Home Plain text
Text mode Audio mode
page 39 (screen 42 of 1199)
Next page Previous page  
  Last page First page


BLE

39

BLE

BLE

M. Prêtais, 1861. Les Blessés de Magenta,
tableaude'M. Loyer, 1861.

jj .Chir. Premiers soins at basses. Voici en
substance quels sont les premiers soins à don-
ner aux Blessés, d'après te Conseil de sahf6re
(185C). Relever le blessé avec précaution etle
transporter, autant que possible, dans un en-
droit .convenable, il puisse recevoir les
soins les plus urgents enlever ou couper
les vêtements de facon à mettre à nu la bles-
sure, et t'éponger avec de l'eau fraîche,'si elle
saigne 3o si la blessure est nette, s'il n'y a
qu'une coupure, en rapprocher les lèvres bien
exactement et les ~maintenir au moyen de
taffetas ou de diachylon en cas de contu-
sion, de.bosse, appliquer des compresses im-
bibées d'eau blanche (20 gouttes d'extrait de
Saturne pour un verre d'eau), ou d'eau salée,
et l'entourer d'un bandage modérément serré
s'il y a hémorrhagie, appliquer de l'amadou,
de la charpie, des toiles d'araignée, etc., que
l'on maintiendra avec un bandage, mouchoir,
serviette, sutEsamment serré 6" si le blessé
rejette du sang par la bouche, on le placera
sur le dos ou incliné sur le côté atteint dans
le cas de brûlure, percer les cloches avec une
épingle ou des ciseaux, et se bien garder
d'enlever l'épiderme, puis recouvrir la plaie
d'un linge fin trempé dans l'huile d'amandes
douces ou enduit de cérat, qu'on recouvrira'
de compresses imbibées d'eau fraîche; 80 s'il
s'agit d'une entorse, d'une foulure, plonger
l'articulation douloureuse dans un seau d'eau
froide et l'y laisser longtemps 9" s'il y a frac-
ture ou luxation, mettre le membre blessé
dans ta position la plus commode, la moins
douloureuse, et éviter de lui imprimer tout
mouvement brusque; on le maintiendra immo-
bile au moyen d'une écharpe, s'il s'agit du
membre supérieur, et au moyen de coussins,
s'il s'agit de l'inférieur; 10o en cas de syncope,
enlever tout vêtement trop serré qui gène la
circulation ou la respiration, mettre la tête
basse, asperger la figure d~eau fraîche, faire
respirer une odeur forte, vinaigre, atcati, fric-
tionner la région du cœur avec de l'alcool
camphré. Si le blessé a perdu beaucoup de
sang, s'il est froid, te frictionner assez rude-
ment avec de la flanelle, le coucher dans un
lit. chaud, lui faire avaler une potion cordiale.
Il Lit des blessés. Le lit d'un blessé ne doit
pas être refait souvent, en raison des mouve-
ments fàcheux qu'on imprimerait à celui-ci
itjjë doit pas être trop mou; les lits de plume
doivent être rejetés le sommier est excellent.
La tête doit être basse le lit ne doit pas avoir
de dossier au pied ni être d'une trop grande
largeur, pour permettre facilement les ma-
nœuvres du chirurgien. Mais au lit ordinaire
on substitue avec raison, quand on le peut,
certains lits spéciaux. Le plus simple consiste
en deux matelas repliés l'un du c&té de la
tête, l'autre du côté des pieds, de façon à
laisser entre eux un espace. vide qui répond
au siège du blessé; une alèse en caoutchouc
vulcanisé passe comme un pont, d'un matelas
à. l'autre, et est'.sotidement maintenue au
moyen de liens elle offre un large trou à son
centre, en outre un ballon de caoutchouc
comble l'intervalle des matelas et soutient
encore le siège du malade. Suivant les besoins
du malade, on dégonfle et retire le ballon
pour le remplacer par un vase. Avec ce lit, les
soins de propreté sont très faciles à donner,
et les escarres, au sacrum, ne sont pas à
craindre. Pour éviter également cet inconvé-
nient, on a imaginé un lit hydrostatique, com-
posé de deux grandes lames de caoutchouc
soudées bord à bord l'appareil est rempli
d'eau à 25 ou 300, laquelle se maintient cons-
tamment à cette température~, entretenue
qu'elle est par'la chaleur du blessé il a pour
avantage de répartir très également le poids
du malade sur toute la surface de son corps.
Enfin viennent les lits mécaniques, tels que
le ttosop/tO)'e*'R6[6tot, le lit PoHtHtett, le lit
Thomas. (V. Lit.) Il Transport des blessés. La
règle essentielle est de disposer le btessé de
telle sorte que les parties lésées soient immo-
bilisées et qu'il ne s'y fasse pas sentir de
secousses douloureuses pendant le trajet.
L'appareil le meilleur pour le transport est le
brancard (V. ce mot), porté par deux ou
quatre hommes; à son défaut, on se sert d'une
voiture ou d'un véhicule quelconque; mais it

