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Title : Dictionnaire des dictionnaires. Lettres, sciences, arts, encyclopédie universelle. T. 2, BISPORE-CHILIEN / sous la dir. de Paul Guérin

Publisher : Impr. réunies (Paris)

Date of publication : 18..

Contributor : Guérin, Paul (1830-1908). Directeur de publication

Type : monographie imprimée

Language : French

Format : 7 vol. ; in-8

Format : application/pdf

Copyright : domaine public

Identifier : ark:/12148/bpt6k2013768

Source : Bibliothèque nationale de France

Relation : Notice d'ensemble : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb388339538

Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb388339538

Provenance : bnf.fr

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Title : Dictionnaire des dictionnaires. Lettres, sciences, arts, encyclopédie universelle. T. 2, BISPORE-CHILIEN / sous la dir. de Paul Guérin

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BLA

28 BLA

BLA

tentions l'antiquité du blason, c'est que. dés
les temps les plus reculés, des États, des
alites, des chefs illustres ont adopté des sym-
boles distinctifs qu'ils faisaient peindre sur
leurs bannières ou sur leurs bouclier? mais
ces symboles, choisis au hasard, n'étaient
soumis à aucune règle, constituaient des signes
isolés et nullement des armoiries, encore
moins des armoiries héréditaires,comme le
sont celles qui constituent un blason de famille.
Il faut donc, si l'on veut rester dans le vrai et
le raisonnable, descendre jusqu'aux premiers
siècles du moyen âge pour découvrir les'on-
gines du blason, c.-à-d~. de l'usage des armoi-
ries pour distinguer les familles nobles entre
elles. Mais, au début, ce ne sont encore que
des symboles arbitrairement choisis et adop-
tés le tout sans règles, ni lois, ni art. Le pri-
vilége d'anoblir et d'octroyer des armes n'a
pas toujours appartenu exclusivement aux sou-
verains. On s'anoblissait souvent, et l'on pre-
nait l'écu, par cela seul qu'on appartenait à
quelque famille influente mais, en généra),
c'était des princes, des ducs, des hauts barons
et des seigneurs suzerains que les chevaliers
tenaient l'épée et le titre dont ils étaient revê-
tus et ils se faisaient un honneur, sinon un
devoir, d'adopter les armes de ceux qui les
avaient faits chevaliers ou, tout au moins,
d'adopter qq. pièces de leur blason pour l'ajou-
ter à celui de leur propre famille. L'ordre et
les règles ne commencent à s'établir, dans l'art
héraldique, que vers le xn° s., c.-à-d. au temps
la féodalité se constitue plus fortement,
l'usage dos tournois se répand davantage dans
la chevalerie ét l'Europe entière se préci-
pite sur l'Orient dans ces grandes expéditions
connues sous le nom de Croisades. Alors seu-
lement, avec l'hérédité des fiefs et l'hérédité
des noms, se fonde aussi l'hérédité des symboles
ou des armoiries alors aussi; il devient néces-
saire de constituer l'art héraldique avec ses
règles fixes et invariables, telles qu'elles nous
ont été transmises et qu'il faut connaître à
fond, pour peu qu'on se pique de connaissance
en archéologie et en histoire. C'est donc à cette
époque seulement, c.-à-d. en plein moyen
âge, que le blason apparaît comme un art ré-
gulier, un signe certain, signe emblématique
et mystérieux, entre les diverses familles no-
bles pour se reconnaître de génération en
génération. On attribue cette réglementa-
tion des dispositions du blason à Geoffroy de
Preuilly, mais ce ne fut que sous Philippe-
Auguste,quien agréa la dédicace, que le pre-
mier traité du blason parut. Depuis lors, c'est
sur ces règles qu'on reconnaît, qu'on énonce
et que l'on crée des armoiries, et que toute
noblesse, ou du moins tout titre de noblesse
et allocation d'armoiries, sont devenus un pri-
vilège exclusivement royal. Dès lors, une
grande idée de gloire et d'honneur s'attache
au blason. Plus. on se distingue sous les
armes, plus le titre accordé par le souverain
est élevé on est fait comte, duc, prince même,
et l'on obtient des armes parlantes à pièces
"honorables mais malheur au noble qui, en-
suite, souillait son blason., comme on disait,
par quelqu'acte .de forfaiture. Dégradé de
noblesse, il voyait son écu brisé devant lui
et foulé.aux pieds, et il retombait en rentre.
Le point d'honneur et la belle devise <' no-
blesse oblige, datent aussi de cette époque
héroïque. Cet âge triomphal des armoiries, du
blasen et des titres nobiliaires se prolongea
jusqu'à la Renaissance des lettres, âge pen-
dant lequel, dit l'Aine, il n'y eut que trois
choses en vogue dans le monde la guerre,
les fastes militaires et le blason. M Rien n'em-
pêcha néanmoins les abus de se. perpétuer.
tl est vrai que les vilains, en voulant s'anoblir
quand. même, rendaient à la véritable no-
blesse le même hommage que l'hypocrisie
rend à la vertu maislef r ne l'enten-
daientpas ainsi. Ils voulurent qu'on mit un
terme aux usurpations sans nombre, dont les
armoiries étaient le prétexte, et ils obtinrent
de Charles Y1U (1487) un édit qui nommait
Gilb.ert. Chauveau, dit Bourbon, maréchal
d'armes « avec pouvoir, commission et man-
dement à luy donné, de prendre et recueillir
en catalogue, tous les blasons de tous les
nobles du royaulme, et corriger les faultes
d'iceux, sy faultes y sont trouvées. Moins
d'un siècle après, malgré la création des ma-

