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Title : Dictionnaire des dictionnaires. Lettres, sciences, arts, encyclopédie universelle. T. 2, BISPORE-CHILIEN / sous la dir. de Paul Guérin

Publisher : Impr. réunies (Paris)

Date of publication : 18..

Contributor : Guérin, Paul (1830-1908). Directeur de publication

Type : monographie imprimée

Language : French

Format : 7 vol. ; in-8

Format : application/pdf

Copyright : domaine public

Identifier : ark:/12148/bpt6k2013768

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb388339538

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb388339538

Provenance : bnf.fr

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Title : Dictionnaire des dictionnaires. Lettres, sciences, arts, encyclopédie universelle. T. 2, BISPORE-CHILIEN / sous la dir. de Paul Guérin

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BLE BLÉ BLÉ 33

5

\B!d ef~o Se dit de Certains grains noirs
qui, dans les épis de blé, sont allongés en
forme d'ergot ou de corne, maladie com-
mune au blé et aux autres céréales, causée
par un champignon. (V. Enyot.) jj Bléde Turquie,
Blé d'Espagne, ou ~cus; Plante dont la tige
ressemble à celle de la canne à sucre, et dont
le grain, qui a les mêmes noms, vient sur de
longs et gros épis enveloppés de feuilles. Cul-
tiver du blé de Turquie. Le blé d'Espagne ou
maïs sert d'aliment chez tous les peuples des
régions méridionales. Il Blé 6af6Mj Blé dont
les épis sont munis d'arêtes. jj Blé blanc, Va-
riété de froment. j) Blé cornu, Un des noms du
blé ergoté. ]t Blé de Gtti'nee, Graminée de la
côte occid. d Afrique. jj Blé de ~/<:de, Un des
noms du Me de Turquie. jj Blé de la Saint-
Jean, Seigle qu'on semé en juin. )) Blé d'oi-
seau, Alpiste. Il Blé rouge, Nom vulgaire du
sarrasin et du méiampyre. j) Blé de Tartarie,
Espèce de renouée. fj Blé de vache, sorte de
mélampyre. jj Blé d'amoMr, Nom vulg. d'un
gremil (;tospermt o/tCi?ta~e). Blé d~o
ou mat. L'orge nue. jj Blé de GuMge, Le
sorgho, jj Blé des CaMaft'es, Le p/ia~Ws cana-
riensis. )j Bot. G. degraminées, à inflorescence
en épi composé d'épiUets, qui comprennent,
en généra), plusieurs fleurs chacun et sont
renfermés entre deux glumes. Dans chaque
épillet les fleurs de la base sont seules fer-
tiles. Chaque fleur se compose de deux glu-
melles opposées l'une à l'autre et représen-
tant le périanthe; l'une, postérieure, offre
deux nervures, et est ciliée ou aiguillonnée
l'autre, inférieure, est convexe, et ne porte
qu'une nervure c'est cette glumelle qui,
dans le blé dit &af6tt, porte une longue
arête rigide. En dedans se trouvent deux glu-
mellules ou paléoles, entières ou citiées. Trois
étamines à filets grêles, à anthères longues,
basculantes, biloculaires, à déhiscence longi-
tudinale ovaire sessile, avec deux styles plu-
meux. Le fruit est un caryopse, offrant un sil-
Ion longitudinal du côté opposé à ce sillon,
à la base du grain, se voit un petit espace
plus clair; aplati, qui correspond au siège de
l'etnbryon à l'autre extrémité, le grain se
montre hérissé de poils qu'on appelle la
brosse; les variétés de froment celle-ci
est le moins développée sont préférables, car
c'est entre ces poils que se logent les champi-
gnons parasites du blé, qui sont parfois as-
sez abondants pour que cette partie soit toute
noire et l'on dit alors que le blé est bouté.
'Le grain renferme un albumen abondant.
''Les blés sont des herbes annuelles ou vivaces,
qui se plaisent dans les régions tempérées;
leurs tiges sont souterraines, parfois rami-
.Oées (blés qui thallent); leurs rameaux aériens
sont des chaumes à feuilles alternes, et à in-
~Horescences terminales. La principale es-
pèce de bié est le froment (triticum sativum)
c'est de lui qu'il va être question d'abord. Le
blé occupe la première place dans l'alimen-
tation de l'homme c'est une des plantes les
plus cosmopolites, elle est robuste, et craint
peu les envahissements des parasites. On
compte un grand nombre de variétés, qui
lui permettent de s'adapter à des terrains
fort différents. L'origine du blé est incon-
nue on lui a assigné pour première patrie,
.tour à tour, la vaitée du Jourdain, la Tar-
tarie, la Perse, les plateaux de l'Asie cen-
trale on n'a à ce sujet aucune notion cer-
taine, et on ne le connaît nulle part à l'état
.sauvage. D'autré part, nombre de naturalistes
et d'expérimentateurs sont portés à le re-
garder comme le résultat de la culture s'exer-
çant sur certaines graminées sauvages, no-
tamment l'épeautre, qui vit sans culture
en Mésopotamie et en Perse. Si cela est
exact, cette transformation se serait produite
il y a fort longtemps déjà, car on trouve dans
lés hypogées de l'Egypte des grains de blé
.pasfattement conservés et qui ne diffèrent en
rien de ceux de notre époque. Bien plus, on
a reconnu son existMice, et même celle de
plusieurs variétés, da'is toutes les palafittes et
dans beaucoup d'autres stations préhistoriques
il était très répandu à l'époque robenhau-
sienne. En Amérique, le blé était inconnu avant
Christophe Colomb c'est en 1530 que des épis
y furent récoltés pour la première fois. Va-
riétés de blé. Deux principales L'une à grains
opaques, cédant sous la dent, à section blanche
DICT. DES DICT. T. Il.

