22 ABS ABU ABU
ABSTINENT, ENTE. adj. Sobre, tempérant.
Peu usité. ∥ ABSTINENTS. s. m. pl. Hist. relig.
Hérétiques rnostiques ou manichéens qui pa-
rurent dans les Gaules et en Espagne à la fin
du IIIe s.; proscrivaient le mariage et l'usage
de la viande.
ABSTRACTEUR. s. m. Celui qui aime les
abstractions.
ABSTRACTIF, tVE. adj. Qui exprime une'
idée abstraite; qui est formé par abstraction.
∥ Pharm. Anciennement, produits abstractifs,
produits reti'rés des plantes par la distillation.
ABSTRACTION. s. f.(Iat. abstractio, de abstra-
here, abstraire). Opération par laquelle l'esprit
considère séparément des choses qui sont réel-
lement unies. Quand je dis la.blancheur, en
général et sans l'appliquer à un objét,.je parle
par abstraction. Abstraction' faite du style, qui
est faible, cetouvrage a quelque mérite. ∥ Idées
ahstraitès, idées générales humanité, raison,
vertu,, savoir, blancheur, pesanteur, sont des
abstractions. ∥ Se dit, dans un sens défavo-
rable, des théories, vagues difficilement réali-
sables. C'est nn esprit chimérique qui se perd
dans les abstractions: tl Préoccupation, rê-
verie. Être dans de continuelles abstractions.
H Philos. L'abstraction est une opération de
1 esprit, séparant,de la masse des propriétés ou.
des attributs d'un sujet, ce qui est commune
plusieurs. êtres pour en faire 'urie notion à
part. La faculté d'abstraire ainsi, de distinguer
ce qui est général de ce qui est individuel, ce
qui est essentiel de ce qui est accidentel, est
d'une grande importance pour la science, prin-
cipalement pour la philosophie et la théologie,
mais on en a souvent abusé pour confondre des
choses distinctes, par ex. des êtres de raison
sans entité concrète avec des entités réelles,
pleinement concrètes. Sans l'abstraction il n'y
aurait pas de généralisation possible, et par-
tant-pas de sciences. L'abstraction joue un rôle
immensé dans la formation d'une langue; elle
fait. naître dans l'espritles idées des substances,
dépouillées de leurs qualités (ce qu'expriment
les substantifs), et les idées des qualités isolées
de leurs substances (ce qu'expriment les qua-
lificatifs de toutes sortes). La première série
constitue l'ordre du concret, la seconde l'ordre
de l'abstrait. Dans ces deux séries, l'abstrac-
tion passe par trois degrés, qui correspondent
aux. trois grandes notions logiques individu,
espèce, genre.. En voici le tableau; emprunté
au Dictionnaire de pédagogie de M. Buisson
L'esprit, considérant la substance sans ses at-
tributs, a des idées concrètes à trois degrés.
1er degré: il crée les noms propres (désignant
l'individu sans ses. qualités) et le verbe subs-
tantif (affirmant l'existence sans les manières
d'être), Alexandre, César, Pierre, Paul, Seine,
Rhin,: France, etc. 23 degré: it. crée les noms
coinmuns (convenant à plusieurs individus con-
sidérés comme semblables), hommes, femmes,
enfants, chiens, fleuves, capitaines, élèves, ci-
toyens. 31. degré il crée les noms collectifs
(réunissant en.une seule classe plusieurs êtres
réels et résumant en un seul mot plusieurs
noms communs), humanité, règne animal, ré-
seau fluvial, régiment, armée,peuple.-L'esprit,
considérant l'attribut sans sa substance, a des
idées abstraites à trois degrés. 1er degré: il
crée les adjectifs (désignant des-qualités sans
l'être qui les possède) et les verbes attributifs
(désignant l'acte ou l'état sans l'être qui en est
le sujet), blanc, large, fragile, charitable, mar-
cher, labourer, aimer, lire. 2° degré: il crée les
noms abstraits (désignant des qualités consi-
dérées comme si .elles étaient des substances),
blancheur, largeur, fragilité, charité, marche,
labourage, amour, lecture. 3° degré: il crée les
termes généraux (noms et déterminatifs de
toute sorte groupant en une seule abstrac-
tion, plusieurs, idées abstraites et résumant en
tin seul terme générique plusieurs noms abs-
traits), couleur, surface, consistance, vertu,
gouvernement, agriculture, sentiment, aetion.
On voit ainsi la marche progressive de l'abs-
traction. Avoir l'idée d'une chose blanche on
rouge, c'ést un commencement d'abstraction;
concevoir l'idée de blancùeurc'est une abstrae-
tion plus forte; plus éloignée de ce qui tombe
immédiatement. sous.les sens enfin concevoir
t'idée tout à fait générale de couleur,, c'est
l'abstraction consommée. L'idée généralé est
dans l'ordre'des qualités l'équivalent du nom
collectif dans l'ordre des substances.
ABSTRACTIVÈMENT. adv. Par abstraction.
