48 REP REP REP 'quand. on ne peut l'obtenir autrement. Si une nation s'est emparée de ce qui appartient à une .autre, si elle.refuse de payer une dette, de ré- parer une injure ou d'en donner une juste satis- .faction, celle-ci peut se saisir de quelque chose appartenant à la première et l'appliquer à son profit, jusqu'à concurrence de ce qui lui est dû, avec dommages-intérêts, 'ou le tenir en gage jusqu'à ce qu'on lui ait donné une pleine'satis- faction. ù D'abord abandonnées aux citoyens eux-mêmes (Voy. PRISES), ce qui amena des abus souvent révoltants, les représailles furent ensuite transportées aux magistrats, puis aux gouver- nements, qui délivrèrent des lettres de repré- sailles, lesquelles prirent, dans le droit maritime, .le nom de lettres de marque. Aujourd'hui, toute représaille exercée sans permission, est taxée de brigandage et de pirâterie. Le droit de repré- sailles est né de ce principe que tout Etat doit aide et protection à ses nationaux. La saisie des personnes et- des biens particuliers ennemis, .exercée à titre de représailles, a presque disparu dans les guerres sur terre; mais elle existe en- core dans les guerres sur mer, malgré le prin- cipe que la France a proclamé la première, que le droit de la guerre est un et le même sur terre et sur mer. REPRÉSENTABLE. adj. 2 g. Qui peut être re- présenté. Les figures représentables De toutes choses corrumpables. Rose, 16951; XIII» s. F. L, ̃ représentant, ANTÉ.adj.Qui représente.Mi- nistre représentant. Il s. m. Celui qui en représente nn autre,'qui tient sa place, qui a reçu de lui pouvoir d'agir en son nom. « Où se trouve le représenté, il n'y a plus de représentant. » (J.-J. Rousseau.) Il Personne ou chose prise comme type, comme modèle d'une classe, d'une catégorie. « Les héros de la fable, dont le génie des poètes grecs avait fait autant de types généraux des affections humaines, se trouvent [dans les tragédies de Sénèque] les représentants des monstruosités morales de l'enipire. » (Patin.) '11 Citoyens nommés par élection à une assem- lée législative. « Les droits des représen- tants.ne sont composés que des droits' des' ci- toyens concentrés dans la représentation. » (Garat.) Il Représentants du peuple, Titre donné aux membres de la Convention. Il Chambre des représentants, Titre des assemblées législatives élues pendant les Cent-Jours et en 1848. Il Juhispr. Personne appelée à une succession, du chef d'une personne prédécédée et dont elle exerce- les droits. Il Personne qui a. acquis le droit des héritiers, par vente, échange ou autre- .ment. Il Comk. Commis voyageur. F. L. • REPRESENTATES, TR1CE. adj. Qui sert à la représentation. Des signes représentateurs. ̃ REPRÉSENTATIF, IVE. adj. Qui, représente. «En toute langue les noms sont les signes représentatifs de leurs objets. » (Bautain.) 1[ Philos. Qui représente l'objet, qui en est l'i- mage. Il Se dit aussi De la forme de gouverne- ment suivant laquelle la nation ou une partie de la nation élit des députés qui votent l'impôt et concourent à la formation de la loi. 'Le' .système représentatif n'est autre chose que le gouvernement par l'opinion. b (B. Constant.) II Par anal., Assemblée représentative. || s. m. Pouvoir représentatif. « II faudrait être fana- tique du représentatif pour songer à en faire le pivot de la vie sociale. » (M. Chevalier.). F. L. Il Gouvernement représentatif, représentation. Le gouvernement dans lequel il y a une assem-. blée de députés est un' gouvernement repré- sentatif, et cette assemblée porte le nom de représentation nationale.. Sous la Convention, pendant les Cent-Jours et de 1848, il .1852, les députés étaient appelés représentants du peuplé. Dans les, petites républiques grecques pu latines, les citoyens, assemblés sur l'Agora ou le Forum, statuaient directement sur les affaires de l'Etat. On trouve en France le germe .de la représen- tation nationale dans les champs de. Mars et les champs, de Mai. Les parlements constituèrent plus tard une sorte de représentation. Les états généraux furent la forme la plus complète de la représentation sous l'ancien régime. Depuis 1848 tous les citoyens prennent part à l'élection des représentants. représentation, s. f. Action do repré- senter, de mettre devant les yeux. « .La représentation ou communication des livres journaux, registres, ou inventaires, ne pourra être requise