REM REN REN (Bossuet.) Il S'occuper de; 'mettre, sur 'le tapis. • « Ainsi quand une question' étë une .'fois jugée .dans l'Eglise, comme on- ne manque jamais de la décider selon la tradition de tous: les siècles' passes s'il arrive qu'on là' remue dans les siècles suivants; après mille et douze cents ans,on trouve toujours l'Egliscdahs la même situation,' toujours prête à opposer aux ennemis de la vérité les mêmes décretsquo le saint-'siège apostolique et l'unanimité .catholique a. pro- noncés, sans jamais y rien ajouter que ce qui est nécessaire contre les nouvelles erreurs. » (Bossuet.) || Fig. 'et fam., Remuer une affaire, Poursuivre ou réveillcr unë affaire négligée ou sentiment, quelque mouvement dans rame. « 0 première promenade de l'amour; il'faut que votre souvenir soit bien puissant, pùisqu'après tant -d'années d'infortune' vous' remuez le coeur du vieux Cliactas » (Chateaubriand.) Il Fam., Remuer la bile, Exciter la colère, l'indignation.. Il Remuer quelqu'un, Le déplacer. || v. n. Faire quelque mouvement, changer de place. « Les feuilles des arbres ne remuaient pas. »'(V. Hiigo.) Il Fig. et fam., Te'nler; agir,- « Cependant sur le faux bruit de la mort de Cha-gohàn, ses trois autres' fils remuèrent aussitôt, et .chacun préten- dit au trône de son pvre: » (Tavernier.) Exciter trouble ou guerre. « Les tribuns du peuple se remuèrent beaucoup en proposant la' loi agraire, et en s'opposant la levée des imposi- tions: » (Rollin.) || v. réll; Se mouroir.-« « Jamais de si grandes masses ne se remuèrent avec autant ¡le facilité. "» (Napoléon.) Il' L'argent se remue, Se dit lorsqu'il se fait beaucoup de payements ou d'acquisitions, lorsque l'argent roule dans le commerce. Se donner du mouvement, faire des démarches, des efforts' pour réussir à quelque chose. « Alors, ma mètre, ayez des idées pour- moi, faisons quelque chose, remuons-nous. » (A. Dumas.) il Faire remuer les puissances, faire que-tes puissances se rernuent, Faire agir 'lés personnes qui ont l'autorité en main., 1111 se dit Des mouvements de l'àme, des agitations morales ou politiques. « A cet âge ardent où je' ne sais quoi se remuer dans le cœur. » (Bossuet.) il Impersonn. a Partout où il s'est remué quelque chose de grand', on retrouve nos 'ancêtres. «-(Chateaubriand.) F. G. ̃rÉMUE-tÈte.s. m. Mouvement des tètes dans une foule.' « Puis il se lit un grand re- inue-tète.'» (V. Hugo.') F. L. • lii-mii.ut!, Kiisrc. 'artj. Qui se remue, qui 's'agite, qui est remuant. « Tel est un bou- doir, un, étalage de marchandises qui divertis- 'sent les .regards; comme si l'ennui menaçait la société la plus remueuse et la plus remuée du monde. » (Balzac.). Personne qui cherche et produit de grands changements., « -Il le cognoissoit pour un grand remuer, comme ayant esté nourry-quasi toute sa vie en cour de !tome, » (Carloix.) HRemuetir de l'a terre, Cul- tivateur. «' Sors ;de ton champ, vigneron, infatigable remueûr ye la terre. » (Proudhon.) || Remueur de ménage, Brouillon. « Le vul- ̃gàire soutient et favorise les brouillons et re- mueurs. de ménage. (Charron.) || Teciin. Ouvrier que l'on emploie à remuer le blé dans lin grenier, arid -de l'empêcher de s'échauffer. Il s. f. Femme qui-est specialement chargée de' 'remuer un enfant, c'est-à-dire de le nettoyer., et de le changer de langes. « Nous avons besoin d'une bonne remueuse.» (M""1 des Ursins.) ou m. (de' 'mouiller). Odeur qu'exhale ce qui a été long- temps enfermé, ou dans un mauvais air., « Pour sçavoir si ledit moulin est, net pour faire :moustardo. et que ledit- sénevé ne sente le ̃remeugle. » (Ordonn., 1514.) UÉMUXÉRABI.B. artj. 2 g. Qui peut etrCré- wnunéré, qui doit être rémunéré. « 'l'otites les œuvres de l'homme, celles- même du magis-. trat assis pour prononcer le droit, sont rémuné- rables. » (Proudhon.) Rémunérant, AïVTE. adj.' Qui rémunère, 'qui sert de rémunération! Un travail rémuné- rant. • ̃ rémunérateur, trice. adj. Qui récom- pense, « Le dogme qui commande de croire on un Dieu rémunérateur et vengeur est le plus ferme soutien de la morale et de la politique. » '(Chateaubriand.) IJ Ce qui procure un. bénéfice suffisant. Un travail rémunérateur. Il s. m. Celui qui récompense. Je suis de tous les bons le rémunérateui'. • Corneille, Imil.. m, 3.