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'quand. on ne peut l'obtenir autrement. Si une
nation s'est emparée de ce qui appartient à une
.autre, si elle.refuse de payer une dette, de ré-
parer une injure ou d'en donner une juste satis-
.faction, celle-ci peut se saisir de quelque chose
appartenant à la première et l'appliquer à son
profit, jusqu'à concurrence de ce qui lui est dû,
avec dommages-intérêts, 'ou le tenir en gage
jusqu'à ce qu'on lui ait donné une pleine'satis-
faction. ù D'abord abandonnées aux citoyens
eux-mêmes (Voy. PRISES), ce qui amena des abus
souvent révoltants, les représailles furent ensuite
transportées aux magistrats, puis aux gouver-
nements, qui délivrèrent des lettres de repré-
sailles, lesquelles prirent, dans le droit maritime,
.le nom de lettres de marque. Aujourd'hui, toute
représaille exercée sans permission, est taxée de
brigandage et de pirâterie. Le droit de repré-
sailles est de ce principe que tout Etat doit
aide et protection à ses nationaux. La saisie des
personnes et- des biens particuliers ennemis,
.exercée à titre de représailles, a presque disparu
dans les guerres sur terre; mais elle existe en-
core dans les guerres sur mer, malgré le prin-
cipe que la France a proclamé la première, que
le droit de la guerre est un et le même sur terre
et sur mer.

REPRÉSENTABLE. adj. 2 g. Qui peut être re-
présenté.

Les figures représentables

De toutes choses corrumpables.

Rose, 16951; XIII» s. F. L,

̃ représentant, ANTÉ.adj.Qui représente.Mi-
nistre représentant. Il s. m. Celui qui en représente
nn autre,'qui tient sa place, qui a reçu de lui
pouvoir d'agir en son nom. « se trouve
le représenté, il n'y a plus de représentant. »
(J.-J. Rousseau.) Il Personne ou chose prise
comme type, comme modèle d'une classe, d'une
catégorie. « Les héros de la fable, dont le
génie des poètes grecs avait fait autant de types
généraux des affections humaines, se trouvent
[dans les tragédies de Sénèque] les représentants
des monstruosités morales de l'enipire. » (Patin.)
'11 Citoyens nommés par élection à une assem-
lée législative. « Les droits des représen-
tants.ne sont composés que des droits' des' ci-
toyens concentrés dans la représentation. »
(Garat.) Il Représentants du peuple, Titre donné
aux membres de la Convention. Il Chambre des
représentants, Titre des assemblées législatives
élues pendant les Cent-Jours et en 1848. Il
Juhispr. Personne appelée à une succession,
du chef d'une personne prédécédée et dont elle
exerce- les droits. Il Personne qui a. acquis le
droit des héritiers, par vente, échange ou autre-
.ment. Il Comk. Commis voyageur. F. L.

REPRESENTATES, TR1CE. adj. Qui sert à
la représentation. Des signes représentateurs.
̃ REPRÉSENTATIF, IVE. adj. Qui, représente.
«En toute langue les noms sont les signes
représentatifs de leurs objets. » (Bautain.) 1[
Philos. Qui représente l'objet, qui en est l'i-
mage. Il Se dit aussi De la forme de gouverne-
ment suivant laquelle la nation ou une partie de
la nation élit des députés qui votent l'impôt et
concourent à la formation de la loi. 'Le'
.système représentatif n'est autre chose que le
gouvernement par l'opinion. b (B. Constant.)
II Par anal., Assemblée représentative. || s. m.
Pouvoir représentatif. « II faudrait être fana-
tique du représentatif pour songer à en faire le
pivot de la vie sociale. » (M. Chevalier.). F. L.
Il Gouvernement représentatif, représentation.
Le gouvernement dans lequel il y a une assem-.
blée de députés est un' gouvernement repré-
sentatif, et cette assemblée porte le nom de
représentation nationale.. Sous la Convention,
pendant les Cent-Jours et de 1848, il .1852, les
députés étaient appelés représentants du peuplé.
Dans les, petites républiques grecques pu latines,
les citoyens, assemblés sur l'Agora ou le Forum,
statuaient directement sur les affaires de l'Etat.
On trouve en France le germe .de la représen-
tation nationale dans les champs de. Mars et
les champs, de Mai. Les parlements constituèrent
plus tard une sorte de représentation. Les états
généraux furent la forme la plus complète de la
représentation sous l'ancien régime. Depuis 1848
tous les citoyens prennent part à l'élection des
représentants.