ni ordônnnée en justice, sinon pour succession, communauté et partage de société en cas de fâillité. » (Louis XIV.) Il Qualité de signe représentatif. « Les Etats ne peuvent se soutenir et fleurir que par la culture des terres et par l'abondance du bétail, puisque ce sont les seuls biens réels,' tous les autres, et même l'or et l'argent, n'étant que des biens arbitraires, des représentations, des monnaies de crédit, qui n'ont de valeur qu'autant que le produit de la terre leur en donne. »' (Buffon.) II Image, figure « Ce n'est pas que l'imagination, féconde en repré- sentations, et peu soumise la raison, n'inter- rompe souvent par des choses frivoles l'action la plus divine de Uhomme. » (Duguet.) Il Montre. ci Les rois des Indes font encore armer des éléphants en guerre, mais c'est plutôt pour la représentation que pour l'effet. » (BufTon.) Qualité d'une personne qui tient la place d'une autre. « L'elfet de la represen- tation est de rapprocher les enfants d'un fils ou d'une fille predecedée au degré qu'occupoit leur père ou leur mere dans la famille du defunt, et de les faire,; en consequence, suc- céder a la place de leursdits pere ou mere, avec les autres fils ou filles du defunt. » (Pothier.) Il Equivalent. « L'intérêt n'est que .,la représentation du profit que fait l'emprun- teur avec les capitaux du préteur. (Necker.) II.Les objets qu'on représente par la peinture, la sculpture, la gravure. « Rendre, en mul- tipliant les .noms et les représentations, la langue de la science plus difficile que la science 'elle-même. (Buffon.) Il Espèce de cercueil vide sur lequel on étend un drap mortuaire pour une cérémonie religieuse. « Les reli- gieuses et le clergé marchèrent pJjOcessionnel- lement jusqu'au choeur des religieuses, dans lequel il y avait une représentation sur la- quelle on mit le cœur de M"* la Dauphine.- » (Dangeau.) Il Dans le même sens. « Les Corinthiens lui firent une représentation de tombeau, où ils gravèrent une épitaphe pour honorer sa mémoire: » (Fénelon.) Au moyen âge, Figure moulée et peinte qui, dans les obsèques,' représentait te, défunt. Image fournie par la sensation. « La comédie est une représentation si naturelle et si délicate des passions, qu'elle les émeut et les 'fait naître dans notre cœur. » (Pascal.) Il Représentation singulière, Se dit, dans le kantisme, D'une intuition. Il Représentation générale ou réfléchie, Concept. Il Action de représenter des pièces de théâtres. C'était alors une grande affaire que de parvenir' à la représentation d'une comédie reçue. » (Andrieux.) Il Représentation au bénéfice de quelqu'un, Soirée théàtrale dont le produit lui est attribué. Il L'état que tient une personne distinguée par son rang, par sa dignité, etc. « Elle aime la représentation, les titres et' la fortune. » (Chateaubriand.) Il Figure noble, belle prestance. Je trou- vais au prince de Conti une très tiellé repré- sentation, une majestueuse et belle figure, et beaucoup d'esprit. » (Genlis.) il Dans un sens anal. j_ « Où a-t-il été déterrer ce petit minois-là ? Ah, la piquante représentation l'adorable grisette! » (Lesagé.) Il Dans un sens défavorable. « Un homme mal fait Un homme de chétive représentation. [De Beli- sandre.] n (Balzac.) Dans certains Etats, Représentation nationale, Assemblée d'hommes élus par la nation ou par une partie de la nation, .pour' faire les lois ou pour concourir a la formation .des lois. 'il Une sorte d'objection ou de remontrance qu'on fait quelqu'un avec égard, avec mesure. F. G. Il Hist. Repré- sentation nalionale. Le système représentatif comporte plusieurs nuances, depuis le gouver- nement parlementaire où le pouvoir est entre les mains dés chefs de la majorité, jusqu'aux monarchies tempérées, où les représentants de la nation. n'ont au chapitre des affaires publiques qu'une voix consultative. Mais' quelle que soit l'étendue des droits attribués à la représentation nationale, il est désirable que ce corps soit une image aussi fidèle que possible de la société politique dont elle est l'organe. Il est toute une série de constitutions, celle de la France est du nombre, dont les auteurs ont pensé que « lelibrejeu des institutions » suffit pour que toutes les fractions de la société trouvent leur représentation. 