T2 ̃REL ,{{Et REL Hist. Il y eut des reliquaires do toute forme, de toute matière et de toute dimension; ils furent nombreux, surlout du xn" au xvics., tes .particuliers ayant )'habitude d'avoir des reli- quaires chez eux, et même sur eux. Il ne faut pas confondre le reliquaire, fait pour renfermer un membre sanctifié, avec la chaise, beaucoup plus grande et contenant un corps entier. On doit distinguer -aussi les reliquaires. des églises et des oratoires, et les reliquaires portatifs (ces derniers ne se répandent qu'au xii" s.), destinés soit à être emportés en voyage parmi les ba- gages, soit à être mis sur ou sous les vêtements ce sont, dans ce cas, des diptyques ou des trip- tyques de petite dimension, des bijoux, des mé- daillons, des sachets, etc. Les plus anciens reli- quaires sont des coffres de bois ou de métal. On se servit aussi de vases antiques, qui furent montés en argent ou en or. Mais tandis que les ;reliquaires orientaux affectent constamment la forme d'un coflrct, ceux de l'Occident représen- tent souvent les objets qu'ils contiennent tels sont les chefs ou bustes de métal renfermant la tête d'un saint. La Sainte-Chapelle de Paris pos- sédait le chef de saint Louis, et le chef de saint Oswald, à Hildesheim, est un des reliquaires les plus remarquables du xin" s. Jusque vers le xv° s., le pommeau de l'épée de combat était creux et renfermait une relique. Charle- magne avait dans son épée Joyeuse la pointe du fer de la lance avec laquelle Notre-Seigneur a -*été percé. Il Durandal, l'épée de contre- nait un fragment de la robe de. la Vierge, une dent de saint Pierre, du sang de saint Basile et des cheveux de saint Denis. G. D. RELIQUAT, s. m. (lat. reliquare, faire un reliquat). Ce qui reste dû d'après la clôture et l'arrvé d'un compte. « Tuteurs et autres sujets il compte doivent faire recette et dé- pense entière les justifier et payer le reliquat. » (Loysel.) Il Fig et fam., Les reliquats d'un festin, d'un repas, Ce qui en reste. Nous avons très bien dîné des reliquats du repas de noces. Il Suites d'une maladie mal guérie. « Toutes les damoiselles et dames qui estoienl présentes leur demandèrent si elle avoit encores la fièvre qui l'avoit tourmentée les jours précédons. Ils .dirent qu'elle en avoit encores quelque reliqua.» » (Caquzts rle l'accouchée.) F. L. ̃ RELIOliATAIRE. s. JURISPR. ET COMITAB. Celui ou celle qui, après son compte rendu, doit quelque chose de reste. RELIQUE., s. f. (lat. reliquix, restes). Ce qui reste d'un saint après sa mort, soit le corps entier, soit une partie du corps. « Les fidèles n'étaient pas moins curieux d'enlever les corps des martyrs ou d'en recueillir les restes car souvent il ne demeurait que des os ou des cendres, comme quand ils avaient été brûlés ou dévorés par les bêtes et de là est venu le nom de reliques. » (Fleury.) Ce qui reste des ins- truments de la passion de Notre-Seigneur, de celle des martyrs, et:généralement ce qui a servi à l'usage des saints comme leurs habits, -leurs ornements sacerdotaux, etc. Par extens., Ce qui reste d'un héros, d'un grand personnage ou d'une personne que l'on aime. « C'est tout ce que j'ay peu recouvrer de ses reliques [deux livres de La Boétie.] » (Montaigne.) || Prov., Garder une chose comme une relique. On dit de même, Il veut en faire une relique, des reli- ques. Prov. et fig., Je n'ai pas grande foi il ses reliques, je ne prendrai pas de ses reliques, se dit De quelqu'un en qui l'on n'a pas de con- fiance. II Dans le style oratoire ou poétique, Les restes de quelque chose de grand. Ils s'arrêtent non loin de ces tombeaux antiques Où des rois ses aïeux sont les froides reliques. Racine. || TnÉOL. Le culte des reliques, comme celui des images, est un culte relatif. En adorant la vraie croix nous adorons Jésus-Christ; en ho- norant les reliques des saints, nous honorons les saints eux-mêmes. Le concile de Trente en- seigne que les fidéles doivent vénérer les corps des martyrs et des autres saints qui vivent avec Jésus-Christ; ces corps ayant été autrefois les membres vivants de Jésus-Christ et le temple du Saint-Esprit, et devant être un jour ressus- cités pour la vie éternelle et revêtus de la gloire, Dieu accordant pour eux un grand nombre de bienfaits aux