BLA BLA BLA .37 n'est-il Nason, tant soit infame Qui sceust changer le bruit d'honneste femme. (CI. Ma- rot, ÛEuu., n, 56, éd. n31.) On trouve encore aujourd'hui un blason ou harengue funebre qu'il feit devant le peuple a la louange de son R)z. (Amyot, Vies, Fabius, m, éd. n83-i80S.))j Il Blason d~s couleurs, Explication de ce que les couleurs signifient. Ainsi l'argent qui est le blanc symbolise espérance, pureté, innocence, humilité. Ane. Nom d'une pièce composée de petits vers à rimes plates et renfermant l'é- loge ou le blâme de ce qu'on voulait blasonner. (Ch. Fontaine, Art p0f'i. franç., Paris, Gilles Corrozet.lMS, fo 64 vo.) Les sens fort va- riés, du mot blason, s'expliquent par'tes dérivations successives des nuances. C est d'a- bord le bouclier, les armes, puis la descrip- tion de ces armes, la science qui apprend à faire cette description. Si l'on ajoute que les hérauts, après avoir décrit les armes d'un che- valier entrant dans un tournoi, rehaussaient le cri final « largesse » par l'énuméra.tion des exploits du nouvel arrivant, on com- prendra aisément comment blason, perdant sa signification technique, entra dans la langue générale avec le sens de définition, explica- tion, exposition,- description, éloge ou blâme de toute chose, qui régna dans la littérature du xve s. Ce fut plus tard, au siècle suivant, qu'il servit à désigner une espèce particulière de poésie, une espèce, dit très justement Ch. d'Héricault, qui ne pouvait d'ailleurs se déve- lopper qu'au milieu de l'affaiblissement de la littérature du moyen âge. On.en lit une sub- division des genres badin et érotique. Le bla- son du corps féminin, étudié détait par dé- tail, occupa presque, tous les poètes de l'âge deMarot.– F'. L. jj A.héraId.Leblason, ou science héraldique, est la connaissance des armoiries,, l'art d'en nommer et expliquer toutes les parties et toutes les pièces, ou figures, selon leurs termes propres et parti- culiers, conformément aux régies prescrites « Tout l'artifice du blason, dit le P. Ménestrier, consiste à savoir bien annoncer tout ce qui se voit dans les armoiries. » A cette défini- tion scientifique il faut joindre la définition commune, celle qui se présente d'abord à l'esprit quand on prononce le mot blason. On conçoit, par ce mot, un écusson ou écu sur le champ ou le fond duquel sont peintes ou gravées les diverses figures qut com- posent les armoiries, d'une personne ou d'une famille noble. Le blason est soumis à des règles fixes, à des principes généraux qu'il a M)u établir dès le xue s., tant pour éviter la confusion qui ne permettait déjà plus de bien distinguer entre les légitimes possesseurs d'armes, que pour battre en brèche les nombreux abus de la noblesse d'emprunt qui commençait à naître. Voici le résumé de ces règles et de ces principes. Les armoiries, ou pièces du blason, et le blason lui-même, sont des marques d'honneur com- posées de diverses figures et de diverses cou- leurs, représentées sur tes écussons, l'écu ou le bouclier des anciens chevaliers. C'est à ces signes et~à ces marques qu'on tes reconnais- sait lorsqu'ils se présentaient à la barrière d'un tournoi. Leurs écuyers sonnaient du cor et les hérauts d'armes venaient les recon- naître en lisant à hanté voix leurs armoiries (en les MfMO)MMM<), puis ils les introduisaient dans la lice. Le blason comprend dix sortes d'armoiries, qui sont: 1" les armoiries de sou- veraineté, que portent les rois ou les empe- reurs, et qui sont considérées comme les armes de la nation. 2o Les armoiries de do- maine qui indiquent lés fiefs possédés par un seigneur; Soles armoiries de p)'~e)t celles
d'un pays, prises par un souverain dont l'au-
torité n'y est point reconnue: c'est ainsi que les
souverains d'Angleterre portèrent pendant
plusieurs siècles les armes écartetées de France;
40 les armoiries de concession, accordées par
le souverain en reconnaissance de qq. ser-
vice les fleurs de lys, en France, sont des
armoiries .concédées; 50 les armoiries de com-
munauté: d'évéqnes, de villes, d'abbayes, de
corporations, etc.; 6" les armoiries de pa<)'o-
nage, armes que l'on ajoute à son blason pour
)a protection que l'on accorde à une province,
à une ville, etc. les armoiries de / celles
qui distinguent la race 8" les armoiries d'al-
~' que l'on écartèle avec celle de la famille
par suite de mariage 90 les armoiries de SNCces-
sion, échues en héritage l&o les armoiries de
c/!OM!,priseB parles famillesopulentes sans droit
légitime de.les porter. On dit que ce sont les
plus nombreuses. On appelle ~moM~ les cou-
leurs dont on revêt les charges (pièces, figures)
et l'écu. Les émaux comprennent 1° Deux
métaux or ou jaune argent ou blanc, et
cinq couleurs: rouge ou gueules; Meuouazur;
vert ou sinople noir ou sable violet ou
pourpre, et deux fourrures (ou pMtnes) l'her-
mtne qui est d'argent avec des mouchetures
de sable, et )e t)cnr composé de petites pièces
d'argent et d'azur. En gravure, on représente
1*0)'par un pointillé; l'argent par l'absence de
toutes hachures (blanc/; l'fMMr par des ha-
chures horizontales le gueules par des ha-
chures verticales le sinople par des hachures
diagonales de droite à gauche de l'écu le
powpre par des hachures diagonales de gauche
à droite, et le sable par des hachures perpen-
diculaires croisées. Une règle fondamentale
du blason est de ne jamais mettre couleur
sur couleur, ni métal sur métal. Sans cela les
armes seraient fausses,~ ou mal blasonnées.