etfarineuse; l'autre ayantlademi-transparence
de la corne, cassant sous la dent, et à section
rappelant la couleur de la corne. La première
comprend les blés la seconde les blés
durs. H y a enfin une troisième variété, inter-
médiaire aux deux précédentes, comprenant
les blés demt-dut'}. Aux crains tendres appar-
tiennent les touselles, épis sans barbes ou à
barbes très courtes, avec paillé. creuse les
seisettes, épis barbus et paille creuse; les pou-
~M'ds, épis réguliers, carrés, barbus, et paille
pleine de moelle vers son sommet. Aux grains
durs appartiennent les aubaines, épis à barbes
longues et raides, grain long et glacé le blé
de Po/o~M, à feuilles larges, chaumes grêles
et flexibles, épis allongés, balles et grains
allongés rappelant, ceux du seigle et demi-
transparents il convient également aux se-
mences d'automne et de printemps. Ces va-
riétés fondamentales présentent chacune un
certain nombre de subdivisions qui portent à
26 ie nombre des variétés de blé cultivées elles
sont fondées sur les caractères de la cassure
des grains, leur volume et leùr forme, leur cou-
leur, les caractères de leurs enveloppes, la
forme et la profondeur du sillon longitudinal,
le poids, la sécheresse des grains. En-France
on ne cultive que les blés tendres qui se
répartissent dans le commerce en blés blancs,
les plus estimés, et qui rendent le moins de
son; blés rouges, les plus cultivés, donnant
plus de son et dont la farine passe pour avoir
plus de corps blés bigarrés, très estimés des
meuniers, et résultant du mélange de grains
de diverses variétés estimées et semées en-
semble. Quant aux blés durs, qui donnent
une farine rude se panifiant difficilement, ils
sont cultivés sur une grande échelle en Es-
pagne, Algérie, Russie mérid., leur farine
riche en gluten se prêtant fort bien à la con-
fection du macaroni et du vermicelle. Enfin,
aux variétés demi-dures appartiennent les
blés amt'dooHiefs, aux épis aplatis, et aux
barbes longues et régulières, à grains allongés,
à cassure cornée-farineuse il sont fort rus-
tiques, et donnent une très belle farine on
les cultive surtout en Suisse. Leur paille sert
à tresser de beaux ouvrages. Caractères
pAi/Si~ttfs et chimiques. Les grains de blé
entrent pour près d'un quart dans le poids
total de la plante qui les produit (grains
22,8 balle 4; paille: 57,7; chaume: 15,5). Le
poids du grain offre de notables différences
suivant les variétés. Un peu plus dense que
l'eau, 1,3, il en résulte que l'hectolitre de blé de-
vrait peser 130 k. mais il ne pèse que 78 k.
en moyenne à cause des' interstices laissés
entre les grains plus les grains sont petits
et plus l'hectolitre est lourd, les interstices
étant alors moins considérables. Un grain
de blé débarrassé des balles se compose de
deux ordres de parties: le péricarpe, formé de
quatre minces enveloppes, de structure assez
différente, la partie intérieure, formée de l'al-
bumen et de l'embryon constituant la farine.
La composition chimique du grain de blé est
assez complexe. Voici les principales subs-
tances qui y entrent 1" la cellulose, qui
forme les enveloppes immédiates de la graine,
et en plus forte proportion dans les blés
tendres que dans les blés durs c'est elle qui
constitue le son elle est en moyenne de i à
2 pour 100; 2o. des matières grasses, groupées
surtout dans l'embryon, et qui atteignent à
peine 1 pour 100, et souvent moms; 30 l'amidon,
qui y est pour 65 pour 100 en moyenne, et la
dextrine 7 pour 100 4o des matières azotées
(gluten, albumine), 13 pour 100 env. plus
abondantes dans les grains durs que dans les
grains tendres, les premiers étant par
même plus -nourrissants mais le pain fait
avec ceux-ci a une teinte bise déplaisante.
D'ailleurs, suivant la culture, la quantité d'en-
grais donnée à la terre, etc., la proportion
de gluten varie pour une même espèce de
blé; 50 des sels, 1 à 2 pour 100, surtout-
des phosphates, tels que ceux de chaux, de
potasse, de magnésie, un peu d'oxyde de fer,
et de la silice enfin, de l'eau qui varie dans
la proportion de 14 à 18,5 pour 100 énv. On a
construit des appareils fort simples pour do-
ser la quantité d eau contenue dans le blé, et
l'on comprend l'avantage qu'il y a à acheter
des blés qui en renferment le moins possible;
cette différence de 4 '/a en plus ou en moins

