GHI I cm I 9 cm la grande invasion de Gengis-Khan, dont l'empire commençait à la mer Caspienne pour finir au bords du Yang-tsé; son petit-fils, Koubilai, fonda au xnr° siècle la dynastie des Yuen' sous le nom de Chi-tsou; dynastie intéressante, mais qui tomba en 1368 sous la domination de Tay- tsou, fondateur de la dynastie chinoise des Ming. Celle-ci ne dura que trois cents ans. En 1G<)4, les princes de cette race avaient perdu leur prestige, le peuple était mécontent, les re- voltes se succédaient dans l'armée, et le géné- ralissime chinois commit la faute grave d'implo- rer le secours des troupes tartares qui gardaient la frontière du nord. Le chef de cette armée, Chu~Che, envahitla capitale et, après deux ans de luttes, il déposséda les Ming et fonda une nouvelle dynastie sous le nom de Ta-Tsin', la- quelle est encore régnante. En 164'J,un*parti- san des Ming, Yun'li, essaya de les replacer sur le trône; mais, vaincu à Canton le 24 novembre 1650, il fut mis- à mort; la ville fut livrée au pit- lage, et les Tartares massacrèrent les habitants; il en périt, dit-on, 700,000. Le règne de Chun'- che, appelé également Soung-chi, fut cependant florissant; les pères jésuites Adam Shatt'et F. Verbiest s'étaient acquis l'estime des grands et de ta,cour; ils avaient élevé à t'éking deux égiises et créé un observatoire que l'on voit encore au-- ,]durd'hui.Enl662,àlamortdeChun'-che,son fils Kang-chi lui succéda. A ce moment eut lieu là discussion entre les jésuites et les autres missionnaires, cause de l'insuccès des missions catholiques; le père Shall en mourut de. chagrin, et le père Verbiest, à ta suite d'accusations graves, fut obligé de se cacher pour échapper au supplice. L'empereur le rappela bientôt pour lui confier, comme au temps de son père, la présidence -des astronomes.– Kang-chi, contemporain de-Louis -XtV, cultivait les.lettres et les arts; on lui doit un dictionnaire, le seul qui fasse autorité parmi les docteurs. Il fit con- struire des routes, refit le grand canal et bâtit des palais à la mémoire de ses ancêtres. Les chré- tiens, durant son règne, furent à l'apogée de leur puissance. En 1685, Louis XtV envoyait six missionnaires chargés de présents. Le Il. Bou- vet enseignait les mathématiques aux hommes de la cour et, en 1692, un décret impérial auto- risa l'exercice de la religion chrétienne dans tout l'empire. l'eu après, la compagnie anglaise des Indes orientalcs établit un comptoir près de Ning-po et, en 1712, fut passé pour la première fois une convention qui autorisait le libre trafic dans les ports. Mais elle fut lettre morte a cause' des exactions que commirent certains capitaines. Kang-chi mourut en 1722, son quatrième fils Yon'g'-cheh' lui succéda. Ce prince fut un admi- nistrateur éclairé. Au commencement de son règne eut lieu la révolte à la suite dé laquelle les pères jésuites durent quitter la capitale; on leur assigna, le séjour de Canton. Une mission russe vint s'établir à leur place et conclut en 727 un traité de commerce. A cette époque fut établi en Chine le premier tarif douanier, cause de l'intervention européenne. En 1736, Kieng'-tong succéda à son père; ce prince conquit le pays tartare des Ortous et du Ko-Konor, fit un re- cueil des livres parus à toutes les époques, en- couragea l'industrie de la porcelaine, ouvrit en 1758 Canton/aux étrangers, mais abolit par décret l'exercice du culte chrétien; i) mou- rut la même année laissant l'empire floris- sant à son successeur' Kia-ching. Celui-ci ne cessa de lutter par tradition contre l'invasion étrangère. En 1802, on signale l'entrée d'un na- vire .américain à Canton; en 1806, deux navires russes voulurent y charger des marchandises;. mais un édit empêcha le retour de cette viola- tion de territoire et les Anglais avec les Améri- cains restèrent les intermédiaires de toutes les transactions de l'Orient avec l'Occident. En 1820, Tao-kouang monte sur le trône et défend t'en- trée de l'opium dans t'empire; mais alors la contrebande organisée par les Anglais et favo- risée par les Chinojs suppléa au commerce ré- gulier jusqu'en 1831, époqoe à laquelle l'em- pereur fit paraître un édit qui expulsait' les Anglais de Canton. !) n'en fut tenu aucun compte, et voilà