50 REP REP. REP instance, Le renouvellement et la' continuation d'un procès interrompu, lorsqu'il y a eu chan- gement de parties ou d'avoué. « Celui qui. aura été assigné comme héritier en action nouvelle ou en reprise. » (Louis XIV.) '(J T. de' manège, Chaque leçon donnée au cavalier ôu cheval, et après laquelle ils se reposent. p.Nombre de-cavaliers qui travaillent en même temps et ensemble. || T. d'hydraulique, On dit que l'eau va par reprise, Lorsque, élevée dans une machine hydraulique, elle se rend dans un puisard ou dans une bâche d'où' une autre pompe l'élève encore plus haut. || C'est aussi, dans le cours d'une conduite, L'eau qui sort d'un regard pour prendre sa route dans une autre voie. Il Reprise d'une pièce dramatique, .La remise de cette pièce au théâtre. «'Le Muet, qu'on avait vu avec grand plaisir dans sa nouveauté et à sa première reprise, fut depuis un peu oublié. » (Geoffroy.) || Recom- mencement après une interruption. « Le ma- réchal Ney, se trouvant tout à coup en face de l'ennemi, s'engage avant que l'empereur ait ordonné la reprise de l'action. » (Thiers.) II De même, au sens moral. « A l'avènement d'une nouvelle classe d'hommes libres se joignit aus- sitôt la reprise du progrès dans l'ordre des choses matérielles. » (A. 'Thiers.) II De même, en parlant de maladies. « Il fut malade de reprises de fièvre, que ses fréquents excès de travail aggravait. » (Villemain.) Il Reprise d'haleine, Action de reprendre haleine. « La reprise d'haleine. » (Le Vayee.) En littérature, Recommencement, imitation. « Les Harmo- nies sont une reprise malheureuse des Médita- tions. » (Proudhon.) Il Reprise de froid, Se dit Du temps qui redevient rigoureux après s'être adouci. Il lteprise, Se. dit aussi Des vers d'un rondeau, d'une ballade, d'un couplet de chanson que l'on reprend, que l'on répète pour refrain. Il T. d'architecture, Réparation qu'on fait à un mur, à un pilier, etc., soit à la surface, soit dans les fondations. Il Reprise en sous-œuvre, Réparation de la partie inférieure d'un mur, en laissant subsister la partie supérieure. Il La réparation qu'on fait à une étoffe,' il une den- telle qui a été déchirée, à un tissu dont une maille s'est échappée. « Il avait un habit très râpé avec des reprises aui coudes. » (P. de Kock.) Reprise perdue, Reprise faite en tirant les fils cassés et les remplaçant à'l'ai- guille on les fait partir plus ou moins loin de la déchirure, afin que l'ceil n'aperçoive pas la jointure des fils. || T. de jeu, Partie qui est d'un certain nombre de coups limité. Il Cartes de reprise, Celles que prennent les coupeurs au tansquenet,,après que leur première carte a été faite. Il Se dit Des nouvelles racines que les' plantes poussent après leur transplantation. « Tels petits jets n'étant. que de fausses mar-' ques de reprise. » (La Quintinie.) Il Action 'de mettre de la soudure pour boucher une cre- vasse qui s'est' faite à un tuyau de conduite. Il Reprise, Nom donné à l'opération par laquelle on enlève tout l'argent à l'or (Fourcroy). II Son et gruau qui restent après la première mouture du grain. Il Nom vulgaire et spécifique de'l'or- pin reprise de certains auteurs, qui est l'orpin proprement. dit (sedwm Il Outil de celui,qui fabrique les fauteuils de canne. F: G. il LÉGISL. Les reprises de la femme .s'exer- cent avant celles du mari. Elles s'exercent pour les biens qui n'existent plus en nature, d'abord sur l'argent comptant, ensuite sur le mobilier, et subsidiairement sur les immeubles de la com- munauté. Le mari ne peut exercer ses reprises que sur les biens de la communauté. La femme. et ses héritiers, en cas d'insuffisance de la com- munauté, exercent leurs reprises sur les biens' personnels du mari. J. B. Il Mus. -'Partie d'un air qui doit être exécutéè deux fois, bien qu'elle ne soit écrite qu'une seule fois. La re- prise porte sur le morceau que précèdent ou suivent deux barres verticales accompagnées-dé deux points; si les points sont a droite des barres, on répète la partie qui suit ces points; s'ils sont i gauche, on répète la partie qui les précède. On appelle aussi reprise 1° la deuxième partie d'un air; 2° chacune des parties d'un rondeau, dont la dernière seule doit être répétée; 3° le point du clavier d'un orgue ,où un jeu finit et se répète aussitôt. La reprise du sujet est l'ins- tant ou une partie que l'on à fait reposer reprend le sujet de la fugue pour former de nouvelles entrées. G. Il. -repriser, v. a.