REP REP REP 51 reprocher, v. a. Dire à quelqu'un, lui re- mettre en quelque sorte devant les yeux une chose qu'on croit devoir lui causer du regret ou lui faire honte. « Les païens reprochaient aux fidèles l'athéisme, l'inceste et certains repas abominables où l'on mangeait, disait-on, la chair d'un nouveau-né. » (Chateaubriand.) jj Anc., Incriminer de. « II fit reprocher de trahison un noble homme. » (triomphes des neuf Pretex; xv° s.) Il Reprocher un plaisir, reprocher un bienfait à quelqu'un, Lui remettre devant les yeux un bienfait, un service, un plaisir, pour l'accuser due les avoir oubliés. « Yous eustes sur cela de grosses paroles avec Sa Majesté, jusqu'a lui reprocher vos services continuels de dix-huit années a vos propres cousts et dépens. » (Sully.) Il Fam., Reprocher les morceaux à quelqu'un, Faire sentir à quelqu'un qu'il mange beaucoup, et paraître y avoir regret. « On me reprochait chaque jour ma nourriture; on me la refusait souvent. » (M™ de Genlis.) Il T. de pro- céd., Reprocher des témoins, Alléguer des rai- sons pour récuser des témoins. « Messieurs les collatéraux, gens hors de reproche, sont reprochés par l'autorité extraordinaire seulement parce qu'ils m'aiment. » (Fr. de Sales.) Il Prov., Bienfait- reproché. tient lieu d'offense. F. L. niii'nociiiiuit, lîiiSE. s. Personne qui re- proche. « I n'y a rien de plus fâcheux que les grands reprocheurs de bienfaits. » (Le Vayer.) REPRODUCTEUR, trice. adj. Qui reproduit, qui sert-,t la reproduction. « Les fruits ont noué, ils aspirent l'énergie vitale et reproductrice qui doit mettre.sur pied de nouveaux indivi- dus. » (Ni.. de Guérin.) Il s. m. Animal employé à la reproduction. Le choix des reproducteurs. reproductibilitÉ. s. f. Caractère de ce qui. est i-eproductible. La reproductibilité des êtres. REPRODUCTIBLE. adj. 2 g. Qui peut être re- produit.. REPRODUCTIF, IVE. adj. Qui reproduit, qui a la reproduction pour but ou pour résultat. Force reproductive. il EcoN. POL. Consomma- tion reproductive; Consommation qui engendre un nouveau produit. il Dépenses reproductives, Dépenses qui produisent un revenu égalant ou dépassant les frais. reproduction, s. f. Action par laquelle les êtres vivants perpétuent leurs-espèces. « L'union d'un homme et d'une femme ne serait que le rapprochement des sexes, si elle n'était. pas accompagnée de l'amour et de la jalousie, seulement d'un ordre incomparablement plus élevé, et qui.prouvent que la nature n'a pas eu seulement en vue dans le mariage la reproduc- tion de l'espèce. » (Jules Simon.) Il Zoo: Nou- velles parties qui, dans certains animaux, suc- xèdent à celles qui ont été arrachées, mutilées. La reproduction des pattes d'une écrevisse. BOT. Tous les moyens naturels et artificiels qui servent à perpétuer les espèces des plantes, •à multiplier les végétaux. « La reproduction de certaines plantes ne peut avoir lieu sans le Recours d'une autre plante, (A. Martin.) || Imi- tation fidèle. « L'art est la reproduction libre de la beauté. », (V. Cousin.) Publication nou- velle d'un ouvrage littéraire par un emprunt légitime, ou par contrefaçon. L'auteur a interdit .la reproduction de son, roman. Il EcoN. polit.. Action par laquelle on reproduit industrielle- ment les valeurs consommées. « Faites que la subsistance même -du pauvre ne se consomme pas tout entière obtenez de lui qu'il dérobe une très petite portion de son travail pour la confier à la reproduction du temps, et par cela seul vous doublerez les ressources de l'espèce humaine. » (Mirabeau.) F. L. Il ZOOL. La reproduction s'accomplit de trois manières .1° par segmentation, avec ses diverses variétés; 2° par bourgeonnement; 3° par gemmation. Chez l'homme et chez tous les mammifères, elle com- ,prend quatre séries d'actes successifs: l°,là formation des éléments reproducteurs, mâle .(spermatozoïde) et femelle (ovule); l'union,de ces deux éléments ou fécondation; 3° les modi- fications qui se passent,soit du côté de l'em- bryon, soit dû- côté'de. la mère, depuis l'époqiie .de la fécondation jusqu'à l'expulsion; du fœtus (développement embryonnaire et grossesse); l'expulsion du fœtus ou accouchement. On dit, que' la reproduction est gexteelle, quand il y a intervention de deux éléments distincts, mâle et .femelle; asexuelle, quand te concours de deux sexes n'est pas nécessaire pour ,la formation du nouvel être. Sexuelle ou asexuelle, la repro- duction assure la perpétuité des espèces.