pourquoi, en 1838, tes-fac-' torcries de Canton furent mises au pittage et les propriétaires menacés de mort, s'ils ne li- vraient aux agents. impériaux, tout t'opium ren- ,fermé dans les' magasins. tt en était entré de 18t7 àl838pour'800 millions de francs. C'est alors qu'eut lieu l'expédition dite Gwen'e de OCT. DES D!CT. -T. I:I. l'opium en 1840. Elle dura deux ans. Le 29 août 1842 était signé à Nan-king une convention donnant aux Anglais file de Hong-kong,100 mil- lions d'indemnité et ouvrant&teur commerce les ports de A-mouy, Canton, Fou-tchéou,Ning- po et Shang-haï; le 8 octobre 1843, un nouveau traité étendait aux autres nations les mêmes privilèges et, en 1844, l'ambassadeur de France, M. de Lagrené, signait à Wham-pou un troi- sième traite.qui réduisait les droits perçus sur les vins et les épices. En 1850, Shien'-fong suc- cède à Tao-kouang. Des révoltes éclatent dans l'empire, menaçant l'existence et les intérêts des Européens établis; c'est alors~ que l'Angle- terre et la France tirent la guerre de 1857; le 28 décembre, Canton est bombardé et occupé le 29. En mai 1858, les troupes alliées s'empa- -rent des forts (fu Peiho et du Pei-tang dans le nord, et remontent jusqu'à Tien-tsin. Shien' fong demanda la paix. On signa deux traités le premier le26 juin avec lord Ktgin,etledeuxième le lendemain avec le baron Gros, traités qui de- vaient être ratifiés un an plus tard, ainsi que la convention douanieresignéeàShang-haï)e8 8 no- vembre de'la même année; mais, lorsque les plénipotentiaires européens se présentèrent à Ta-kou (port de Tien-tsin), t'entrée leur en fut refusée. Alors eut lieu la seconde expédition franco-anglaise; le 21 avril 1860, les alliés s'emparent, à l'embouchure du Yang-tsé-kiang, de l'archipel des Chusan -et remontent la mer de Chine pour forcer nouveau l'entrée de Tien-tsin. Au mois d'août, ils détruisent les forts de Takou, et en septembre ils marchent sur Péking. L'empereur épouvanté se sauva en Mongolie, et son frère, le prince Kong, fit le traité du 25 octobre 1860, qui confirmait ce- lui de 1858, donnait à chacune des deux puis- sances une.indemnité de 60' millions de francs, et ouvrait au commerce trois nouveaux ports Tien'-tsin', Chin-kiang et Han-kaow. En juillet 1861, Shien'-fong mourut en Mandchourie lais- sant le trône à son fils Tsi-chun' ou Tong-ché qui n'avait que sept ans, avec un conseil de ré- gence. Ce conseil voulut fermer les ports aux étrangers, mais Kong déjoua ce projet et de- manda leur secours contre les rebettes Taï-ping maitres de Nan-king. Leur chef, Tien'ouang, qui se disait le descendant des Ming, fut défait par les troupes impériales le 19 juillet 1863, et se donna la mort. )t eut un successeur qui essaya de résister encore, mais il fut vaincu comme lui en octobre 1864. Cette guerre contre les Taï- ping fut cause de la faveur des étrangers. Tong- .ché mourut en 1875 et Kouang-chu, petit-fits .de Tao-kouang fut appelé sur le trône de Chine par le conseil des censeurs et les impératrices. C'est à ce moment que sir ThomasWade, mi- nistre.de la Grande-Bretagne passa la conven- tion de'Tchi-fou, ratifiée à Péking le 17 sep- tembre 1876, aux termes de laquelle les ports de j-tchang, .de Wou-hou,. de Wen-chaow et de Pack-hoï sont o.uverts au commerce, ainsi que le Zxc-tchuen'n et des ports de relâche dans le Yang-tsé. Los Prussiens eurent les mêmes pri- vilèges par les traités signés le 14 janvier 1863 à Shang-haï et le 31 mars 1880 à Péking. De- puis cette époque, en dépit de notre dernière expédition (1884-85), aucune concession nou- vetten'aété accordée, si. ce n'est la tolérance donnée aux Français d'échanger leurs produits sur la frontière du Yunnan et du Tonkin. L'empereur Kouang-chu règne, mais n'a pas en main le pouvoir suprême, et'c'est encore ac- tuellement le prince Kong qui gouverne t'empire. Voici la liste des dynasties chinoises TEMPS FABULEUX ET SEMt-ntSTOR)Q)JES De Fou-chi, 2852, à Taotang, 2357. 7" dynastie dite des H[A, de 2255.a 214G ïntcrrc~ncpendantquarantcans;HAK-TSOU,
usurpateur.gouvernel'empu'c.
De Chaô-Kang,2079, aKié-Kouë, 1818.
dynastie dite des CHANG
De Tchen-Tang, 1766, à Chéou-Sin, 115:4.
/)MMitef!tie~MTcHËou u
De0ù-0uang,-1122, àTong-Tchéou-kiun', 255.