- Raccommoder 'on faisant des reprises.* « Sur le séuii'dela loge lcs'femmès" jasent en reprisant les vêtements déchirés. » (a: Theuriet.) F. L. 'REPRISER', v. a. lteprendre du tabac. ̃REPRISER, v. a. Priser, estimer de nouveau; faire une:nouvelle estimation. riîpriseuse. s. f. Couturière qui fait les reprises. BÉPUOHATEUR, TRICE adj. (lat. repro- bare, réprouver). Qui'annonce; qui' exprime la réprobation. Un ton réprobateur. Sa voix répro- batrice. '̃̃•̃ RÉPROBAT1F, IVE. adj. Néol., Syn. de lîe- probateur. « Un vaste répertoire de formu- les administratives et réprobatives. » (Th. Gau- 'tier.) F. L. REPROBATION, s: f. Action par laquelle on réprouve,' on rejette. Se dit, en terme de théo- logie, Du jugement de Dieu contre les pécheurs impénitents. Donc l'homme ne peut se sau- ver que dans 'la vraie religion; car te'salut' n'est autre chose qu'une union éternelle avec Dieu, comme la réprobation n'est qu'une éter- nelle séparation de Dieu. » (Lamennais/) Etame. « On pourroit prendre légèrement occasion de errer.'et de. présomptueuse assertion d'une part, et' de folle réprobation d'autre part. » (Gerson.) 'F.'L. Il Tuéol. do gm. La répro- bation est un acte, un décret par lequel Dieu exclut du royaume des cieux et condamne au supplice de l'enfer les pécheurs qui meurent dans l'impénitence finale. C'est te contraire de la prédestination. 'Ce décret, quoique infaillible comme la prescience divine, n'impose à ,ceux' qui en sont l'objet aucune nécessité de pécher; il suppose môme la liberté, ou l'abus volontaire et véritablement libre de que Dieu ne refuse à personne. Celui qui est réprouvé ne l'est pas parce qu'il existe un décret de réprobation; mais ce décret n'existe que parce que le, pé-:· cheur qu'il concerne se réprouve lui-mêmey en persévérant volontairement et librement dans son péché jusqu'à la fin. Il est de foi qu'après cette vie il y. a un enfer pour les- méchants. Secondement, il. est' de foi que les peines de l'enfer sont éternelles. Le symbole de saint Athanase, qui est reçu dans toute l'Eglise, se termine ainsi « Ceux qui auront faille bien,- iront dans la vie éternelle; mais ceux qui auront fait le mal iront au feu éternel. Telle est la foi catholique; quiconque n'y, tient pas; lidèlement et fermement ne pourra être sauvé. » Le dogme cattiolique sur l'éternité -des peines da l'enfer est fondé sur l'Ecriture et la tradition, sur la croyance universelle et constante de l'Eglise, d'accord avec la croyance des anciens peuples, même des gentils. Direz-vous qu'on ne peut con- cilier ce dogme- avec la bonté de Dieu?'Mais « qui es-tu, homme, pour contester avec Dieu? 0 homs, tu quts es, qué respomleas Deo?- Qui, osera vous dire, Seigneur, pourquoi .vous avez fait cela ? Ou qui s'élèvera contre votre jugement? Qui paraîtra devant vous pour pren- dre la défense des hommes injustes? » II ne nous appartient pas de juger les jugements do Dieu. Il est admirable dans ses saints par.sa bonté; il ne l'est pas moins par sa justice dans les ré- prouvés.Le pécheur qui est condamné- à un supplice éternel ne peut se plaindre que de lui- même; il ne peut se plaindre de Dieu qu'autant qu'il n'aurait pu éviter cette damnation. Mais il n'est pas ainsi Dieu ne réprouve et ne damne après cette vie les pécheurs impénitents que parce que ces pécheurs se sont réprouvés -et damnés eux-mêmes, tandis qu'ils étaient sur la terre; libres de faire le bien et le mal, au lieu de faire le bien, ils ont préféré la mort à la vie, les peines de l'enfer aux jouissances du ciel, le séjour de Satan au royaume de Dieu; Ils sont donc malheureux parce qu'ils t'ont voulu; et ils le seront éternellement, parce que, malgré- les avertissements et les menaces du Seigneur, ils ont suivi, de plein gré, la voie qui conduira la perdition éternelle :ce qui fait que l'éternité de l'enfer n'est pas plus contraire à la justice qu'à- la bonté divine. !Voy. Enfer. On distingue deux peines de l'enfer la' peine du clam 'et la' peine du sens. La premiè're consiste dans la, privation de la 'vision' intuitive, ou 'dans la perte du bon- heur (lu cicl, et dans le regret de l'avoir perdu. La seconde consiste dans la douleur causée par le feu! Ce' double châtiment est aggravé parole- désespoir, le 'réprouvé no pouvant espérer due voir la fin de ses tourments. Les peines de l'enfer 1 sont exprimées par ce ver qui ne