- Chez un certain, nombre d'êtres inférieurs il existe une véritable alternance dans la reproduction, et l'on observe dans.les générations successive une suite d'individus alternativement sexués ,e,t asexués. Voy. Génération. reproductivesiesît. adv: D'une façon, re- productive. r- « ,Le capital ne se perpétue et ne ,forme un fonds permanent qu'autant ,qu'il est .consommé. reproductivement. ». (J.-B.Say.) REPROpucTiyiTÉ. s. f..Qualité de ce qui est reproduire, v. a. Produire de nouveau. « L'état domestique est nécessaire, pour repror duire et conserver l'homme., » (De Bonald.) II Présenter de nouveau, montrer, de nouveau, répéter, rendre exactement. «,Un homme [Ali-Pacha] reproduisit et surpassa tout ce qu'on .rapporte des plus ,atrocos tyrans, » (Villemain.) II Reproduire un article de journal, de revue, etc., Publier cet article dans un autre journal, dans un autre recueil. il Imiter, refléter fidèlement; La fin de l'art est de reproduire le beau physique et le beau moral. Il II commence à se reproduire dans le monde, Se dit D'un homme qui s'était retiré de la société, et qui commence à la fré- quenter de nouveau., F. L. reprohejîer. v. a. Promener de nouveau. Promener et repromener ses chevaux, repromettre, v. a. Promettre de nouveau. Et cele ainsi ne li repromete; Mais bien se gart qu'été ne se mctc Por mile riens en sa manoie. Rose, xni's. s. F. L. RÉPROMISSIOÏV..S.' f. (du lat. promissio, pro- messe). ,THÉOL. -Promesses faites dans les li- vres saints. REPROPOSER, v. a. Proposer de nouveau. « Ne lui dites pas que M. Thiers lui repropose d'entrer dans son quatrième ministère. » (Cor- menin.) reprotéger, v. a. Protéger de nouveau. « Vous allez donc reprotéger Tancrède vous devez avoir la nouvelle leçon entre les mains. » (Voltaire.) RÉPROUVABLE, adj. 2 g. Qui doit, qui peut être réprouvé. Sa conduite est très rëprouvable. réprouver, v. a. Prouver de nouveau. « Il y a des vérités que l'on a prouvées et re- prouvées mille fois, Dieu, l'àme, la vertu, la li- berté, mais qu'il faut reprouver encore, parce que les passions les combattent ou les violent sans cesse. » (Ch. Nodier.) réprouver, v. a. (fat. reprobare). Rejeter une chose, la désapprouver, la condamner. « Vous réprouvez la vie des chevaliers et la resputez très damnable. » (Songe du Vergier; xiv" s.) Se dit, en théologie, par opposition à prédestiner. Il Il se dit encore Des condamna- tions que Dieu prononce contre ceux qu'il rejette. Dieu réprouva Saül pour sa désobéissance. II RÉPROUVÉ, ÉE. p. passé. Il Subslahtiv:, Celui que Dieu rejette et maudit. « Les saints re- gneront éternellement dans le royaume de Dieu; et les réprouvés seront abimés pour jamais dans l'étang de souffre avec les démons et l'an- techrist..», (Nicole.). Voy. Réprobation. || Fam., Avoir un visage de réprouvé, une figure, une face de.répro,uvé, Avoir quelque chose d'effrayant, de ministre dans la. physionomie. F. L. REPROVIGNER. v. a. Provigner de nouveau. Il Reprovigner un plant de chasselas.. REPS. s. m. (rèpss). Comb. Étoffe de soie,de laine ou de laine et coton, façonnée. « Il la posa, sur. le trottoir, sans avoir chiffonné la garniture de sa robe en reps vert. » (Balzac.) reptation, s. f. (fat., reptare)., Action de ramper. « La reptation lente et circonspecte de nos tardigrades. » (Michelet.) F. L.. adj..2.g. Qui a le .caractère, de la reptation. Mouvement reptatoire. S. f. G. de polypiers tübuleux fossiles dans les .terrains silurien et dévonien. reptile, adj. 2 g. (fat. reptilis). Qui rampe, qui se traîne sur le ventre. Animal reptile. Il Fig. «C'était comme un nouveau monde inconnu, inouï, .difforme, reptile, fourmillant, fantàtisque. » (V. Hugo.) || s. m. ,Tout animal qui- n'a point de. pieds, et .qui rampe affecti- vement, et,aussi Celui qui .a .les pieds si courts, qu'il semble se traîner,sur.le. ventre. Si mit es yaues les reptiles Etenmi l'air les volatiles. Philippe de Vitry, Fables. d'Ovide; xiv=. s. Les naturalistes ne l'emploient que pour dési^ gner les animaux vertébrés à sang froid qui respirent par des poumons tes tortues, les lézards, les, serpents, les grenouilles. || Fig. et fam., Homme qui emploie des moyens bas et vils pour s'avancer ou pour nuire. « Le jaloux est un reptile dont l'obscurité fait toute, la force. » (Lepelletier.)