représentation, s. f. Action do repré-
senter, de mettre devant les yeux. « .La
représentation ou communication des livres

journaux, registres, ou inventaires, ne pourra
être requise ni ordônnnée en justice, sinon
pour succession, communauté et partage de
société en cas de fâillité. » (Louis XIV.)
Il Qualité de signe représentatif. « Les Etats
ne peuvent se soutenir et fleurir que par la
culture des terres et par l'abondance du bétail,
puisque ce sont les seuls biens réels,' tous les
autres, et même l'or et l'argent, n'étant que
des biens arbitraires, des représentations, des
monnaies de crédit, qui n'ont de valeur
qu'autant que le produit de la terre leur en
donne. »' (Buffon.) II Image, figure « Ce
n'est pas que l'imagination, féconde en repré-
sentations, et peu soumise la raison, n'inter-
rompe souvent par des choses frivoles l'action
la plus divine de Uhomme. » (Duguet.) Il
Montre. ci Les rois des Indes font encore
armer des éléphants en guerre, mais c'est
plutôt pour la représentation que pour l'effet. »
(BufTon.) Qualité d'une personne qui tient la
place d'une autre. « L'elfet de la represen-
tation est de rapprocher les enfants d'un fils
ou d'une fille predecedée au degré qu'occupoit
leur père ou leur mere dans la famille du
defunt, et de les faire,; en consequence, suc-
céder a la place de leursdits pere ou mere,
avec les autres fils ou filles du defunt. »
(Pothier.) Il Equivalent. « L'intérêt n'est que
.,la représentation du profit que fait l'emprun-
teur avec les capitaux du préteur. (Necker.)
II.Les objets qu'on représente par la peinture,
la sculpture, la gravure. « Rendre, en mul-
tipliant les .noms et les représentations, la
langue de la science plus difficile que la science
'elle-même. (Buffon.) Il Espèce de cercueil
vide sur lequel on étend un drap mortuaire
pour une cérémonie religieuse. « Les reli-
gieuses et le clergé marchèrent pJjOcessionnel-
lement jusqu'au choeur des religieuses, dans
lequel il y avait une représentation sur la-
quelle on mit le cœur de M"* la Dauphine.- »
(Dangeau.) Il Dans le même sens. « Les
Corinthiens lui firent une représentation de
tombeau, ils gravèrent une épitaphe pour
honorer sa mémoire: » (Fénelon.) Au moyen
âge, Figure moulée et peinte qui, dans les
obsèques,' représentait te, défunt. Image
fournie par la sensation. « La comédie est
une représentation si naturelle et si délicate des
passions, qu'elle les émeut et les 'fait naître
dans notre cœur. » (Pascal.) Il Représentation
singulière, Se dit, dans le kantisme, D'une
intuition. Il Représentation générale ou réfléchie,
Concept. Il Action de représenter des pièces de
théâtres. C'était alors une grande affaire
que de parvenir' à la représentation d'une

comédie reçue. » (Andrieux.) Il Représentation
au bénéfice de quelqu'un, Soirée théàtrale dont
le produit lui est attribué. Il L'état que tient
une personne distinguée par son rang, par sa
dignité, etc. « Elle aime la représentation,
les titres et' la fortune. » (Chateaubriand.)
Il Figure noble, belle prestance. Je trou-
vais au prince de Conti une très tiellé repré-
sentation, une majestueuse et belle figure,
et beaucoup d'esprit. » (Genlis.) il Dans un sens
anal. j_ « a-t-il été déterrer ce petit
minois-là ? Ah, la piquante représentation
l'adorable grisette! » (Lesagé.) Il Dans un
sens défavorable. « Un homme mal fait Un
homme de chétive représentation. [De Beli-
sandre.] n (Balzac.) Dans certains Etats,
Représentation nationale, Assemblée d'hommes
élus par la nation ou par une partie de la
nation, .pour' faire les lois ou pour concourir a
la formation .des lois. 'il Une sorte d'objection
ou de remontrance qu'on fait quelqu'un avec
égard, avec mesure. F. G. Il Hist. Repré-
sentation nalionale. Le système représentatif
comporte plusieurs nuances, depuis le gouver-
nement parlementaire le pouvoir est entre
les mains dés chefs de la majorité, jusqu'aux
monarchies tempérées, les représentants de
la nation. n'ont au chapitre des affaires publiques
qu'une voix consultative. Mais' quelle que soit
l'étendue des droits attribués à la représentation
nationale, il est désirable que ce corps soit une
image aussi fidèle que possible de la société
politique dont elle est l'organe. Il est toute une
série de constitutions, celle de la France est
du nombre, dont les auteurs ont pensé que
« lelibrejeu des institutions » suffit pour que
toutes les fractions de la société trouvent leur
représentation. 11 leur a paru impossible de faire