équivaut pour la récolte totale de la France
(70,000,000 d'hectolitres env.) à une somme de
43,000,000 de francs env. Culture. La cul-
ture du blé occupe en France 5 millions et
demi d'hectares (2,800 lieues car.), soit les t/,o
des terres cultivées chaque hectare absorbe
2 hectol. de semences, soit ii,000,000 d'hecto-
litres pour la totalité; la récolte est de '!0 mil-
lions d'hectolitres, soit 6,33 pour i. Il s'en faut
que cette récotte soit sumsante pour la con-
sommation, et l'importation vient combler la
différence. Presque tous les sols peuvent pro-
duire du blé, mais tes terres argileuses donnent
les meilleurs produits; il prospère dans toutes
les régions de la France, à l'exception de qq.
parties élevées, comme en Ativergne. De même
dans le N. de l'Écosse, de la Russie, etc., on ne
peut le cultiver avantageusement. Dans les
parties de la France l'un adopte l'asso-
lement triennal, c'est toujours sur la jachère
qu'on sème le blé dans la culture alterne, on
peut le faire succéder avantageusement à du
trèfle, du colza, de la navette, des pois,. des
vesces coupées en vert. Il est mauvais de le
semer après une autre céréale sous le nom
de fCMioMiHccge on entend deux cultures suc-
cessives de blé, fort mauvaise opération, en
principe. Au point de vue cultural, le blé se
divise en blé d'automne et blé de mars, selon
l'époque à laquelle on )e sème. Parlons d'abord
du premier. La fumure doit être faite plutôt
pour la culture qui précède celle du si
celle-ci a été précédée d'une jachère on fume
au printemps ou en été, puis on donne trois
labours. H n'est pas bon que le sol soit par
trop nivelé on a remarqué que les champs
de blé dépourvus de mottes gelaient plus
facilement que ceux il en restait. Le blé
destiné à la semence doit être choisi avec
soin parmi le plus beau de la précédente ré-
colte le blé de l'année germe plus vite que
celui qui est plus ancien. Il est bon, surtout
dans les lieux qui ne conviennent pas parfai-
ment à la culture du blé, de renouveler les
semences au lieu de les prendre constam-
ment parmi le produit de la récolte de ces
terrains. On sème, en France, des derniers
jours de septembre aux premiers de no-
vembre. Il faut 2 hectol. env. par hectare si
les semailles se font tardivement, la quantité
doit être plus grande.que si elles ont lieu de
bonne heure. La semaille faite, on donne un
coup de herse pour enterrer le grain, ou bien
un labour superficiel, ce qui s'appelle semer
sous t' opération bien plus longue. Au
printemps, on herse pour ameublir la terre,
rechausser le pied des jeunes plantes, et leur
permettre de thaller, c.-à-d. de produire des
tiges latérales; si la terre est calcaire, on em-
ploie plutôt le rouleau qui écrase alors les pe-
tites mottes que les gelées ont soulevées. En
mai, on doit procéder à la destruction des
chardons, que l'on coupe entre deux terres
coupés plus tôt, ils repousseraient. Si le blé
pousse trop épais, si l'année est humide, )a
terre trop riche, le blé est exposé à verser
avant d'être mûr on coupe alors, au prin-
temps, le bout des tiges, ce qui s'appelle
effioler ou encore épampage. La récolte se fait
fin juillet-août. Un sol de fertilité moyenne
donne 1S à 18 hectol. par hectare. Quant
au blé de Mars, il demande à peu près les
mêmes soins; mais sa récolte et son abon-
dance sont moins assurées que pour le précé-
dent. Il convient surtout dans tes pays mon-
tagneux, et tous ceux qui sont exposés aux
inondations pendant l'hiver. Souvent on a re-
cours à cette culture pour remédier à la
perte de la culture d'hiver; un sol riche et
une année humide lui conviennent. Comme il.
thalle moins, il faut le semer plus épais.
.MetMtM du blé: Le blé est une plante rus-
tique, mais sujette à être attaquée par des
ennemis divers, des parasites animaux et sur-
tout végétaux. Parmi les premiers, on doit
signaler surtout t'ahtCite, espèce de papillon
nocturne], et le charançon, dont la larve se
loge dans le grain, et le dévore ces dégâts
commencent dans la plante encore sur pied
pour se continuer quand le grain est rentré
dans les greniers, enfin la ttteHe des blés, ma-
ladie causée par la présence d'anguillules.
Parmi tes seconds, il faut citer la puccMtte des
graminées (noir du blé, brouïssure), la rouille,
le charbon, la carte, l'ergot, commun surtout

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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