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                  Titre : Oeuvres illustrées ; 4. La reine Margot. 4, 1 / par Alexandre Dumas ; éd. ill. par E. Lampsonius et Lancelot

                  Auteur : Dumas, Alexandre (1802-1870)

                  Éditeur : Calmann Lévy (Paris)

                  Date d'édition : 18

                  Contributeur : Lampsonius, E.. Illustrateur

                  Contributeur : Lancelot, Dieudonné Auguste (1822-1894). Illustrateur

                  Type : monographie imprimée

                  Langue : Français

                  Format : 178-186 p. : ill.

                  Format : application/pdf

                  Droits : domaine public

                  Identifiant : ark:/12148/bpt6k202877g

                  Source : Bibliothèque nationale de France

                  Relation : Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb388585722

                  Relation : Titre d'ensemble : Oeuvres illustrées

                  Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb38858669f

                  Provenance : bnf.fr

                  Date de mise en ligne : 15/10/2007

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                  Title : Oeuvres illustrées ; 4. La reine Margot. 4, 1 / par Alexandre Dumas ; éd. ill. par E. Lampsonius et Lancelot

                  Author : Dumas, Alexandre (1802-1870)

                  Url of the page : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k202877g/f110.image


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                  14 REWE MARGOT, 407

                  eut un riche salaire. On fit t

                  transporter les blessés chez M. le duc d'Alençon, et
                  l'on envoya chercher maître Ambroise Paré.
                  Lorsqu'il arriva, ni l'un ni l'autre n'avait encore
                  "épris connaissance.

                  La Mole était le moins maltraité des deux le
                  coup d'épée l'avait frappé au-dessous de l'aisselle
                  droite, mais n'avait offensé aucun organe essentiel
                  quant à Coconas, il avait le poumon traversé, et le
                  soufile qui sortait par la blessure faisait vaciller la
                  fiamrne d'une bougie.

                  Maître Ambroise Paré ne répondait pas de Coco-
                  nas.

                  Madame de Nevers était désespérée c'était elle
                  qui, confiante dans la force, dans l'adresse et le
                  courage du Piémontais, avait empêché Marguerite
                  de s'opposer au combat. Elle eût bien fait porter
                  Coconas à l'hôtel de Guise pour lui renouveler dans
                  cette seconde occasion les soins de la première; mais
                  d'un moment à l'autre son mari pouvait arriver de
                  Rome, et trouver étrange l'installation d'un intrus
                  dans le domicile conjugal.

                  Pour cacher la cause des blessures, Marguerite
                  avait fait porter les deux jeunes gens chez son frère,
                  l'un d'eux, d'ailleurs, était déjà installé, en di-
                  sant que c'étaient deux gentilshommes qui s'étaient
                  laissés choir de cheval pendant la promenade; mais
                  la vérité: fut divulguée par l'admiration du capi-
                  taine témoin du combat, et l'on sut bientôt à la cour
                  que deux nouveaux raffinés venaient de naître au
                  grand jour de la renommée.

                  Soignés par le même chirurgien qui partageait
                  ses soins entre eux, les deux blessés parcoururent
                  les différentes phases de convalescence qui ressor-
                  taient du plus ou du moins de gravité de leurs bles-
                  sures. La Mole, le moins grièvement atteint des
                  deux, reprit le premier connaissance. Quant à Co-
                  conas, une fièvre terrible s'était emparée de lui, et
                  son retour à la vie fut signalé par tous les signes
                  du plus affreux délk«.

                  XVII

                  LE CONFRÈRE DE MAITRE AMBROISE TARE".

                  c tombereau danslequel on

                  avait placé Coconas et la

                  141o1e reprit la route de Pa-

                  ris, suivant dans l'ombre

                  le groupe qui lui servait

                  de guide. Il s'arrêta au

                  Louvre; le conducteur re-

                  Quoique enfermé dans la même chambre que Co-
                  conas, la Mole, en reprenant connaissance, n'avait
                  pas vu son compagnon, ou n'avait, par aucun si-
                  gne, indiqué qu'il le vît. Coconas, tout au con-
                  traire, en rouvrant les yeux, les fixa sur la Mole,
                  et cela avec une expression qui eût pu prouver que
                  le sang que le Piémontais venait de perdre n'avait
                  en rien diminué les passions de ce tempérament de
                  feu.

                  Coconas pensa qu'il rêvait, et que dans son rêve
                  il retrouvait l'ennemi que deux fois il croyait avoir
                  tué; seulement le rêve se prolongeait outre me-
                  sure. Après avoir vu la Mole couché comme lui,
                  pansé comme lui par le chirurgien, il vit la Mole
                  se soulever sur ce lit, lui-même était cloué en-
                  core par la fièvre, la faiblesse et la douleur, puis
                  en descendre, puis marcher au bras du chirur-
                  gien, puis marcher avec une canne, puis enfin
                  marcher tout seul. Coconas, toujours en délire,
                  regardait toutes ces différentes périodes de la con-
                  valescence de son compagnon d'un regard tantôt
                  atone, tantôt furieux, mais toujours menaçant.
                  Tout cela offrait à l'esprit brûlant du Piémontais
                  un mélange effrayant de fantastique et de réel. Pour
                  lui la Mole était mort, bien mort, et même plutôt
                  deux fois qu'une, et cependant il reconnaissait l'om-
                  bre de ce la Mole couchée dans un lit pareil au sien;
                  puis il vit, comme nous l'avons dit, l'ombre se le-
                  ver, puis l'ombre marcher, et, chose effrayante,
                  marcher vers son lit. Cette ombre, que Coconas eût
                  voulu fuir, fût-ee au fond des enfers, vint droit à
                  lui et s'arrêta à son chevet, debout et le regardant;
                  il y avait même dans ses traits un sentiment de
                  douceur et de compassion que Coconas prit pour
                  l'expression d'une dérision infernale.

                  Alors s'alluma dans cet esprit, plus malade peut-
                  être que le corps, une aveugle passion de vengeance.
                  Coconas n'eut plus qu'une préoccupation, celle de
                  se procurer une arme quelconque, et, avec cette
                  arme, de frapper ce corps ou cette ombre de la Mole
                  qui le tourmentait si cruellement. Ses habits avaient
                  été déposés sur une chaise, puis emportés, car, tout
                  souillés de sang qu'ils étaient, on avait jugé à pro-
                  pos de les éloigner du blessé, mais on avait laissé
                  sur la même chaise son poignard, dont on ne sup-
                  posait pas qu'avant longtemps il eût l'envie de se
                  servir. Coconas vit le poignard pesant trois nuits


                  Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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