11 leur a paru impossible de faire a priori la part juste de chaque intérêt,. de chaque opinion, et peut-être aussi impolitique, dangereux même, de reconnaitre officiellement les classes, de leur attribuer des intérêts dis- tincts en dehors de ceux de la communauté: on craignait de favoriser un antagonisme nuisible au bien public. Par conséquent, les collèges électoraux ne sont que des circonscriptions ter- ritoriales, et l'ensemble des citoyens qui l'habi- tent n'ont qu'un seul et même représentant. Dans ce système sommes-nous bien sûr que les intérêts dé la religion, du commerce, de l'in- dustrie, de l'agriculture, de la science, du capi- tal, du travail soient représentés en due propor- tion ? Et si vous répondez que le parlement ne s'occupe que des intérêts généraux, on pourra répliquer de deux façons différentes d'une part., on pourra dire que les intérêts généraux se composent de la somme des intérêts particu- liers, et que,.par conséquent, il y a utilité à établir la représentation par groupe; et, de l'autre, que les intérêts généraux de tous les .citoyens étant identiques, et l'assemblée ne s'occupant que des affaires communes du pays, ils n'auraient rien à craindre d'une repré'sen- tation par groupes, catégories ou classes. Le système de la représentation par classes existait. dans nos Etats généraux, il existait naguère dans toute sa pureté en Suède, il s'est main- tenu dans une certaine mesure en Angleterre et en Allemagne. Mais le vote par ordre ré- pond-il au principe de la représentation propor- tionnelle ? Le nombre des prêtres, ou celui des nobles, est-il assez considérable pour que le vote d'un de ces ordres ou états puisse être admis à annuler celui des ordres qui consti- tuent la massse de la nation? Le système an- glais ne soulève point ces objections, surtout lorsqu'on reconnait l'utilité d'avoir deux cham- ̃ bres. Les nobles et les prêtres sont représentés par la chambre des pairs, les villes et les cam- pagnes par la chambre des communes. Dans cette dernière, les députés des villes ou bourg sont censés représenter l'industrie et le com- merce, les députés des comtés l'agriculture. En Allemagne, nous retrouvons; dans beaucoup d'Etats, cette distinction des villes et des cam- pagnes le clergé figure dans les chambres hauts de plusieurs Etats allemands, l'enseigne- ment (supérieur) envoie également des repré- sentants à ces chambres; la grande et la petite propriété, quelquefois l'industrie et le com- merce, ont leurs députés particuliers. On peut même dire que dans certaines contrées les riches et les pauvres ont leurs représentants spé- ciaux. Outre la nécessité d'assurer la représen- tation de chaque groupe de citoyens, les pubti- cistes ont soutenu l'utilité, la justice d'une représentation de la minorité. On comprendra combien cette question est importante, en sup- posant les 10 millions d'électeurs entre deux partis, deux intérêts, deux opinions, et qu'il y ait 6 millions d'un côté et 4 millions de l'autre. Si, par une seconde hypothèse, les deux partis étaient uniformément répandus sur tout le terri- toire de la France, il s'ensuivrait que dans chaque département le candidat de la majorité serait élu et que les 4 millions de familles resteraient sans représentants. Cf. Catéchisme politique par M" Paul Guérin. Il Législ. Successions r par représentation. La représentation est une fiction de la loi, dont l'effet est de faire entrer les représentants dans la place, dans le degré et dans les droits du représenté (C. civ., art. 739). La représentation est admise à l'infini dans la ligne descendante. La représentation n'a pas 'lieu.en 'faveur des ascendants. Le plus proche dans chacune des deux lignes exclut toujours le plus éloigné. En ligne collatérale, la- repré- sentation est admise en faveur des enfants et descendants de frères ou sœurs du défunt, et là, in infinitum; la représentation n'a pas lieu dans Tordre des collatéraux autres que frères et soeurs ou descendants d'entre eux. Dans tous les cas où la représentation est admise, le partage s'opère par souche si une même souche a produit plusieurs branches, la subdivision se fait aussi par souche dans chaque branche, et les membres de la même branche partagent entre eux par tête. On ne représente pas les personnes vivantes, mais seulement celles qui sont mortes. On peut représenter celui à la suc- cession duquel on a renoncé. A. L. KEPRÉSUNTATiVEMENT. adv. D'une manière représentative.