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Titre : Oeuvres illustrées ; 4. La reine Margot. 4, 1 / par Alexandre Dumas ; éd. ill. par E. Lampsonius et Lancelot

Auteur : Dumas, Alexandre (1802-1870)

Éditeur : Calmann Lévy (Paris)

Date d'édition : 18

Contributeur : Lampsonius, E.. Illustrateur

Contributeur : Lancelot, Dieudonné Auguste (1822-1894). Illustrateur

Type : monographie imprimée

Langue : Français

Format : 178-186 p. : ill.

Format : application/pdf

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k202877g

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb388585722

Relation : Titre d'ensemble : Oeuvres illustrées

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb38858669f

Provenance : bnf.fr

Date de mise en ligne : 15/10/2007

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Title : Oeuvres illustrées ; 4. La reine Margot. 4, 1 / par Alexandre Dumas ; éd. ill. par E. Lampsonius et Lancelot

Author : Dumas, Alexandre (1802-1870)

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̃ LA REINE MARGOT. 29

il paraît que vous n'avez pas plus dîné chez le roi
de Navarre que je n'ai soupé cljiez M. de Guise.
Ma foi non.

Et la faim vous est-elle venue?

le crois que oui.

Malgré Plutarque?

Monsieur le comte, dit en riant la Mole, Plu-
tarque dit dans un autre endroit « Qu'il faut que
celui qui a partage avec celui qui n'a pas. » Vou-
lez-vous, pour l'amour de Plutarque, partager vo-
tre omelette avec moi, nous causerons de la vertu
en mangeant?

Oh ma foi non, dit Coconas, c'est bon quand

J <S^Qp aintenant, si le lecteur est

"S P ly^raK' Ijf^ curieux de savoir pour-

f* 1)1 WM lÊte quoi de la Mole n'avait
WAVa '/M 1E* pas été reçu par le roi de
£a J^t^^ JÀjl Navarre, pourquoi M. de

fra £§^à ^5 C5W Coconas n'avait pu voir

iS £s^J îi&3ÊOM M- de Guise, et enfin pour-
w" quoi tous deux, au lieu de

souper au Louvre avec des faisans, des perdrix et
du chevreuil, soupaient à l'hôtel de la Belle-Étoile
avec une omelette au lard, il faut qu'il ait la com-
plaisance de rentrer avec nous au vieux palais des
rois, et de suivre la reine Marguerite de Navarre,
que la Mole avait perdue de vue à l'entrée de la
grande galerie.

Tandis que Marguerite descendait cet escalier, le
duc Henri de Guise, qu'elle n'avait pas revu depuis
la nuit de ses noces, était dans le cabinet du roi.
A cet escalier que descendait Marguerite, il y avait
une issue. A ce cabinet était M. de Guise, il y
avait une porte. Or, cette porté et cette issue con-
duisaient toutes deux à un corridor, lequel corri-
dor conduisait lui-même aux appartements de la
reine mère Catherine de Médicis.

Catherine de Médicis était seule, assise près d'une
table, le coude appuyé sur un livre d'heures en-
tr'ouvert, et la tête posée sur sa main encore re-
marquablement belle, grâce au cosmétique que lui
fournissait le Florentin René, qui réunissait la dou-
ble.charge de parfumeur et d'empoisonneur de la
reine mère.

on est au Louvre, qu'on craint d'être écouté et
qu'on a l'estomac vide. Mettez-vous et soupons.
Allons, je vois que décidément le sort nous
fait inséparables. Couchez-vous ici?

Je n'en sais rien.

Ni moi non plus.

En tous cas, je sais bien je passerai la
nuit, moi.

cela? 2

vous la passerez vous-même, c'est imman-
quable.

Et tous deux se mirent à rire, en faisant de leur
mieux honneur à l'omelette de maître la Hurière.

VI

LA DETTE PAYÉE.

La veuve de Henri II était vêtue de ce deuil qu'elle
n'avait point quitté depuis la mort de son mari.-
C'était, à cette époque, une femme de cinquante-
deux à cinquante-trois ans à peu près, qui conser-
vait, grâce à son embonpoint plein de fraîcheur,
des traits de sa première beauté. Son appartement,
comme son costume, était celui d'une veuve.
Tout y était d'un caractère sombre étoffes, mu-
railles, meubles. Seulement, au-dessus d'une espèce
de dais couvrant un fauteuil royal, pour le mo-
ment dormait couchée la petite levrette favorite de
la reine mère, laquelle lui avait été donnée par son
gendre Henri de Navarre et avait reçu le nom my-
thologique de Phébé, on voyait peint au naturel
un arc-en-ciel entouré de cette devise grecque que le
roi François Ier lui avait donnée Phôs pherei ê
de kai aïthzein, et qui peut se traduire par ce vers
français

II porte la lumière et la sérénité.

Tout à coup, et au moment la reine mère pa-
raissait plongée au plus profond d'une pensée qui
faisait éclore sur ses lèvres peintes avec du carmin
un sourire lent et plein d'hésitation, un homme
ouvrit la porte, souleva la tapisserie et montra son
visage pâle en disant

Tout va mal 1

Catherine leva la tête et reconnut le duc de Guise.
Comment, tout va mal répondit-elle. Que
voulez-vous dire, Henri ? 1

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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