hommes. L'histoire de l'Église constate que la pratique des fidèles n'a jamais varié sur ce point. Dès le temps de saint Ata- 'broise, qui découvrit les corps des saints Protais et Gérvais, les ossements des saints ont été placés dans les églises et fontl'objet d'un culte. On peut constater que les réformateurs du seizième siè- cle, qui dispersèrent ou jetèrent dans les flammés .un grand nombre de reliques jusque-là vénéréés, n'eurent pas'de précurseurs dans le passé des âges chrétiens, si ce n'est Claude de Turin et Agobard de Lyon. lesquels ne recrutèrent pas de partisans. RELIQUERER. v. a. Liquéfier de nouveau. reliquiaire. s. m. ( re-li-cui-air' Nom donne par dénigrement chez les protestants aux catholiques comme adorateurs des reliques. Relire, v. a. Lire de nouveau. a Les fidèles relisaient dans leurs maisons ce qu'ils avaient ouï lire à l'église, et s'imprimaient dans la mémoire les explications du pasteur. » (Fleury.) Il. v-. réfl.. Lire ce qu'on vient d'écrire. Relisez-vous soigneusement. F. L. RELISTALE (Louis) 1799-1860. Littérateur, né et m. à Berlin. S. f. L'ouvrage d'un relieur, et la manière dont un livre est relié. J'ai payé tant pour la reliure de ce livre. Il Fig. « Le temple de Saloinon n'était point simplement la reliure du livre saint, il était le livre saint lui-même. » (V. linge.) F. L. H Industh. II existe' un grand nombre de reliures, dont les plus usitées sont: la rcliure entière, dans laquelle le livre est entièrement recouvert de peau; la demi-re- liure, dans laquelle le dos seul du livre est re- couvert de peau la reliure en basane, la reliure en veau, la reliure en toile ou reliure anglaise, et la reliure à la Bradel. L'opération de la reliure comprend 1° le pliage en cahier des feuilles imprimées 2° le battage de ces feuilles avec un lourd marteau sur une table de marbre, de fonte ou de pierre et leur séjour sous une presse où elles sont réduites au volume conve- nable 3° le grécage, qui consiste en plusieurs incisions pratiquées transversalement sur le dos des cahiers au moyen d'une scie appelée grec- que -i° le cousage des feuilles, d'abord par des ficelles qui pénètrent dans les incisions, puis par des fils qui attacheront ces ficelles à la couver- ture 5° l'endossure, ou trempage du dos des feuilles dans de la colle qui rend leur assem- blage plus fixe; G° l'ébarbage et la rognure; 7° la pose du signetet de la tranche-file 8° l'ap- plication sur le dos d'une bande de toile ou de parchemin et la mise en place de la couverture. Il ne reste plus alors qu'à coller les garnitures, appliquer les dorures (\'oy. CE mot) et autres or- nements, et mettre le titre. On a récemment construit en Amérique des machines qui suppri- ment presque complètement la main-d'oeuvre dans le travail de la reliure ces machines ont été introduites en France, où elles. servent, dans les grands ateliers, pour relier rapidement et à peu de frais l'énorme quantité de livres destinés aux étrennes et' aux distributions de prix. Photius attribue l'invention do la-reliure à un Athénien, nommé Phillatios; chez les Romains, les ouvriers relieurs s'appelaient glutinaiores. Les livres étaient enveloppés dans un morceau d'étof'e ou dans une couverture de bois. Saint Jérome dit qu'il y eut, dès le tv° s., des li- vres reliés avec un grand luxe et revêtus de pierres précieuses. Au moyen âge, on reliait en cuir ou en étoffes,- velours, soie, satin, de diffé- rentes couleurs, avec des ornements et des pier- reries. Au xvu" s., la mode fut aux reliures en maroquin et en veau uni, souvent de couleur sombre (reliures jansénistes). Actuellement, on cherche surtout à faire bon marché les ateliers de MM. Engel, Lenègre et Magnier.à Paris, sont outillés de manière à relier à la machine des nombres considérables de volumes en très peu de temps. G. B. RELLSTAB (Louis). 