– F. L. nérer,.payer les frais. RÉMUNÉRATION, s. f., Récompense. «.Elle m'avoit' fait irioult 'de services et de bontés, desquélesonqués ne li avoie fâit rémunération. » '"RÉMUNÉRÀTÔIRE. adj. S g. J.URlSPit. Qui lieu de 'récompense: .«.Si attachante que 'paraisse à l'écrivain moderne telle conception fralchement écïose de son cerveau, il ne peut wen séparer la 'caressante' image d'un chiffré ré- munéràtoire. » (Fr. Lolioe.) ̃ RÉMUNÉRER, v. a. (lai. muiierare, gratifier). Récompenser' « Si s.'àpensâ' que -il- confor- teroit son frère et Il remunerroirie sérvice'que fait li avoit. » (Froissard.)'– F: L'. REMUNIR, v. a.'Munir de" nouveau. || v. réil. « Ils s'acheminèrent à grandes journées Vers 'la Charité'et autres villes qui tenoyent leur,parti, pour se; remunir des commodités' nécessaires. » RÉMUSAT (PiERiiE-FtiANçois de). "Écrivahv né à Marseille. Membre du conseil des Anciens .('1.797): =|, IRemu's'at' (Auguste-Laurent DE).-1762-'1823, Frère du précédent, né en Pro- vencé. Avocat général à la Cotir des. comptes d'Aix Préfet 'du', palais (1802).. Premier chambellan de l'empereur Surintendant des théâtres impériaux' (1807). Préfet delà Haute- Garonne, puis préfet du Nord sous la Restaura- lion. Rémusa't (Claire-ÉlisabethrJéanne Gha- NIER DE Vergexxes, comtesse DE).. Femme du précédent, darne .du' palais de l'im- pératrice Joséphine. Oh a' publié' ses Mémoires. = RÉMUSAT,(Charlos-François-Marie, comte, de). Écrivain et homme potitique, fils -de précédente, né. et. m; à .Paris. Avocat collabora à' divers journaux politiques .et. fut, :en parmi les'.jburnalistcs qui protestèrent contre les ordonnances. Elit'député après la ré- volution de Juillet, s'associa à la politique de Casimir Pcrierjdont.il il était le parent, devint, en '1836, sous-secrétaire'd'Éta^aù.ininistère de l'intérieur, 'puis. ministre dans le'cabmet Thier's 'A la chute'de il il prit place au centre gauche. Succéda à Joufïroy à l'Académie des'sciences morales et à Royer-Collard à.l'Académie française (1846). Membre des As- semblées constituante et législative fut exilé en Ministre des affaires étran- gères (1871-1873), eut à négocier .avee-l' Alle- magne l'évacuation des troupes allemandes. Rentra dans la vie privée à la chute de M. Thiers mai 1873). La'niéme année, ful'nommé dé- puté de la, Haute-Garonne, et siégea au'centre' 'gauche. "Ukmusat (Pa'ul-L'ouis-Étienne DE). .Ecrivain et homme politique, fils du précédent, né à Paris en'1831. Avocat, collaborateur de la Revue des ï)eux-)fondés, rédacteur du Journal des Débats (1857) et conseiller "municipal' à Ton- "louse (1865). Fit de l'opposition contre l'empire, échoua dans le département de la HautefGaronne en 1869 comme candidat au Corps législatif, Après le 4. Septembre J87OJ accompagna M. Thiers 'dans sa mission diplomatique, fut nommé député en 1871 et réélu' successivement en 1876 et 1878. L'un des devint sénateur de la Haute-Ga- l'on,ne en 1879. Il a' publié. les Mémoires de 'Il de Réinusai,"sn grand'mère (1879), 3 vol. in-8°.VE. L. –,•̃ RÉMUSAT (Jean-Piëhi\e-Abel de). 1788-')832. Orientaliste, né et m: à' Paris. -Professeur 'de chinois au Collège de France'.(1813); membre de l'Académie des inscriptions, fondateur "dé. la So- ciété asiatique (1822), "conservateur des'manus- crits.à la Bibliothèque royale REMUZAT. 595 h. Bourg de. France,(Drome), arr. de Nyons, ch.-l. de cant. Cant:: 17 comm.; 3,737 h. "• ';̃̃ remy (Joseph). Pisciculteur, né à' là. Bresse, aùcommencemént de "ce siècle, préside" Remi- remonte. Simple. paysan, illettré, sans. fortune, 'mais observateur patient et sagacè' 'il étudia toute sa vie les moeurs' dés poissons et réussit, le premier; à pratiquer là iéçondation'àrt'ficielle. REMY (JULES). Voyageur et naturaliste, né à Livry (Marne) en le-6' Ancien professeur d'his- toire naturelle au collège Rollin en- treprit ensuite de longs voyages dans l'Àmé- rique du Sud, l'Océanie, les Etats-Unis, l'Asie centrale. le Thibet et l'Himalaya. RENAcuîMENT. s. m. Bruit que fait entendre une personne ou un animal qui renâcle. Et loin, plus loin, là-bus; te sable aux dunes noires ̃• Plein -du cri dès chacals et clu rehàcléuicut ̃ ̃ De l'onagre. l W r Lcconte de Liste, Poèmes Kaïn. '"̃' RENACLER! v. n, Faire certain bruit en reti- rant impétueusement son 'haleine par. le 'nez, lorsqu^ori est en Celle-ci était, cor- don bleu,et jjartant'souvérairiehjeht rècliignéuse :elle gronda,' hennit,grogna, rugit'et renâcla.