a priori la part juste de chaque intérêt,. de
chaque opinion, et peut-être aussi impolitique,
dangereux même, de reconnaitre officiellement
les classes, de leur attribuer des intérêts dis-
tincts en dehors de ceux de la communauté: on
craignait de favoriser un antagonisme nuisible
au bien public. Par conséquent, les collèges
électoraux ne sont que des circonscriptions ter-
ritoriales, et l'ensemble des citoyens qui l'habi-
tent n'ont qu'un seul et même représentant.
Dans ce système sommes-nous bien sûr que les
intérêts la religion, du commerce, de l'in-
dustrie, de l'agriculture, de la science, du capi-
tal, du travail soient représentés en due propor-
tion ? Et si vous répondez que le parlement ne
s'occupe que des intérêts généraux, on pourra
répliquer de deux façons différentes d'une part.,
on pourra dire que les intérêts généraux se
composent de la somme des intérêts particu-
liers, et que,.par conséquent, il y a utilité à
établir la représentation par groupe; et, de
l'autre, que les intérêts généraux de tous les
.citoyens étant identiques, et l'assemblée ne
s'occupant que des affaires communes du pays,
ils n'auraient rien à craindre d'une repré'sen-
tation par groupes, catégories ou classes. Le
système de la représentation par classes existait.
dans nos Etats généraux, il existait naguère
dans toute sa pureté en Suède, il s'est main-
tenu dans une certaine mesure en Angleterre
et en Allemagne. Mais le vote par ordre ré-
pond-il au principe de la représentation propor-
tionnelle ? Le nombre des prêtres, ou celui des
nobles, est-il assez considérable pour que le
vote d'un de ces ordres ou états puisse être
admis à annuler celui des ordres qui consti-
tuent la massse de la nation? Le système an-
glais ne soulève point ces objections, surtout
lorsqu'on reconnait l'utilité d'avoir deux cham-
̃ bres. Les nobles et les prêtres sont représentés
par la chambre des pairs, les villes et les cam-
pagnes par la chambre des communes. Dans
cette dernière, les députés des villes ou bourg
sont censés représenter l'industrie et le com-
merce, les députés des comtés l'agriculture. En
Allemagne, nous retrouvons; dans beaucoup
d'Etats, cette distinction des villes et des cam-
pagnes le clergé figure dans les chambres
hauts de plusieurs Etats allemands, l'enseigne-
ment (supérieur) envoie également des repré-
sentants à ces chambres; la grande et la petite
propriété, quelquefois l'industrie et le com-
merce, ont leurs députés particuliers. On peut
même dire que dans certaines contrées les
riches et les pauvres ont leurs représentants spé-
ciaux. Outre la nécessité d'assurer la représen-

tation de chaque groupe de citoyens, les pubti-
cistes ont soutenu l'utilité, la justice d'une
représentation de la minorité. On comprendra
combien cette question est importante, en sup-
posant les 10 millions d'électeurs entre deux
partis, deux intérêts, deux opinions, et qu'il y
ait 6 millions d'un côté et 4 millions de l'autre.
Si, par une seconde hypothèse, les deux partis
étaient uniformément répandus sur tout le terri-
toire de la France, il s'ensuivrait que dans chaque
département le candidat de la majorité serait
élu et que les 4 millions de familles resteraient
sans représentants. Cf. Catéchisme politique
par M" Paul Guérin. Il Législ. Successions r
par représentation. La représentation est une
fiction de la loi, dont l'effet est de faire entrer
les représentants dans la place, dans le degré
et dans les droits du représenté (C. civ., art. 739).
La représentation est admise à l'infini dans la
ligne descendante. La représentation n'a pas
'lieu.en 'faveur des ascendants. Le plus proche
dans chacune des deux lignes exclut toujours
le plus éloigné. En ligne collatérale, la- repré-
sentation est admise en faveur des enfants et
descendants de frères ou sœurs du défunt, et là,
in infinitum; la représentation n'a pas lieu dans
Tordre des collatéraux autres que frères et
soeurs ou descendants d'entre eux. Dans tous les
cas la représentation est admise, le partage
s'opère par souche si une même souche a
produit plusieurs branches, la subdivision se
fait aussi par souche dans chaque branche, et
les membres de la même branche partagent
entre eux par tête. On ne représente pas les
personnes vivantes, mais seulement celles qui
sont mortes. On peut représenter celui à la suc-
cession duquel on a renoncé. A. L.

KEPRÉSUNTATiVEMENT. adv. D'une manière
représentative.
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