36 ACC ACC ACÉ Les gerbes s'accumulent. Les difficultés s'ac- cumulaient. || Amasser pour soi: S'accumuler un trésor. || Syn. Amasser, entasser, amon celer, accumuler. On amasse avant d'entasser et si entasser précède, il est plus général et plus faible. Ce qu'on entasse forme un moindre volume que ce qu'on amoncelle. On entasse des gerbes de foin, des pierres mais l'océan s'à- moncelle sous l'équateur. (Volt.) Accumuler exprime qu'on entasse, qu'on amoncelle d'une façon ininterrompue avec une abondance tou- jours croissante. À force d'accumuler péché sur péché, rechute sur rechute (Bourd.). Des terres accumulées depuis près de deux cents ans (Buff.). (Lafaye.) ACCURDITAIRE. s. et adj. in. Nom, d'après quelques auteurs, du ténia ou ver solitaire. ACCURSE (S.). Frère mineur, martyr à Ma- roc, en Afrique l'un des compagnons de S. Bérard (1220). F. 16 janv.. ACCURSE ou ACCORSO (Franc.). Né à Ba- gnolo, près Florence en 1151, m. à Bologne en 1229 (d'après d'autres 1180-1260), un des plus grands jurisconsultes du moyen âge. Il professa à Bologne et a laissé sur le droit ro- main une immense compilation dite la Grande Glose ou Glose continue, dont l'autorité fut si grande que l'on disait communément quod non agnoscit Glossa id nec agnoscit Curia. La meilleure édition de la Grande Glose. est celle de Lyon, 1589, 6 vol. in-folio. Malgré l'igno- rance de l'auteur en histoire, ignorance qui lui était d'ailleurs commune avec tous les hommes de son siècle, les travaux d'Accurse ont contribué puissamment à la renaissance du droit romain au moyen âge. L'admiration de ses contemporains lui avait décerné le titre d'Idole de la jurisprudence. — Ses trois fils, François (1225-1292), Cervot et Guillaume et même sa fille cultivèrent également la juris- prudence le premier acquit une grande re- nommée; ∥ ACCURSE de Reggio, jurisconsulte, XIIIe siècle. ∥ ACCURSE de Parme, astrologue, XIVe s. ∥ ACCURSE (Bon), ou Bonnaccorso de Pise, philologue et imprimeur à Milan, xv' s. ∥ ACCURSE (Marie-Ange). V. Accorso. ACCUSABLE. adj. Qui peut être accusé. ACCUSATEUR, TRICE. S. Celui; celle qui accuse quelqu'un en justice. Se rendre, se porter, se constituer accusateur. D'après .le droit criminel aetuel,.le ministère public a seul qualité pour se porter accusateur les particu- liers ne peuvent que se porter dénonciateurs ou parties plaignantes: ∥ Accusateur public, Nom donné, sous la constitution de 1791, au magistrat chargé du ministère public près d'un tribunal criminel. Ce nom est devenu odieux à cause du rôle horrible que remplirent ceux qui le portaient près des tribunaux révo- lutionnaires. Il fut supprimé en 1799, et rem- placé par le titredeprocureur delaRépublique, du roi, procureur impérial, selon les gouverne- ments. ∥ L'Accusateurpublic.Titre d'un journal contre-révolutionnaire, fondé en l'an II par Richer-Serizy, et d'un journal socialiste (1848). rédigé par Esquiros, de Flotte, etc. ∥ Syn. Accusateur, dénonciateur, délateur. L'accusa- teur s'adresse à la justice, le dénonciateur à une autorité quelconque. Cicéron fut le dé- nonciatenr de Cati.ina. Le délateur est toujours odieux. On dit le métier infâme de délateur de vils, de lâches, de misérables délateurs. ACCUSATIF. s. m.(lat. accusativus, qui sert à accuser). Gramm.Ce cas sert à accuser, à dé- clarer, à désigner l'objet sur lequel se porte l'action, l'objet de cette action.' Dans les langues où les noms. se déclinent, ce cas (4° cas dans les langues grecque et latine) indique'le complément direct d un verbe actif ou transitif ou le complément de quelques propositions. ACCUSATION. s f. Action en justice pour accuser quelqu'un. Former, intenter, susciter une accusation contre quelqu'un. ∥ En géné- ral, imputation. Vous m'accusez d'indolence, c'est une accusation mal fondée. Accusations ajustes, calomnieuses, vagues, graves, légè- es, etc. Action de confesser ses fautes. L'absolution, qu'on obtient est un nouveau péché quand on n'a pas fait une accusation. ∥ Jurisp. Le droit d'accusation, c.