réchaux d'armes, Henri II, par un édit ~tu
26 mars dut encore défendre de changer
d'armoiries ou d'en prendre sans autorisation
royale. En i696, un autre édit de Louis XIV
ordonna à tous ceux qui portaient les armes
d'avoir à faire les preuves de leur noblesse;
mais cet édit, qui dissimulait mal une mesure
fiscale, ne servit qu'à faire admettre, moyen-
nant finance, toutes sortes de-preuves, et à
multiplier les lettres patentes d'anoblisse-
ment; Aussi, plus tard, les d'Hosier et les
Chérin, juges d'armes, furent-ils impuissants,
malgré toute leur science héraldique, à re-
constituer le droit et à rétablir le bon ordre
dans les armoiries. Leur travail dut se borner
à un simple enregistrement des actes accom-
p]is. On arriva ainsi jusqu'à la révolution de

i789, jusqu'à cette nuit' du 4 août, les dé-

1789, jusqu'à cette nuit du 4 août, les dé-

putés des trois ordres firent table rase des
titres et privilèges, mesures que compléta la
loi des 19-23 juin 1792, qui proscrivit définiti-
vement les titres, les qualifications, les armoi-
ries et les livrées. L'année d'après, il suffisait
d'être noble et arrêté pour monter sur l'écha-
faud. Robespierre et les terroristes disparus,
les armoiries se montrèrent avec les nobles
sortis de prison, timidement, il est vrai mais
bientôt, sous le Directoire et le Consulat, en
toute hardiesse. Elles reprirent leur pleine
refloraison sous l'Empire, à côté des armoi-
ries nouvelles, créées pourries compagnons
d'armes de Napoléon. Sous la Restauration, la
noblesse française, bien que dépouillée de ses
privilèges, reprit partout ses noms, ses titres
et ses armes. La révolution de 1848 crut de-
voir et pouvoir, par un décret, abolir les titres
nobiliaires; mais comme le décret était muet
sur la question des armoiries, on les laissa
figurer partout elles se trouvaient. Le se-
cond empire fit des nobles et donna des bla-
sons.'