1799-18G0. Littérateur allemand, né et m. à Berlin. Ancien professeur à l'École militaire de cette ville, puis journa- liste, romancier et critique musical estimé. RELOCATION, S. f. Jurisph. Acte par le- quel on loue do nouveau une chose. En cas de résiliation par ta faute du locataire, celui-ci est tenu de payer le prix du bail pendant le temps nécessaire à la rclocation. (Acad.) RELOGER, v. a. Rétablir quelqu'un dans son ancien logement, et, particulièrement, Le re- mettre en prison. Ce prisonnier s'était évadé, mais on l'a relogé. Il Fig. Sans que le cours. des ans, la peur, la jalousie, Eussent pu dedans moi reloger la raison. Desportes, Diverses amours; xvu s. il v. réfl. Etre logÉ de nouveau. « Monseigneur, .comme paravant, se vint reloger einprès Ma- dame. » (Louis XI.) -F. L. RELORGXER. v.a. Lorgner de nouveau. a Le baron relorgna le portrait, ensuite il se frotta le menton. » (M. Masson.) relouage, s. m. I'kciir. Action des ha- rengs qui frayent. Le relouage a lieu vers la fln du mois de décembre. RELOUER v. a. Louer de nouveau. A l'expi- ration de mon bail, j'ai demandé au propriétaire qu'il me relouât l'appartement. (Acad.) il Sous- louer. a Et ne pourront lesdits maistres re- louer ou prendre a leur service lesdits com- paignons qui seront louez auparavant fi d'au- tres ruaistres pour un an. » (Ordonn. des ti- reurs et batteurs d'or et d'argent RELOUER v. a. Louer de nouveau, Donner de nouvelles louanges à. kklugtaA'T, AXTË, adj. Qui lutte, qui ré- siste. t'eu usité. ̃relucter. v. n. (lat. luctare, lutter). Ré- sister avee force, se débattre. Il Peu usité. RELUIRE, v. n. Briller, luire en réfléchissant la lumière. « Il était midi; les toits (l'ar- doises, qui reluisaient sous la lumière âpre du ciel bleu, semblaient à la crête de leurs pignons faim pétillerdes étincelles. » (G. Flau- bert.) || Fig. Au palais flamboyant, du haut ciel Keluit l'éternité les Tragiques, 127 xvi- s. '11 Provo et fig., Tout ce qui reluit n'est pas or,. Ce qui a beaucoup d 'éclat' n'est pas toujours ce qui *est le plus solide.- « Le pontife, se sou- venant que tout ce qui reluit n'est pas or, et vôulant lever tous les doutes des esprits soup- çonneux, ordonna à l'archevêque de Alaycnce et à maître Conrad de recueillir des' témoi- gnages publics' et solennels sur tout ce qui, dans la vie de la duchesse, avait pu être agréa- ble à Uieu et aux hommes. » (Montalembert.) Il Fig. Paraitre avec éclat. « Toute sagesse qui reluit dans les créatures est un écoulement de la raison divine. » (Fénclon.) F. L. RELUISAKCE. S. f. Etat de ce qui reluit. « Et qui premier souloient, estre tremblans en la reluisance de leurs espcès, sont venus estre de- piteux de leurs osts. » (G. Cliastelain.) || Fig. « Que la-parole éternelle de Dieu a esté l'esprit de Christ en Dieu et reluisance de son idée. » (Calvin.) reluisaat, AXTE. adj. Qui reluit, Des ar- mes reluisantes. c La rivière coulait tt pleins bords en larges nappes d'argent reluisantes. » (H. 'faine.) Il Fig. « Ils doivent s'avouer que le métier qu'ils font n'est pas des plus relui- sants. » (L. Veuillot.) Il Elle a le visage tout re- luisant de rouge, tout reluisant, Se dit D'une femme extrêmement fardée. reluisemext. s. m. Aile., Action tle re- luire, reluisance, éclat. « Le et la diversité des gobours des pierres précieuses.» (Livre de la loi au Sarratin; xm" s.) RELUQUANT, adj. (de reluquer). Qui reluque. « Les Français ont tant besoin d'emplois, ils en sont si impatients, si disputants, si relu- quants, si friands, si jaloux, si amoureux, qu'à la différence de tous ceux qui ont bAclé ou qui bâcleront les chartes et constitutions des autres pays, les Français ont mis dans leur article 3 qu'ils seraient tous admissibles à tous les .em- plois. » (Cormenin.) F. G. RELUQUER, v. a. (re et iuqiier, vx ht allem. Inût/en). Fam., Lorgner curieusement du coin de l'œil. « Il reluquait toutes nos filles, sou- riant aux belles. » (G. Sand.) Il Fig. et fam., Ili reluque cette terre, cette maison, cet héritage,. Il a des vues sur cette terre, etc., il en désire- la propriété, la possession. F. L. relUQUEUR, EUSE. S. m. Personne 'qui re- luque. RELUSTRER, v. a. Lustrer de nouveau. Re- lustrer une étoffe, un chapeau. Il Fig., Donner un nouveau lustre, un nouvel éclat à. « L'a- ristocratie de nom allait relustrer son aristocra- tie d'argent. » (G. Sand.) RELUTE. s. f. Action de relire, seconde lec- ture. (i Son Thamas-Kouli-Knn [de Dubuis- son], la dernière pièce sur le premier tableau, au moyen de la réfute ordonnée, à laquelle il s'empressa de se soumettre, devint la pre- mière. » (Bachaumont.) Il Particul., en T. de correcteur d'imprimerie, L'action de relire les