BLE 38 BLE BLE pierre qui l'a blessé à la tête. Le joug peut blesser les jeunes bœufs. Cette selle blesse mon cheval. (Acad.) Laissez, vous me btessez les bras. (Farce doJo! Auc. Th. fr., t.
BiN. elz.) Vous m'avez fait faire des souliers
qui nie blessent furieusement. (Mo! Le Bourg.
ge)tttMt.,]t,8.)~ Prov.etSg.Vousnesavez
pas où le soulier le blesse, où le bât le
blesse, se dit Pour donner à entendre que
les gens les plus heureux en apparence,
ont souvent des chagrins secrets. (V. Bdt,
Souliers.) Fig. Toucher, en parlant des pas-
sions, et surtout del'amour; partie., Affecter,
faire une impression sur. Ames pleines
devent; que la rage ablessées. (Malh., OEMC.. l,
220, v. 1, éd. H.) Puis-je vous cacher tout à
fait l'inquiétude que me donne votre santé?
C'est un endroit par où je n'avais pas encore
été Ne6Sée.(Sev.,v, 166.) Lorsque l'imagina-
tion a été frappée de quelque chose de sen-
sible, elle en demeure blessée; et il suffit de
jouir des plaisirs pour en devenir esclave.
(Ma)ebr., Convers. c/)re< vu.) Le dieu d'amour
me courat seure, Et me trest de la droitte
ilechc. Dont les plus amoureux il Mèche.
(Froiss., Poés., L'Espinette amour., éd. Scheler;
xme s.) Oui, sans doute Clarisse a son âme
blessée. (Corn., Veuve, rv, 5.) Sa richesse l'at-
tire, et sa beauté le Messe. (Id., Suiv., t,l.)
Amarante, aussi bien te faut-il confesser Que
la seule Daphnis avoit su me blesser. Dis-moi
qui me l'enlève. (Id., Ibid., v, 3.) Fuyez un
ennemi qui sait votre défaut, Qui le trouve
aisément, qui blesse par )a.vue, Et dont le
coup mortel vous plaît quand il vous tue,
(!d.Po/i/e!;c~, v, 105.) La pitié qui me blesse'
Sied bien aux plus grands cœurs, et n'a point
de faiMesse. (!d., Ibid., v, 86.) Il Fig. Causer
une impression désagréable à la vue, à l'ouïe.
Les couleurs trop éclatantes blessent la vue.
Ce son blesse l'oreille. (Acad.) L'assassin de
Laïus doit me blesser la vue. (Corn., v. 1,602,
t.vt.p. 101; é'd.- H.) Tout autre objet le
blesse (Rac., ~nd)'S9S.) Aucun objet ne
blesse ici ses yeux. (Id., BrU., 237.) Phèdre
ici vous chagrine et blesse votre vue. (Id.,
MM., 38.) Ce caractère [de vilain homme]
suppose toujours une extrême malpropreté
qm blesse ceux qui s'en aperçoivent. (La
Bruy., Caract., 1, 70.) J'ai rajusté deux mai-
sons en Suisse, uniquement parce que lenr
irrégularité me blessait la vue. (Volt. et le Prés.
de Brosses, Lett. inéd., à M. de Ruffey, lett. xn,
< 759~) AtMiger.chagriner. La vie est pleine de
choses qui blessent le cœur. (Sév., rv, 108, éd.
H.) j~Abs. dans le même sens. Cela blesse et fait
mal au cœur. (Sév., vu, 263.) Il Au sens moral,
Offenser, choquer, déplaire. Qu'a donc ce dis-
cours qui vous Messe? Je ne vois rien là qui
puisse blesser. Un tel procédé le blesserait,
l'a blessé profondément, Fa blessé au vif. Son
orgueil en fut blessé. (Acad.) Je vous le dis,
ma sœur, tout ce train-là me blesse. (Mol.,
Femmes MM' n, 8.) Je trouve qu'il est com-
mode de connaître les lieux où sont les gens
à qui l'on pense toujours ne savoir où les
prendre fait une obscurité qui blesse l'imagi-
nation. (Sév., m, 506.) Ah! je ne pensais pas
vous Messer, sur ma vie (V. Hugo.) )) Avec
se, rég. iudir. Se blesser le cerveau de quelque
chose, S'en piquer, s'en inquiéter, en prendre
de l'ombrage. Ce ma)heureux jaloux s'est
blessé le cerveau D'un festin qu'hier au soir,
il. m' donné sur l'eau. (Corn., H/ent., v. 879,
t. jv, p. 487.)~ Fig. Blesser quelqu'un au
cœur, L'offenser dans ses affections, dans
ses sentiments les plus- chers.. L'ingratitude
de son fils l'a blessé au coeur. (Acad.) JI
D'une man. anal. Apprends donc que Léhe
A pu Messer mon cœur par une perfidie.