Il Pratique du' blason dans les divers
royaumes d'Europe. En France, le blason est
généralement plus exact, quant à la pratique,
que dans les autres pays d'Europe, parce que
c'est en France que les premières règles en
ont été prises. C'est dans les armoiries fran-
çaises qu'on rencontre le plus de pièces pri-
mitives, dites /)onoraMes, lesquelles sont les
marques de la plus ancienne comme de la
meilleure noblesse aussi l'azur (bleu) et l'or
(jaune), dominent-ils dans le blason français.
En Angleterre, le blason ne diffère pas trop
sensiblement du blason français. Mais les par-
titions et les divisions de i'écu y sont très
multipliées, et il se complique d'un grand
nombre de pièces diverses, et les pièces hono-
rables y sont,presque toujours charges et
surchargées. En Allemagne, les armoiries
sont fort belles, au point de vue de la forme
extérieure. C'est peut-être dans ce pays que
les meubles qui chargent t'écu ont conservé la
simplicité primitive des temps les plus anciens
du blason. Nulle part, t'écu n'est moins chargé
de pièces, et ces pièces ont presque toujours
trait à ta guerre et i la chasse. En Italie,
ce qui abonde dans la composition de I'écu, ce
sont les armoiries parlantes aussi contient-il
fort peu de ces pièces primitives, dites hono-
rables ce qui indique que ses armoiries
datent de moins loin que celles de France,
d'Angleterre et d'Allemagne. Elles ne re-
monteraient guère, d'après ces indices, qu'au
xme s. En Espagne et en Portugal, les armoi-
ries se composent des objets les plus dis-
parates. Dans le même blason Cgurent sou-
vent des croix, des étoiles, des animaux et
des croissants. On donne pour cause de cette
multiplication des divisions de t'écu, la réu-
nion des armoiries des seigneurs à celles des
fiefs nombreux dont ils étaient possesseurs.
Aux Pays-Bas, surabondance de st'nop~ de
pals et de fasces. Dans tours blasons foisonne
aussi la fleur de lys, ce qui provient du grand
nombre de familles de ces provinces qui
prirent parti pour la France contre les Bour-
guignons et les Anglais. En Pologne, le
blason affecte des formes particulières dont
les figures, lorsqu'elles ne représentent pas
des animaux, approchent si peu de la nature,
qu'elles tiennent plutôt des hiéroglyphes que
des objets qu'elles prétendent rappeler. Le
champ des écus est toujours de gueules et
d'argent. Presque pas d'armoiries parlantes
en Pologne. jEn Suède, le blason est peu

chevaleresque les pièces qui meublent l'écu
rappellent qu'elles appartiennent à un pays
essentiellement maritime. et couvert de vastes
forêts, ce sont des poissons, des armes, des
rivières ou des bandes ondées. B't Dane-
mark, le blason est régulier et renferme beau-
coup d'armes parlantes. Comme chez les Alle-
mands, les cimiers compliqués y sont fort en
usage. Les bannières surtout s'y montrent
nombreuses. La maison FIemnung en fait
flotter jusqu'à vingt sur le cimier de son écu
beaucoup en ont quinze, treize, onze. il
Bibliog. P.Ménestrier, 7M de M
chevalerie; Palliot, La science des on'mot'rt'es;
d'Hosier, Cabinet des titres; Pautet du Parois,
~M)Me~ complet dtt blason De Watteville,
Prmctpes~~ner~M~de~sctOMedM&MSOtt;
Vte de Magnv, La vraie science du blason;
Guigard, Btt~o~e~Me /!<'r6[!dtOMe Gourdon de
Genouillac, Gt'ammatre Ae)' -E. de L.
BLASOXXEMEKT. s. m. Action de déchif-
frer les armes d'un écu. Ane. Action de bla-
sonner, de diffamer, de tourner en ridicule.
Tu nous a mis en opprobre à noz voisins, en
mocquerie et blasonnement à ceux qui sont
autour de nous. (Le Pasquille d~lHemayne;
xv~s.) ·

