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(/ion, La religion existe dans le monde comme
moyen de salut proposé à chacun des hom-
mes. Elle n'opère pas. dans l'individu sans
le libre concours de la volonté, c'est-à-dire
elle doit être premièrement l'objet d'une humble
acceptation de l'esprit, et deuxièmement, par
l'obéissance, elle doit nous conduire à la-réalisa-
tion des préceptes ou commandements. La ten-
dance et la disposition d'un cœur qui se consacre
Dieu pour le servir au dedans par la prière et
la soumission, au dehors par des actes d'adora-
tion et par tout ce qui appartient à l'observance
de son culte et de sa loi, c'est ce que nous appe-
luns la vertu de religion. Cette vertu pourrait
.être definie une habitude générale qui com-
prend en soi, immédiatement, les vertus théolo-
gaies de foi, d'espérance et de charité, et d'une
manière moins étroite, ou seulement médiante,
toutes les vertus morales. Le culte, public est
l'un des plus,puissants moyens d'exciter et d'en-
tretenir la vertu de religion dans les âmes.
Religion chrétienne, Tous les peuples ont eu une
religion et, dans tous les temps, on a reconnu
qu'une religion est nécessaire à l'homme, comme
individu, et non moins nécessaire aux hommes
réunis en société. C'est en acceptant cette idée
comme point de départ', que les philosophes du
..xviii6 s. ont disserté longuement sur la reli-
gion naturelle, la seule qu'ils voulussent admettre.
Cette religion naturelle, qui n'a jamais existé
historiquement, ils la composaient à leur gré par
un choix des croyances auxquelles, suivant eux,
la raison seule peut parvenir: en réalité, ils
s'en faisaient les inventeurs, autant que .les dis-
ciples. La religion de la nature exprime une idée
.toute différente de ce concept philosophique de
.la religion naturelle. La religion de la nature
est celle qui, sous des symboles divers, divinise
.la natureou les forces de la nature, sans s'élever
.jusqu'à Dieu, qui en est l'auteur. Une seule
.religion est historique et fait remonter ses
.annales jusqu'auicommencement du monde. Elle
apporte aux premiers hommes la promesse d'un
.rédempteur qui sera l'oint du Seigneur ou son
Christ. Elle montre dans les patriaches des figures
de ce Christ, et elle renouvelle aux patriarches,
-pour animer leur foi et leur espérance, la pro-
messe antique.. Le ministère prophétique dévelop-
pera cette promesse, en fournissant les plus' minu-
tieux détails sur la vie, la naissance et la mort
du Christ, qui doit venir. Les temps de la loi,
.c'est-à-dire de l'institution mosaïque, confèreront
à tout un peuple le caractère et la mission de
-témoin permanent au milieu de l'humanité.
L'histoire de ce peuple aura un,sens que ne pré-
.sente aucune autre histoire elle convergera
tout entière vers le seul fait du Messie. Lors-
.qu'enfin Jésus-Christ est venu, il enseigne toute
-vérité. 11 réunit tous les hommes dans le même
amour de Dieu et du prochain. C'est, son com-
mandement. Il accomplit des miracles éclatants,
et le miracle se-continue à tous tes Ages de
l'Église pour convaincre les esprits rebelles. Ses
ennemis le mettent à mort et c'est dans la mort
qu'il triomphe. Les apôtres et les prédicateurs
.de l'Evangile n'auront pas de moyeirplus puis-
isaiit.pqur remporter la victoire que l'effusion de
leur sang. L'Eglise sera persécutée -dans tous les
.siècles, mais elle prévaudra contre toutes les
attaque; Enfin,, toute la civilisation sera mar-
quée du sceau du Christ, et si les peuples ne
s'appellent plus la chrétienté, comme au moyen
Age, la civilisation dont ils sont fiers n'aipas
d'autre nom que celui de civilisation chrétienne.
|| Hist. La religion a, son origine ainsi
que son couronnement dans,le sein do Dieu,
avec le Verbe; c'est une .idée innée.qui carac,
térise l'homme et le distingue essentiellement
îles animaux; ce qui fait qu'il constitue à
lui seul un règne à part le règne, humain.
1,'histoire ou l'explication du phénomène re-
ligieux qui s'est-.de tout temps manifesté chez
les divers peuples est renfermé dans: ce
fait que. les vérités révélées ont subi, pa-
rallèlement au langage, sous l'influence des
passions et de !ignorance, des altérations -proT
fondes; d'où ilest résulté quo'.les hommes sont
tombés dans l'idolâtrie;, mais.,dans .toutes les
.fausses religions, il restait un fondée vérité qui
.se, révèle à la conscience et à la raison. Toutes
les-religions ont été fondées sur le motif de la
foi universelle du genre humain une puissance
surnaturelle. L'histoire constate que les âges de
force ont; été des âges de foi et quc la- religion
et ta civilisation sont solidaires. -L'existence de