est presque toujours facile d'installer sur le
champ un brancard au moyen d'une planche
sur laquelle on place un matelas. Suivant la
partie atteinte, le blessé sera placé différem-
ment. Pour les plaies du membre supérieur,
il sera couché ou assis, le bras en écharpe,
et entouré de coussins; s'i) s'agit du membre
inférieur, on le couchera horizontalement et
les jambes un peu plus élevées que la poi-
trine pour que le poids du corps ne-porte
pas sur elles. Pour les blessures de la tête, de
la poitrine, de l'abdomen, on fera prendre
encore la position couchée, mais de facon que
'les parties supérieures soit plus élevées que
les membres inférieurs. Pendant le transport,
qui devra se faire avec le moins de secousse
possible, on s'arrêtera de temps en temps
pour laisser reposer le malade; en outre, on
lui administrera une potion cordiale ou un
peu de vin ou d'eau de vie. S'il survenait
une hémorragie, il faudrait exercer une com-
pression sur la plaie. P. M.

Il ADN. MtUT.Tout militaire blessé est admis
dans les hôpitaux ou ambulances. En temps de
paix, le billet d'hôpital classe le blessé dans
une catégorie spéciale, à laquelle appartiennent
tous ceux qu'une affection chirurgicale retient
dans les chambres. En guerre, on désigne
spécialement par ce nom de blessé tout homme
atteint par les coups de l'ennemi. Les blessés
sont relevés par les musiciens des corps, les
soldats d'administration, les,infirmiers, et diri-
gés sur les. ambulances, hospices civils du pays,
en arriére de l'armée. La Société francaise de
secours aux blessés est autorisée, en guerre, à
créer des établissements hospitaliers, à prêter
son concours au service régulier des ambu-
lances. Les sociétés étrangéresnepeuventêtre
admises que sur une autorisation du mi-
nistre.

BLESSEUR. s. m. (autre, forme bleceur).
Mot oublié plutôt que tombé. Celui qui blesse,
qui fait une blessure. II faut que vous sçachiez,
Hylas, que les blessures d'amour sont de telle
qualité, que jamais elles ne guérissent. Dieu
me garde, dit Hylas, d'un tel blesseur. (D'Urfé,
Astrée, t, 1, commenc. du xvne s.)

BLESSILNGTON (miss POWEL GARDENER, com-
tesse de). Femme auteur anglaise, née en
Irlande en 1790, m. en 1849 à Paris. Veuve du
capitaine Farme, tué en 1817, elle épousa le
comte de Blessington, pair d'Irlande, et brilla
dans la société anglaise par son talent et sa
distinction elle était comme la reine de :la
mode, et l'arbitre du goût. Ses nombreux
écrits, romans, nouvelles, etc., sont comme le
reflet du monde aristocratique elle vécut,
et qu'elle peint sous des couleurs justes et
vraies. En voici les principaux titres Es-
quisses et yrcc~ments, Londres, 1822, in-12 La
KM)(6)'!MnMt;ytOM6, ibid., 1823, in-18; Conversa-
tions avec lord Bi/ro~, ibid., 1834, in-8o Con-
fessions d'un vieux gentleman, ibid., 1836,
in-12 ~eut's de beauté, ibid., 1836, in-fo; Les
victimes de la Société, ibid., 1837, 3 vol. in-12
Co)t/eM:OKS d'MNe vieille dame, ibid., 1838,
in-12; La Gouvernante, ibid.. 1839, 2 vol.
in-8o La loterie de la Vie, ibid., 1842, 3 vol.
in-12; Mr<'dt:/t, ibid., 1843, in-12; itMmoM-M
d'une femme de chambre, ibid., 1846, in-12.
Dans sa vieillesse, elle écrivit ses mémoires,
intitulés: The litterary H/g and correspondance
of the cot of B~MftH~OK, Londres, 18S5,
3 vol. Cet ouvrage offre un vif intérêt, tant
par les détails intimes et pérsonnels qu'on y
trouve que par les nombreuses lettres de cor-
respondants illustres, anglais ou étrangers,
qui y sont reproduites on y voit figurer lord
Byron, lord John Russel, Wellington, Dickens,
Bulwer-Litton, C. Delavigne, A. de Vigny,
d'Arlincourt, Eug. Sue, etc.

BLESSm. v. n. Blettir.

BLËSSISSEMEIfT. s. m. V. Bleilissément.
BLESSON. s. m. (dér. de belosse, blosse,
etc.; dans l'anc. langue, et, encore auj., dans la
Franche-Comté et dans la Suisse romande
t~ssott.) Poire sauvage. Et crouloit ce poyrier
avec les espaules pour en faire tomber les
blessons et hochasses desquelles il [le san-
glier] se paissoit. (Hist. ptt. du prince ~rastus,
1587, fo 41 vo, ap. Godef.) Tout le jour, je me
remplissais de mûres, de prunelles, blessons,
laizes, merises. (Proud.) Il En patois meusien
et vosgien. On dit Biosson.

