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Titre : Oeuvres illustrées ; 4. La reine Margot. 4, 1 / par Alexandre Dumas ; éd. ill. par E. Lampsonius et Lancelot

Auteur : Dumas, Alexandre (1802-1870). Auteur du texte

Éditeur : Calmann Lévy (Paris)

Date d'édition : 18

Contributeur : Lampsonius, E.. Illustrateur

Contributeur : Lancelot, Dieudonné Auguste (1822-1894). Illustrateur

Type : monographie imprimée

Langue : Français

Langue : language.label.français

Format : 178-186 p. : ill.

Format : application/pdf

Format : Nombre total de vues : 182

Description : [La reine Margot (français)]

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k202877g

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb388585722

Relation : Titre d'ensemble : Oeuvres illustrées

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb38858669f

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 15/10/2007

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nemis. J'aime qui m'aime et déteste qui me hait. Sans cela, madame, serais-je votre fille ? 2

Catherine sourit de manière à faire comprendre à Marguerite que, si elle avait eu quelque soupçon, ce soupçon était évanoui.

D'ailleurs, en ce moment. de nouveaux pèlerins r attirèrent l'attention de l'auguste assemblée. Le duc de Guise arrivait escorté d'une troupe de gentils- hommes tout échauffés encore d'un carnage récent. Ils escortaient une litière richement tapissée, qui s'arrêta en face du roi.

La duchesse de Nevers s'écria Charles IX. Çà, voyons qu'elle vienne recevoir nos compliments, cette belle et rude catholique. Que m'a-t-on dit, ma cousine Que, de votre fenêtre, vous avez giboyé aux huguenots ? et que vous en avez tué un d'un coup de pierre?

La duchesse de Nevers rougit extrêmement.

– Sire, dit-elle à voix basse en venant s'agenouiller devant le roi, c'est, au contraire, un catholique blessé que j'ai eu le bonheur de recueillir. Bien, bien, ma cousine, il y a deux façons de me servir l'une en exterminant mes ennemis, l'autre en secourant mes amis. On fait ce qu'on peut, et je suis sûr que, si vous eussiez pu davantage, vous l'eussiez fait.

Pendant ce temps, le peuple, qui voyait la bonne harmonie qui régnait entre la maison de Lorraine et Charles IX, criait à tue-tête Vive le roi Vive le duc de Guise! Vive la messe

Revenez-vous au Louvre avec nous, Henriette ? `' dit la reine mère à la belle duchesse.

Marguerite toucha du coude son amie, qui comprit aussitôt ce signe, et qui répondit

Non pas, madame, à moins que Votre Majesté ne me l'ordonne, car j'ai affaire en ville avec Sa Majesté la reine de Navarre.

– Et qu'allez-vous faire ensemble? demanda Catherine.

Voir des livres grecs très-rares et très-curieux qu'on a trouvés chez un vieux pasteur protestant, et qu'on a transportés à la tour Saint-Jacqucs-laBoucherie, répondit Marguerite.

Vous feriez bien mieux d'allez voir jeter les derniers huguenots du haut du Pont-aux-Meunicrs dans la Seine, dit Charles IX. C'est la place des bons Français.

Nous irons, s'il plaît à Votre Majesté, répondit la duchesse de Nevers.

Catherine jeta un regard de défiance sur les deux jeunes femmes. Marguerite, aux aguets, l'intercepta, et, se tournant et se retournant aussitôt d'un air fort préoccupé, elle regarda avec inquiétude au- tour d'elle.

Cette inquiétude feinte ou réelle n'échappa point à Catherine.

– Que cherchez-vous?

Je cherche. Je ne vois plus, dit-elle. Qui cherchez-vous, qui ne voyez-vous plus? La Sauve, dit Marguerite. Serait-elle retournée au Louvre?

Quand je te disais que tu étais jalouse? dit Catherine à l'oreille de sa fille. 0 bestia Allons, allons, Henriette continua-t-elle en haussant les épaules, emmenez la reine de Navarre.

Marguerite feignit encore de regarder autour d'elle, puis, se penchant à son tour à l'oreille de son amie

– Emmène-moi vite, lui dit-elle. J'ai des choses de la plus haute importance à te dire.

La duchesse fit une révérence à Charles IX et à Catherine, puis, s'inclinant devant la reine de Navarre

Votre Majesté daignera-t-elle monter dans ma litière? dit-elle.

Volontiers. Seulement vous serez obligée de me faire reconduire au Louvre.

Ma litière, comme mes gens, comme moimême, répondit la duchesse, sont aux ordres de Votre Majesté.

La reine Marguerite monta dans la litière, et, sur un signe qu'elle lui fit, la duchesse de Nevers monta à son tour, et prit respectueusement place sur le devant.

Catherine et ses gentilshommes retournèrent au Louvre en suivant le même chemin qu'ils avaient pris pour venir. Seulement, pendant toute la route on vit la reine mère parler sans relâche à l'oreille du roi, en lui désignant plusieurs fois madame de Sauve.

Et, à chaque fois, le roi riait, comme riait Charles IX c'est-à-dire d'un rire plus sinistre qu'une menace.

Quant à Marguerite, une fois qu'elle eut senti la litière se mettre en mouvement, et qu'elle n'eut plus à craindre la perçante investigation de Catherine, elle tira vivement de sa manche le billet de madame de Sauve, et lut les mots suivants « J'ai reçu l'ordre de faire remettre ce soir au roi de Navarre deux clefs l'une est celle de la chambre dans laquelle il est enfermé l'autre est celle de la mienne. Une fois qu'il sera entré chez moi, il m'est enjoint de l'y garder jusqu'à six heures du matin. « Que Votre Majesté réfléchisse, que Votre Majesté décide, que Votre Majesté ne compte ma vie pour rien. »

Il n'y a plus de doute, murmura Marguerite, et la pauvre femme est l'instrument dont on veut se servir pour nous perdre tous. Mais nous verrons si de la reine Margot, comme dit mon frère Charles, on fait si facilement une religieuse.

De qui donc est cette lettre? demanda la du-