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                  Titre : Oeuvres illustrées ; 4. La reine Margot. 4, 1 / par Alexandre Dumas ; éd. ill. par E. Lampsonius et Lancelot

                  Auteur : Dumas, Alexandre (1802-1870)

                  Éditeur : Calmann Lévy (Paris)

                  Date d'édition : 18

                  Contributeur : Lampsonius, E.. Illustrateur

                  Contributeur : Lancelot, Dieudonné Auguste (1822-1894). Illustrateur

                  Type : monographie imprimée

                  Langue : Français

                  Format : 178-186 p. : ill.

                  Format : application/pdf

                  Droits : domaine public

                  Identifiant : ark:/12148/bpt6k202877g

                  Source : Bibliothèque nationale de France

                  Relation : Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb388585722

                  Relation : Titre d'ensemble : Oeuvres illustrées

                  Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb38858669f

                  Provenance : bnf.fr

                  Date de mise en ligne : 15/10/2007

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                  Title : Oeuvres illustrées ; 4. La reine Margot. 4, 1 / par Alexandre Dumas ; éd. ill. par E. Lampsonius et Lancelot

                  Author : Dumas, Alexandre (1802-1870)

                  Url of the page : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k202877g/f169.image


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                  *66 LA REINE MARGOT.

                  Oh murmura-t-il' Coconas me le disait bien.
                  L'intrigue m'enveloppe dans ses replis. Elle m'é-
                  touffera.

                  Eh bien? demanda Marguerite.

                  Eh bien dit la Mole, voici ma réponse On
                  prétend, et je Pai entendu dire à l'autre extrémité
                  de la France, votre nom si illustre, votre répu-
                  tation de beauté si unïverselle, m'étaient venus
                  comme un vague désir de l'inconnu éffléurer le
                  cœur, on prétend que vous avez aimé quelquefois,
                  et que votre amour a toujours été fatal aux objets
                  de votre amour, si bien que la mort, jalouse sans
                  doute, vous a presque toujours enlevé vos amants.
                  La Mole

                  Ne m'interrompez pas, ô ma Margarita ché-
                  rie car on ajoute aussi que vous conservez dans
                  des boîtés d'or les cœurs de ces fidèles amis (1), et
                  que parfois vous donnez à ces tristes restes un sou-
                  venir mélancolique, un regard pieux. Vous soupi-
                  rez, ma reine, vos yeux se voilent, c'est vrai. Eh
                  bien 1 faites de moi le plus aimé et le plus heureux
                  de vos favoris. Des autres vous avez percé le cœur,
                  et vous gardez ce cœur; de moi, vous faites plu%(
                  vous exposez ma tête. Eh bien! Marguerite, ju~
                  rez-moi devant l'image de ce Dieu qui m'a sauvé I*
                  vie ici-même; jurez-moi que, si je meurs pour v«hs,>
                  comme un saixthra pressentiment me l'annonce, ju-
                  rez-moi que vOTSgaœdreira, pmu y appuyer <juel*-
                  quefois vos lèvres, cette tête que le bourreau aura
                  séparée de ma» corps jurai, Marguerite, et la jkd-
                  messe d'une telle récompense, faite par ma reine,
                  me rendra muet, traître et lâchea» hesein, e'esfc-
                  à-dire tout dévoué, comme doit F&rei votre amant
                  et votre complice.

                  0 lugnlire foiifvn» ehère amer dit. Margue-
                  rite ô fatal* nensée, mm doux amwirf

                  Jurez:

                  Que jejorat.

                  Oui, suECBteoffiret ds*aaqge®t <$ue surmonte vtm
                  croix. Jurez.

                  (1) Elle portait un grand vertugadin qui avait des pochettes
                  tout autour, en chacune desquelles elle mettait une boîte
                  était le cœur d'un de ses amants trépassés, car elle était soi-
                  gneuse, à mesure qu'ils mouraient, d'en faire embaumer le
                  cœur. Ce vertugadin se pendait tous les soirs à un crochet
                  qui fermait à cadenas derrière le dossier de son lit.
                  Taiaemant DES Rîaux, Hiatoirt de Marguerite de Valois.

                  Eh bien dit Marguerite, si, ce qu'à Dieu ne
                  plaise! tes sombres pressentiments se réalisaient, mon
                  beau gentilhomme, sur cette croix, je te le jure, tu
                  seras près de moi, vivant ou mort, tant que je vi-
                  vrai moi-même et, si je ne puis te sauver dans le
                  péril tu te jettes pour moi, pour moi seule, je le
                  sais, je donnerai du moins à ta pauvre âme la con-
                  solation que tu demandes et que tu auras si bien
                  méritée.

                  Un mot encore, Marguerite. Je puis mourir
                  maintenant, me voilà rassuré sur ma mort; mais
                  aussi je puis vivre, nous pouvons réussir le roi de
                  Navarre peut être roi, vous pouvez être reine, alors
                  le roi vous emmènera; ce voeu de séparation fait
                  entre vous se rompra un jour et amènera la nôtre.
                  Allons, Marguerite, chère Marguerite bien-aimée,
                  d'un mot vous m'avez rassuré sur ma mort, d'un
                  mot maintenant rassurez-moi sur ma vie.
                  Oh ne crains rien, je suis à toi corps et âme,
                  s'écria Marguerite en étendant de nouveau la main
                  sur la croix du petit coffre si je pars, tu me sui-
                  vras et, st. le roi refuse de t'emmener, c'est moi
                  alors qui ne partirai pas.

                  Mais vous n'oserez résister!

                  Wm Hf acintb,e bien-aimé, dit Marguerite, tu
                  ne connais pas Henri Henri ne songe en ce mo-
                  ment qu'à une chose, c'est à êtm roi et, à ce désir,
                  il sacrifierait en ce moment tout- ce qu'il possède,
                  et, à plus forte raison, ce qu'il ne possède pas.
                  Adieu.

                  Madame, dit en souriant la Mole, vous me
                  renvoyez? `?

                  Il est tard, dit Maa^ueritfc

                  Sans doute; mais voulea-rous que j'aille?
                  M. de Mouy est dans ew eèmabre avee Mi le duc
                  d'Alencon.

                  Ah c'est juste, dit Marguerite aveeran adora--
                  ble sourire. D'ailleurs^ j.'ai encore beaucoup de
                  choses à vous dire à prof®s;de cette conspiration.
                  A datera» cette nuit, la Mole ne fut plus un fa-
                  vori vulgaire, et il put porter haut la tête à la-
                  quelle, vivante ou morte, était réservé un si doux
                  avenir.

                  Cependant, parfois son front pesant s'inclinait
                  vers la terre; sa joue pâlissait, et l'austère médita-
                  tion creusait son sillon entre les sourcils du jeune
                  homme, si gai autrefois, si heureux maintenant


                  Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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