L'écu représente le bouclier des anciens che-
valiers il s'appelle également fond ou champ.
C'est sur l'écu que l'on pose les pièces Aomo-
rables, les partions, les répartitions, les
pièces et les meubles d'armoiries. Les écus
affectent différentes formes, et portent dif-
férents noms. (V. ce mot.) Tous les écus, de
quelque forme qu'ils soient, sont pleins ou
(!M)i'ses. Pleins, ils n'ont qu'un seul et même
émail divisés, on y voit des traits ou lignes,
formant des partitions qui sont 'au nombre
de quatre 1" Le parti, qui partage l'écu
perpendiculairement du chef à la pointe,
2° Le coupé, qui le partage horizontalement.
30 Le qui le partage diagoualement
de droite à gauche. 40 Le taillé qui le partage
diagonalement de gauche à droite. En combi-
binant les partitions on forme les répartitions
de l'écu. Ainsi, le parti et le coupé forment
l'écartelé; le tranché et le taillé forment l'écar-
en s~MtOi~ et les parti, coupé, tranché et
< forment le gwofMt~. Les figures, ou
pièces ordinaires du blason, sont de trois
sortes io les figures héraldiques 20 les
figures naturelles; 3° les /!gtM'M
Les premières se subdivisent en pièces /iOKO-
rables, ou de premier ordre, et en pièces
honorables, ou de second ordre. Celles
de premier ordre sont le chef, le pa/, la
fasce, la bande, la croix, le sautoir, le che-
~)'0)t, la &o;'dtM'e, le franc (/uar<~r, le ~trotj
la champagne, l'écusson en ca;M/' celles du
second ordre sont: le <6[m&e!, la pairle, l'orle,
la pile, la pointe, le tresc/teut', le canton. On
admet aussi des figures de troisième et de
quatrième ordre, qui sont trop nombreuses
pour les nommertoutcs. Les principales figures
de troisième ordre sont: les besants, les tour-
. lesbesants tourteaux, les fusées, les ma-
cles, etc. Les figures de quatrième ordre sont
des diminutions ou des multiplications des
pièces des trois premiers ordres. Les héral-
distes les nomment séantes ou sécantes, parti-
tions ou rabattements. Elles sont fascées, pa-
lées, chevronnées,'vairées,frettées,émanchées,
chaussées, mantelées, embrasées, losangées,
plumetées, etc.- Les figures naturelles repré-
sentent, comme leur nom l'indique, les objets
appartenant à la création. On les rencontre
fréquemment dans les armoiries postérieures
au xive s. Elle se divisent en six classes: les
figures humaines, les animaux, les astres, les
plantes, les météores et les éléments. Aucune
des figures comprises dans ces six classes
n'est exclue du blason, car celles qui jusqu'à
présent n'auraient jamais été employées, pour-
raient l'être plus tard dans la composition
d'un nouveau blason. Il en est toutefois qui
sont d'un usage plus fréquent. Ainsi, dans les
figures /tMnMt't:M, ou les parties du corps hu-
main, on voit, le plus souvent, des têtes, des
bustes, des bras, des mains, rarement des
corps entiers, si ce n'est dans les supports du
blason. Les animaux les plus usités sont,
parmi les quadrupèdes le lion, le léopard, le
loup, le cerf, le sanglier, l'ours, le taureau,
l'agneau, le cheval, le chien parmi les oiseaux:
l'aigle (aiglettes,au pluriel), les merlettes, les
alertons parmi les poissons le bar, le dau-
phin, le chabot parmi les reptiles le lézard,
parmi les insectes les mouches, les abeilles
enfin, parmi les animaux fantastiques ou allé-
goriques la sirène, le dragon, les ampsys-
tères (serpents ailés), tes chimères, le griffon,
la licorne, etc. Les astres que l'on rencontre
le plus fréquemment dans le blason sont le
soleil; est toujours d'or, à figure humaine
avec des rayons, car s'il est saastraits humains
et, de couleur, on l'appelleom6)'e de soleil; les
étoiles, dont on doit dire le nombre de rais
cornés elles en ont cinq ordinairement le
croissant, en pointes vers le ciel, renversées
