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à quatre l'étude de l'antiquité, la réforme reli-
gieuse, les nouvelles découvertes scientifiques,
le scepticisme philosophique. Il L'étude des an-
ciens, à laquelle on se livra avec passion à la
suite de la découverte des manuscrits de Vitruve,
ouvrit à la pensée des horizons inconnus jus-
qu'alors. La conquête de Constantinople (1453)
avait produit l'émigration de tous les artistes et
savants grecs en Allemagne et eh Italie. On
voulut étudier les chefs-d'œuvre de la philo-
sophie antique dans les auteurs eux-mêmes. On
opposa d'abord Aristote à Platon, autorité contre
autorité, et, finalement, on arriva à nier même
le principe d'autorité; c'est de cet esprit d'in-
dépendance qu'est né au xvi" s. le naturalisme,
et le scepticisme de Montaigne et de Charron.
2° La littérature du xvi" siècle, par son culte
pour les deux antiquités sacrée et profane, mena
à la réforme religieuse, dont le vrai caractère a
été un mélange d'esprit rationaliste et de paga-
nisme, réforme qui a donné une nouvelle direc-
tion aux beaux-arts. 3° Les grandes découvertes
scientifiques inspirent l'amour de la science po-
sitive. La découverte d'un nouveau monde, l'in-
vention de l'imprimerie éveillèrent dans les es-
prits des idées nouvelles; l'esprit de curiosité se
porta sur toutes les matières. 4° On voulut faire
passer toutes les sciences et toutes les ques-
tions au crible de la raison, de là naquit le
scepticisme en matière religieuse et philoso-
phique de là, aussi, une renaissance philoso-
phique qui se manifesta par une riche profusion
de systèmes, chaos d'idées, d'où le monde mo-
derne sortira 1- J.-B. C.
RENAISSANCE (TUÉÀTRE DE LA). A Paris, à
l'angle de la rue de Bondy et du boulevard
Saint-Martin. Construit en 1872-1873 par l'archi-
tecte Lalande. Deux autres théâtres du même
nom ont été installés à la salle Ventadour l'un
de 1838 à 184i (par Anténor Jolly); l'autre en
1867 (succursale du Théâtre Lyrique, fondée par
M. Carvalho et qui ne dura que quelques jours).
G. D.
RENAISSANT, ANTE. adj. Qui renaît.
« Malgré l'habitude que le Corps législatif a con-
tractée depuis longtemps d'apprendre chaque
jour' des victoires remportées par nos soldats
républicains, c'est avec une admiration renais-
sante que vous entendez le récit d'un nouveau
triomphe. » (J. Chénier.)
renaître, v. n. Naître de nouveau.
Ne que li bom'.porrait entrer
Au ventre sa mère et renestre.
La Charrette, 3056 xu° s.
|| Fig. « Si naître est un acte Indissolublement
lié au fait de l'existence renaltre implique
l'idée d'immatérialité, d'affranchissement du
joug de la loi commune, de triomphe remporté
sur les agents de la destruction et de la mort;
il n'est donné de renaître qu'aux oeuvres de
l'esprit. » (bug. Muntz.) Il Par exagér., Renaître
à la vie, Recouvrer la santé après une maladie
qui avait semblé mortelle.
Après les longs sommeils il est doux de renaître.
Fr. Loliée, Souven.
|| Fig., Renaîtro au bonheur, Redevenir heu-
reux, après avoir éprouvé beaucoup d'afflic-
tions, d'infortunes. Il Renaître par le baptême,
pur la pénitence, Rentrer en état de grâce, etc.
Il faut mourir au péché pour renaître à la
grâce. il Se dit aussi Do certains êtres animés
et de certains objets qui prennent la place des
êtres, des objets de même nature qu'on a dé-
truits, qui ont péri. On ne saurait venir à bout
de nettoyer ce jardin do limaçons; plus on en
tue, plus i.l*en renaît. Il Se dit Des végétaux, et
signifie, Repousser, croitre de nouveau. « La
terre qui nous porte tire de son sein fécond tout
ce qu'il faut pour notre nourriture; tout en
sort, tout y rentre, tout y renait chaque année
elle ne s'use jamais. » (Fénelon.) Il Se dit, par
analogie, De tout ce qui repousse. Ses cheveux
commencent renaître..11 j) Reparaître, se re-
montrer.
Les temps heureux du beau règne d'Astrée
Des eu moment renaquirent pour eux.
Voltaire, Gu£t're c2v. de Genève, v.
Il Se dit de tout ce que l'on compare à une re-
naissance. « L'imagination des modernes
renaquit peu à peu de celle des' anciens. »
(D'.ltembert.) il Absoi., Reprendre des forces,
des qualités morales.
Vois la nature immortelle
Sortir des voiles du sommeil;
Nous allons renaître avec elle
,Au premier rayon du soleil.