BLASOKXEB. v. a. Peindre les armoiries
avec les métaux et les coufuurs qui leur ap-
partiennent. Le peintre a fait ces armoiries
en grisaille, il fallait les blasonner. (Acad.)
Il Se dit aussi De certaines lignes et des
points qu'on nomme ~ac/tMres, et que les
graveurs font pour représenter les métaux et
les couleurs. Le graveur n'a pas bien bla-
sonné les armoiries sur cette vaisselle. (Acad.)
Expliquer le blason ou les parties des
armes d'une maison ou d'une province en
termes propres et suivant l'art, et aussi expli-
quer le sens des symboles, de l'émail, des
figures du blason. Quand cet homme parle
d'armoiries, il les blasonne très bien. (Acad.)
Ceste noble dame, vostre mère, porta les
armes telles que les portent les ducs de Bour-
bon, et comme je les ai Masonnees ci-dessus.
(Oliv. de la Marche, Chrono xvs.) )j Parext.
Parmiceux qui blasonnentles couleurs te verd
est le symbole de l'espérance. (La Mothe Le
Vayer, 7/omm. acad.) jj Fig. et faro. Médire, blà-
mer, critiquer c'est l'emploi ironique d'un
sens oublié, celui de Louer, vanter. Qu'il ne
m'aict blasonné d'aultant d'injures qu'il en
peult sortir d'un homme désespéré. (Calv.,
Lett., i), 212.) C'est ce que Théophie a très
bien senti et exprimé en blasonnant ces ma-
nières de poètes qui ne voient dans lapoésio
que matière à prose, et regardent une méta-
phore, comme une extravagance. (Th. Gaut.,
fcs Gro Th. de Viau.) jj Neut. B<
de, Médire de. Aussi nos cours de France ont
esté fort sujettes a blasonner de ces honnestes
dames. (Brant.,Dames (j~ it, 435; xv[es. j)Bia-
sonner avait, en outre, dans l'ancienne langue,
le sens particulier Couvrir de l'écu, dérivé de
la signification primitive de blason. j) SE BLA-
sox~ER.v.pr.Etre expliqué suivant les règles
du blason. Les armes de France se blason-
naient ainsi Trois fleurs de lis d'oren champ
d'azur, deux en chef et une en pointe. (Trév.)
~jBLASOKKË.ËE.p.pas.–F.L.

BLASOKKEME. s. f. Métier du bia~onnier.
Quiconque soit cuirieres de seles à Paris, il
doit. V. s. de chascun aprentiz que il prendra,
et li aprentiz ne puet metre main au mestier
de blasonerie devant donc que li. X. s. soient
paiet. (Est. Boileau, .Mu. des mes< ire p.,
LXXX;xmes.)Vx.

BLASOKKEUK. s. m. Celui qui blasonne.
Celui qui proclamait les armoiries, celui qui
les peignait.~ Les, anciens blasonneurs, Les
vieux auteurs qui ont écrit du blason. Ane.
Louangeur. Faictes la sourde à tout grand
blasonneur. (J. Marot, xve, xvto s.) j( Iron. Celui
qui critique, censure, eaiomnie. Tant plus sont
aigres les biasonneurs, Plus le constant ami
a de loz méritoire. (Clém. Marot, Ep.; xvie s.)
Jehang de Meung, le blasonneur des dames,
l'Anglais Chaucer,son imitateur, Erasme, dans
son Éloge de la /'oHe, ont reçu, a différents de-
grés,les inspirations de ce génie ff'ironie sym-
bolique]. (Phil. Chapes, dans Dochez.)
BLASOK~ER. s. m. Ouvrier qui était chargé
de préparer les blasons et les selles, peintre
en armoiries. Quiconque veut estre blasonier
à Paris, c'est à savoir ouvreres et cuireres'de

Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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