/y° dynastie dite des TS!X
Do Tchiang-Siang-ouang, 249, a Eut-chcu-
ouang-ti,.209.
r' dynastie dite des HAX
De Lieou-Pan-ou, 202, à ttiao-Gay-ti, 6.
Suite (fe'~t dynastie des H!A
KRECH)!ÉHEXXE
DeHiao-Pin-tià)tiao-hien-ti,)90.
EpOfjucdcstfoigt'oyaumcsSAN'-KoUE-Kt.
t'7''d'~))M<
i°Ro<.iumedcs//
De Tchaô-Ly-ti, 221, à Héou-ti, 223.
5"RoYaumedcsO~~
DeMing-ti,227,à'Song-ti,260.
3"RoyaumcdcsOM
DeTa-ti,229,àOuy-ti,26t.
)' dynastie dite des TsfN' occM
De Chc-tsou-où-ti, 265, à Kong-t!, 419.
(' f ~( des Souxo'
,DeKaû-tsou-ou-ti,420,àChuen-ti,477.
7A'(
De Kaù-'fsou, 479, à Ho-ti, 501.
XI dynastie dite fie~ LÈAXG
De Kao-tsou-où-ti, 502, à Kin-ti, 555.
XI' dynastie dite des TCHÉN'
'De Kao-tsou-ou-ti, 557, à Heou-tchou, 58S-
AY.d;/K(M dite des SOUÏ
De Ouenti, 589, à Kong-ti, 617.
A77/° d'/M dite des TAXG
DeKao-tsoù,618,aTchaô-Sinué-ti,905~
A7)''° dynastie dite des LEAXC'
De Tay-tsou, 907, à Kum'-ouang, 911.
A'~° dynastie dite des TAXG'
De Tchouâng-tsong, 923,aLbû-ouang-ou, 93!.
A')'7° dynastie dite des Tsix'
De Kao-tsou, 930, aTsy-ouang-ou, 95t.
A'V/d;/)t
De Kao-tsou, 947, à Yu-ti, 948.
AT7/ d'/ttasMe dite des TCHEOU
De Tay-tsou, 951, à Kong-ti, 959.
A'/A'-df/ttastte dite des Soxc
De Tay-tsou, 960, à Ti-pin, 1278.
\'Vd'tHS
De Che-tsou, 1280, a Ghuén-ti, 1333.
XXII dynastie dite des MExo
Ds Tay-tsou, 1368, à Tchouang-Lic-ti, 1633.
A'A/ dynastie dite des Tstf'
De Hien-tsou-Sinen-Houang-ti, 1583,àKouang-
C'hu, 1875.
HEUGfox. Autrefois on distinguait en Chine
trois religions, le eott/'MCHMttSMe.reiigion des
magistrats et des lettrés, tandis que le peuple
adorait les idoles de Fo ou celles de /.
De nos jours, ces religions confondues en une
seule n'ont plus aucun prestige la dépravation
tartare a peu a peu anéanti les rites. Cependant
il existe des prêtres de Bouddha qui vivent
dans les monastères, seules maisons où la lit-
térature fleurisse encore de nos jours d'autres
se disant les sectateurs de Lao font le métier de
guérisseurs. C'est un retour au culte antique des
idoles, dont le nombre est inini, que les maho-
métans, les juifs et les chrétiens ont vainement
tenté de détruire. Seulement, dans le Thibet,
les lamas ont conservé leur prestige. Les lamas
sont une des sectes les plus riches de la reli-
gion de Bouddha. Il vivent en confrérie à leur
tête est placé un grand prêtre nommé Tali-
lama (Yoy. TAU-LAMA), que l'on a souvent cru
pape des bouddhistes le pape, s'il y en avait
un, serait le souverain régnant de l'Empire
chinois.
PHILOSOPHIE ET MOEURS. Au sens itttéra'.
on pourrait presque aMrmer que c'est le seul
peuple qui n'a pas de philosophie; c'est cepen-
dant le plus riche en moralistes, dont les princi-
paux, Koung-tzeu (Co't/MCtus) et ~.so-i.eM, sont
les véritables maitres de la philosophie chi-
noise (Yoy. CES NOMS). Les mœurs chinoises
sont fondées sur le principe de la famille;
le plus vieux est le plus élevé en grade,
rétant considéré comme le.père de tous les
autres. Nulle part la politesse ne comporte
autant de règles, jusque dans les classes
les moins élevées de la société. Le Chinois
se résigne facilement à la force, seule supé-
riorité que reconnaisse sa nature au fond
cruelle et lâche. Il se marie jeune et a le
droit d'avoir autant de femmes qu'il en peut
nourrir, la première achetée ou épousée ayant
titre de femme légitime. Dans la maison, les
femmes vivent séparées de leur époux elles
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