meurt point et par ce feu qui ne s'éteint point, dontdésus-Christ lui-même menace les pécheurs. On entend par ce ver 'rongeur les peines intérieures, les re- 1 mords et'les regrets des réprouvés. Par là nous apprenons que les réprouvés seront tourmentés par l'envie qu'ils auront contre les saints; qu'ils condamneront leurs égarements, et qu'ils auront une douleur amèrede sevoir privés de la gloire et de la félicité des' justes. Mais ce seraitsans fonde- ment qu'on les ferait blasphémer contre Dieu le blasphème n'est point une peine. La seconde peine do l'enfer est la peine du. feu iijnis non extinyuitur. Mais en est-il de ce feu comme du ver rongeur? Ce feu est-il un feu matériel ou un feu intérieur; un feu qui, en agissant direc- tement sur l'âme, agit indirectement sur le corps? C'est une question au sujet de laquelle il n'existe aucune décision de l'Eglise. II cst de foi que les damnés seront éternellement privés du bonheur 'du ciel, et qu'ils seront éternellement tourmentés en enfer; mais il n'est pas de foi quo lé feu qui les fait souffrir soit un feu matériel. Néanmoins, le sentiment qui est pour la réalité ou la matérialité du feu est si général parmi les catholiques, que nous ne croyons pas qu'on puisse enseigner l'opinion contraire. Mais il est important de faire remarquer que, dans le second comme dans le premier sentiment, l'enfer est un lieu de supplice. « L opinion, selon laquelle le feu de l'enfer n'est que métaphorique, n'exclut pas la peine du sens, consistant dans une vive affliction du corps, quoique non causée par le feu. » Ceux qui seront condamnés au feu éternel seront tous punis, et ils le seront éternellement, mais plus ou moins sévèrement, selon qu'ils auront été plus ou moins coupables (Card. Gousset). adj. 2 g. Qui mérite repro- che. « De vie reprochable, et qui se .laissoiJ.' aller a la volupté. » (Amyol.) Dans ce sens, avec un nom de personne. « Les hommes du milieu social sont essentiellement incomplets,. .sans être notablement reprochables. » (Balzac.)- Il Se dit Des témoins, des témoignages suspects qui peuvent être récusés. Ce témoin, ce ténoi- gnage est reprochable. f'. L. REPROCHE, s. m. (lat. repropium). Ce qu'on dit à une personne, ce qu'on lui remet en quel- que sorte devant les yeux, poxir lui causer du regret ou pour lui faire honte. « De quelque adresse que l'on use pour adoucir les repro- ches, il y a des personnes qui ne savent pas les recevoir; des avis leur paraissent des gronde- ries. » (Turgot.) Il Un homme sans reproche, Un homme qui l'on ne- peut rien reprocher. Bavard fut surnommé le Chevalier sans peur et sans reproche. ̃•« Guillaume de Vauldrez, homme sans peur et sans reproche. » (J. Molinet.) il Au pl.; Se dit Des raisons qu'on prodftit. pour récuser des témoins. Il a produit ses re- proches, et ils ont été jugés pertinents. il Sans .reproche, loc. ailv., Sans prétendre faire des reproches.' Soit dit sans reproche, je lui ai. rendu plus-d'un service. Il A bien faire il n'y a point de reproche. Le moyen de ne s'attirer aucun reproche, c'est de bien agir. F. L. il JuitiSPR. Les reproches doivent être proposés par la partie avant la déposition du témoin qui s'expliquera sur iceux; ils doivent être circon- stanciés et pertinents, et non en termes vagues et généraux. Les reproches et les explications 1 du témoin sont consignés dans le proces-verbal d'enquête. Peuvent être reprochés, les parents ou alliés'de l'une ou de l'autre des parties, jus- qu'au degré de cousin issu de germain inclusi- vemdnt les parents et alliés des conjoints au degré ci-dessus, si le conjoint est vivant, ou si la partie ou le témoin en a des enfants vivants en cas que le conjoint soit décédé, et .qu'il n'ait pas laissé de descendants, les parents et alliés' en ligne directe peuvent être reprochés. Peuvent être aussi reprochés, le témoin pré- somptif héritier ou donataire, celui qui a bu ou mangé avec la partie et ses frais, depuis la prononciation du jugement qui a ordonné l'enquête; celui qui a ordonné l'enquête; celui qui a donné des certificats sur les faits relatifs .au procès; les serviteurs et domestiques; le i témoin en état d'accusation; celui qui a été con- damné à une peine afflictivo ou infamante, ou même à une peine correctionnelle pour cause dévot;. Le témoin ^reproché est cependant en- tendu dans sa déposition; il est ensuite statué sommairement sur les reproches. J. B.