-à-d. le droit de poursuivre devant les tribunaux de répres- sion l'auteur présumé d'une infraction à la loi pénale et de requérir contre lui l'applica- tion d'une peine, a été exercé d'une manière différente.suivant les temps et les pays. Dans l'antiquité, notamment à Athènes et à Rome, le droit d'accusation appartenait en principe à tout citoyen on sait quel abus fut fait de ce droit sous les empereurs par les délateurs. (V. ce mot.) Dans les coutumes barbares, le droit d'accusation appartenait à la victime ou à ses parents il était exercé alors dans un intérêt tout privé et tendait, non à l'application d'une peine, mais au paiement d'une amende ou composition au profit de la partie lésée. Dans notre ancienne jurisprudence, on voit s'introduire peu à peu, en matière pénale, la distinction de l'action publique pour l'appli- cation de la peine dont l'exercice est réservé aux magistrats du ministère pu- blic, représentant la société, et de l'action'ci- vile, en réparation du dommage, qui appar- tient aux particuliers lésés. C'est encore le système de notre législation actuelle, dans la- quelle les particuliers n'ont que le droit de déuoncer ou de porter plainte aux officiers de justice ou de police, mais n'ont pas le droit d'accuser. Dans un sens plus étroit, l'ac- cusation est la disposition qui renvoie devant la Cour d'assises l'individu a qui un crime est imputé. Si les charges recueillies par l'instruc- tion contre l'inculpé paraissent suffisantes, la chambre des mises en accusation, sur les ré- quisitions du procureur général, rend contre lui un arrêt de renvoi devant la Cour d'as- sises. En exécution de cet arrêt, le procureur général rédige un acte d'accusation exposant 1° la nature du délit qui forme la base de l'accu- sation 2° le fait et toutes les circonstances qui peuvent aggraver ou diminuer la peine. L'ar- rêt de renvoi et l'acte d'accusation sont signi- fiés à l'accusé et il lui en est laissé copie (C. Inst. crim., art. 217 à 250). Dans l'intérêt de la défense, la loi interdit la publication de l'acte d'accusation avant qu'il ait été lu à l'audience par le. greffier. Devant la Cour d'assises, l'accu- sation est soutenue par le procureur général ou un de ses substituts. Le fait d'avoir porté contre quelqu'un une accusation capitale Jugée calomnieuse emporte contre le calom- niateur indignité de. succéder à la personne ca- lomniée (C. civ., art. 727). L'accusation, ou plus exactement la dénonciation calomnieuse, est punie de peines correctionnelles (C. pén., art. 373). (V..Dénonciation.) ACCUSATOIRE. adj. Relatif à l'accusation, qui accuse. Acte accusatoire. N'est pas admis par l'Académie ni par Littré. liOn appelle procédure accusatoire le système de procédure criminelle dans lequel la magistrat chargé de la recherche des crimes et de l'accusation est distinct du magistrat qui juge dans.ce sys- tème, le juge se prononce sur la culpabilité de l'accusé après avoir entendu l'accusation et là défense. On oppose la procédure accu- satoire à la procédure inquisitoire. Les légis- lations. modernes ont' substitué la.procédure accusatoire à la procédure inquisitoire qui avait'prévalu pendant quelques siècles. ACCUSÉ, ÉE. p. pas. et s. Dans la langue du droit l'accuséest l'individu mis en accusation, c.-à-d. renvoyé pour crime devant la Cour d'assises par arrêt de la chambre des misés en accusation. C'est abusivement que ce mot est employé souvent comme synonyme d'inculpé ou de prévenu: ∥ ACCUSÈ DE RÉCEPTION. s. m. Écrit par lequel celui à qui l'on adresse une lettre ouun objet reconnaît qu'il l'a reçu. Dans' la pratique administrative, tout fonctionnaire subordonné doit accuser réception des lettres, circulaires, etc.; qu'il reçoit de l'autorité supé- rieure l'accusé de réception doit reproduire les mentions d'ordre de la lettre dont on ac- cuse réception. ACCUSER.' v. a. (tat. accusare, demander raison, poursuivre en justice, accuser de ad et causa, raison, procès, cause). Imputer un crime à quelqu'un. Accuser .quelqu'un d'un crime capital. Socrate fut accusé de nier les Dieux que le peuple adorait: il Dans le droit criminel actuel, Poursuivre, en vertu d'un ar- rêt de la chambre des mises en accusation, une personne