(Moii&re, S~at't., 19.) Ma chère enfant, cette
grande paresse de ne vouloir pas seulement
sortir, un moment d'où vous êtes, me blesse
.le cœur. (Sév.,27janv.l6m.) Il Enfreindre,
pécher contre, être contraire à, s'écarter de.
Ces nudités, ces paroles blessent la pudeur.
Blesser les convenances, la vraisemblance.
Blesser les usages, les règles, les principes, le
goût, etc. (Acad.) Ces dinerentes opinions ne
blessent pas la foi. (Richel., AM/t. p. coMer:if,
m, 2.) Le duc d'Estrées est outré qu'un homme
qu'il logeait généreusement ait ainsi blessé et
outragé l'hospitalité. (Sév., vn!, 555, éd. H.)
Vous devez conserver cette liaison ils vous
aiment, et vous ont fait plaisir; il ne faut pas
Nesser la reconnaissance. (Id.,x,317.) L'on
n'y blesse point [à la cour] la pureté de la
]M)gue.(LaBruy.,C(M-ac éd. H.)Us par-
viennent, en blessant toutes les règles de par-
venir. (Id., ~6;d.,t!, 44.)' Mais votre conduite
blesse la raison. (Mariv.aMM. Co)!/id., n, 13.)
Tout ce qui blessait ou semblait blesser l'éga-
lité que demande un État libre,. devenait
suspect à ce peuple délicat. (Boss., 7~st., m, 6.)
Cet usage, quoique fondé,. en apparence, sur
un principe de justice, ne laisse pas non seule-
ment de s'observer très rarement, mais encore
de dégénereren abusetdeblesserles termes et
l'esprit de la déclaration de 1S74. (LeM. de Pont-
c~rtfftMt au Périment de Dijon, 7 juill. 1700,
Corr. adm. s. L. XIV, u, 323.) Autrement les
malversations d'un tuteur pourraient être im-
punies, ce qui blesserait'les bonnes mœurs et
te droit public.'(Domat, Lois civ., l" pie, 1.2,
titr. t, sect. 3, xxxn.) Les lois répriment et
punissent non seulement ce qui blesse évi-
demment le sens de leurs termes, mais encore
tout ce qui, paraissant n'avoir rien de con-
traire aux termes, blesserait directement ou
indirectement leur intention, et tout ce qui
serait fait en fraude de la loi, et pour I'é)udcr.
(Id., Ibid., sect. 1, Xtx.) Puissent ces discours
licencieux ne jamais blesser l'innocence de
vos oreilles! (Mass.) Rejeter une expression
qui ne blesse ni ]e son, ni le sens, ni le bon
goût, ni la clarté, est un purisme ridicule.
(Joubert.) Le genre humain refuse des appiau-
dissements unanimes à ce qui blesse la mo-
rale. (Chateaub.) )j Faire tort, faire préjudice,
porter dommage, au prop. et au Gg. Cela ne
personne. La clause de cette transac-
tion, de ce contrat, blesse mes intérêts. (Acad.)
Il Blesser l'honneur, la réputation de quel-
qu'un blesser l'amitié, la bonne foi, la jus-
tice, etc., Faire quelque chose contre l'hon-
neur, contre la réputation de quelqu'un, contre
ce qu'on doit à l'amitié, à la bonne foi, à la
justice, etc. J'agis à force ouverte, Sans
Messer son honneur, sans pratiquer sa perte.
(Corn., Nicom. v. 1108, t. v, p. S60, éd. H.)