On peut considérer abstraetivement les qualités
des corps. Abstractivement parlant.
ABSTRAIRE. v'. a. (lat. abstrahere, de abs, in-
diquant séparation et trahere, tirer, traire. Se
conjugue comme traire. V. ce mot). Faire abs-
traction. Abstraire l'accident de la substance,
du sujet. (V. Abstraction.) ∥ Absolum. Le pou-
abstrait la quantité, le nombre de toutes sortes
de sujets. Séparer, abstraire, son esprit de
toùt autre objet. Abstraire un personnage du
temps où il a vécu, une .idée de la société où
elle a pris naissance.
ABSTRAIT, AITE, p. pas. du v. Abstraire
et il est aussi adj. Diffici:e à comprendre.
Discours abstrait. Écrivain abstrait, plongé
dans la méditation, dans la rêverie. Il a
pour ayn. distrait. il Log. Terme abstrait
opposé à 'concret. Largeur est un terme
abstrait blanc, uni à un nom de substance,
comme dans vin blanc, est un terme concret.
(V.Abstraction.) ∥ Math. On appelle nombre abs-
trait, par opposition à nombre concret, tout
nombre.pris absolument et sans aucune appli-
cation à un objet déterminé. Le nombre 12,
considéré précisément comme 12, est un nombre
abstrait, mais si je. dis 12 francs, le nombre 12
ainsi déterminé est un nombre concret. il Syn.
Abstrait, distrait. L'un.et l'autre désignent un
défaut d'attention avec cette. différence que ce
qui.nous occupe fortement et intérieurement
nous rend abstraits el que ce sont les choses
extérieures qui nous rendent distraits. On est
abstrait pour être trop appliqué à une seule
chose, et distrait par inapplication ou légèreté.
ABSTRAITEMENT. adv. D'une manière abs-
traite. ∥ traita la question abstraitement.
ABSTRUS, usE. adj. (lat. abstrusus, caché).
Obscur, difficile à pénétrer, à comprendre. Rai-
sonnements abstrus, sciences abstruses. Se dit
en mauvaise part d'un écrivain, d'un philo-
sophe. ∥ ABSTRUS. s. m. Ce qui est obscur. En
voulant être profond, il tombe dans l'abstrus.
ABSURDE. adj. des 2 g.(lat, absurdus, discor-
dant, malsonnant déraisonnable, de ab et
surdus, sourd, qui n'est pas bien sonore, gros-
sier, etc.). Qui est déraisonnable, qui heurte de.
front le sens commun, le raisonnement. Con-
duite, personne absurde. ∥ S. m. Absurdité.
Tomber dans l'absurde. Démonstration, preuve
par l'absurde. Réduire une opinion, un raison-
nement à l'absurde, montrer, prouver que le
principe ou la conséquence en est-absurde.
Réduire un homme à 1 absurde, le forcer dans
la discussion à se rendre ou à déraisonner. il
Syn. Absurde, déraisonnable, extravagant.
Tous trois -marquent le défaut de raison.L'ex-
travagant diffère du déraisonnable par les excès
où il se porte. L'absurde est extravagant, mais
plutôt dans la manière de penser, de raisonner
que dans la manière d'agir.
ABSURDEMENT. adv. D'une manière ab-
surde. Raisonner, parler absurdement.
ABSURDITÉ. s. f. Vice de ce qui est absurde:
L'absurdité d'un raisonnement. Cet homme est
d'une absurdité rare. [) La chose même qui est
absurde. Débiter mille absurdités.
ABSURDO (AB ou ux). Loc. lat. Par, d'après
l'absurde. Raisonner, démontrer ab absurdo.
C'est commencer par supposer un principe con-
traire à celui qu'il s'agit de prouver si en rai-
sonnant d'après cette supposition, on arrive à
une conséquence inadmissible pour la raison,.
on démontre d'après la méthode ab absurdo.
ABSUS. s. m. (ab-suss). Bot. Espèce de cas-
sia (Éèypte) dont les-graines pulvérisées sont
employées dans le pays contre l'ophthalmie.
ABSYNTHIENS. s. m. pi. Géogr..anc. Peuple
de Thrace.
ABSYRTHE.Ami de Jason: Frère de Médée, qui;
sema ses membres sur la route après l'avoir mas-
sacré, afin d'arrêter'ceux qui le poursuivaient.
ABT (François). Né à tilenburg, maître de
chapelle, à Bruns wick et directeur de l'Acadé.
mie de chant, depuis 1853, componiste Jstimé.
ABUB. s. m. (a-bubb)-. Espèce de flûte, en
usage cheï les Hébreux.
ABUCARA (Théodore). Métropolitain de la
proviüce dé Carie. VIIIe s. Traités contre les
Juifs, les Mahométans- et les hérétiques, trad.
en latin par Génébrard et le jésuite Gretser
De unione et incarnatione.
ABUCCO. s. m. Métrol. Poids usité à. Ran-
goun, dans les Indes-Orientales.
ABUHASSIENS. s. m. pt. (A-DOU.). Nom
d'une dynastie de princes du Maroc.
