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BLE

BLE BLE 41

tes libations d'un petit bleu, les avait poussés
l'un et l'autre à se faire leur biographie.
(Murger.) Hist. Les Bleus, Couducteur
ce chars vêtus de bleu, dans les cirques de Rome
o! surtout de Constantinople, formant l'une
des factions de cirques. La faction des bleus.
(V. Bleus et verts.) Un bleu, Les bleus, Nom
donné, dans les guerres de la Vendée, aux
soldats républicains, à'cause de leur uni-
forme bleu; et, par ext., Partisan de la Révo-
lution. Messire Jean Chouart n'a pas peur,
tout prêt a faire feu sur les bleus, au pre-
miersigne de son évêque. (P. Courier, f, 192.)
F. G. j! Jurer en bleu, Prononcer, dans
l'impatience, la colère, les jurements adoucis
qui se terminent en bleu Corbleu morbleu,
parbleu, patsembleu, ventrebleu, tetebleu, etc.
Ètes-vous l'envoyé.de Dieu? '1

[) PfrYSiQUE. Le bleu est un des sept rayons
primitifs du spectre solaire (V. Couleurs), com-
pris entre les raies F et G de Frauenhofer, qui
le sépareot du vert et de l'indigo. C'est ta cou-
leur naturelle du ciel et de la mer sous cer-
taines latitudes. Un bain de sulfate de cuivre,
suffisamment concentré, est d'un bleu presque
pur..

~j CuiMfE. Les corps ayant cette couleur
et pouvant servir à l'impression, la peinture
et la teinture, sont fort nombreux. Les uns
appartiennent au règne minéral, et sauf qq.
rares exceptions, à la classe des métaux les
autres sont d'origine organique, et étaient tous,
il y aqq. années, extraits des végétaux vivants;
aujourd'hui les dêrivésde l'aniline lesont tous
remplacés, sauf t'indigo, qui lui-même sera
peut-être bientôt remplacé, gràce à la synthèse
qu'en a faite M. Baoyer. NousaDons passer ra-
pidement en revue tous ces différents bleus.
Bleu antique ou égyptien. Ce bleu que l'on
trouve dans les ruines égyptiennes était pré-
paré, selon Vitruve, en frittant dans un four-
neau un mé)ange de limaille de cuivre, de
natron, de chaux et de sable. U a été reproduit
a Sèvres par M. de Fontenay. )j CM~res Bleues.
Métange de chaux et d'oxyde de cuivre hydraté
obtenu en précipitant par de la chaux pure
une dissolution de sulfate de cuivre, et ajou-
tant de la chaux au précipité, pour lui donner
une couleur bleu velouté. Les diverses qualités
de bleus diffèrent par la quantité de chaux
employée dans la dernière opération le bleu
super/m est celui dans lequel on en emploie le
moins. On trouve ce produit sous la forme de
pâte ou de pierres, obtenues en faisant sécher
la pâte a une douce chaleur. B d'azur,
Bleu de safre, échel, sm etc. Silicate de po-
tasse et d'oxyde de cobalt. On l'emploie pour
l'azurage du linge (passage an bleu) et du pa-
pier mais pour ce dernier usage on lui pré-
fère l'outremerartificiel, caril a l'inconvénient,
en raison de sa dureté, d'émousser la plume
on s'en sert aussi pour colorer en bleu le cris-
tal et les émaux. On l'obtient en faisant fondre
dans des creusets un mélange de sable quart-
zeux, de carbonate de potasse et de minerai
de cobalt grillé; le verre ainsi obtenu est re-
froidi brusquement, cequifacilite son broyage,
puis lavé la poudre ainsi obtenue est tirée
par ordre de finesse et donne ce qu'on appelle
îe gros bleu ou bleu apoudre)', la c~M~eur, l'échel,
l'échel c~M', et enfin le bleu royal qui est la
plus belle qualité. Le bleu d'azur fut découvert
parle verrier bohémien Christophe Schürer au
xme s., qui vendit son secret aux Anglais. Ceux-ci
firent venir leur cobalt de Saxe, seul pays qui
le produisait alors; mais l'électeur Jean 1er en
interdit l'exportation et fonda la fabrique de
bleu de Schneeberg qui, encore aujourd'hui,
a presque le monopole de la fabrication du
bleu des malt. )t Bleu de Brème. Oxyde de cuivre ·
MCT. BM "!CT. f. r-.

Arrivez-vous de ce beau lieu

Ou tout est tapissé de bleu 7

En vous tout nous l'atteste

rete6 1

Ventrebleu 1

Vous êtes céleste.

Si javais gagé, pahemt!e«

J'aurais perdu, mais de bien peu,

Avec quelte adresse, morbjett

Vous nous donnez'te change 1

Car parbleu,

Ce corps bleu

Loge un esprit d'ange.