ou contournées, c.-à-d. vers l'un des flancs
du blason. Dans la classe des plantes, les
arbres, les racines, les troncs, les buissons
même, sont très souvent employés. On les
représente avec ou sans feuilles, avec ou
sans fruits. Ils indiquent la propriété de
forêts, de bois ou de vergers. En général
ilsne sont pas spécialises. Cependantle chêne,
l'olivier, le pin, la bruyère, les roses, le
tourneso), etc., sont les figures spécitiées
qui reviennent le plus fréquemment dans
la composition des armoiries. Les comètes,
les étoiles niantes, sont à peu près les seuls
météores qui figurent au blason. Les eM-
ments, en tant que figures naturelles, sont
le feu, la terre et l'eau.–Enunles/tM-esar
~CteHes qui entrent dans les armoiries, sont
lo Les instruments des cérémonies sacrées ou
profanes 20 les vêtements 3o les armes de
de guerre et de chasse, et 4o les tours, les
châteaux, les villes, les ponts, les portes, les
vaisseaux, les galères, etc. Telles sont les dif-
férentes pièces qui meublent l'écu (car elles
ont aussi le nom de meubles). Ce qu'il y a de
plus important dans l'art de blasonner, c'est
d'apprécier la position exacte des pièces sur
l'écu, et leur situation par rapport aux autres
pièces. Le P. Ménestrier, le plus méthodique des
héraldistes, divise, en six espèces les positions
donnéesauxmeubles del'écu. IlIesnomme/i~M
ou naturelles, pleines, de rapport, arbitraires,
réciproques ettfr~uH~'M; mais la notion des
positions fixes ou naturelles suffit pour être
en état de blasonner toute espèce d'armoi-
ries. Ces positions sont celles qui sont don-
nées invariablement aux pièces héraldiques
et aussi à quelques pièces naturelles etartifi-
cielles. Tels sont, en résumé, les principes
généraux de l'art héraldique et, ce résumé
nous le définissons en qq. mots. C'est le
vicomte de Mailly, qui nous en fournit les
expressions, sinon tout le texte « Savoir dis-
tinguer la nature ou la position des figures
héraldiques, naturelles, artificielles ou chimé-
riques sur l'écu. pour nommer chacune d'elles
sans omettre aucune des propriétés caracté-
ristiques dont elles sont revêtues c'est suffi-.
samment posséder la science héraldique pour
lire un blason à première vue. »
Il HISTOIRE. « La connaissance du blason, a
dit Gérard de Nerval, est la clé de l'histoire,
conséquemment l'histoire du blason est elle-
même. d'une grande importance c'est l'opi-
nion, du reste, de tous les héraldistes. L'un
deux va plus loin encore il dit « La science
du blason est une sorte d'encyclopédie il
a sa théologie qui explique ses mystères
sa philosophie qui fait connaître la propriété
de ses figures sa géographie qui indique
les pays d'où les familles nobles tirent leur
origine, ceux qu'elles habitent, ceux dans
lesquels elles se sont répandues; sa jurispru.
dence qui explique les lois du blason; sa géo-
métrie qui considère les figures et leurassiette;
son arithmétique qui en considère le nombre;
son histoire qui en fixe les époques et en
donne les causes, et enfin sa grammaire qui
en explique les termes et en indique l'origine. »
Comme ce qu'il y a de plus illustre dans la
noblesse des personnes, c'est antiquité, il
s'est trouvé nombre d'écrivains, qui de siècle
en siècle, ont fait remonter le blason jusqu'au
berceau de l'humanité. Favyn, daus son Théâtre
d'honneur et de chevalerie, donne des armoiries
distinctes à Caïn et àAbel. Il n'a pas osé en don-
ner à Adam, pourquoi? Segoing, lui, est plus
modéré il passe au déluge il en attribue
l'invention aux fils de Noé. I) est des auteurs
plus modestes qui ne commencent à en donner
qu'aux douze tribus d'Israël, aux Égyptiens,
aux Grecs et aux Romains et il existe sur ces
divagations, des trésors de recherches et d'éru-
dition. Ce qu'il y a de vrai dans toutes ces pré-