Ces désespoirs blessent )a gloire de vos actions
précédentes. (Le Moulinet, Agreables diver-
sitez (famottf, éd. 1613, p. 190.) Parle et, sans
espérer que je blesse magloire, Voyons comme
tu sais user de la victoire. (Rac., Alex., v, 3.)
Ah 1 sans doute, l'horreur d'une action si
noire Vous guérit d'un amour qui blessait
votre gloire. (Volt., Zaïre, iv, 5.) SEBLESSM.
v. pr. Se faire du mal à soi-même par acci-
dent, par mégarde, ou à dessein. Il s'est blessé
en tombant. Ne vous êtes-vous point blessé?
Prenez garde de vous blesser en maniant cette
arme. Ce poltron s'est Messe lui-même légère-
ment, pour faire croire qu'il a pris part au com-
bat. (Acad.)Sinous n'éprouvions pas la douleur,
nous nous blesserions à tout moment sans le
sentir. (Volt.) ~j Avec l'idée de réciprocité.
lls se sont blessés )'un l'autre. (Acad.)
Au sens moral. Celui qui blesse la vérité,
oBense les dieux et se blesse lui-même, car il
parle contre sa conscience. (Fén., TeMM. ].m.)
~Partie.Se ditd'uno femme grosse que quelque
accident fait accoucher, ou met en danger d'ac-
coucher avant terme. Elle garde ]e lit, parce
qu'elle s'est blessée. On lui fait garder le lit de
peur qu'elle ne se blesse. (Acad.) Et estoit [la
reine] en trop grant peril de mort pour ce
qu'elle estoit blessée d'un enfant qu'elle avait
eue. (Joinv.,S. Louis, 28t, éd.1867;xiu° s.lors-
qu'elle [l'électrice de Brandebourg] apprit que
l'électeur de Saxe s'était fait catholique, elle
en fut outrée au point qu'elle s'en blessât.
St-Sim., ~em., 4' 60.) Quel spectacle que
celui de cinquante furies si hideuses que plu-
sieurs femmes enceintes se blessèrent de
frayeur! (L. Rac., Poés. dram., c. ni.) Mme la
duchesse de Bourgogne, à la suite de quel-
ques maux de reins qu'elle a négligés, s'est
blessée, mais blessée d'un véritable enfant.
(Coulang., à Mme de Grign., 10 mai n03, Sév.,
ix, 486, éd. H.) J'ai connu une femme qui se
blessa quatre fois dans deux ans, entre le
troisième et le .cinquième mois, après des
emportements. (Tiss., A'er/s, ix, 119.) Fig.
S'ou'enser de quelque chose. C'est un homme
qui se blesse d'un rien, qui se blesse aisé-
ment, qui se blesse de tout. (Acad.) Les
hommes se blessent de l'indifférence. (B.Const.)
L'honneur est tendre et se blesse de peu. (Ri-
yarol.))~ Buss~, te. p. pas. Qui a reçu une bles-
sure. La mortqui emportaittous les jours quel.
qu'un des plus blessés, venait trop tard au gré
deleurs désirs. (Vert., //ts<. de 3faMc, !V.) Il Par
ext. Endommagé, fatigué. Serez-vous de ces re-
ligieuses qui ont la poitrine Messée du chant
d'obligation, et qui sont très fortes pour chan-
ter tout ce qui leur plait (Mm" de Maint., à
~me de la He/'c., 22 nov. 1405.) Il Fig. J'aimerais
mieux être mort que d'épouser une personne
qui aurait tant soit peu sa réputation blessée.
M'ie de Montp., J)~m., 4670.) jj Par ext. Un
végétal, blessé dans une de ses parties, pros-
père dans toutes les autres. (B. deSt-P., 7/
(fe la Nat.) )j Fig. En parlant des passions et
des vices. Atteint de, qui souffre de, choqué,
offensé. Tant d'amants dont les âmes blessées
Languissent ~nuit et jour. (Ma)h., <3E«u., t,
149, vers 1, éd. H.) H possédait mon cœur,
mes désirs, ma pensée Je ne lui cachais
point combien j'étais blessée. (Corn., Po/f,3.)
Qu'ils puissent ne laisser dedans votre pensée
Que l'imago des traits dont mon âme est btcssée.