devant la Cour d'assises. ∥ Ac- 1 cuser un acte faux. Soutenir qu'il est faux. On dit mieux aujourd'hui, arguer un acte, une pièce de faux. il Se dit généralement pour toutes sortes d'imputations de vices, de dé- fauts, de ridicules, etc. On accuse les Italiens d'être jaloux. Il Blâmer. Accuser le sort; le destin. ∥ Servir de preuve, d'indice. Et son silence même accusant sa noblesse (Rac.). Il A certains jeux de cartes, accuser son jeu, Eu faire connaitre ce que les règles veulent qu'on déclare. Abs. Accusez juste. ∥ Accuser récep- tion d'une lettre, d'un paquet, Marqueur, don- ner avis qu'on les a reçus. Abs. Accusez-moi réception. || Peint. et sculpt. Donner, par les surfaces de ce qui couvre, une idée de ce qui est couvert. Accuser les muscles, les os sous la peau. Accuser-le nu par le pli des draperies. Il S'ACCUSER. v. pr. Se déclarer coupable. Votre cœur s'accusait de trop de cruauté. (Rac.) ∥ S'accuser en confession, s'accuser de ses pé- chés, Accuser ses péchés; déclarer ses péchés au prêtre, au tribunal de la pénitence. ∥ Syn. Accuser, inculper. On accuse hautement, formellement, d'une chose précise et grave.0n inculpe par insinuation, vaguement ou de cho- ses secrètes. ACEAUX. s. m. pl. Instrument des selliers pour rayer ou couper le cuir. ACÉLUPHE adj. (gr. d priv. kéluphos, écorce). Zool. Qui n'est couvert d'aucune en- veloppe. ACÉMÉTE OU AKIMITE. s. m. (du gr. akoi- ntetoi, qui ne dorment pas de a priv., et koi. maomai, dormir).Hist. ecclés.0ua appelé ainsi improprement des religieux qui se succédaient pour chanter l'office divin, sans interruption. Il y en avait près de Constantinople au ve s. ACÉNAPHTÉNE. s. m. Chim. Hydrocarbone d'hydrogène trouvé dans les huiles lourdes de houille obtenu synthétiquement par M. Ber- tholet en faisant passer un mélange d'éthylène et de'vapeurs de naphtaline dans un tube de porcelaine chauffé au rouge. Formule Ct4HIO prismes brillants, aplatis, fusibles entre 90 et 1000, bouillant vers Le brome forme avec lui des acénaphtènes bromés, C24H10Br et C24H10Br6 l'acide azotique peut lui enlever 2 équivalents d'hydrogène et donner C24 H8 (AzO4)2; avec l'acide picrique ildonne de belles aiguilles rouge orangé de picrate d'acénaph- tène. ACÈNE. s. m. (gr. akaina, aiguillon). Zool. Genre de lépidoptères, nocturnes, tribu des phalénites. 1 s. f. Ant. grecq. Mesure de lon- gueur chez les Grecs, valant 10 pieds grees (3m,08). On l'appelait aussi décapode. ACENS. V. Accens. ACENSEMENT. V. Accensement. ACENSER. V. Accenser. ACENSEUR. V. Accenseur. ACENTRE. s. m. ( gr. à. priv. kentron, ai- guillon). Zool. Genre de coléoptères penta- mères, famille des. curculionides. ACENTROPTÈRE. s. m. (gr: d priv.; kentron, aiguillon pléron, aile). Zool. Genre de coléop- tères pentamères, famille des chrysomélines. ACÉPHALE, s. et adj. 2 g. Zool. Classe de l'embranchement des mollusques,dont les ani- maux n'ont point de tête, comme les buttres. Ils sont presque tous à coquille bivalve. ∥ Anat. Fœtus monstres qui naissent sans tête. ∥ Fig. Qui n'a point ou ne reconnaît point de chef. Concile, secte, hérétiques acéphales.' ACÉPHALIE. s. f. Anat. Absence totale de la tête. ACÉPHAL1EN, IENNE. adj. Tératol. Qui est sans tête. ∥ ACÉPHALIENS. s. m. pl. Famille de monstres, ordre des omphalosites dont les acéphales forment le genre principal. ACÉPHALIQUE OU ACÉPHALITE. adj. Syn. d'Acéphale. ACÉPHALOHRACHE. adj. (gr.a priv.; képhalé, tête brachion, bras). Anat. Qui n'a ni tête ni bras. ACÉPHALOBRACHIE. s.f. (.bra-ki). Anat. Monstruosité acéphalique dont la confirmation des membres est défectueuse. ACÉPHALOCARDE. adj. (gr. a priv.; képhalè, tête; cardia, cœur). Anat. Fœtus privé de tête et de cœur. ACÉPHALOCARDIB 8. f. Anat. Monstruo- sité caractérisée par l'absence de la tête et du cœur. ACÉPHALOCHIRE. adj. (.ki-re; — gr. a priv. képhalé, tête kheir,.main). Anal. Se dit d'un fœtus qui n'a ni tête ni mains. ACÉPHALOCHIRIE. s. f. Anat. Monstruosité du fœtus privé de tête et de mains. ACÉPHALOCYSTE. S. f. Ce nom qui signifie vessie dépourvue de tête (xr. a priv. képhalè, tête custis, vessie) correspond aux hydatides