A. de Musset. F. L.
RENAix. (nain., Ronsse), 12,245 h. V. de
Belgique (Flandre orientale), arr. d'Audenarde.
Tissus de laine et de coton, toiles, chaussures.
Eglise de Saint-Hermès, style ogival, datant du
xv° s. au-dessous crypte' romane du xi°s., l'une
des plus vastes qui existe encore en Belgique.
Siège d'un chapitre supprimé en
RÉNAL, AU: adj. (lat. renalis, de 1'en, rein).
Qui se rapporte aux- reins, qui appartient aux
reins. « Veine appellée rénale ou emulgonte,
parce qu'elle tire et succe le sang de la masse
sanguinaire. » (Paré.) Il Qui s'attaque aux reins.
Une phtisie rénale. « La maladie des mori-
bonds se déclara, et, le octobre 1872, le
pauvre Théo .[Th. Gautier] s'endormit pour ne
plus s'éveiller. » (Max. du Camp.) F. L.
Il Anat. Artères rénales ou émulgentes. Au
nombre de deux, une pour chaque rein naissent
de l'aorte abdominale, au niveau do.la deuxième
vertèbre lombaire, et se portent transversale-
ment en dehors, vers le hile du rein. Elles sont
situées en arrière de la veine rénale et du péri-
toine, en avant du bassinet; elles sont placées
sur la face antérieure de la colonne vertébrale,
des piliers du diaphragme et du psoas. En
outre, l'artère rénale droite, plus longue que la
gauche, passe en arrière de la veine cave infé-
rieure. Elles pénètrent dans le rein par le hile
et se portent aux glomérules de Malpighi. Elles
fournissent l'artère capsulaire inférieure qui va
à la capsule surrenale. Voy. Rein. Il Paren-
chyme, rénal. Voy. Rein. Il Plexus rénal.
Provenant des plexus solaire et oeliaque et du
petit nerf splanchnique, il se porte directement
en dehors vers le hile du rein en accompagnant
l'artère rénale. Ses ramifications se perdent
dans la substance du rein'et se portent en petit
nombre au plexus surrénal en suivant l'artère
capsulaire inférieure, et au plexus spermatique,
qu'elles accompagnent jusqu'au testicule chez
l'homme, jusqu'à l'utérus et l'ovaire chez la
femme. Veines rénales. Elles se jettént à
angle droit dans la veine cave inférieure. Celle
du côté 'gauche croise la face antérieure de
l'aorte.
RENaMOCRER. v. a. Enamourer de nouveau.
Lorsque les cieux en destins bienheurez
Du dieu amour feurent renamourez.
Loys Le Caron, l'ois.; xm° s.
RENAN [Joseph-Ernest). Philologue et écri-
vain. Membre de l'Institut, né à Tréguier (Côtes-
du-Nord) en Élève du séminaire Saint-
Sulpice à Paris, abandonna la carrière ecclé-
siastique pour se livrer à l'enseignement et
poursuivre ses études. Agrégé de philosophie
(1848), prix Volney pour un mémoire paru plus
tard sous le titre de llisloire générale des lan-
gues sémitiques (1855 et 1858), fut de nouveau
couronné pour son Etude de la langue grecque
au nnnyeta, âge. Chargé par l'institut d'une mis-
sion en Italie, entra à son retour à la Biblio-
thèque nationale (1851), et en 1856 remplaça
'Augustin Thiorry à l'Académie des inscriptions.
A la suite d'une mission scientifique en Syrie
et en Phénicie (1880 et suiv.), fit paraitre, en
1863, sa Vie de Jésus, qui souleva une vive et
unanime protestation dans le monde catholique,
provoqua de violentes polémiques dans la presse
et la publication de très nombreuses et victo-
rieuses réfutations, dues aux membrues les pf;is
éminents du clergé français. La Vie de Jésus
a été mise à l'index, ainsi que ses ouvrages sar
les Apôtres, sur saint Paul, sur les Evangiles,
etc. Destitué pour ce fait de la chaire d'hébreu
qu'il occupait au Collège de France depuis 18C2,
on lui offrit- toutefois une situation à la Biblio-
thèque impériale, qu'il refusa' non sans pro-
tester. Réintégré dans ses fonctions après le
4 septembre 1870, il est devenu .depuis admi-
nistrateur-directeur de cet établissement en 1884.
Membre de l'Académie française (1878), grand
officier de la Légion d'honneur(1888) et membre
du conseil de l'ordré. A publié quelques études
littéraires et deux drames, dont l'un; YAbbesse
deJouarre (1887), œuvre d'une sensualité sénile,
fit un bruit scandaleux. F. L.
s. rn. (vx fr. aussi regnard, ail.