Bt,EssoYEMENT. s. m. Ane. lang. Blaise-

ment. Les astrologues disent icy n'advenir le
begayement ou blessoyement par le vice ne
imperfection de la langue. (A. Du Moulin,
Chiromancie et physiognomie, p. 127; Rouen,
1638.)

BLESSURE, s. f. (anc. 6!MSM bleceure; de
blesser). Plaie, impression que fait un coup
lorsqu'il entame ou meurtrit les chairs. Bles-
sure profonde, dangereuse, mortelle. Il estoit
sans lésion ni blessure aucune. (Rabel., Pan-
< xvte s.) Il lui fait dans le flanc une large
blessure. (Rac., Phèdre, v, 6.) La différence
entre ce. camp et les autres fut qu'au lieu de
l'image d'un combat, on donna un combat réel,
dans lequel il y eut des soldats de tués et
beaucoup de blessés. Le Fort, qui commandait,
t'attaque, reçut une blessure considérable.
(Volt., Ilist. de Russie, Ire part., ch. vi.) Il avoit
reçu plusieurs blessures, et elles étoient
toutes par-devant, preuve certaine qu'aucun
des ennemis ne lui avoit fait tâcher pied.
(Rollin, 7Hs<. anc., 1. vi, av. prop., t. m,
p. 28.) Comme une fleur de sang, à gauche,
sur le cœur, S'ouvrait une blessure humide et
purpurine. (Blaze de Bury, Interm. et poèmes,
p. 53.) Il Poétiq. En parlant d'un végétal
comme d'un être animé, doué de vie et de
sensibilité. La racine tressaille et souffre des
blessures du chêne mutité..(P. de St-Victor,
T.esDetM;~M~UM,t,p. 286.) Il Atteinte morale
et partie., Atteinte de la passion amoureuse.
D'où me viendra le molly qui me face perdre
le souvenir de mes ennuis, et où-sera le
baume qui fermera mes blessures? (Le Mou-
linet, Les ~(ifr~aKes dtuerstiM d'am.p. 38),
éd. 1613). hîa blessure trop vive aussitôt
c saigné. (Rac., Phèd., v. 304, éd. 4, t. m, p. 325.)
Il Se dit aussi au Sg. en parlant des choses
qui offensent l'honneur, la réputation, l'amour-
propre. On est extrêmement exposé aux coups,
quand on se fait des blessures de toutes ses
pensées. (Sév., Lett., vn, 29.) Il Rouvrir une
blessure, En séparerleslèvres déjà agglutinées;
etauQg.,Renouveler tadouteur morate.ou ré-
veiller une passion amortie, un sentiment sans
espoir dont le cœur avait voulu se guérir. Je
sais que vos regards vont rouvrir mes bles-
sures. (Rac., ~ndrom~, v. 485.) Il va percer mon
cœur et rouvrir ma blessure. (Vott., ~Ust't'e,
m, 3). Ne crains-tu point de rouvrir dans ce
cœur trop tendre des blessures mal fermées?
(J.-J. Rouss., dans Dochez.) Chir. Toute lésion-
ioca)e due à une violence extérieure avec ou sans
sohitionde continuité despartiessuperficielles.
Ainsi entendues, les blessures comprennent les
plaies, les contusions, les entorses, les frac-
tures, les luxations (V. ces mots). On applique
même ce nom aux hernies, qui sont dues à un
effort, c.-à-d. à une violence dont l'organisme
lui-même est l'agentdirect. (V.Plaies). P. M.
([ AoM. tHUT. Les blessures donnent droit à
la pension de retraite lorsqu'elles sont graves
et incurables et qu'elles proviennent d'événe-
ments deguerre ou d'accidents éprouvés dans
un service commandé. Le. droit est immé-
diat, si elles ont occasionné la cécité, l'am-
putation, ou la perte absolue de l'usage d'un
ou de plusieurs membres. Dans les cas moins
graves, elles ne donnent lieuà la pension que
sous certaines conditions. La loi exclut tout
accident indépendant du service militaire.
Les bons d'allocation de la pension varient
en raison de la gravité des causes qui la font
accorder. L'origine, la cause des blessures,
sont justifiées soit par les rapports officiels,
soit par des certificats des autorités militaires
(certificat d'origine de blessure), soit par une
information ou enquête prescrite et dirigée
par elles.

Législ. L'incrimination des blessures a
varié suivant les pays et les législations. Notre
code pénal actuel les réprime en tenant compte
surtout de l'incapacité de travail qu'elles ont
entraînée ou de leurs conséquences ptusgraves.
Si les blessures volontaires sont mortelles, mais
sans intention de la part de leur auteur de
donner la mort, elles sont considérées comme
crime, et punies des travaux forcés à temps
(art. 308). Il en est de même, sauf modification
de la peine qui est la réclusion, si elles ont en-
traîné mutilation, amputation ou privation de
l'usage d'un membre, cécité, perte de t'œil ou
d'autres infirmités permanentes. Jusqu'en 1863,
la loi punissait également comme crime, les
blessures ayant entraiuâ une incapacité de
Text mode Audio mode
page 39 (screen 42 of 1199)
Next page Previous page  
  Last page First page
Home Plain text