-F. L. Il s..m. pi. ZOOL. Classe de vertébrés renfermant des animaux a sang froid, à corps recouvert d'écailles ou de plaques osseuses, à respiration exclusi- vement pulmonaire, à cœur à trois cavités et dont les deux ventricules sont le plus souvent séparés incomplètement: crâne s'articulant avec la colonne vertébrale par un seul condyle occi- pital embryons munis d'un amnios et d'une allantoïde. Les reptiles sont pour la plupart des animaux aquatiques et les formes les plus ter- restres se mettent volontiers l'eau, nageant facilement grâce aux mouvements ondulatoires que permet la structure particulière de la co- lonne vertébrale, assez nettement divisée en cinq régions: les deux premières vertèbres (axis et atlas) sont séparées; toutes les vertèbres sont en, général ospithocceliennes; mais dans cer- tains cas elles sont amphicœliennes ou procoeles. .Les lézards et les crocodiles présentent des côtes articulées aux vertèbres cervicales,. et chez les serpents et formes similaires il existedes fausses côtes à toutes les vertèbres; il existe un sternum qui se prolonge en un sternum abdominal (croco- dites) avec de nombreuses côtes ventrales chez les tortues, les côtes s'associent avec des plaques osseuses pour former la carapace. Le crâne est toujours entièrement ossifié' dans toutes ses parties (Voy. Crâne). La mâchoire inférieure est toujours suspendue par un appareil particuliers où existe un os carré (Voy. Maxillaire, Hyoïde). Les membres bien développés chez les lézards, crocodiles et tortues, manquent chez les serpents; parfois cependant il en existe des vestiges pos- térieurs en forme do stylets empâtés dans les muscles et, dont l'extrémité fait saillie sous forme d'onglet; d'autres reptiles. possèdent une seule paire de membres, soit antérieure, soit postérieure, et les ceintures scapulairo et pel- vienne sont mêlées àces modifications lesmem- bres, existent en somme généralement, sont robustes, ordinairement courts et massifs et munis de cinq doigts pouvant parfois se termi- ner,par des ventouses et généralement armés de griffes,; parfois une membrane natatoire unit .les orteils. et, .chez des formes éteintes ainsi que chez des tortues marines, les membres se modifient en nageoires. Le corps presque toujours allongé, même, cylindrique et d'égal diamètre à peu près sur toute sa longueur, comme chez les serpents, se termine par une queue plus ou moins arrondie, comprimée et effilée,, se continuant toujours sans interruption avec le corps dont elle est la continuation, de même que la tête se lie à ce corps sans l'inter- médiaire d'un cou. Il existe souvent des lames membraneuses sur le dos, des fanons, des crê- tes sur la tête, et souvent la peau présente, .les colorations les plus variées. La peau dure et épaisse se durcit encore par l'adjonction d'ossi- fications.du derme et d'un épiderme corné; ces ,parties dures sont des écailles ou des plaques (scutelles); ce sont des productions du. derme que recouvre l'épiderme corné. Ces prolonge- ments peuvent aussi s'ossifier et former des écussons osseux se recouvrant l'un l'autre comme les.tuiles d'un, toit (scincoides) d'autres fois, de grosses. plaques de substance osseuse se déposent dans le derme.et forment une cuirasse dure, plus ou moins continue (crocodiles,'tor- tues) (Claus). Des dépôts de pigments produisent dés colorations souvent changeantes (caméléons) .et il existe des glandes cutanées débouchant par les pores des cuisses et du pourtour de l'anus. Généralementles reptiles sont des animaux car- nassiers et il està remarquer qu'ils avalent tou- jours leur proie entière sans la mâcher; cepen- dant certains peuvent dépecer, les gros animaux -en broyant et détachant leurs membres (croco- diles), de même que les grandes tortues peuvent mordre à'même un poisson et ..en détacher un fragment. Les dents sont donc surtout des appa- reils de. préhension; les tortues n'en ont pas. Les glandes salivaires existent toujours. L'œsor phago;.très extensible, généralement long, a.ses -parois longitudinalément plissées, il se continue 'en un estomac allongé un peu plus large, aitquel fait suite l'intestin dont les circonvolutions sont