Identifiant : ark:/12148/bpt6k202877g

                  Source : Bibliothèque nationale de France

                  Relation : Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb388585722

                  Relation : Titre d'ensemble : Oeuvres illustrées

                  Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb38858669f

                  Provenance : bnf.fr

                  Date de mise en ligne : 15/10/2007

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                  Title : Oeuvres illustrées ; 4. La reine Margot. 4, 1 / par Alexandre Dumas ; éd. ill. par E. Lampsonius et Lancelot

                  Author : Dumas, Alexandre (1802-1870)

                  Url of the page : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k202877g/f78.image


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                  14 MP MABGQT. 7f

                  G

                  nous les admettons toutes; que, en fait de dieux,
                  nous en reconnaissons plusieurs.

                  En un seul, n'est-ce pas?

                  Oui, dit la duchesse avec un regard étincelant
                  de paganisme oui, celui qui s'appelle Éros Cu-
                  pido Amor oui, celui qui a un carquois, un
                  bandeau et des ailes. Mordi vive la dévotion
                  Cependant, tu as unee manière de prier qui
                  est exclusive tu jettes des pierres sur la tête des
                  huguenots.

                  Faisons bipn et laissons dire. Ah Mar-
                  guerite Ahiime les meilleures idées, comme les
                  jjius belles actions se travestissent en passant par la
                  bouche du vulgaire.

                  Le vulgaire. Mais c'est mon frère Charles
                  qui te félicitait, ce me semble?

                  Ton frère Charles, Marguerite, est un grand
                  chasseur qui sonne du cor toute la journée, ce qui
                  le rend fort maigre, Je récuse donc jusqu'à ses
                  compliments. D'ailleurs, je lui ai répondu, à ton
                  frère Charles. N'as-tu pas entendu ma réponse?
                  Non, tu parlais si bas!

                  Tant mieux, j'aurai plus de nouveau à t'ap-
                  prendre. Çà la fin de ta confidence, Marguerite '?
                  C'est que. c'est que.

                  Eh bien?

                  C'est que, dit la reine en riant, si la pierre
                  dont parlait mon frère Charles était historique, je
                  m'abstiendrais.

                  Bon s'écria Henriette, tu as choisi un hugue-
                  not. Eh bien! sois tranquille pour rassurer ta con-
                  science, je te promets d'en choisir un à la première
                  occasion.

                  Ah il paraît que cette fois tu as pris un ca-
                  tholique ?

                  Mordi reprit la duchesse.

                  Bien, bien je comprends.

                  Et comment est-il, notre huguenot?

                  Je ne l'ai pas choisi cc jeune homme ne
                  m'est rien, et ne me sera probablement jamais rien.
                  Mais enfin, comment est-il? cela ne t'empê-
                  che pas de me le dire, tu sais combien je suis cu-
                  rieuse.

                  Un pauvre jeune homme beau comme le Ni-
                  sus de Benvenuto Cellini. et qui s'est venu réfu-
                  gier dans mon appartement.

                  Oh oh et tu ne l'avais pas un peu convoqué?
                  Pauvre garçon Ne ris donc pas ainsi, Hen-
                  riette, car en ce moment il est encore entre la vie
                  et la mort.

                  Il est donc malade?

                  Il est grièvement blessé.

                  Mais c'est très-gênant, un huguenot blessé
                  surtout dans des jours comme ceux nous nous
                  trouvons; et qu'en fais-tu, de ce huguenot blessé
                  qui ne t'est rien et ne te sera jamais rien ? `?
                  Il est dans mon cabinet; je le cache, je veux
                  le sauver.

                  Il est beau, il est jeune, il est blessé. fu\e
                  caches dans ton cabinet, tu veux le sauver; ce hu-
                  guenot-là sera bien ingrat s'il n'est pas trop recon-
                  naissant 1

                  Il l'est déjà, j'en ai bien peur. plus que je
                  ne le désirerais.

                  Ej il t'intéresse. ce pauvre jeûna homme?
                  Par humanité. seulement.

                  Ah! l'humanité, ma pauvre reine t'est tqu-
                  jours cette vcrtu-Jà qui nous perd, nous autres
                  femmes i

                  Oui, et tu comprends comme d'un moment
                  à l'autre, 1q roi, la duc d'Alençon, ma mère, mon
                  mari même. peuvent entrer dans mon appâter
                  ment.

                  Tu veux me prier de te garder ton petit hu
                  guenot, n'est-ce pas, tant qu'il sera malade, à la
                  condition de te le rendre quand il sera guéri ? `?
                  Rieuse! (lit Marguerite. Non, je te jure que je
                  ne prépare pas les choses de si loin. Seulement, si
                  tu pouvais trouver un moyen de cacher le pauvre
                  garçon si tu pouvais lui conserver la vie que je lui
                  ai sauvée; ch bien je t'avoua que je t'en serais véri-
                  tablement reconnaissante Tu es libre à l'hôtel de
                  Guise, tu n'as ni beau-frère, ni mari qui t'espionne
                  ou qui te contraigne, et, de plus, derrière ta cham-
                  bre, personne, chère Henriette, n'a heureuse-
                  ment pour toi le droit d'entrer, un grand cabinet
                  pareil au mien. Eh bien pr0te-moi ce cabinet pour
                  mon huguenot; quand il sera guéri tu lui ouvriras
                  la cage, et l'oiseau s'envolera.

                  Il n'y a qu'une difficulté, chère rcin.\ c'est
                  que la cage est occupée.

                  Comment! tu as donc aussi sauvé quelqu'un,
                  toi? Q

                  C'est justement ce que j'ai répondu à ton
                  frère.

                  Ah! je comprends; voilà pourquoi tu parlais
                  si bas que je ne t'ai pas entendue.

                  Écoute, Marguerite, c'est une histoire admi-
                  rable, non moins belle, non moins poétique que la
                  tienne. Après t'avoir laissé six de mes gardes, j'étais
                  montée avec les six autres à l'hôtel de Guise, et \e
                  regardais piller et brûler une maison qui n'est sé-
                  parée de l'hôtel de mon frère que par la rue des
                  Quatre-Fils, quand tout à coup j'entends crier des
                  femmes et jurer dos hommes. Je m'avance sur le
                  balcon et je vois d'abord une épée dont le feu sem-
                  blait éclairer toute la scène à elle seule. J'admire
                  cette lame furieuse j'aime les belles choses, moi
                  puis je cherche naturellement à distinguer le bras
                  qui la faisait mouvoir et le corps auquel ce bras
                  appartenait. Au milieu des coups, des cris, je dis-
                  tingue enfin l'homme, et je vois. un héros, un
                  Ajax Télamon. J'entends une voix, une voix ùe
                  Stentor. Je m'enthousiasme, je demeure toute pal-
                  pitante, tressaillant à chaque coup dont il était
                  menacé, à chaque bitte qu'il portait; ça été une


                  Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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