ABUL-CACIM (Tarif-Aben-Taric). Auteur sup-'
posé d'une Histoire de la conquête d'Espagne
par les Arabes, ouvrage publié au commence-
ment du XVIIe s. comme une traduction de l'a-
rabe par Michel de Luna.
ABUL-FARAGE (Grégoire). Fils d'un médecin
chrétien, médecin lui-même, naquit en 1226 à'
Malatia, ville d'Arméniè'et mourut év. d'Alep
et primat des Jacobites l'an 1286. Histoire uni-
verselle depuis Adain, en arabe, très estimée
des Orientaux..
ABULIE. s. m. (a priv.; bouleuein, vouloir).
Pathol. Absence de volonté, espèce de folie.
AB UNO DISCE OMNES. Mots latins. que.
Virgile inet dans la bouche d'Énée racontant à
Didon les ruses et les mensonges du Grec
Pinon; ils signifient: Qu'un seul'vous apprenne
à lés connaître tous. On cite souvent ce pas-
sage lorsqu'on veut conclure du particulier
au général. Par ce seul trait vous pouvez juger
le caractère de cet homme. Voilà un e:eemple
du zèle éclairé de nos. administrations munici-
pales ab uno disce omnes (Proudhon).
ABUNUHES. s. m. pl. Oiseaux aquatiques qui
passent en troupes en'. Égypte au mois de
ABURON. s. m. Nom vulgaire dans tesVosges
de l'agaric poivré.
ABUROT. s.m. Petit oiseau vert de la Guinée.
ABUS. s. m.(lat. abustis, de ab indiquant per-
version et usus, usage excessif, mauvais, in-
juste, de quelque chose). L'abus des richesses,
de Ia santé, de la liberté. Reprendre, retran-
cher, réformer, réprimer les abus. ∥ Jurisp. Abits
d'autorité. Les abus d'autorité des fonction-
naires sont punis par les art. 184 à 191 du Code'
pénal. La loi a divisé ces abus en deux classés,
suivant qu'ils sont commis contre lés particu-
liers ou contre la chose publique 1° Les abus
d'autorité contre les particuliers comprennent
la violation de domicile, le déni de justice, les
violences contre les personnes la.suppression
ou l'ouverture de .lettres confiées à la poste.
2° Les fonctionnaires abusent de leur autorité 1.
contre la chose publique lorsqu'ils requièrent
ou ordonnent 1 emploi de la force publique
contre l'exécution d'une loi'ou contre la per-
ception d'une contribution légale, ou contre
l'exécution soit d'une ordonnance ou mandat
de justice, soit de tout autre ordre émané de
l'autorité légitime. Les abus d'autorité contre
la chose publique sont punis de la réclusion et
même de peines plus fortes suivant fés résul-
tats de l'abus d'autorité. ∥ dbüs de confiance.
Délit prévu et puni par les ut. 406 à. 409 du
Code pénal. Sous le terme 'général d'abus de
confiance, la loi punit quatre espèces distinctes
de délit 1° l'abus des besoins, faiblesses ou
passions d'un mineur (ce délit n'implique pas
ce que dans le langage ordinaire on appelle
abus de confiance); 2° l'abus de blanc-seing
qui consiste dans 'inscription frauduleuse, au-
dessus d'une signature donnée à t'avance sur
un papier blanc, d'un acte préjudiciable au si-
gnataire; 3° le détournement ou dissipation
i d'objets confiés à titre de prêt, louage, dépôt,
mandat, etc. 4° la soustraction de pièces pro-
duites dans un procès. ∥ Abus de jouissance.
Actes par lesquels une personne (usufruitier,
locataire, etc.) excède les limites, du droit
qu'elle a de jouir d'une chose. L'abus de jouis-
sance peut donner lieu à la déchéance du droit.
∥ Appel comme d'abus. Appel interjeté d'une
sentence rendue par un juge ou supérieur ec-
clésiastique, qu'on prétend avoir excédé sès
pouvoirs ou contrevenu aux lois. (V. Appel.) ∥
Dr. can. Abus de pouvoir. Excès de pouvoir
(usurpation d'autorité) dont se rendent cou-
pables ceux qui, étant constitués ou non en di-
gnité ecclésiastique, s'arrogent nn pouvoir
qu'ils n'ont pas, ou bien étendent au delà de
ses limites celui dont ils sont investis. Outre
la nullité des actes,ces sortes d'abus entrainent
ordinairement après eux la suspense et quel-
quefois l'irrégularité.
ABUSER. v. a. Tromper. Abuser les esprits
publics: ∥ Séduire, suborner. Abuser une pau-
vre fille sous promesse de mariage. ∥ S'ABUSER.
Se tromper,se faire illusion. Vous vous abusez.
∥ V. n. User mat.Abuser des grâces de Dieu, de
la santé, etc. Il abuse de votre amitié. Il Abuser
d'une fille, en jouir sans 'l'avoir épousée. ∥
Jurisp. Consommer, détruire. La propriété con-