croyances religieuses chez-tous les peuples lie
trouve plus aujourd'hui de contradicteurs, sé-
rieux. Les plus- anciens monuments nous mon-
trent la religion assise au berceau de tous lâs
peuples. Les saints pères ont prouvé;que, sous
le voile de grossières erraurs, Use trouve
dans les traditions primitives de tous les peu-
ples de nombreuses vérités qui dérivent de
la révélation. L'école philosophique du dix-
huitième siècle prétendait que l'homme avait
inventé son langage et sa religion cepen-
dant Rousseau avait, avancé que « la parole ̃
semblerait nécessaire pour inventer la parole.»)
C'était déjà un doute. Aujourd'hui, .l'hypothèse
d'un abrutisssment primordial de. l'espèce hu-'
maine est combattu par tous. les illustres: repré-
•sentants de la philosophie et de.la.science. Mais
siThommen'a pas débuté par.. l'état sauvage,
par qui a-t-il.été instruit? Aucun, homme, dit
(•'içhle, n'a pu.instruire les premiers .hommes,
il faut donc qu'ils l'aient été par un être su-
périeur »..11 faut .avouer toutefois que l'ori-
gine des .religions- païennes demeure encore
pleine d'incertitude.. Les orientalistes ont
peine soulevé le coin du voile qui cache la
religion de .Bouddha; (les. études récentes
sur la langue Zend bouleversent- les idées
qu'on s'était faites du Zcnd-Avostai, sur la- foi
d'Anq. Duperron. L'étude des hiéroglyphes
poursuivie'par les élèves- distingués de Cham-
pollion est-parvenue corriger Inondes erreurs
par rapport à l'antiquité des religions des. In-
diens et des Egyptiens. Un peuples fut choisi pour
garder ledépôt de la révélation,! ce fut le peuple
'juif; il porte ses titres avec lui dans le plus an-
;cien livre qui soitau monde la Bible; il.a.tou-
jours gardé intacte et distincte l'idée d'un Dieu
̃créateur.tandisquetousles peuples alentouréga-
'.raient cette idée primordiale, mais pour.eux con-
fuse, dans, les nuages :du polythéisme.'Le dix-
huitième siècle avait meué, à l'assaut contre ce
.livre sacré des Hébreux toutes les sciences, et
voici que ces mêmes; sciences, mieux éclairées,
viennent confirmer le récit de Moïse sur la créa-
tion et mettre à néant toutes les objections éle-
vées contre l'origine de la. religion chrétienne.
Aujourd'hui, le christianisme.est la religion do-
minante et le trait caractéristique de la civili-
sation. Etat approximatif cles di/férenles
religions; La, population du globe étant d'un
milliard.300 millions, les religions1 offriraient la
proportion suivante Il chrétiens, -335 millions;
juifs, 5 millions; 3°. mahométans, millions;
4.° bouddhistes et brahmanes, 600 millions;
païens et fétichistes, 200 millions. Le, .chré-
tiens^se subdivisent ainsi catholiques, 270 mil-
lions: protestants,' 89 .'millions; .schismatiques,
76 millions. Sur les 335 millions de chrétiens,
on en ,compte 169 millions en Europe, .58
lions en Amérique, le reste dans les autres
parties du monde; 3,500,OU0 juifs se trouve-
raient en Europe; millions de.mahomé-
tans en Europe l'Asie en renfermerait 50 mil-
lions, l'Afrique le reste. Les bouddhistes et
brahmanes sont presque tous en D'après
,les derniers recensements, le catholicisme gagne
.du terrain dans toutes les parties du globe,
surtout en Amérique et en Afrique, par suite de
l'augmentation de.la population et par la forte
.impulsion imprimée aux missions par le Saint-
Père Léon XIII.– Auteurs consulter Anat.
de Mézièrcs, Exposé complet des religions
B. Constant, la Religion considérée dans :sa
sou-rce -et dans sa formation; Delaunay, Histoire
des, religions; Fr. Creuzor,, les Religions de
l'Antiquité .Saint-Martin, Explication des' di-
verses mon. des religions des anciens; lîrunet,
Parallèle des religions; Le P. le- Brun, Histoire
critique; Guizot, Histoire de la civilisation;
de Bonald, Recherches philosophiques; de Mais-
tre, ̃Soirées de Saint-Pétersbourg E.-J. Bur-
nouf, Introduction ri l'histoire du Bouddhisme.
Il LÉuisi. Nous avons peine besoin de nous
élever contre- une déplorable doctrine professée
de nos jours, que la'loi' doit être athée. Non,
mille fois non la. loi medoit pas être athée;
etile: jurisconsulte, ne :doitipasi;l'ètre plus. que la
loi. Ne sent-onipasqueilaiconscience; c'est-à-dire
la-loi divine;'est le complément sans lequel il n'y
a pas.d'ordre social.èt de législation ?.,Noscod3S
eux-mêmes le proclament' à chaque; page. 'Que
signifient ces dispositions par lèsquelles'ils aban-
donnent l'appréciation de tant de questions à la
conscience des magistrats ? ou les serments
qu'ils exigent des jurés et de ceux qui sont