(Le chev. de Bou/efs à M"* de

Lavzun, vêtue tout en bleu.)

hydraté obtenu en décomposant par une les-
sive de potasse caustique, une dissolution
d'oxychlorure de cuivre dans l'acide chlorhy-
drique. Cette couleur, employée à l'eau, a une
teinte qui tire sur le vert; broyée avec de
l'huile, elle donne le vert de Brême. Il Bleu de
campec~e. Il est produit par l'action du sulfate
de cuivre sur l'hématoxyline, matière cotb-
rante du bois decampéche. On.l'emploie daus
la teinture de la laine. B
H Bleu de ~ett/tcner. Cette couleur, inalté-
rable à l'eau et au feu est employée dans la
peinture à l'aquarelle, à l'huile et dans la dé-
coration de.la porcelaine très belle au jour,
elle parait violet sale à la lumière. On l'obtient
en ajoutant une solution d'aluminatede sodium
à une.solution de chlorure de cobalt, lavant le
précipité et le calcinant après dessiccation. II
B/eu ccBrM~CMm ou ca°Kfte. Stannate de protoxyde
de cobalt, employé dans la peinture à l'huile
et l'aquarelle, et qui possède l'avantage de ne
pas paraître violet à la lumière artificielle.
Bleu cyanine, de chinoline ou de lépidine.
(C~H~s'Az'!). MagniSque couleur bleue, faci-
lement cristallisable soluble dans l'eau et
l'alcool, que l'on obtient en distillant avec un
excès d'hydrate de soude la ciuchonine, puis
chauffant le produit obtenu avec de l'iodure
d'amyle et enfin reprenant par la soud~.
Bleu de Dôle. Bleu à base d'outremer ou d'in-
digo, dont la fabrication est centralisée sur-
tout à Dde et qui est employé pour l'azu-
ragè des tissus. Il Blets GM;/me<. V. Outre-
mer artificiel. jj Bleu de Prusse, de Paris, de
Berlin, de Saxe, de Louise, d'Hortense, de mer,
etc. On donne ce nom à un composé bleu que
l'on peut considérer comme formé par la com-
binaison du protocyanure avec le sesquicya-
nure de fer. 11 a pour formule Fe7Cy99HO; on
le prépare en précipitant un sel de fer au
maximum par le cyanoferrure de potassium
2(3S03,Fe~-)-3(K''CySFe-)-3HO)=6(S~,KO)
'-+- Fe'Cy~ + 9HO.Au lieu d'employer le sulfate
ou l'azotate de peroxyde de fer, on préfère
souvent précipiter le sulfate de protoxyde de
ferparlecyanoferrure de potassium et traiter
le précipité, d'abord par t'hypochlorite de chaux,
et ensuite par l'acide chlorhydrique faible; le
bleu après avoir été lavé est d'une nuance
pure et très belle.Insolubledans l'eau,~l'alcoo),
i'éther et les acides étendus, le bleu de Prusse
est dissous par l'acide oxalique. On arrive à
le rendre soluble dans l'eau par divers pro-
cédés par exemple en le faisant digérer pen-
dantun ou deux jours avec de l'acide sulfurique
concentrée, ajoutant de l'eau et en broyant le
précipité avec de l'acide oxalique. jj Bleu de
S Bleu c/tMm~Me, carmin d'indigo, Mid/
soluble, etc. V. Sulfindigolique (acide). Bleu
de Tournesol. On nomme ainsi un mélange
d'azolithmine de plàtre et de craie, que l'on
trouve dans le commerce sous forme de petits
cubes. Il possède la propriété de virer au
rouge en présence des acides de son em-
ploi en chimie comme réactif, et aussi pour
colorer en rose les vins de Champagne. ~jBtctt
de Turnbull. Ce bleu, très employé dans la
teinture du calicot, s'obtient en décomposant
le ferricyanure de potassium par un sel de fer
au minimum, jj Bleu de rosaniline, Bleu de Lyon,
Bleu de /MM/ttMe. H fut découvert en 1860 par
MM. Girard et de Laire en chauffant vers 1700
un mélange d'aniline et de chlorhydrate de
rosaniline. Il est insohibte dans l'eau ett'alcoo):
on ne peut donc l'employer en teinture on
s'en sert, mélangé avec du chlorhydrate d'ani-
line, du chiorate de potasse et de l'acide acé-
tique pour l'impression des tissus. Nicholson
a trouvé (1862) le moyen de l'employer en
bain, gràce à la propriété qu'il possède de
former avec l'acide sulfurique divers dérivés
sulfo-conjugués. L'acide monosu)fo-conjugué
est insoluble dans l'eau, mais son sel de soude
estso)ub)e; l'acidedisutfo-conjugué estsoluble
dans l'eau, insoluble dans l'eau acidulée d'acide
sulfurique l'acide tris~lfo-conjugué est so-
luble .dans l'eau pure, acide ou alcaline Il
Bleu Co'fpt'er. Sel de soude d'un acide sulfu-
conjugué de,la violaniline. Il est soluble dans
l'eau et très employé pour la teinture de la
laine. (~ BYeM de tohftdMe. Sel de tritoluyi-
rosaniline, soluble dans l'acool, découvert
par Collin et que l'on prépare en chauffant
vers 160" un mélange de toluidine et d'acé-
tate de rosalîne; jj B~ett de dtpAeny~mMe.