-» ~(BrilfatrSavarin.j'|r En'pariant Dés 'animaux. Et l'àne ou-le. mulet, impatient' d'eau -fraîclie,. Pialïc.et renâcle.. !-•̃ • ,i,' J. Aicard, Poèines de Prov., le Puits, 187-i. ̃Il Fig. et fam;, Se dit De ceux qui: témoignent de la' répugnance pour quêlqti'c chose. Néant- nioins' leur sembldit -il, bon de refraindre et •renaquer- arrière. » (Bersùire.) .F. L. RENAGER/ v. n. Nager de nouveau. RHXAlSON. 3,029 h. Bourg de France (Loire), arr. de', Roanne;' eant' de Saint-Haon-Ic-Chalel. Eaux minérales:' '̃ RENAISSANCE, s.-f. Seconde, nouvelle nais- -sauce. a La renaissance de l'honime du sein de la mort serait-elle donc un' mystère plus étrange; plus incompréhensible que sa naissance du sein de la femme?. » (O. Feuillet.) Il 'Au sens mystique, Là renaissance des hommes en 'Jésus-Christ, Leur génération spirituelle. || En -parlant du baptême.' puisqu'on Jliesu Crist^nostrè sire, Qui est vruiz Dies. n'avez créance, Ne quc pris n'avez renaïseence Par baptcsnic. ̃ ̃' ̃ '.Bnrlaam et Josaphat; xv" s. Il Renouvellement. Là renaissànce'du printemps, de là verdure. || Fig. Se dit Des choses morales ou. intellectuelles qui apparaissent de nouveau après une interruption. « Depuis un certain 'nombre d'années, nous assistons il une'renais- sance active des fables et dos mythes de l'an- cienne Grèce, en France, en Allemagne, en Angleterre. » (Fr. Loliée.)|| Eaux, ET fouets. Bois en renaissance, • Recrû. Qui 'appartient à l'époque ou an style de la Renais- sauce. «La garniture de la cheminée répondait à- l'éclat et à la laideur de ces ornements pré- tendus Renaissance. »'(C. Sand.)– F.L.|| Hist. Oh 'appelle habituelle *ment Renaissance l'épo- que où, vers la fin du kv" et au commencement du xvi» s. commença, dans les arts et dans les sciences, une ère nouvelle; époque que l'on pourrait plus justement appeler décadence de l'art chrétien, parvenu alors à son apogée, dans ,l'épanouissement du style .ogival. est difficile de 'préciser quelle .date fixe a-commencé la Renaissance; faut-il' la faire remonter à Giotto •(1276-1336); au Dante Veut-on parler .du siècle de Léon X et des Médicis, ou bien de celui de François le,? Toutes ces époques se réclament'. du nom de Renaissance. Ce qui 'caractérisé la Renaissance, en architecture, c'est le plein cintre agrémenté des parures de l'ogive v arabesques, rinceaux' et autres moulures em- pruntées de l'architecture antique. C'est une réminiscence des' ordres dits classiques, un composé do tous les styles, variant selon le goùt.de l'artiste ou _'selon le pays. En France "les châteaux, de Blois, de: Chambord, de Chenon- ceaùx- et l'aile .occidentale du' Louvre, œuvre ;de 'Piérre Lescqt, les tours do Nantes et de tours sont, de beaux spécimens du style de la -It,enaissance. Au point ile vue de l'art, sous le'prétéxte de revenir;à l'antique, on tomba en plein@'dans le paganisme on vit reparaitre alors tous' les dieux de l'Olympe et les divinités oubliées de la Fable. On pourrait dire, s'il est permis de s'exprimer ainsi, que la Renaissance, dans les arts, a été un fruit'see de la réforme Ce mouvement a été, en effet, produit par l'in- ̃'fiuencè que l'écolé'du Nord eut alors en Italie tes grands maîtres, Léonard de Vinci, Michel- 'Ango, le Titien, le avaient 'déjà opéré la renaissance de l'art latin, long- temps encore après l'éclosion du grands art chré- tien chez eux, il est vrai, l'art n'avait pas changé son essence, qui était, au fond, restée antique et païenne, mais que la foi et le génie avaient su adapter à l'esprit du christianisme. An rebours de l'art gothique, la Renaissance, dès son point de départ, cormnença.à tomber en 'décadence; elle ne fit qu'aller en déclinant, et, en moins d'un siècle, finit dans la rocaille. Les causes qui contribuèrent le, plus à cette révo- lution, appelée Renaissance, peuvent se réduire