appelés à-concourir à l'administration de la jus-
tice ? ou les obligations d'agir en bons pères
de famille, imposées à ceux qui administrent
la personne et les biens des' incapables? Elles
signilient que la loi accuse son impuissance;'
elle déclaré ainsi qu'elle ne peut pas aller plus
loin que des prescriptions extérieures: mais
qu'au delà, elle fait un appel à la conscience
des juges, des jurés, des citoyens. Or, un appel
à la conscience est un mot.vide de sens si la
conscience n'existe pas; et elle n'existe pas si
Dieu n'a pas gravé.dans le cœur des hommes
des lois sans, lesquelles les lois humaines
.seraient impuissantes. L'affirmation que la loi
doit être athée est donc le renversement de
toute législation. Nous allons plus loin nous
disons que, lorsqu'il s'agit du culte,,la loi doit
être éminemment religieuse. Si la loi divine est
.le fondement des lois humaines, il n'est pas pos-
sible qu'un Etat accepte avec indifférence -.la
manifestation ou le développement.du sentiment
religieux, c'est-à-dire le culte, ou l'absence du
culte. Il donnerait l'exemple d'un' matérialisme
pratique, entraînant la ruine de ce qui est la
base. essentielle de ;la société. Le. culte publits
doit être l'une de ses principales préoccupations.
Mais, parmi les cultes, l'un estcelui-de l'immense
majorité des citoyens, transmis.par l'autorité des
.slèclî-s et suivi, par les chefs de l'Etat; c'est en
son noj) que la nation s'adresse a Dieu dans ses
prospérités ou dans ses -malheurs." Oserait-on
dire que les législateurs dussent le considérer
avec indifférence? On s'est quelquefois efforcé
de faire parade de ce déisme insensé: mais la
législationaété entraînée par les mœurs publiques
.et chaque page de nos lois atteste, des efforts
pour maintenir et développer le sentiment reli-
gieux catholique dans-l'esprit-des populations.
.La religion catholique a été reconnue par les
lois, tantôt comme religion de l'Etat, tantôt
.enfin et simplement comme culte public. Cette
reconnaissance n'est pas seulement la déclaration
d'un fait;, elle a une toute autre .valeur elle
signifie que l'Etat, en pleine connaissance de
cause, a admis le culte tel qu'il était, comme
formant une partie principale et. indispensable
de la société civile: et que, par cette considé-
ration, il s'est obligé à le maintenir, à le protéger,
ai fui donner des moyens d'exercice compatibles
avec la liberté des citoyens. Les principes fon-
damentaux, du culto catholique ainsi reconnu
sont le dogme, la discipline, l'unité, la hiérar-
chie. Par cela seul que le gouvernem en t t'a adopté,
il s'est donc obligé de maintenir avec ses
dogmes, sa discipline, son unité, sa hiérarchie.
La législation qui régit cette matière est contenue
1**dans Io concordat (Voy. ce mot) dans les
articles organiques qui ne sont pas reconnus
par le Saint-Siège '(Voy. Organique), et dans les
lois et décrets ultérieurs, qui n'ont qu'une
valeur purement civile (Gaudry,. Traité de
législation des cultes).'
nKLiGlOXXAntli.s. 3, g. Se disait, dans le
temps des guerres de religion,' De celui, de celle
qui faisait.professipn de.la religion reformée. -r*-
Toute cette foule de. religionnaires qu'ani-
maient quelques chefs ambitieux se trouva de
nouveau précipitée dans fa guerre civile par une
intolérable oppression. » (Villemain.) F.L.
itHLHilOAMïL, elle. adj. Qui appartient à
la religion.

lsi',l.ii;iOi\iM;it. v. a. Soumettre aux lois d'une
KiaiGlosiTÉ. s., f. Scrupule religieux. Son
exactitude allait jusqu'à la religiosité. Vieilli.
Plus ordinairement, Disposition relisieuse,
sentiment religieux' qui ne s'applirlue il aucune
religion particulière. Il yadans son livre plus de
religiosité que de religion. Il Anc., Croyance re-
ligieuse, dogme' religieux.

Si ne croy mie qu'à Dieu plaise,

Tclle religiosit6.

Philippè de Vitry, Fables d'Ovide, i-5, ,Tarbé.

KKLiMAGti. s.' m. Techn. Action de reli-
•ttiîLiMRR' y..aV Te'chs. Limer de nouveau.
||'i' Retoucher, '/polir avec soin. « Je. suis
entouré de mes tragédies que je relime. D (Vol-
taire.) ̃ •' ̃ ̃ r
niïl;l0DÀllUî.s. ni. Sorte de boité,' de cof-
féet,etc:oü't'ori éncllàsse'dé petites' reliques..
« Deux autres reliquaires étincelants de pierj
reries contiennent un morceau de robe de. la
Vierge 'et' un clou tic 'la vraie croix. » (Th; Gautier.)
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