Découvert en 1864 par Girard et Laire en
oxydant la diphénylamine. Pour obtenir ce
dernier corps, ils chauffaient sous pression
de J'anibine et un sel d'aniline.,Cette réaction
a été généralisée et appliquée non seulement
à la préparation économique de la diphényta-
mine, mais aussi à la série entière des
monamines aromatiques secondaires. En va-
riant les procédés qui ont servi à transformer
les monamines primaires en matières colo-
rantes, on peut arriver à obtenir des cou-
leurs par la transformation des monamines
secondaires. Les bleus solubles de diphény-
lamine sont auj. obtenus par l'emploi des
acides sutfo-cocjugués on peut varier les
nuances en substituant à la diphénylamine ses
divers dirivés alcooliques. Il Bleus de m~/ij/Hîte.
-Bleus superbes, découverts par M. Caro, et
qui dérivent de la diméthyl-paraphénylène-
diamine. Ils sont solubles dans l'eau, t'atcoot
et l'acide acétique. Pour l'impression, on les
fixe au moyen des acides tartrique et tan-
nique ils résistent bien au savonnage, au
chlore et à la lumière. ~zt~MM. Bleu qui
dérive de l'acide phénique. et de l'auiline.
C'est une poudre amorphe, d'un brun doré,
insoluble dans t'eaù, soluble dans l'alcool.
On la rend soluble dans l'eau par un contact
prolongé avec de l'acide sulfurique chaud et
concentré. On l'obtient en traitant par la
naphtylamine ou l'aniline à l'ébullition l'acide
t'osoKoM. On l'emploie surtout dans la tein-
ture de la soie.

PHOTocRAp. Papiers photographiques
bleus. En raison du peu de manipulations
qu'ils demandent, ces papiers sont fort em-
ployés pour avoir promptement et à peu de
frais des copies de dessins, plans, projets,
documenta, etc. Ils' donnent aussi, surtout
pour les paysages, des positifs très fins, très
fouillés et d'un aspect artistique que ne pos-
sèdent souvent pas les épreuves au chlorure
d'argent. Leur préparation est basée sur la
propriété que possèdent les sels de f.:r au
maximum d'être réduits par la lumière à
l'état de sels' au minimum. Or, sachant que le
cyanoferrure de potassium (prussiate jaune),
et le cyanoferride de potassium (prussiate
rouge), précipitent en bleu de Prusse insolu-
ble, l'un les sels. de fer au maximum, l'autre
les sels de fer au minimum, on aura à volonté,
en traitant par l'un ou l'autre de ces deux
corps uu papier enduit d'une solution d'un
sel de-fer au maximum, le perchlorure, par
exemple, et exposé à la lumière derrière un
dessin ou un cliché, soit. une épreuve posi-
tive, soit une épreuve neg.itive. De là, deux
sortes de papiers, les uns donnant un positif
d'un positif, les autres donnant un négatif
d'un positif, ou un positif d'un négatif. Ces
derniers sont les plus employés on les con-
naît dans le commerce sous le nom de papier
Martott, papter Audouitr, etc.Voici la formule de
la liqueur sensible employée pour préparer ce
papier, dit papier au ferro-prussiate citrate
de fer et d'ammoniaque, 10 gr. eau, 100 gr.
prussiate rouge .de potasse, 10 gr.; eau, 60 gr.
Après l'insolation on lave à l'eau. L'épreuve
apparaît rapidement en belle couleur bleue.
On rince à une deuxième eau, et l'opération
est terminée. Lorsque l'on désire obtenir un
positif d'un positif, on se sert alors du papier
dit au cyanofer ou papier feHe<. Le papier,
dans ce procédé, est préparé avec une solu-
tion de perchlorure de fer, 10 gr. acide ci-
trique ou tartrique, 5 gr. eau 100 gr. Après
exposition, on traite d'abord le papier par
une dissolution de ferroprussiate de potasse,
puis par de l'eau acidulée, et enfin par un
lavage à t'eau. Ajoutons que c'est aux travaux
de M. Poitevin, touchant l'action de ta lumière
sur les sels de fer que l'on doit le principe de
la fabrication de ces papiers qui rendent tous
les jours de si grands services. Ce qui en
limite malheureusement l'emploi, c'est que ta
couleur bleue n'est pas admise administrati-
vement mais un papier, demandant des
opérations aussi simple que celles que nous
venons de décrire, et donnant directement,
c.-à-d;'sans transformation, en négatif, des
images semblables en traits noirs sur fond
blanc, est encore à trouver. On a bien ima-
giné des papiers au'gallate de fer, mais tes
épreuves qu'ils donnent ~sont ptùtût vioiacé~
que noires.

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