(Id., Pontp.. v, S.) Et que du même amour dont
nous sommes Nessés. (Id., Rodog., iv, 6.) Et
venais pour l'instruire Du départ de l'objet
dont son cœur estbtessé. (T. Corn., CM'Cfi.u, 1.)
Ah! d'un si bel objet quand une âme est
blessée. (Rac., 77~&v,327.) Ariane, ma sœur,
de quel amour blessée, Vous mourûtes aux
bords où vous fûtes ]aissée. (!d., Phèdre, i, 3.)
Ces hommes saints qui ont été autrefois blessés
des femmes. (La Bruy., Car r, 182, éd. H.) Vice
honteux [la jalousie), et qui par son excès
rentre toujours dans la vanité et dans la pré-
somption, et ne persuade pas tant à celui qui
en est blessé qu'il a plus d'esprit et de mente
que les autres, qu'il lui fait croire qu'il a lui
seul de l'esprit et du mérite. (La Bruy., Car.,
xi.) Mais une grande offense est de .cotte na-
ture, Que toujours son auteur impute à l'of-
fensé Un vif ressentiment dont il le croit
blessé. (Corn., Rod., j, 7.) Avoir le cerveau
blessé. Avoir la tête dérangée, ou Avoir
quelque travers dans l'esprit. C'est un cerveau
blessé; C'est un esprit de travers. (Acad.)
Quelque homme insensé et blessé du cerveau.
(Amyot, Theag et C/)(H'MMe,xv garçon-là,
peut-être, a le cerveau blessé. (Destouch.,
m6i< n, vi.) Il Atteint de, qui souffre de.
Vous voyez mieux que moi ce que vous voûtez
et ce que vous pouvez, et les choses dont vous
êtes blessée. (Sév., v, 12a ) Offensé, lésé.
D'une vive douleur elle parait blessée. (Corn.,
Othon, v, 2.) Lorsque l'honneur est blessé
mortellement, on ne doit point songer à
garder aucunes mesures. (Mol., 7)o!t Juan,
m, 6.) ANigé, chagrin, inquiet de. Je suis
blessée quand je vois beaucoup de votre écri-
ture. (Sév., vi, 357.) D'un soin si commun
votre âme est peu blessée. (Rac., Alex., 30C.)
Choqué, offensé, gardant du ressentiment.
Vpus vous souvenez peut-être assez de moi
pour savoir que je suis assez Messée des
méchants styles. (Sév., n, 277, éd. H.) Le roi
lui dit [à Vardes] que, tant que son cœur
avait été blessé, il ne l'avait point rappelé.
(]d., vu, 238.) ~Enfreint, violé. Quand l'arith-
métique est offensée, et que la règle de
deux et deux font quatre est Messée en quelque
chose, le bon abbé est hors de lui. (Sév., Ht,
515, éd. H.) Il Endommagé. Un bateau blessé.
(Littré.) Subst. Un blessé. Avoir soin des
blessés. Les morts et les blessés. La victoire
se fust poursuivie, en renvoyant les malades
et blessez pour les remettre et refaire. (Brant.,
Gr. Capit. estr., Don Juan d'Autr.; xvtc s.) jj Fig.
PersoanedoBtI'âmeareçu quelque atteinte. Le
premier soir de l'inauguration de notre ten-
dresse, je n'avais point l'air d'un blessé de l'a-
mour.(H. Castille.) jj En style d'Adm. milit. Un
blessé, Un soldat ayant une maladie chirur-
gicale. Son billet d'hôpital est timbré du mot
blessé, ce qui le met dans une catégorie
spéciale, différente de celles des névreux et
des vénériens. ))AlIns.histor.:n Je ne me sens
point blessé, » paroles de l'empereur Cons-
tantin, lorsqu'on lui annonça que les Ariens
avaient brisé sa statue. D'ailleurs, les femmes
sont très bonnes .elfes excusent presque
toujours les pierres que la colère d'un ami
jette à leur statue; et disent volontiers, avec
l'indulgent sourire de l'empereur romain Je
ne me sens pas blessée » (Charles de Ber-
nard, Cfr/Mf!.) F. G.
]~ B.-Arts. Les Deux-blessés, tableau de