Reginhart, fort en conseil: dans la célèbre
satire de Renard, nomdonné au renard, principal
personnage du poème allégorique, le nom
vulgaire du renard était volpil, goupil). Quadru-
pède carnassier, très rusé, à longue queue touffue,
qui mange la volaille, les lapins, etc. « Lu
renard a Ies sens aussi bons que le loup, le
sentiment plus fin, et l'organe de la voix plus
souple et plus parfait. » (Buffon.) Il Ils sont en-
fumés comme des renards, Se dit De ceux qui
demeurent dans une maison qui fume. il Faire
la guerre en renard, agir en renard, Faire la
guerre avec ruse, agir finement. il Le renard
a pissé sur ces raisins, Se dit De raisins blancs
devenus roux par l'action du soleil et par la ma-
turité. il Une toux de renard qui conduit au
terrier, Vieille toux qui dure jusqu'à. la mort.
il Fig., Vendre la poule au renard, Trahir les in-
térêts qui nous sont conliés. il Prendre martre
pour renard, Prendre une chose pour une autres,
étant trompé par la ressemblance. 11 ]tendre
martre pour renard, Duper qui nous a dupés.
Rendre conte pour conte, et martre pour renard.
Corncille, le Meneur, m, 4.
Une peau de renard. j| Fig., Un homme ruse.
il Jeu du renard, Jeu où une pièce principale
dite renard en attaque douze autres dites
poules. || Renard marin, Gros mammifère de
l'ordre des cétacés. Il Renard volant, Galéopi-
thèque roux. 11 Espèce de cône, coquille. il Le
Ronard, Etoile de la constellation do l'Uie. Il
Fonte, trou, en parlant De canaux, de bassins,
par où l'eau se perd et qu'il est difficile de dé-
coudrir. Il Mëtall. licnard, Nom donné à la
loupe détachée de la gueuse par le feu de la
chaufferie.» (liuflbn). Il Mail Longue tenaille
de fer employée à l'atelier de mâture. Crochet
pour trainerdes piècesde bois dans les arsenaux.
Il Châssis asseyblé en retour d'équerre, dans le
sommier du bas de la scie du scieur de long.
Il Les maçons appellent Itenard Une pierre atta-
chée au bout d'une ficelle, qui leur sert à éle-
ver les murs droits. || Pop., Vomissement qui a
lieu après une débauche, une orgie. Il Ecorcher
le renard, Se dit D'un ivroguoqui vomit. || Prov.,
Le renard cache sa queue, Les gens adroits ca-
chent leurs finesses. Il Un renard n'est pas pris
deux fois à un piège. Il Le renard prêche aux
poules, Se dit De cluelque adroit compère qui
cherche à attraper un lourdaud. 11 Le renard
est pris, làchez vos poules, Il n'y a plus de
danger à sortir. Il Un bon renard ne mange pas
les poules de son voisin, Un' homme rusé qui
fait une action blimable, la fait dans un quar-
tier éloigné de chez lui. Il Il fait comme le
renard des mûres, des raisins, il déprécie ce
qu'il ne peut avoir. Il Autant en dit le renard
des, mûres, elles sont trop vertes, même sens.
Il faut coudre la peau du renard à celle du lion.
Voy. Liox. Se confesser au renard, découvrir
son secret à celui qui en tire avantage, ou qui
a intérêt d'empêcher i'affairo, locution tirée du
Roman du Renard, où le goupil se fait confesseur
pour attraper ses ouailles. il Se confier au re-
nard, Se lier à une personne ruféc et trompeuse.
«,Voilà ce qui s'appelle se confier au renard. »
(Favard.) Il Au renard! Cri qu'on adresse à Un
homme qui a été trompé, croyant avoir trouvé
quelque chose de bon. 11 Au renard! Cri en usage
parmi les ouvriers qui enfoncent les pilotis avec
mouton c'est un signal pour s'arrêter. il Voy.
QUEUE ET Queue-de-hexard. F. C. Il ZOOL.
G. de mammifères carnivores, fam. des canidés,
pouvant être considéré comme une subdivision
du grand genre canis. Les renards (canis vulyes)
sont caractérisés par la queue toull'uc, longue,
présentant h sa base une glande très développés
la pupille légèrement oblique et de forme
allongée. IL vulgaire (vulpes tout
l'hémisphère boréal tête large; museau pointe
oreilles larges et pointues, dressées corps élancé,
bas sur pattes; fourrure très épaisse, d'un roux
fauve grisâtre, plus jaunâtre sur le dos, se dé-
gradant jusqu'au gris et au blanc grisâtre sur
la poitrine et le ventre; gorge, joues et lèvres
blanches; oreilles noires; longueur du corps,
75 cent. de la queue, 40 cent. hauteur au
garrot, 38 cent.; court, saute et nage avec vi-
gueur et agilité; sens très développés; carac-
tère rusé; vit par couples en tous endroits, dé-
serts ou habités, dans des terriers qu'il creuse
lui-même, ou creusés par d'autres animaux; se
nourrit de mammifères, d'oiseaux, de chenilles
même, et aussi de poissons et de crustacés;
mange quelquefois des fruits; ravage les basses-
cours et les garennes; emporte sa proie et la